Nouvelles du Ciel de Novembre 2013

 

 

 

Les Titres

 

Le dramatique spectacle de la naissance et de la mort des étoiles [27/11/2013]

Une histoire de deux comètes : MESSENGER capture des images de Encke et ISON [25/11/2013]

Galaxies naissantes se mêlant près de l'« Aube cosmique » [22/11/2013]

Une météorite exceptionnelle ressemble aux roches observées par les rovers à la surface de Mars [22/11/2013]

Comètes C/2013 V4 (Catalina), C/2013 V5 (Oukaimeden) [15/11/2013]

Nouvelles vues de Mars : les anciens glaciers et l'eau courante laissent leur marque sur la région de Ismeniae Fossae sur la planète rouge [14/11/2013]

De jeunes étoiles sculptent un paysage céleste pour le moins spectaculaire [13/11/2013]

Les géantes rouges les plus évoluées vibrent comme le Soleil [12/11/2013]

Comètes C/2013 US10 (Catalina), C/2013 V1 (Boattini), C/2013 V2 (Borisov), C/2013 V3 (Nevski) [08/11/2013]

Quand une comète n'est pas une comète ? [07/11/2013]

Première détection de l'acétate de méthyle dans l'espace [04/11/2013]

 

 

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INTRUS 2013 WH25, un astéroïde de type Apollo d'environ 4 mètres de diamètre, observé pour la première fois le 28 Novembre 2013 à 08h37 UTC dans le cadre du Mt. Lemmon Survey et annoncé par la circulaire MPEC 2013-W27, est passé le 29 Novembre 2013 vers 00h51 UTC (±2 mn) à une distance d'environ 128.400 km ou environ 0,35 LD (1 LD = Distance moyenne Terre-Lune = 380.400 km) de la surface de notre planète. Peu après, le 29 Novembre 2013 vers 03h43 UTC (±4 mn), le petit rocher était passé auprès de la Lune, à une distance d'environ 180.780 km (0,49 LD).

 


27 Novembre 2013

Le dramatique spectacle de la naissance et de la mort des étoiles

 

Crédit : ESO

 

Le Grand Nuage de Magellan est l'une des galaxies les plus proches de la nôtre. Les astronomes ont récemment utilisé toute la puissance du Très Grand Télescope de l'ESO pour explorer l'une de ses régions les moins bien connues. Sur cette nouvelle image apparaissent des nuages de gaz et de poussière au sein desquels naissent de nouvelles étoiles chaudes qui sculptent leur environnement et lui confère d'étranges formes. Y figurent également de longs filaments, vestiges de la disparition d'une étoile sous la forme d'une explosion de supernova.

 

La région de formation d'étoiles NGC 2035 photographiée par le VLT de l'ESO - Crédit : ESO

 

Situé à seulement 160 000 années lumière de nous (eso1311) dans la constellation de la Dorade (parfois appelée L'espadon), le Grand Nuage de Magellan est l'une de nos plus proches voisines galactiques. Certaines de ses régions sont d'actives zones de formation d'étoiles ; leur brillance est telle qu'elles sont parfois visibles à l'œil nu depuis la Terre, comme c'est le cas de la Nébuleuse de la Tarentule (eso1033). Cette nouvelle image, acquise par le Très Grand Télescope, le VLT de l'ESO qui équipe l'Observatoire de Paranal au Chili, se focalise sur une région notée NGC 2035 (à droite), parfois baptisée Nébuleuse de la Tête de Dragon.

 

NGC 2035 est une région HII, c'est-à-dire une nébuleuse en émission. Elle est constituée de nuages de gaz dont la brillance résulte du rayonnement émis par de jeunes étoiles. Ce rayonnement arrache les électrons des atomes du gaz qui, lorsqu'ils se recombinent avec d'autres atomes, émettent à leur tour une radiation. De sombres amas de poussière mélangés au gaz environnant absorbent plutôt qu'ils n'émettent de la lumière, créant par là-même de longues draperies ainsi que des formes sombres au sein même de la nébuleuse.

 

Les formes filamentaires qui apparaissent à gauche de l'image ne résultent pas de la naissance d'étoiles, mais plutôt de leur disparition. Elles sont le fruit de l'un des événements les plus violents qui se produisent dans l'Univers – une explosion de supernova [1]. Ces explosions dégagent une telle énergie lumineuse qu'elles éclipsent bien souvent la totalité de leur galaxie hôte ; au terme de quelques semaines, voire de quelques mois, elles disparaissent toutefois du champ de vue (voir également eso1315 et potw1323a).

 

En regardant cette image, il peut être difficile de saisir la taille réelle de ces nuages – leur diamètre avoisine plusieurs centaines d'années lumière. De plus, ils ne se situent pas dans notre galaxie, mais bien au-delà. Le Grand Nuage de Magellan est colossal, mais comparé à notre propre galaxie, ses dimensions sont relativement modestes – il ne s'étend que sur 14 000 années lumière. Il est donc une dizaine de fois plus petit que la Voie Lactée.

 

Cette image a été acquise dans le cadre du projet "Joyaux Cosmiques" de l'ESO [2] au moyen du spectrographe à faible dispersion et réducteur focal FOS installé sur le VLT de l'ESO qui équipe l'Observatoire de Paranal au Chili.

 

Notes

[1] Les restes de l'explosion de supernova figurant sur cette image sont notés SNR 0536-67.6.

 

[2] Le programme "Joyaux Cosmiques" de l'ESO a pour objet de mettre à disposition des enseignants et du grand public des images intéressantes, intriguantes ou visuellement attrayantes acquises au moyen des télescopes de l'ESO. Ce programme utilise du temps de télescope qui ne peut être voué à l'observation scientifique. Toutes les données collectées peuvent également être utilisées dans un contexte scientifique, elles sont mises à disposition des astronomes au travers des archives scientifiques de l'ESO.

 

Plus d'informations

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ».

 

Liens

- Le programme Joyaux Cosmiques de l'ESO

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1348/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


25 Novembre 2013

Une histoire de deux comètes : MESSENGER capture des images de Encke et ISON

 

Crédit : NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington/Southwest Research Institute

 

Le 18 Novembre, le vaisseau spatial MESSENGER en orbite autour de Mercure a pointé l'instrument MDIS (Mercury Dual Imaging System) vers 2P/Encke et a capturé cette image de la comète lorsqu'elle passait à environ 3,7 millions de kilomètres de la surface de Mercure. Le jour suivant, la sonde a capturé cette image de C/2012 S1 (ISON), lorsqu'elle a croisé Mercure à une distance d'environ 36,2 millions de kilomètres sur sa route vers son approche fin Novembre au plus près du Soleil.

 

Image de la comète 2P/Encke, acquise par l'instrument Wide Angle Camera (WAC) du Mercury Dual Imaging System (MDIS) de MESSENGER à 22:56 UTC le 17 Novembre 2013, lors de l'approche de la comète au plus près de Mercure. Encke était alors à environ 3,7 millions de km de MESSENGER et à environ 52,6 millions de km du Soleil.

Image de la comète C/2012 S1 (ISON), acquise par l'instrument Wide Angle Camera (WAC) du Mercury Dual Imaging System (MDIS) de MESSENGER à 01:54:30 UTC le 20 Novembre 2013, lors de l'approche de la comète au plus près de Mercure. A ce moment, ISON était à environ 36,2 millions de km de MESSENGER et à environ 67,8 millions de km du Soleil.

Crédit : NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington/Southwest Research Institute

 

Les caméras de MESSENGER ont pris des observations ciblées de Encke depuis le 28 Octobre et de ISON depuis le 26 Octobre, bien que les premières faibles détections ne soient pas venues avant début Novembre. Durant l'approche au plus près de chaque comète auprès de Mercure, les instruments MASCS (Mercury Atmospheric and Surface Composition Spectrometer) et XRS (X-Ray Spectrometer) ont également visé les comètes. Les observations de ISON se terminent le 26 Novembre, lorsque la comète passe trop près du Soleil, mais MESSENGER continuera de suivre Encke avec les imageurs et spectromètres jusqu'au début de Décembre.

 

Le vaisseau spatial a une vue des comètes très différente de celle des observateurs terrestres. "MESSENGER a imagé Encke seulement quelques jours avant son périhélie quand elle était la plus brillante", explique Ron Vervack, du Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory, qui a dirigé la campagne d'observation de la comète de MESSENGER. "Que nous soyons si proche de la comète à ce moment offre une chance de faire d'importantes observations qui pourrait faire la lumière sur son comportement asymétrique au périhélie."

 

En revanche, ISON n'est pas passée aussi près de Mercure, mais la comète était entre la Terre et Mercure à son passage le plus proche de MESSENGER. "Nous voyons le côté opposé à celui visible depuis la Terre," note Vervack, "aussi nos images et spectres sont complémentaires aux observations depuis la Terre faites au même moment et pourraient aider dans la compréhension de l'activité variable de la comète lors de son approche au Soleil."

 

Le jour où Encke était au plus près de Mercure, la caméra grand-angle MDIS a scanné la comète avec tous ses 12 filtres tandis que la caméra à champ restreint (NAC) de l'instrument prenait des images de la comète en rotation toutes les 10 minutes pour capturer une vue panoramique complète. La campagne d'imagerie pour ISON était similaire, avec la NAC capturant une série de clichés toutes les 30 minutes.

 

Plusieurs observatoires terrestres et spatiaux de la NASA, ainsi que plusieurs autres observatoires du monde, collectent des données sur les comètes. Toutefois, aucun ne sera en mesure de recueillir en même temps des images et des spectres de rayons X dans les longueurs d'onde du proche infrarouge lorsque les comètes sont si près du Soleil, tout comme MESSENGER. Vervack prévoit que MESSENGER recueille 15 heures de données sur Encke et 25 autres heures sur ISON. "Ces observations de Encke et de ISON comblent une lacune dans la couverture héliocentrique où la plupart des autres observatoires n'ont pas accès, » dit Vervack.

 

Les scientifiques passent au peigne fin les données recueillies par MASCS, mais il y a déjà des détections confirmées de plusieurs molécules et atomes, à savoir OH, NH, CS, oxygène, carbone, soufre et hydrogène. "Les observations en ultraviolet lointain ne peuvent être faites à partir des observatoires terrestres, et seulement quelques instruments dans l'espace ont été capables de regarder les comètes dans l'ultraviolet," note Vervack. "Les observations MASCS sont donc d'un grand intérêt."

 

Les scientifiques espéraient également d'obtenir les premiers détections définitives de l'émission de rayons X cométaire de silicium, magnésium et d'aluminium. "Le télescope spatial Chandra X-ray de la NASA a observé ISON et Encke et a vu l'émission de rayons X des deux," dit Vervack. "Nous sommes capable de faire ces observations lorsque les deux comètes sont plus près du Soleil, aussi les émissions de rayons X ont le potentiel d'être beaucoup plus intense". Cependant, une série de grandes éruptions solaires pendant les observations a augmenté la contamination de fond dans les spectres de rayons X et a compliqué l'analyse. "Nous ne pouvons rien à ce que le Soleil fait," dit Vervack, "mais nous allons analyser les données attentivement pour voir s'il y a des détections à trouver."

 

Prises ensemble, les observations de MESSENGER offrent une étude scientifique variée des comètes. "Considérant que les images MDIS brosseront un tableau global de la morphologie de la chevelure de la comète, les observations MASCS nous informeront sur la composition des glaces cométaires et XRS est peut-être capable de nous dire de quoi la poussière est faite," explique Vervack.

 

"Les rencontres cométaires n'ont pas été prises en compte lorsque la mission MESSENGER a été conçue," ajoute le chercheur principal de MESSENGER Sean Solomon de l'Université Columbia. "Si Encke et ISON livrent quelques-uns de leurs secrets sur la formation et l'évolution du Système solaire, l'équipe de MESSENGER sera enchantée avec le bonus scientifique."

 

http://messenger.jhuapl.edu/news_room/details.php?id=246

http://messenger.jhuapl.edu/gallery/sciencePhotos/image.php?page=1&gallery_id=2&image_id=1303 [Encke]

http://messenger.jhuapl.edu/gallery/sciencePhotos/image.php?page=1&gallery_id=2&image_id=1304 [ISON]

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Le trio Swarm part explorer le bouclier magnétique de notre planète : Les trois satellites de l’ESA qui formeront la constellation Swarm ont été injectés cet après-midi sur une orbite quasi polaire par un lanceur russe Rockot. Pendant quatre ans, ils scruteront le champ magnétique de la Terre, des profondeurs du noyau de notre planète jusqu’aux confins de sa haute atmosphère. Les satellites Swarm apporteront aux scientifiques des données inédites sur le fonctionnement complexe du bouclier magnétique qui protège notre biosphère des particules chargées et du rayonnement cosmique. Ils réaliseront des mesures précises qui permettront d’évaluer l’affaiblissement actuel du champ magnétique terrestre, et de comprendre dans quelle mesure ce phénomène contribue au changement climatique. Le lanceur Rockot a décollé du port spatial de Plesetsk, dans le nord de la Russie, à 12h02 UTC (13h02 CET) le 22 novembre.

 


22 Novembre 2013

Galaxies naissantes se mêlant près de l'« Aube cosmique »

 

Crédit : NASA, ESA, ESO, NRAO, NAOJ, JAO, M. Ouchi (University of Tokyo), R. Ellis (California Institute of Technology), Y. Ono (University of Tokyo), K. Nakanishi (The Graduate University for Advanced Studies (SOKENDAI) and Joint ALMA Observatory), K. Kohno and R. Momose (University of Tokyo), Y. Kurono (Joint ALMA Observatory), M. Ashby (Harvard-Smithsonian Center for Astronomy), K. Shimasaku (University of Tokyo), S. Willner and G. Fazio (Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics), Y. Tamura (University of Tokyo), and D. Iono (National Astronomical Observatory of Japan)

 

Des astronomes utilisant la puissance combinée du télescope spatial Hubble et du télescope Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA) ont découvert un trio très éloigné de galaxies primitives, nichées à l'intérieur d'une énorme tache de gaz primordial. Le rare système triple a existé lorsque l'Univers n'avait que 800 millions d'années. Le trio peut éventuellement fusionner en une seule galaxie massive, prévoient les chercheurs. Les chercheurs affirment que le système fournit des idées clées dans les premières étapes de la formation des galaxies.

 

Crédit : NASA, ESA, ESO, NRAO, NAOJ, JAO, M. Ouchi (University of Tokyo), R. Ellis (California Institute of Technology), Y. Ono (University of Tokyo), K. Nakanishi (The Graduate University for Advanced Studies (SOKENDAI) and Joint ALMA Observatory), K. Kohno and R. Momose (University of Tokyo), Y. Kurono (Joint ALMA Observatory), M. Ashby (Harvard-Smithsonian Center for Astronomy), K. Shimasaku (University of Tokyo), S. Willner and G. Fazio (Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics), Y. Tamura (University of Tokyo), and D. Iono (National Astronomical Observatory of Japan)

 

Cette image couleur composite d'une bulle géante primordiale de gaz, baptisée Himiko (d'après la Reine de l'ancien Japon), est assemblée à partir des données de Hubble, Subaru et Spitzer. Le panneau de gauche montre le champ autour de Himiko, tel que vu par Hubble. La position de Himiko est indiquée par un carré.

 

Les panneaux de droite montrent des vues rapprochées de l'image de Hubble (en haut) et une combinaison des images d'Hubble, Subaru et Spitzer (en bas). Dans l'image de Hubble, les longueurs d'onde infrarouges capturées par l'instrument Wide Field Camera 3 de Hubble à 0,98, 1,25 et 1,6 microns sont représentées respectivement par du bleu, du vert et du rouge. Dans l'image de Hubble/Subaru/Spitzer, la combinaison des trois bandes infrarouges de Hubble est en vert, tandis que l'émission Lyman-alpha capturée par Subaru Suprime-Cam et l'infrarouge 3,6 microns prise par la caméra infrarouge de Spitzer sont présentées en bleu et rouge, respectivement.

 

Pour plus d'informations et de graphiques pour Himiko, visitez https://public.nrao.edu/news/pressreleases/infant-galaxies-merge-near-cosmic-dawn

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


22 Novembre 2013

Une météorite exceptionnelle ressemble aux roches observées par les rovers à la surface de Mars

 

Photo Luc Labenne (http://meteorites.tv)

 

La météorite NWA 7533 est le premier échantillon des terrains les plus anciens de Mars disponible en laboratoire. L'analyse des zircons qu'elle contient démontre que, comme celles de la Terre et de la Lune, la croûte de Mars était déjà solidifiée il y a plus de 4,4 milliards d'années. La météorite contient également des agrégats à la granulométrie très fine qui sont probablement le sol ancien de la planète compacté il y a 1,7 milliards d'années. L'oxydation de ce matériau suggère que la planète était déjà rouge dès cette époque-là. Telles sont les conclusions d'une étude menée par des chercheurs de l'Université d'État de Floride (USA), de l'Université Curtin (Australie), du Muséum national d'Histoire naturelle, de l'Université de Nantes, du CNRS, de l'Institut de Physique du Globe de Paris et de l'École Normale Supérieure [1] et publiée aujourd'hui dans la revue Nature.

 

Échantillon de la météorite martienne NWA 7533 Photo Luc Labenne (http://meteorites.tv)

 

On connaît à l'heure actuelle 68 météorites martiennes, pratiquement toutes issues des profondeurs de la croûte de Mars. Ces météorites ne ressemblent pas aux terrains très anciens couverts de cratères qui couvrent plus de la moitié de la surface de Mars et qui sont analysés par les sondes qui survolent la planète et par les rovers Opportunity et Curiosity. Une équipe internationale de chercheurs vient de montrer que la météorite NWA 7533 constituait le premier échantillon de ces terrains disponible en laboratoire. À défaut de savoir précisément de quel cratère est issue NWA 7533, cela permet de mener des analyses bien plus précises que celles que peuvent effectuer les rovers, les deux approches étant complémentaires.

 

Les chercheurs ont ainsi pu analyser les zircons présents dans la roche et dater la cristallisation de ceux-ci à 4,4 milliards d'années, un âge qui correspond précisément à celui des autres zircons les plus anciens connus dans les roches lunaires et terrestres. Cela indique que la croûte de Mars s'est solidifiée très tôt, en même temps que celle de la Lune et de la Terre. C'est la première fois que des zircons formés dans la croûte de Mars ont pu être analysés aussi précisément.

 

La météorite martienne NWA 7533 est clairement une pierre issue de la même chute que NWA 7034, trouvée peu de temps avant au même endroit (près de Bir Anzarane au Maroc). NWA 7034, analysée par un groupe de chercheurs américains (et baptisée par eux « Black Beauty » en raison de sa couleur noire) avait été interprétée comme une roche d'origine volcanique. Les travaux publiés dans la revue Nature montrent que NWA 7533 contient, et contenait déjà il y 4,4 milliards d'années, une importante quantité d'éléments chimiques dits « sidérophiles », c'est-à-dire ayant une forte affinité pour le métal. Ces éléments tels que le nickel et l'iridium, concentrés dans le noyau des planètes, sont peu abondants dans les croûtes où leur présence en grande quantité ne peut qu'être le résultat d'un ou plusieurs impacts météoritiques. NWA 7533 provient donc d'un terrain ancien et cratérisé de Mars comme ceux qui couvrent l'hémisphère sud de la planète.

NWA 7533 recèle vraisemblablement un grand nombre d'autres informations essentielles concernant l'histoire précoce de la planète Mars et l'équipe poursuit ses études, notamment dans le but de reconstituer les conditions de son altération hydrothermale. Un échantillon d'une vingtaine de grammes de la météorite a été confié par le collectionneur Luc Labenne aux chercheurs dans le but de mener à bien ces travaux, à l'issue desquels cet échantillon intégrera les collections du Muséum.

 

Note(s) : 

 

[1] Les chercheurs français travaillent au Laboratoire de Minéralogie et de Cosmochimie du Muséum (CNRS/MNHN), au Laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes (CNRS/Université de Nantes), à l'Institut de Physique du Globe de Paris (CNRS/IPGP/Université Paris Diderot) et au Laboratoire de Géologie de l'École Normale Supérieure (CNRS/ENS).

 

Référence(s) : 

 

Origin and age of the earliest Martian crust from meteorite NWA 7533,
M. Humayun, A. Nemchin, B. Zanda, R. H. Hewins, M. Grange, A. Kennedy, J.-P. Lorand, C. Göpel, C. Fieni, S. Pont & D. Deldicque, Nature, 20 novembre 2013.
http://dx.doi.org/10.1038/nature12764

 

Source : Actualités du CNRS-INSU http://www.insu.cnrs.fr/node/4612

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Joyeux anniversaire à la Station spatiale : La Station spatiale internationale fête son anniversaire aujourd’hui, 15 ans après le lancement du premier module en 1998.

 

Débris d'explosions stellaires dans les voies rapides de la Galaxie : Des astronomes regardant la postluminescence radioactive des supernovae avec la mission INTEGRAL de l'ESA ont révélé que les restes des explosions stellaires se déplacent à travers la Voie lactée beaucoup plus rapidement, en moyenne, que les étoiles et la plupart des gaz de la Galaxie. Ces débris stellaires sont très probablement éjectés par les vents et les explosions de supernovae dans de grands groupes d'étoiles massives situées principalement sur le devant des bras spiraux de la Galaxie.

 

Une population de naines brunes anciennes révélée dans la galaxie :Une équipe d'astronomes dirigée par le Dr David Pinfield à l'Université de Hertfordshire a découvert deux des plus vieilles naines brunes dans la galaxie. Ces objets anciens, WISE 0013+0634 et WISE 0833+0052, se déplacent à des vitesses de 100 à 200 kilomètres par seconde, beaucoup plus rapidement que les étoiles normales et autres naines et sont censés s'être formés lorsque la galaxie était très jeune, il y a plus de 10 milliards années. Curieusement les scientifiques croient qu'ils pourraient faire partie d'une population vaste et inédite d'objets.

 

Rencontres rapprochées d'astéroïdes avec Mars - les scientifiques trouvent que Mars, pas la Terre, bouscule les astéroïdes géocroiseurs : Depuis presque aussi longtemps que les astronomes ont pu observer les astéroïdes, une question est restée sans réponse : pourquoi les surfaces de la plupart des astéroïdes semblent plus rouges que les météorites, les restes des astéroïdes qui se sont écrasés sur Terre ? En 2010, Richard Binzel, professeur de sciences planétaires au MIT, a identifié une explication probable : les astéroïdes orbitant dans la ceinture d'astéroïdes principale de notre Système solaire, située entre Mars et Jupiter, sont exposés au rayonnement cosmique, changeant la nature chimique de leur surface et les faisant rougir au fil du temps. En revanche, Binzel a constaté que les astéroïdes qui aventurent hors de la ceinture principale et passent à proximité de la Terre sentent les effets de la gravité de la Terre, provoquant des "tremblements d'astéroïdes" qui déplacent les grains de la surfaces, exposant ainsi les grains frais du dessous. Lorsque ces astéroïdes « rafraîchis » viennent trop près de Terre, ils se brissent et tombent à sa surface sous forme de météorites. Depuis lors, les scientifiques ont pensé que les rencontres rapprochées avec la Terre jouent un rôle clé en rafraîchissant les astéroïdes. Mais maintenant Binzel et son collègue Francesca DeMeo ont trouvé que Mars peut aussi attiser les surfaces des astéroïdes, en cas de contact assez proche.

 

Eléments de preuve trouvés pour du granit sur Mars : Les chercheurs ont maintenant des preuves plus solides de granit sur Mars et une nouvelle théorie pour savoir comment le granit, une roche ignée commune sur Terre, auraient pu se former là, selon une nouvelle étude. Les résultats suggèrent une Mars beaucoup plus géologiquement complexe qu'on le croyait. De grandes quantités d'un minéral trouvé dans le granit, connu sous le nom de feldspath, ont été trouvées dans un ancien volcan martien. De plus, les minéraux qui sont communs dans les basaltes riches en fer et en magnésium, omniprésents sur Mars, sont presque complètement absents à cet endroit. L'emplacement du feldspath permet aussi d'expliquer comment le granit auraient pu se former sur Mars. Le granit, ou son équivalent éruptif, la rhyolite, se retrouve souvent sur Terre dans les régions tectoniquement actives telles que les zones de subduction. C'est peu probable sur Mars, mais l'équipe de recherche a conclu qu'une activité magmatique prolongée sur Mars peut également produire ces compositions sur de grandes échelles.

 

La variation des halogènes dans le sol martien appelle à un cycle atmosphère-surface : Dans le numéro de Novembre de Icarus, des chercheurs évaluent les détails de la variabilité d'halogène et un processus inhabituel qui peut l'influencer. Le groupe, dirigé par Suniti Karunatillake du LSU, a étudié la possibilité d'un cycle halogène existant sur Mars, ce qui changerait le paradigme actuel des halogènes distribués principalement par des processus liés à l'eau.

 


 

La France à bord de la sonde MAVEN en route vers Mars: La mission MAVEN (Mars Atmosphere and Volatile EvolutioN) a décollé du Centre Spatial Kennedy hier, lundi 18 novembre 2013, à destination de la planète Mars. MAVEN est la seconde mission du programme américain Scout de petites missions compétitives dédiées à l'exploration de Mars. Le lancement s'est déroulé comme prévu hier à bord d'une Atlas V 401. MAVEN permettra d'étudier la haute atmosphère et l'ionosphère martiennes, ainsi que leurs interactions avec le vent solaire. L'un de ses instruments, le détecteur SWEA, a été conçu par une équipe de l'IRAP (CNRS/Université Toulouse III - Paul Sabatier) avec le soutien du CNES.

 


 

Nouvelle image de la comète ISON : Dans la matinée du Vendredi 15 Novembre 2013, le télescope national TRAPPIST à l'Observatoire de La Silla de l'ESO au Chili a capturé une nouvelle vue de la comète C/2012 S1 (ISON). La comète ISON a été d'abord aperçu dans nos cieux en Septembre 2012, et fera son approche au plus près du Soleil fin Novembre 2013. La comète ISON était assez calme jusqu'au 1er Novembre 2013, lorsqu'une première explosion a doublé la quantité de gaz émis par la comète. Le 13 Novembre, juste avant cette image soit prise, une deuxième explosion géante a secoué la comète, augmentant son activité par un facteur de dix. Elle est maintenant assez lumineuse pour être vue avec une bonne paire de jumelles depuis un site sombre dans le ciel du matin vers l'Est. Au cours des deux dernières nuits, la comète s'est stabilisée à son nouveau niveau d'activité. L'image en haute résolution et des informations supplémentaires sont disponibles sur : http://www.eso.org/public/images/potw1346a/

 


 

Le sursaut d'activité de la comète ISON continu : La brusque illumination de la comète ISON le 14 Novembre a amené la comète à la limite de la visibilité à l'œil nu. Des observateurs du ciel nocturne autour du monde rapportent qu'ils l'ont vu sans aide le matin du 15 Novembre. À l'œil humain, ISON est juste une pâle tache de magnitude 5,5. Les télescopes révèlent bien plus encore. Les effets du sursaut se sont propagés dans la queue soudainement tumultueuse de la comète, comme le montre l'image prise le matin du 15 novembre par Damian Peach.

 

L'augmentation de la luminosité et l'émergence de multiples banderoles gazeuses pourraient être causées par des veines fraiches de glace s'ouvrant dans le noyau de la comète. La vaporisation rapide de glace par la chaleur solaire est un moyen infaillible d'augmenter la visibilité de la comète. Mais, comme indique la campagne d'observation de la comète ISON, « Nous ne savons pas ce que ISON fait en ce moment, ou ce qu'elle fera dans les prochaines semaines ! » Le noyau de la comète est cachée par une atmosphère brumeuse verte, par conséquent les événements à l'intérieur restent un mystère. Personne ne sait ce qui arrive à la comète ISON. Cela pourrait être l'agonie de la comète -- ou le premier des nombreux événements d'illumination que la comète subit alors qu'elle plonge vers le Soleil pour une rencontre rapprochée le 28 Novembre, le jour de Thanksgiving aux USA.

 

La surveillance est encouragée. La comète ISON se lève à l'est juste avant le Soleil. A noter que les 17 et 18 Novembre, la comète passera près de l'étoile brillante Spica, facilitant son repérage.

 

Une affaire à suivre... en consultant régulièrement "La lettre du Guide du Ciel - Spéciale Comète ISON" de Guillaume Cannat.

 

Rare survol de Mercure de deux comètes : La sonde MESSENGER de la NASA est sur le point d'obtenir une vue rapprochée du sursaut d'activité de la comète ISON. Les 18-19 Novembre la comète ISON et la comète Encke survoleront toutes deux Mercure, la planète que MESSENGER orbite. Vous pouvez en apprendre davantage sur ce rare double survol cométaire et ce que MESSENGER pourrait voir dans une vidéo de Science@NASA.

 

Hubble dévoile le premier album d'images des années de formation de la Voie lactée : Le télescope spatial Hubblea fourni la première preuve visuelle montrant comment notre galaxie, la Voie lactée, s'est elle-même assemblée dans la majestueuse roue d'étoiles que nous voyons aujourd'hui. À l'aide des études profondes de Hubble, les astronomes ont tracé 400 galaxies semblables à notre Voie lactée à diverses étapes de construction sur une période de 11 milliards d'années.

 

La nature roule les astronomes : Ce qui peut ressembler à un colossal jet tiré au loin d'une galaxie s'avère être une illusion. Les nouvelles données du Karl G. Jansky Very Large Array (VLA) de la National Science Foundation révèlent que deux galaxies, l'une derrière l'autre, se sont fait passer pour une seule.

 

WISE a été un peu plus sage: La mission WISE de la NASA a publié un nouvel et amélioré atlas et catalogue regorgeant de données sur les trois quarts d'un milliard objets détectés lors de deux analyses complètes du ciel.

 

Découvrir la troisième dimension de Cassiopée A : Un des plus célèbres objets dans le ciel - le reste de supernova Cassiopée A - sera exposé comme jamais auparavant, grâce à l'observatoire de rayons X Chandra de la NASA et un nouveau projet de la Smithsonian Institution. Une nouvelle visionneuse en trois dimensions (3D), dévoilée cette semaine, permettra aux utilisateurs d'interagir avec de nombreux objets uniques de la Smithsonian Institution.

 

Faisceaux d'électrons et signaux radio de la surface du Soleil : Le Soleil émet de la lumière, mais il émet aussi des faisceaux de particules. Un scientifique au Swedish Institute of Space Physics (IRF) à Uppsala en Suède a révélé comment ces faisceaux générent des ondes radio. Ces ondes radio peuvent nous en dire plus sur les couches externes du Soleil et le milieu interstellaire sans y aller.

 


 

Un spectaculaire portrait de Saturne livré par la sonde Cassini : Le 19 juillet dernier, la sonde Cassini a effectué un retournement historique. Elle s'est glissée dans l'ombre de Saturne, s'est tournée vers la planète afin de la photographier ainsi que ses lunes et ses anneaux. Cassini a aussi pu observer de loin, la Terre mais aussi Vénus et Mars. Un spectacle incroyable qui méritait bien une nouvelle image en couleurs, dévoilée par la NASA.

 


15 Novembre 2013

Comètes C/2013 V4 (Catalina), C/2013 V5 (Oukaimeden)

 

Nouvelles du Ciel

 

C/2013 V4 (Catalina)

Une nouvelle comète a été découverte sur les images CCD obtenues le 09 Novembre 2013 dans le cadre du Catalina Sky Survey. Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, la nature cométaire de l'objet a été confirmée grâce aux observations de P. Lindner (Hoyerswerda), L. Buzzi (Schiaparelli Observatory), M. Schwartz et P. R. Holvorcem (Tenagra II Observatory), T. Seki (Geisei), H. Sato (iTelescope Observatory, Nerpio), R. Holmes (Astronomical Research Observatory, Westfield), R. Ligustri (via iTelescope Observatory, Mayhill), O. Rodrigo (Betera), S. Foglia et G. Galli (GiaGa Observatory), W. H. Ryan et E. V. Ryan (Magdalena Ridge Observatory, Socorro), M. Urbanik (via iTelescope Observatory, Mayhill), A. Hidas (Arcadia), A. Asami et K. Nishiyama (Bisei Spaceguard Center--BATTeRS), F. Bressan, S. Deiuri et E. Pettarin (Farra d'Isonzo), A. Carreno (Observatorio Zonalunar, Puzol), G. Baj (M57 Observatory, Saltrio), J. A. Johnson (Mt. Lemmon Survey), A. Chapman, C. M. Ortega et S. A. Baudracco (Observatorio Cruz del Sur, San Justo), et P. Dupouy et J. B. de Vanssay (Observatoire de Dax).

 

L'objet a également été identifié sur des images obtenues le 23 Octobre 2013 par l'équipe de Pan-STARRS 1 et le 31 Octobre 2013 par le Catalina Sky Survey.

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2013 V4 (Catalina) indiquent une orbite parabolique avec un passage au périhélie le 08 Octobre 2015 à une distance d'environ 5,2 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K13/K13V94.html (MPEC 2013-V94)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 07 Octobre 2015 à une distance d'environ 5,1 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K13/K13W13.html (MPEC 2013-W13)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=CK13V040

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2013%20V4;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

 

C/2013 V5 (Oukaimeden)

Une nouvelle comète a été découverte par Michel Ory sur les images CCD obtenues le 12 Novembre 2013 à l'Observatoire Oukaimeden au Maroc. La nature cométaire de l'objet a été confirmée, après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, grâce aux observations de J. G. Ries (McDonald Observatory), E. Guido, N. Howes et M. Nicolini (via iTelescope Observatory, Siding Spring), A. Asami et K. Nishiyama (Bisei Spaceguard Center--BATTeRS), D. Grennan (Raheny), L. Buzzi (Schiaparelli Observatory), P. Birtwhistle(Great Shefford), G. Hug (Sandlot Observatory, Scranton), R. Holmes (Astronomical Research Observatory, Westfield), H. Sato (via iTelescope Observatory, Siding Spring), M. Schwartz et P. R. Holvorcem (Tenagra II Observatory), et P. Dupouy et J. B. de Vanssay (Observatoire de Dax).

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2013 V5 (Oukaimeden) indiquent une orbite parabolique avec un passage au périhélie le 27 Septembre 2014 à une distance d'environ 0,62 UA du Soleil. La comète pourrait devenir un objet visible à l'oeil nu pour les observateurs de l'hémisphère sud à l'occasion de son passage au plus près de la Terre (à 0,48 UA) à la mi-Septembre 2014, quelques jours avant le passage au périhélie.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K13/K13V95.html (MPEC 2013-V95)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 28 Septembre 2014 à une distance d'environ 0,6 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K13/K13X10.html (MPEC 2013-X10)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=CK13V050

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2013%20V5;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Les différentes familles de comètes

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


14 Novembre 2013

Nouvelles vues de Mars : les anciens glaciers et l'eau courante laissent leur marque sur la région de Ismeniae Fossae sur la planète rouge

 

Crédit : ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 

Cette scène montre une section de Ismeniae Fossae qui chevauche les montagnes du sud et les plaines du nord de Mars. La fosse curviligne de 2 km de large qui traverse cette image contient de nombreuses rainures parallèles et des crêtes comprenant du matériel des murs creux et du matériel qui a été entraîné sur le plancher par d'anciens glaciers et des coulées riches en glace.

 

Dans la partie gauche de la scène le canal tronque un cratère d'environ 25 km de large. Du matériel des parois du cratère a chuté dans le canal, aplanissant le plancher rainuré.

 

Autour de ce cratère et ailleurs dans Ismeniae Fossae, des groupes de dépressions, circulaires à elliptiques, partiellement interconnectées sont observées. Celles-ci peuvent être soit des cratères d'impact secondaires de débris projetés par de grands cratères d'impact ou des fosses d'effondrement causées par la sublimation de la glace souterraine.

 

La partie ouest du cratère Moreux de 138 km de large est vue en bas à droite de l'image. De nombreux systèmes de delta de vallées à l'ouest du cratère fournissent une preuve supplémentaire que l'eau a circulé dans cette région à un moment donné dans le passé de la planète rouge, peut-être lorsque l'eau provenant de la fonte de la glace est supposée avoir couvert cette région.

 

L'image a été prise par l'instrument HRSC (High Resolution Stereo Camera) de Mars Express de l'ESA le 16 juin 2013 (orbite 11709), avec une résolution au sol d'environ 20 m par pixel. Le centre de l'image est à environ 40°N / 42°E.

 

Ismeniae Fossae - Crédit : ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 

http://www.esa.int/Our_Activities/Space_Science/Highlights/Deep_freeze

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


12 Novembre 2013

De jeunes étoiles sculptent un paysage céleste pour le moins spectaculaire

 

Crédit : ESO/G. Beccari

 

Des astronomes de l'ESO ont acquis la meilleure image à ce jour des étranges nuages qui entourent l'amas d'étoiles NGC 3572. Cette nouvelle image dévoile la façon dont les vents stellaires issus de cet ensemble de jeunes étoiles chaudes sculptent ces nuages de gaz et de poussière et leur confèrent ces formes de bulles, d'arcs ou bien encore de trompes d'éléphants. Les étoiles les plus brillantes de ces amas sont bien plus massives que le Soleil et achèveront leur courte existence sous la forme d'explosions de supernovae.

 

L'amas d'étoiles NGC 3572 et son spectaculaire environnement

Crédit : ESO/G. Beccari

 

La plupart des étoiles se forment non pas isolément dans l'espace, mais pratiquement en même temps que de nombreuses autres étoiles à partir d'un même nuage de gaz et de poussière. NGC 3572, dans la constellation australe de la Carène (La Quille), est l'un de ces amas. Il renferme de nombreuses jeunes étoiles chaudes de couleur blanc-bleue qui brillent intensément et génèrent de puissants vents stellaires responsables de la dispersion progressive des restes de gaz et de poussière environnants. Les nuages de gaz lumineux et les amas d'étoiles qui leur sont associés font l'objet d'une nouvelle image acquise par l'imageur à grand champ (WFI pour Wide Field Imager) du télescope MPG/ESO de 2,2 mètres installé à l'Observatoire La Silla de l'ESO au Chili [1].

 

Dans la partie inférieure de l'image, une fraction non négligeable du nuage moléculaire qui a donné naissance à ces jeunes étoiles peut être aperçue. Il a été considérablement affecté par le puissant rayonnement émis par sa progéniture. Cette radiation ne lui confère pas seulement cette teinte caractéristique, elle sculpte également les nuages en des formes étonnamment alambiquées, semblables à des bulles, des arcs et de sombres colonnes que les astronomes nomment trompes d'éléphant [2].

 

A proximité du centre de l'image apparaît une forme étrange, sorte de petite nébuleuse en forme d'anneau. Les astronomes demeurent sceptiques quant à l'origine de cette étrange structure. Il s'agit probablement d'un épais vestige du nuage moléculaire qui a donné naissance à l'amas, peut-être d'une bulle qui s'est créée autour d'une étoile chaude très brillante. Mais certains auteurs ont envisagé qu'il pourrait plutôt s'agir d'une nébuleuse planétaire de forme irrégulière – en d'autres termes, des restes d'une étoile en fin de vie [3].

 

Les étoiles qui se forment au sein d'un même nuage peuvent être parentes, en aucun cas jumelles. Elles ont quasiment le même âge mais diffèrent au travers de leur taille, de leur masse, de leur température et de leur couleur. Le cours de la vie d'une étoile est principalement conditionné par sa masse. Un amas donné est donc composé d'étoiles que l'on voit à différentes étapes de leur existence ; à ce titre, il constitue un parfait laboratoire d'étude de l'évolution stellaire [4].

 

Ces groupes de jeunes étoiles restent soudés peu de temps, typiquement quelques dizaines voire centaines de millions d'années. Elles se dispersent progressivement, principalement en raison d'interactions gravitationnelles, mais également parce que les étoiles les plus massives ont de courtes durées de vie : elles brûlent leur carburant très rapidement et achèvent leur existence sous la forme de violentes explosions de supernovae, contribuant par là-même à la dispersion des restes de gaz et des étoiles dans l'amas.

 

Notes

[1] Cette image a été faite à partir de données obtenues par une équipe conduite par Giacomo Baccari, astronome à l'ESO. Ils ont utilisé toute la puissance de l'Imageur à grand champ pour étudier la physique des disques protoplanétaires autour des jeunes étoiles de NGC 3572. Ils ont découvert avec surprise que cet amas contenait des étoiles âgées de plus de dix millions d'années qui continuent d'accréter de la matière et doivent donc être encore entourées de disques. Cela montre que la formation d'étoiles au sein de NGC 3572 s'est poursuivie durant plus de 10-20 millions d'années et implique que le processus de formation des planètes peut s'étendre sur de plus grandes échelles de temps que nous ne le pensions.

 

[2] Les Piliers de la Création dans la Nébuleuse de l'Aigle constituent l'exemple le plus célèbre de structures en forme de trompes d'éléphant. Une magnifique image détaillée en a été obtenue par le Télescope Spatial Hubble du consortium NASA/ESA : http://www.spacetelescope.org/images/opo9544a/

 

[3] Lorsqu'une étoile semblable au Soleil achève de consommer son carburant, elle éjecte ses couches externes dans l'espace environnant. Les restes chauds de l'étoile continuent de rayonner intensément au travers de cette matière, créant par là-même de magnifiques mais éphémères structures lumineuses de gaz ionisé et constituant une nébuleuse planétaire. Cette appellation historique décrit simplement l'apparence de l'objet au travers d'un télescope de petit taille, elle ne signifie nullement l'existence d'une quelconque relation avec une planète.

 

[4] La durée de vie d'une étoile dépend principalement de sa masse. Une étoile cinquante fois plus massive que le Soleil sera caractérisée par une existence de quelques millions d'années seulement, tandis que le Soleil vivra dix milliards d'années environ et les naines rouges de faible masse des trillions d'années – bien plus longtemps que l'âge actuel de notre Univers.

 

Plus d'informations

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ».

 

Liens

- Fin du télescope de 2,2 mètres

- Images prises avec le télescope MPG/ESO de 2,2 mètres

- Photographies du télescope MPG/ESO de 2,2 mètres

- Communiqués de Presse de l'ESO incluant les résultats obtenus au moyen du télescope MPG/ESO de 2,2 mètres

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1347/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


12 Novembre 2013

Les géantes rouges les plus évoluées vibrent comme le Soleil

 

Crédits : University of Sydney/CNRS

 

Une équipe internationale d'astronomes, emmenée par des chercheurs du LESIA de l'Observatoire de Paris (Observatoire de Paris/CNRS/Université Paris Diderot/UPMC), vient de mettre en évidence que les étoiles géantes rouges de type M [1] possèdent des oscillations similaires au Soleil. Cette découverte permet de mieux comprendre le fonctionnement de ces astres et de favoriser leur utilisation comme outil de mesure de distance au voisinage de la Voie Lactée. Leur étude est parue récemment dans la revue Astronomy & Astrophysics.

 

Comparaison des tailles des géantes rouges découvertes par Kepler. Crédits : University of Sydney/CNRS

 

Les oscillations des étoiles géantes rouges et froides, de type spectral M, sont suffisamment importantes (de l'ordre du millième de magnitude en valeur relative) pour être observables depuis longtemps à l'aide de télescopes au sol. Ainsi, leur étude dans les nuages de Magellan par les grands relevés infrarouges tels OGLE [2], a conduit à la mise en évidence de relations reliant les périodes observées à la luminosité de l'étoile. Différentes séquences ont été identifiées, sans que la nature des oscillations ne soit découverte.

 

Le diagramme HR, les grandeurs T0, L0 et R0 sont respectivement les température, luminosité et rayon solaires.

Crédits : Fenêtres sur l'Univers http://media4.obspm.fr/public/FSU/

Ces étoiles se situent haut sur la branche des géantes rouge, (cf. diagramme Hertzsprung-Russell ci-contre). Le satellite CoRoT [3] a scruté en détail leurs oscillations, mais à des stades d'évolution globalement moins avancés. Les observations de CoRoT ont permis de mettre en évidence une propriété particulière des oscillations des géantes qui se traduit en une forme universelle du spectre. Un seul paramètre, proportionnel à la densité moyenne de l'étoile, gouverne le spectre stellaire [4]. Le rayon augmentant avec l'évolution d'une étoile sur la branche des géantes, la densité décroît et le spectre d'oscillation dérive vers les basses fréquences. Mais les observations de CoRoT, limitées à 5 mois au plus, ne permettent pas de sonder les géantes M, de grand rayon (jusqu'à 200 fois le rayon solaire ou RS).

Ce sont les observations du satellite Kepler [5], menées sur plus de 3 ans, qui ont permis de faire le lien entre le bas et le haut de la branche des géantes. L'extrapolation des observations vers les très basses fréquences (période de 200 jours, à comparer aux 5 minutes du Soleil) a été validée par itération. Les observations sol s'accordent avec les données spatiales.

 

Série temporelle et spectre de la géante M KIC 2831290 observée pendant 1150 j par Kepler (Crédits : Nasa/Kepler)

 

Ceci permet de comprendre les oscillations des géantes M comme des oscillations de type solaire, Lorsque le rayon de la géante dépasse 100 RS, ces oscillations sont essentiellement radiales. L'identification du processus physique de ces oscillations va permettre de nouvelles analyses des données sol pour environ 100 000 étoiles. Les astronomes espèrent ainsi avoir une bien meilleure compréhension des étoiles, tant au niveau de leur fonctionnement, de leur évolution que des nombreux phénomènes physiques liés. On peut par exemple citer la perte de masse intense que connaissent ces étoiles. En effet, les étoiles mesurant plus de 60 RS, possèdent des oscillations provoquant une accélération des couches superficielles comparable au champ gravitationnel de l'étoile : ces couches ne sont plus liées à l'étoile et sont donc susceptibles d'être éjectées par le vent stellaire. Une autre conséquence importante de l'étude concerne l'utilisation de ces étoiles comme chandelles pour la mesure de distance, à l'échelle de la Galaxie et de ses proches voisines (nuages de Magellan, M31).

 

Note(s) : 

 

[1] Les étoiles géantes rouges de type M, sont caractérisées par des raies intenses de métaux neutres et des bandes moléculaires de l'Oxyde de Titane (TiO) très développées. Ces étoiles froides ont une température inférieure à 3500K. Bételgeuse et Antarès sont des exemples d'étoiles de ce type spectral.

[2] OGLE (the Optical Gravitational Lensing Experiment) : C'est un grand relevé dans l'infrarouge mené depuis le Chili, entre autre sur les nuages de Magellan. En savoir plus (en) : http://ogle.astrouw.edu.pl

[3] CoRoT : Lancé le 26 décembre 2006, le télescope spatial CoRoT est né d'une initiative française. Il a été réalisé sous la maîtrise d'œuvre du CNES et sous la responsabilité scientifique de l'Observatoire de Paris, qui préside le comité scientifique rassemblant de nombreux laboratoires français et étrangers. Un exposition, à voir jusqu'au 29 décembre 2013 au Musée de l'Air et de l'Espace, retrace son épopée.

[4] B. Mosser et al. 2011, The universal red-giant oscillation pattern, An automated determination with CoRoT data, A&A 525, L9

[5] En savoir plus sur le satellite Kepler de la NASA : http://kepler.nasa.gov/Mission/QuickGuide/

 

Référence(s) : 

 

B. Mosser et al., Period-luminosity relations in evolved red giants explained by solar-like oscillations, Astronomy & Astrophysics, 10/2013

 

Source : Actualités du CNRS-INSU http://www.insu.cnrs.fr/node/4594

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Retour sur Terre réussi pour l'astronaute de l'ESA Luca Parmitano : L'astronaute italien de l'ESA Luca Parmitano, le commandant russe Fiodor Iourtchikhine et l'astronaute de la NASA Karen Nyberg ont regagné la Terre aujourd'hui, en atterrissant dans la steppe kazakhe. Leur vaisseau Soyouz TMA-09M, qui a atterri à 02h49 TU (03h49 heure de Paris), est le même que celui qui les a amenés sur la Station spatiale internationale (ISS) le 29 mai dernier. Les trois membres d'équipe ramène également la torche olympique, qui vient d'effectuer un séjour de quatre jours dans l'espace et une sortie dans l'espace inédite autour de l'ISS à quelque 360 km au-dessus de la Terre.

 

  GOCE s'abandonne à la gravité : Le lundi 11 novembre vers 01h00 heure de Paris, le satellite GOCE de l'ESA, chargé d'étudier la gravité, est rentré dans l'atmosphère terrestre lors d'un passage couvrant la Sibérie, l'Ouest de l'Océan Pacifique, l'Est de l'Océan Indien et l'Antarctique. Comme prévu, le satellite s'est désintégré dans la haute atmosphère, et aucun dommage matériel n'a été rapporté. Lancé en mars 2009, GOCE (Mission d'étude de la gravité et de la circulation océanique en régime stable) a cartographié les variations de la gravité terrestre avec une précision inégalée. Les données ainsi obtenues ont permis de modéliser avec un degré d'exactitude sans précédent le « géoïde », lequel représente la forme théorique de la Terre si elle était recouverte d'océans au repos. Ce modèle est crucial pour étudier la circulation océanique, le niveau des mers, la dynamique glaciaire et l'intérieur du globe.

 


 

Le satellite européen GOCE va retomber sur Terre : Ce satellite de plus d'une tonne va tomber sur la Terre. L'agence spatiale européenne (ESA) a annoncé vendredi 08 Novembre que GOCE ("Gravity field and steady-state Ocean Circulation Explorer") allait rentrer dans l'atmosphère dans la nuit de dimanche à lundi. Ce satellite, lancé en 2009 pour cartographier les variations de la gravité terrestre, a épuisé ses réserves de carburants. Il devrait se disloquer autour de 80 km d'altitude et consumer la majeure partie de ses débris. Selon les prévisions de l'ESA, seulement une petite partie de sa masse initiale, environ 20%, soit 200 kg, devrait atteindre la surface de la Terre. Le risque de dégâts est jugé "très faible".

 

USSPACECOM N°34602 - Désignation internationale : 2009-013A

Prévision Calsky : 10/11 22:49 UTC (+/-2.9 h)

Prévision Aerospace : 10/11 23:33 UTC (± 4 h)

ESA - Dernières informations sur la mission et la rentrée : http://www.esa.int/Our_Activities/Observing_the_Earth/GOCE/GOCE_completes_its_mission

 

INTRUS 2013 VJ11, un astéroïde de type Apollo d'environ 9 mètres de diamètre, observé pour la première fois le 09 Novembre 2013 à 08h38 UTC dans le cadre du Catalina Sky Survey et annoncé par la circulaire MPEC 2013-V56, est passé le 08 Novembre 2013 vers 16h15 UTC (<1mn) à une distance d'environ 335.525 km ou environ 0,90 LD (1 LD = Distance moyenne Terre-Lune = 380.400 km) de la surface de notre planète. Un peu avant, le 08 Novembre 2013 vers 08h39 UTC (<1mn), le petit rocher était passé auprès de la Lune, à une distance d'environ 323.650 km (0,86 LD).

 


08 Novembre 2013

Comètes C/2013 US10 (Catalina), C/2013 V1 (Boattini), C/2013 V2 (Borisov), C/2013 V3 (Nevski)

 

Nouvelles du Ciel

 

C/2013 US10 (Catalina)

L'objet ayant l'apparence d'un astéroïde découvert par R. A. Kowalski et A. Boattini sur les images CCD obtenues le 31 Octobre 2013 avec le télescope Schmidt de 0.68-m dans le cadre du Catalina Sky Survey, s'est révélé sans surprise être une comète. L'orbite préliminaire de l'astéroïde [MPEC 2013-V05] semblait très étrange, avec une période orbitale de 6,1 ans et un passage au périhélie à 0,4 UA, même s'il ne fait aucun passage à proximité de Jupiter. L'astéroïde avait également une magnitude absolue assez lumineuse. L'orbite indiquait un MOID (Minimum orbit intersection distance, ou Distance minimale d'intersection d'une orbite) par rapport à la Terre de 0,54 UA.

 

La nouvelle orbite de la comète C/2013 US10 (Catalina), comme suggérée par Reinder Bouma peu de temps après la publication de l'orbite astéroïdale, indiquent désormais un passage au périhélie le 15 Novembre 2015 à une distance d'environ à 0,8 UA du Soleil. La comète a également été identifiée dans les données obtenues par l'équipe de Pan-STARRS 1 le 14 Août 2013, du Catalina Sky Survey les 01, 12 et 23 Septembre 2013, et par ISON-NM Observatory, Mayhill le 09 Septembre 2013.

 

La comète est actuellement encore très éloignée du Soleil, étant à 8,3 UA lors de la découverte, mais pourrait atteindre une magnitude visuelle proche de 9 lors de son passage au plus près du Soleil en Novembre 2015. Elle pourrait devenir un objet intéressant aux jumelles pour les observateurs de l'hémisphère sud avant le passage au périhélie, et pour les observateurs du ciel boréal après le périhélie fin 2015-début 2016.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K13/K13V31.html (MPEC 2013-V31)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 15 Novembre 2015 à une distance d'environ 0,8 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K13/K13X10.html (MPEC 2013-X10)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=CK13U10S

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2013%20US10;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

 

C/2013 V1 (Boattini)

Une nouvelle comète a été découverte par Andrea Boattini sur les images CCD obtenues le 04 Novembre 2013 avec le télescope Schmidt 0.68-m dans le cadre du Catalina Sky Survey. Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, la nature cométaire de l'objet a été confirmée par de nombreux observateurs.

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2013 V1 (Boattini) indiquent une orbite parabolique avec un passage au périhélie le 08 Avril 2014 à une distance d'environ 1,5 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K13/K13V32.html (MPEC 2013-V32)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 21 Avril 2014 à une distance d'environ 1,6 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K13/K13W01.html (MPEC 2013-W01)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=CK13V010

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2013%20V1;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

 

C/2013 V2 (Borisov)

L'astronome amateur Gennady Borisov (Crimea-Nauchnij) a découvert une nouvelle comète sur les images CCD obtenues le 06 Novembre 2013 avec l'astrographe de 0.2-m f/1.5. La nature cométaire de l'objet a été confirmée par de nombreux observateurs après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center.

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2013 V2 (Borisov) indiquent une orbite parabolique avec un passage au périhélie le 06 Octobre 2014 à une distance d'environ 3,8 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K13/K13V43.html (MPEC 2013-V43)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 14 Octobre 2014 à une distance d'environ 3,5 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K14/K14C43.html (MPEC 2014-C43)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=CK13V020

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2013%20V2;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

 

C/2013 V3 (Nevski)

Une nouvelle comète a été découverte par l'astronome amateur Vitali Nevski sur les images CCD obtenues les 06 et 07 Novembre 2013 avec le réflecteur de 0,4 m f/3 de l'International Scientific Optical Network (ISON), près de Kislovodsk, en Russie. Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, de nombreux observateurs ont confirmé qu'il s'agissait bien d'une comète.

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2013 V3 (Nevski) indiquent une orbite parabolique avec un passage au périhélie le 23 Octobre 2013 à une distance d'environ 1,3 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K13/K13V45.html (MPEC 2013-V45)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 29 Octobre 2013 à une distance d'environ 1,3 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K13/K13W01.html (MPEC 2013-W01)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=CK13V030

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2013%20V3;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Les différentes familles de comètes

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

La torche olympique de Sotchi en orbite : La torche olympique qui arrivera dans trois mois à Sotchi, en Russie, a atteint jeudi (07 Novembre 2013) la Station spatiale internationale (ISS), en orbite à 400 km de la Terre, avant une sortie spatiale inédite prévue pour samedi. Éteinte pour des raisons de sécurité, la torche a accompli le trajet vers l'ISS accompagnée de trois astronautes, le Russe Mikhaïl Tiourine, l'Américain Rick Mastracchio et le Japonais Koichi Wakata. Samedi, les cosmonautes Oleg Kotov et Sergueï Riazanski effectueront une sortie dans l'espace avec la torche, dont le retour sur Terre est programmé pour lundi.

 

La météorite de Tcheliabinsk reconstituée grâce aux vidéos amateurs [Source : Actualités-Voila.fr] : L'astéroïde qui s'est abattu en février dernier sur la ville russe de Tcheliabinsk mesurait environ 19 mètres de diamètre pour une masse de 12.000 tonnes, estiment des chercheurs qui ont reconstitué ses caractéristiques et sa trajectoire grâce aux nombreuses vidéos diffusées sur internet. Selon les astronomes, cette météorite renfermait une énergie équivalente à 500.000 tonnes de TNT à son entrée dans l'atmosphère terrestre. Et même si elle a fait plus d'un millier de blessés dans l'Oural, les dégâts auraient été bien plus importants si elle ne s'était pas fragmentée à plusieurs reprises avant de toucher le sol.

 

Trajectoire, courbe lumineuse, traînée de poussières, "bangs" supersoniques: en analysant minutieusement une vingtaine de vidéos amateurs prises le 15 février 2013, à l'arrivée de la pluie de météorites au-dessus de Tcheliabinsk, les chercheurs ont pu déduire un grand nombre de paramètres concernant l'astéroïde. A son entrée dans l'atmosphère, à 95 km d'altitude, il file à 19 km par seconde et pèse alors quelque 12.000 tonnes. Sous la pression de l'air, la météorite se déforme comme une balle de tennis géante et se comprime tant qu'elle commence à se casser, "la série de fragmentations la plus importante survenant entre 40 et 30 km d'altitude", souligne l'étude, publiée mercredi dans la revue britannique Nature. L'analyse acoustique des vidéos révèle ainsi pas moins de onze fragmentations et, parvenue à 29 km du sol, la météorite initiale "s'est déjà fragmentée en une vingtaine de gros rochers pesant environ 10 tonnes chacun", écrivent les chercheurs. Le processus s'est poursuivi tout au long de la descente, les morceaux continuant à se désintégrer au fur et à mesure.

 

Un fragment géant a survécu

Une autre étude internationale, publiée simultanément par la revue américaine Science, estime que seules 4 à 6 tonnes de la météorite initiale ont finalement survécu à son passage dans l'atmosphère. "76% du météoroïde s'est évaporé, et l'essentiel de ce qui restait a à son tour été transformé en poussière", soulignent les chercheurs. Plus que les milliers de petits fragments rocheux qui ont atteint le sol, c'est l'onde de choc de la désintégration, environ une minute plus tard, qui a provoqué d'importants dégâts dans la ville, blessant plus d'un millier de personnes. Un fragment géant a toutefois survécu pour suivre une trajectoire séparée à partir de 25 km d'altitude et finir par s'écraser dans le lac Tchebarkoul voisin, gelé à l'époque. Ce morceau devait peser 400 à 500 kilos à son arrivée au sol. Le mois dernier, des scientifiques russes ont annoncé avoir remonté à la surface un fragment géant de cette météorite, long d'environ 1,5 m et d'un poids supérieur à 570 kilos.

D'après les analyses des astronomes tchèques et canadiens ayant participé à l'étude, la météorite de Tcheliabinsk possédait une orbite "très similaire" à l'astéroïde 1999 NC43, un "géocroiseur" de 2 km de diamètre identifié le 14 juillet 1999 et considéré comme une menace potentielle pour la Terre. "Il y a approximativement une chance sur 10.000 que la proximité de ces orbites soit le seul fait du hasard", écrivent-ils. Une ressemblance frappante qui veut vraisemblablement dire que les deux astéroïdes appartenaient auparavant à un même corps céleste, concluent les chercheurs.

Les spécialistes estiment que près de 100 tonnes de matières météoritiques s'abattent sur Terre chaque jour mais la plupart sont déjà réduites à l'état de poussière lorsqu'elles touchent le sol. Et dans 85% des cas, elles finissent leur course dans les océans qui couvrent la majeure partie de la surface terrestre. Il est donc très rare qu'une météorite tombe sur une zone habitée, encore plus qu'elle blesse ou tue.

 


07 Novembre 2013

Quand une comète n'est pas une comète ?

 

Crédit : NASA, ESA, D. Jewitt (University of California, Los Angeles), J. Agarwal (Max Planck Institute for Solar System Research), H. Weaver (Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory), M. Mutchler (STScI), and S. Larson (University of Arizona)

 

Des astronomes utilisant le télescope spatial Hubble de la NASA/ESA ont observé un objet unique et déroutant dans la ceinture d'astéroïdes qui ressemble à un arroseur rotatif de pelouse ou à un volant de badminton. Alors que cet objet est sur une orbite d'astéroïde, il ressemble à une comète et envoie des queues de poussières dans l'espace.

 

Deux images de Hubble de l'extraordinaire astéroïde P/2013 P5 à multiples queues. Crédit : NASA, ESA, D. Jewitt (University of California, Los Angeles), J. Agarwal (Max Planck Institute for Solar System Research), H. Weaver (Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory), M. Mutchler (STScI), and S. Larson (University of Arizona)

 

Les astéroïdes normaux apparaissent sous forme de minuscules points de lumière. Mais cet astéroïde, désigné P/2013 P5, a six queues de comète de poussières émanant d'elle comme les rayons sur une roue. Il a été tout d'abord repéré en Août de cette année comme un objet d'apparence exceptionnellement floue par des astronomes utilisant le télescope Pan-STARRS 1 à Hawaii [1].

 

Parce que rien de semblable n'a jamais été vu auparavant, les astronomes se grattent la tête pour trouver une explication adéquate pour son aspect mystérieux.

 

Les queues multiples ont été découvertes dans les images de Hubble prises le 10 Septembre 2013. Lorsque Hubble est retourné vers l'astéroïde le 23 Septembre, son apparence avait totalement changé. C'était comme si toute la structure avait basculé autour. "Nous avons été littéralement stupéfaits quand nous l'avons vu", a déclaré le chercheur principal, David Jewitt, de l'Université de Californie à Los Angeles, USA. "Encore plus étonnant, ses structures de queue changent radicalement en seulement 13 jours lorsqu'il crache les poussières. Cela nous a également pris par surprise. Il est difficile de croire que nous examinons un astéroïde."

 

Une explication à l'apparence étrange, c'est que la vitesse de rotation de l'astéroïde a augmenté au point où sa surface a commencé à s'envoler, éjectant de la poussière dans des éruptions épisodiques qui ont commencé au printemps dernier. L'équipe exclut un impact d'astéroïde car beaucoup de poussière à la fois aurait été envoyée dans l'espace, alors que P5 a éjecté des poussières par intermittence sur une période d'au moins cinq mois [2].

 

Une modélisation minutieuse par le membre de l'équipe Jessica Agarwal, du Max Planck Institute for Solar System Research à Lindau, en Allemagne, a montré que les queues auraient été formées par une série d'impulsifs événements d'éjection de poussières [3]. La pression de radiation solaire répand la poussière en serpentins. "Compte tenu de nos observations et de la modélisation, on en déduit que P/2013 P5 pourrait perdre la poussière car il tourne à grande vitesse," dit Agarwal. "Le soleil entraîne alors cette poussière dans les queues distinctes que nous voyons."

 

L'astéroïde aurait pu éventuellement tournoyer à une vitesse élevée comme la pression de la lumière du Soleil exerce une torsion sur le corps. Si la vitesse de rotation de l'astéroïde devient assez rapide, selon Jewitt, la faible gravité de l'astéroïde ne serait plus en mesure de le maintenir. La poussière pourrait dévaler vers l'Équateur et peut-être se briser et tomber, dérivant finalement dans l'espace pour faire une queue. Jusqu'ici, seule une petite fraction de la masse principale, peut-être 100 à 1.000 tonnes de poussière, a été perdue. L'astéroïde est mille fois plus massif, avec un rayon de plus de 240 mètres.

 

Les observations de suivi peuvent montrer si la poussière quitte l'astéroïde dans le plan équatorial, ce qui serait une preuve assez forte d'une rupture de rotation. Les astronomes vont aussi essayer de mesurer la véritable vitesse de rotation de l'astéroïde.

 

L'interprétation de Jewitt implique que la rupture de rotation peut être un phénomène courant dans la ceinture d'astéroïdes ; Elle peut même être le principal moyen par lequel les petits astéroïdes « meurent » [4]. "En astronomie, où vous en trouvez un, vous trouvez finalement tout un tas en plus,» a déclaré Jewitt. "C'est juste un objet incroyable pour nous, et presque certainement le premier d'une longue série à venir."

 

Le document présenté par l'équipe de Jewitt apparaît en ligne dans l'édition du 07 Novembre de The Astrophysical Journal Letters.

 

Notes :

[1] La comète a été découverte par Micheli et al. le 27 Août 2013. Il a été repéré dans les observations du 18 Août 2013. La découverte a été annoncée dans une circulaire électronique du Minor Planet Center.

 

[2] Agarwal a calculé que le premier cas d'éjection a eu lieu le 15 Avril, et la dernière le 4 Septembre 2013. D'autres éruptions ont eu lieu les 18 Juillet, 24 Juillet, 8 Août, et 26 Août 2013.

 

[3] Une option moins probable est que cette émission est le résultat de sublimation de la glace d'eau. La glace d'eau peut survivre dans la ceinture d'astéroïdes, mais uniquement à la périphérie ou si enterrée assez profondément dans un assez grand astéroïde pour être protégée. Cependant, P5 est probablement constitué de roches métamorphiques, le rendant incapable de contenir de la glace de la même façon que les comètes le font. Ceci, couplé avec l'orbite de P5 et sa très petite taille, il est très peu probable que la perte de masse serait due à la sublimation de la glace.

 

[4] Ce n'est pas la première fois que Hubble observe un astéroïde étrange. En 2010, Hubble a repéré un étrange astéroïde en forme de X (heic1016). Cependant, contrairement à P/2013 P5, celui-ci a été pensé pour avoir été formé par une collision. Plus tard cette année, les astronomes ont observé l'astéroïde (596) Scheila, un objet avec une queue qui était entourée par un nuage de poussières en forme de C (opo1113a). Encore une fois, cet astéroïde a été pensé pour être le résultat d'une collision entre Scheila et un corps beaucoup plus petit - seulement la deuxième fois qu'un tel événement a été repéré.

 

Notes supplémentaires :

Le télescope spatial Hubble est un projet de coopération internationale entre l'ESA et la NASA.

 

L'équipe internationale d'astronomes dans l'étude de Hubble est composée de D. Jewitt (UCLA, USA), J. Agarwal (Max Planck Institute for Solar System Research, Allemagne), H. Weaver (The Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory, USA), M. Mutchler (STScI, USA), et S. Larson (University of Arizona, USA). Le document, intitulé "The Extraordinary Multi-Tailed Main-Belt Comet P/2013 P5", est publié dans la revue The Astrophysical Journal Letters.

 

(Cet article a été initialement publié sur spacetelescope.org.)

 

http://sci.esa.int/hubble/53140-when-is-a-comet-not-a-comet-heic1320/

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Inde: décollage de la fusée emportant une sonde low-cost vers Mars : L'Inde a envoyé mardi 05 Novembre 2013 dans l'espace une fusée avec à son bord une sonde destinée à voyager vers la planète Mars, ce pays espérant ainsi devenir la première nation asiatique à approcher la planète rouge, avec une technologie à bas coûts. "Elle a décollé", a annoncé un commentateur sur la télévision publique, au moment où la fusée rouge et noire s'arrachait du sol à 09h08 UTC, depuis la base spatiale de Sriharikota, dans le golfe du Bengale (sud). Le lanceur de 350 tonnes emporte une sonde de 1,3 tonne qui mettra près d'un an pour atteindre Mars, située à plus de 200 millions de km de la Terre. Conçue et produite en un temps record, et avec un budget réduit, la sonde indienne est munie de capteurs destinés à mesurer la présence de méthane dans l'atmosphère de Mars qui accréditerait l'hypothèse d'une forme de vie primitive sur cette planète.

 


 

Les résultats de Kepler inaugurent une nouvelle ère de l'astronomie : Des scientifiques du monde entier sont réunis cette semaine au centre de recherche Ames de la NASA à Moffett Field, en Californie, pour la deuxième conférence scientifique de Kepler, où ils discuteront des derniers résultats découlant de l'analyse des données du télescope spatial Kepler. Inclus dans ces résultats est la découverte de 833 nouvelles planètes candidates, qui sera annoncée aujourd'hui par l'équipe de Kepler. Dix de ces candidates font moins de deux fois la taille de la terre et orbite dans la zone habitable de leur soleil, qui se définit comme la gamme de distance d'une étoile, où la température de surface d'une planète en orbite peut être adaptée à l'eau liquide. Une nouvelle analyse des données de Kepler et de la recherche montrent également que la plupart des étoiles de notre galaxie ont au moins une planète. Ceci suggère que la majorité des étoiles dans le ciel de nuit peuvent peut-être abriter des systèmes planétaires, certains peut-être comme notre Système solaire.

- Des milliards de planètes de taille terrestre peut-être habitables

- Des milliards de planètes potentiellement habitables

 

SPIRou : un nouvel instrument pour découvrir des exoTerres et étudier la naissance des étoiles et des planètes : Le Télescope Canada-France-Hawaii (CFHT) vient de confirmer sa participation au financement de l'instrument SPIRou (ou SpectroPolarimètre InfraRouge). Les missions de cet instrument seront la détection des exoTerres habitables autour d'étoiles naines rouges, ainsi que l'étude de la naissance des étoiles et des planètes. Pour détecter et étudier ces objets, SPIRou est composé d'un spectropolarimètre combiné à un vélocimètre de haute précision optimisé pour la détection par la méthode des vitesses radiales. SPIRou est un projet international piloté par la France, il implique l'IRAP (CNRS/Université Toulouse III - Paul Sabatier), l'IPAG (CNRS/Université Joseph Fourier), le LAM (CNRS/Aix-Marseille Université), l'IAP (CNRS/UPMC) ainsi que les Observatoires des Sciences de l'Univers (OSU) liés, huit laboratoires franciliens et la Région Île de de France. Le consortium SPIRou concerne également, outre le CFHT, le Canada, la Suisse, le Brésil, Taiwan et le Portugal. La construction de SPIRou devrait débuter en 2014, pour une intégration à Toulouse (à l'IRAP) en 2016 et une première lumière au CFHT en 2017.

 


04 Novembre 2013

Première détection de l'acétate de méthyle dans l'espace

 

Crédit : CNRS/ESO

 

Pour la toute première fois dans l'espace, la molécule d'acétate de méthyle (CH3COOCH3), a été détectée. Cette découverte implique en particulier deux chercheurs du LISA (IPSL-CNRS/Université Paris Diderot/UPEC). Cette observation a eu lieu dans le nuage interstellaire de la Nébuleuse d'Orion grâce au télescope de 30 m de l'IRAM (Espagne) [1] dans les domaines spectraux micro-onde et millimétrique. Orion est un nuage interstellaire assez « proche » de nous et il est considéré comme un bon « modèle » pour comprendre la formation d'étoiles à haute masse. Le nombre de petites molécules organiques détectées dans Orion (méthanol, formiate de méthyle, acétone, diméthyl ether, acétaldéhyde, etc.) démontre une très grande complexité chimique. Orion est souvent considéré comme une « vaste usine de molécules organiques ». Ces résultats ont été publiés récemment dans The Astrophysical Journal Letters.

La détection de l'acétate de méthyle (C3H6O2) est une phase importante dans la détection de molécules de plus en plus complexes dans l'espace (citons par exemple la détection du formate d'éthyle (C2H5OCHO) un isomère de l'acétate de méthyle aussi détecté dans Orion, du butyronitrile (C3H7CN) [2]  ou de l' amino acétonitrile (NH2CH2CN) [3] dans le nuage Sagittarius B2). Ce qui intrigue les chercheurs, c'est que pour le moment il n'existe pas de chemin de formation qui ait été prouvé dans les modèles astrochimiques permettant d'expliquer la présence et l'abondance de l'acétate de méthyle. Cette nouvelle détection est donc une étape clef dans la compréhension de la chimie du nuage interstellaire Orion. Ce dernier peut fournir d'importantes informations sur la formation de molécules organiques complexes sur la surface des grains interstellaires et/ou dans nuages de gaz.

 

C'est la première fois que l'on découvre de l'acétate de méthyle dans l'espace. Cette découverte a été possible grâce au télescope de 30m de l'IRAM. Crédits : CNRS/ESO

 

La détection de nombreuses raies de l'acétate de méthyle dans Orion a pu être réalisée notamment grâce à des travaux de spectroscopie effectués au préalable par des chercheurs du LISA à Créteil, en collaboration avec des équipes américaines, italiennes et allemandes ainsi qu'avec des astronomes espagnols. Lorsque les molécules tournent et vibrent, elles émettent des ondes radio à des fréquences spécifiques. Chaque molécule possède une structure unique de fréquences, appelées « raies spectrales », qui constituent son empreinte digitale et qui permet d'identifier cette molécule. Les travaux de laboratoire mesurent la position de ces raies spectrales qui identifient une molécule spécifique qui peut ensuite être recherchée dans les spectres du milieu interstellaire. L'équipe du LISA en particulier a développé des modèles théoriques et des codes spécifiques pour traiter les données expérimentales de laboratoire et fournir des « atlas » de raies complets avec les fréquences spécifiques et les intensités des raies,  qui peuvent être ensuite utilisés par les astronomes pour leurs détections.

Les spectres d'Orion obtenus par le télescope de 30 m de l'IRAM présentent des milliers de raies qui proviennent des molécules relativement abondantes. Le problème d'identifier ces structures spectrales dans le nuage Orion était un véritable challenge, l'analyse a été faite molécule par molécule par l'équipe du Prof. Cernicharo [4], en étroite collaboration avec différents laboratoires de spectroscopie dans le monde dont le laboratoire LISA. Ainsi les spectres des isotopologues 13C, 18O et deutéré du formiate de méthyle ainsi que la molécule d'acétate de méthyle [5] ont été observés au laboratoire avant d'être détectés dans Orion.

 

Note(s) : 

[1] IRAM ou Institut de RadioAstronomie Millimétrique est un institut international de recherche en radioastronomie millimétrique qui se consacre à l'exploration de l'univers ainsi qu'à l'étude de ses origines et de son évolution. Il possède deux sites d'observation en Espagne au Pico Del Veleta et en France, au plateau de Bure. Fondé en 1979, il est financé par le CNRS en France, le Max-Planck-Geselleschaft pour l'Allemagne et l'IGN pour l'Espagne.

 

[2] A. Belloche et al., Increased complexity in interstellar chemistry: detection and chemical modeling of ethyl formate and n-propylcyanide in Sagittarius B2(N), Astronomy and Astrophysics, 499, .215-232 (2009)

 

[3] A. Belloche et al., Detection of amino acetonitrile in Sgr B2(N), Astronomy and Astrophysics, 482, 179-196 (2008)

 

[4] B. Tercero et al., A line-confusion limited millimeter survey of Orion KL, Astronomy & Astrophysics 528 A26 (2011)

 

[5] M. Carvajal et al., Rotational spectrum of 13C2- methyl formate (HCOO13CH3) and detection of the two 13C- methyl formate in Orion, Astronomy & Astrophysics 500 1109-1118 (2009)

 

Source(s) : 

B. Tercero, I. Kleiner, J. Cernicharo, H. V. L. Nguyen, A. López, G. M. Muñoz Caro
Discovery of Methyl Acetate and Gauche Ethyl Formate in Orion, The Astrophysical Journal Letters, 770 , L13 (2013)

 

Source : Actualités du CNRS-INSU http://www.insu.cnrs.fr/node/4581

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

L'exoplanète Kepler-78b, une Terre d'enfer pour les astronomes : L'exoplanète Kepler-78b a beau être un enfer avec sa température de 1.500 à 3.000° C, elle a un petit goût de paradis pour les astronomes qui viennent de découvrir que sa taille et sa composition étaient sensiblement les mêmes que notre bonne vieille Terre. Autrement dit, cette presque jumelle de notre planète ne sera jamais habitable par l'Homme mais elle renforce l'espoir de pouvoir un jour trouver une "Terre bis" parmi les milliards d'exoplanètes cachées dans notre galaxie. Kepler-78b orbite très près de son Soleil - d'où sa température infernale -, et elle fait le tour en seulement huit heures et demie. Sa masse est comprise entre 1,69 et 1,86 fois celle de la Terre. Cela lui donne une densité presque identique à celle de la Terre, soit environ 5,5 grammes par centimètre cube. Or une telle densité indique que Kepler-78b, à l'instar de notre planète, est probablement constituée de roches et de fer. Même si en l'état actuel de nos connaissances, il n'y a aucune chance qu'une quelconque forme de vie prospère à sa surface, "Kepler-78b est un signe encourageant dans la quête de mondes habitables hors de notre Système solaire", résume Drake Deming, astronome à l'Université américaine du Maryland, dans un commentaire séparé publié par Nature. Selon lui, l'existence de cette planète hostile "a au moins le mérite de montrer que des planètes extrasolaires ayant une composition similaire à la Terre ne sont pas rares" dans la Voie Lactée et qu'il est possible d'en trouver une qui réunisse des critères plus compatibles avec une forme de vie.

 


 

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