Nouvelles du Ciel d'Octobre 2012

 

 

 

Les Titres

 

De vieilles étoiles loin de faire leur âge [31/10/2012]

Nouveau sondage du ciel pour percer les mystères de l'énergie et de la matière noires [29/10/2012]

Comètes C/2012 U1 (PANSTARRS), P/2012 U2 (PANSTARRS), P/1960 S1 = 2012 TB36 (van Houten-Lemmon) [26/10/2012]

La galaxie monstre peut avoir été réveillée par un trou noir espiègle [26/10/2012]

84 millions d'étoiles et ce n'est pas terminé... [24/10/2012]

Le plus grand canyon du Système solaire [23/10/2012]

Les filaments cosmiques représentent la moitié de la masse de l'Univers [19/10/2012]

Comètes P/2012 T2 (PANSTARRS), P/2012 T3 (PANSTARRS), C/2012 T4 (McNaught), C/2012 T5 (Bressi), C/2012 T6 (Kowalski), P/2012 T7 (Vorobjov), P/2012 TK8 (Tenagra) [18/10/2012]

Découverte d'une planète dans le système stellaire le plus proche de la Terre [17/10/2012]

WISE dévoile les couleurs des astéroïdes de Jupiter [16/10/2012]

Felix Baumgartner, premier homme à franchir le mur du son en chute libre [15/10/2012]

Une super-Terre voisine faite de diamant ? [14/10/2012]

Vers un meilleur modèle des vents stellaires [13/10/2012]

La météorite martienne de Tissint : une image préservée des interactions entre intérieur, surface et atmosphère de Mars [13/10/2012]

Comètes P/1996 A1 = 2012 R2 (Jedicke), P/1997 C1 = 2012 S5 (Gehrels), P/2012 SB6 (Lemmon), P/2012 T1 (PANSTARRS) [12/10/2012]

Cent ans après : une nouvelle découverte de rayons cosmiques [11/10/2012]

D'étonnantes structures spirales détectées par ALMA [10/10/2012]

L'ESO célèbre son 50e anniversaire [05/10/2012]

Comètes C/2012 S3 (PANSTARRS) et C/2012 S4 (PANSTARRS) [03/10/2012]

Des molécules complexes et prébiotiques dans les systèmes planétaires en formation [01/10/2012]

 

 

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Un trou noir supermassif souffle une bulle géante de gaz chaud : Utilisant le nouveau radiotélescope européen Low Frequency Array LOFAR, les astronomes - dont ceux de l’Observatoire de Paris, de l’Observatoire de la Côte d’Azur et du CNRS - ont obtenu l’une des meilleures images jamais réalisées d’une bulle géante de gaz chaud soufflée par un trou noir supermassif. Le cliché montre comme un gigantesque ballon rempli de plasma émetteur d’ondes basses fréquences. Ses dimensions dépassent celles d’une galaxie entière, telle que la nôtre, observée dans le visible.

 


31 Octobre 2012

De vieilles étoiles loin de faire leur âge

 

Crédit : ESO

 

Cette image colorée de l'amas globulaire NGC 6362 a été réalisée par la camera WFI installée au foyer du télescope de 2,2 mètres MPG/ESO à l'Observatoire de La Silla de l'ESO au Chili. Cette nouvelle photo, avec une nouvelle image de la région centrale de cet objet réalisée par le télescope spatial NASA/ESA Hubble, nous fournit la meilleure vue jamais obtenue de cet amas peu connu. Les amas globulaires sont principalement composés de dizaines de milliers de très vieilles étoiles, mais ils contiennent également quelques étoiles qui paraissent étonnamment jeunes.

 

L'amas globulaire NGC 6362  - Crédit : ESO

 

«Les amas globulaires sont parmi les objets les plus vieux de l'Univers et NGC 6362 ne peut pas dissimuler son âge sur cette image. Les nombreuses étoiles jaunâtres de cet amas ont déjà vécu une grande partie de leur vie et deviennent des étoiles géantes rouges. Mais les amas globulaires ne sont pas des vestiges statiques du passé – de curieuses activités stellaires sont toujours en cours dans ces denses « villes » d'étoiles.

 

Par exemple, NGC 6362 héberge de nombreuses « blue stragglers » ou traînardes bleues, c'est-à-dire de vieilles étoiles qui arrivent réellement à paraître plus jeunes que leur âge. Toutes les étoiles d'un amas globulaire se sont formées à partir de la même matière pratiquement au même moment (typiquement, il y a environ dix milliards d'années pour la plupart des amas). Mais les traînardes bleues sont plus bleues et plus lumineuses – et de fait plus massives- qu'elles ne le devraient après dix milliards d'années d'évolution stellaire. Les étoiles bleues sont chaudes et consomment leur énergie rapidement, aussi, si ces étoiles se sont formées il y a environ dix milliards d'années, elles auraient dû s'épuiser il y a déjà longtemps. Comment ont-elles survécu?

 

Les astronomes souhaitent vivement percer le secret de l'apparente jeunesse de ces traînardes bleues. Il y a actuellement deux théories principales : des collisions et des fusions d'étoiles, et un transfert de matière entre deux compagnons stellaires. L'idée essentielle derrière ces deux options, c'est que les étoiles ne sont pas nées aussi grosses que nous les voyons aujourd'hui, mais qu'elles ont reçu une injection de matière supplémentaire à un moment de leur vie, ce qui leur a donné un nouveau souffle.

 

Bien que moins bien connu que certains amas globulaires plus brillants, NGC 6362 intéresse beaucoup les astronomes et a été bien étudié au fil du temps. Il a été sélectionné parmi les 160 champs stellaires pour le « Pre-FLAMES Survey » - un sondage préliminaire réalisé entre 1999 et 2002 avec le télescope de 2,2 mètres à La Silla destiné à la sélection d'étoiles bien appropriées pour des observations de suivi spectroscopique avec l'instrument FLAMES du VLT. Cette image a été réalisée dans le cadre de ce sondage.

 

Cette nouvelle image montre l'amas dans son ensemble devant un tapis d'étoiles de la Voie Lactée en arrière-plan. Les parties centrales de NGC 6362 ont également été étudiées en détail par le télescope spatial NASA/ESA Hubble (LIEN). L'image d'Hubble montre une zone du ciel bien plus petite avec bien plus de détails. Les deux images – l'une avec un grand-angle et l'autre « zoomée »- se complètent parfaitement.

 

Cette brillante boule d'étoiles se trouve dans la constellation australe de l'Autel. Elle peut être vue facilement avec un petit télescope. Elle a été détectée pour la première fois en 1826 par l'astronome écossais James Dunlop avec un télescope de 22 centimètres en Australie.

 

Plus d'informations

L'année 2012 marque le 50e anniversaire de la création de l'Observatoire Européen Austral (ESO). L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 40 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ».

 

Liens

- Photos du télescope de 2,2 mètres MPG/ESO

- D'autres photos prises avec le télescope de 2,2 mètres MPG/ESO

- Photos de La Silla

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1243/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

La capsule Dragon de SpaceX a amerri sans encombre après une mission à l'ISS : La capsule Dragon de la société américaine SpaceX a amerri sans encombre dimanche 28 Octobre 2012 dans l'océan Pacifique au large des côtes de la Californie après une mission de 18 jours à la Station spatiale internationale (ISS) pour y effectuer la première livraison commerciale de fret. La capsule non-habitée a touché l'eau en douceur freinée par trois énormes parachutes à 19h22 UTC. Des navires étaient en route pour la récupérer. Dragon avait été larguée du Bras robotisé de la Station manoeuvré par un des six spationautes de l'équipage à 13h29 UTC, avant de s'éloigner propulsée par ses moteurs orbitaux. La capsule avait ensuite rallumé ses moteurs pendant une dizaine de minutes pour freiner sa vitesse et décrocher de l'orbite terrestre. Arrivée à 13.700 mètres, deux parachutes supersoniques se sont déployés suivis de l'ouverture à 3.000 mètres de trois énormes parachutes.

 


29 Octobre 2012

Nouveau sondage du ciel pour percer les mystères de l'énergie et de la matière noires

 

© CFHT Coelum

 

Des chercheurs français, notamment du CEA, du CNRS, de l'Université Paris Diderot, de l'Université de Strasbourg [1] et de l'UPMC [2], et canadiens viennent de publier le grand sondage cosmique « Legacy » du Télescope Canada France Hawaii (CFHTLS). C'est le produit d'un programme d'imagerie multi-couleur unique qui explore un volume extrêmement large de l'Univers et collecte des dizaines de millions de galaxies dont certaines sont distantes de plus de 9 milliards d'années lumière de la Terre. Piloté par l'observatoire Canada-France-Hawaï (CFHT) [3], ce catalogue représente une véritable mine d'or pour la recherche astrophysique des années à venir, et constitue d'ores et déjà un modèle dont s'inspirent les autres observatoires à travers le monde. En effet, les données recueillies sont essentielles à la compréhension des deux énigmes majeures de l'Univers : l'énergie noire et la matière noire. Ces résultats font l'objet d'une publication sur le site du CFHTLS.


Les observations du grand relevé CFHTLS ont débuté en 2003 et se sont conclues en 2009. Trois années supplémentaires ont néanmoins été nécessaires pour calibrer avec précision l'énorme volume de données de haute qualité, plus de 15 000 images obtenues dans cinq canaux couvrant le domaine optique, du bleu au rouge (incluant le proche ultra-violet et le proche infra-rouge). 38 millions d'objets ont été recensés, la plupart étant des galaxies lointaines à divers stades d'évolution, sur une surface de ciel très importante (800 fois la surface de la pleine Lune telle que perçue dans le ciel).


Energie noire et matière noire

Avec l'élaboration de ce nouveau catalogue cosmique, le premier objectif du CFHTLS était de mesurer précisément l'éclat de plusieurs centaines d'explosions d'étoiles, dites supernovae de type « Ia » [4], pour mieux comprendre la nature de l'énergie noire. La matière noire et l'énergie noire dominent l'Univers mais ni l'une ni l'autre ne peut être aujourd'hui vue ni identifiée. Les chercheurs peuvent en revanche mesurer les effets de l'énergie noire sur le taux d'expansion du cosmos. A l'inverse de la force gravitationnelle, la force liée à l'énergie noire augmente avec l'expansion de l'Univers. Afin de mesurer cet effet sur l'Univers «jeune», les chercheurs utilisent les supernovae de type «Ia» qui sont d'excellents indicateurs de distance pour mesurer l'éloignement des galaxies.


Sur la base des images du CFHTLS collectées entre 2003 et 2009, la collaboration SNLS [5] a détecté et suivi près de 500 supernovae de type « Ia ». En analysant les images de plus de 10 millions de galaxies, SNLS a ainsi confirmé l'accélération de l'expansion de l'Univers avec une précision sans précédent.


Le second objectif du CFHTLS consistait à cartographier la mystérieuse matière noire à une échelle inédite, à partir des déformations que celle-ci induit sur la forme des galaxies. Ceci a nécessité la combinaison cruciale d'observations profondes de l'Univers sur de grandes régions du ciel et le développement de méthodes avancées d'analyse des données.

 

Une caméra unique au monde pour un sondage cosmologique sans précédent

Le sondage réalisé par le programme CFHTLS repose sur l'instrument MegaCam, un appareil numérique de pointe de 340 millions de pixels, le plus grand du monde à sa mise en service en 2003, conçu et réalisé par le CEA [6], sous la direction scientifique du service d'astrophysique AIM [7] (Université Paris Diderot/CEA/CNRS). Cette caméra constitue le cœur de l'instrument MegaPrime qui équipe le foyer primaire du CFHT. MegaCam saisit en une seule prise de vue un champ d'un degré carré à un niveau de détail et de précision saisissant.


Le catalogue cosmique livré aujourd'hui est composé de plus de 15 000 images individuelles obtenues grâce à MegaCam. Le volume considérable de données, généré par le télescope au fil des ans, a été traité à « Terapix » [8], un centre spécialisé basé en France dont la mission première était la caractérisation et l'optimisation de l'ensemble des images calibrées par le CFHT. « Ces chiffres sont remarquables quand on considère que nous ne capturons au final qu'une fraction relativement réduite de l'ensemble du ciel, mais à une extrême profondeur », indique l'astronome Jean-Charles Cuillandre, spécialiste de MegaCam et du CFHTLS.

 

Cette minuscule fraction du grand sondage cosmique du CFHTLS révèle un fond de galaxies de toutes formes. Plus de mille galaxies distantes peuvent être identifiées sur cette image comme autant de petits points diffus (les objets bleus les plus brillants avec leurs aigrettes sont des étoiles d'avant-plan). Le sondage complet du CFHTLS a fourni un catalogue de dix millions de galaxies. © CFHT Coelum

 

Un héritage

« L'héritage du CFHT repose sur une certaine prise de risques au fil des décennies. La combinaison de MegaCam et du CFHTLS représente le parfait exemple d'une innovation technique couplée à une vision scientifique cohérente de la communauté du CFHT qui a amené un fantastique succès », affirme Doug Simons, directeur exécutif du CFHT. « Nous n'en avons pas encore fini avec la science du CFHTLS! » s'exclame Hervé Aussel du service d'astrophysique AIM (Université Paris Diderot/CEA/CNRS) basé à Saclay. « C'est bien là le sens du mot héritage. Il y a de nouveaux programmes de recherche qui commencent à utiliser les données du relevé, le complétant par de nouvelles observations. Par exemple, une équipe traquant les quasars les plus distants de l'Univers dans le CFHTLS ajoute en ce moment une composante infrarouge (CFHQSIR) ». « Et sans le CFHTLS, nos connaissances n'auraient pas avancé aussi rapidement » complète Raymond Carlberg de l'Université de Toronto. Les résultats obtenus grâce à la caméra MegaCam et au CFHTLS constituent des éléments scientifiques fondamentaux notamment pour la préparation de la prochaine mission spatiale européenne, Euclid, dédiée à l'étude de la matière et de l'énergie noires.

 

Note(s): 

[1] Centre de Données astronomiques de Strasbourg (CDS)

 

[2] Institut d'Astrophysique de Paris (IAP) et Laboratoire de Physique Nucléaire et de Hautes Energies (LPNHE)

 

[3] http://www.cfht.hawaii.edu/fr/

 

[4] C'est l'explosion d'une naine blanche dans un système binaire suite à son accrétion de matière prise à son étoile « compagnon », par opposition aux autres supernovae, dites d'effondrement de cœur, qui sont produites par l'explosion du cœur d'étoiles très massives.

 

[5] Supernovae legacy survey

 

[6] Collaboration des ingénieurs du SEDI et du SIS à l'Irfu.

 

[7] Laboratoire Astrophysique, Instrumentation et Modélisation

 

[8] Institut d'Astrophysique de Paris (IAP) et UPMC : http://www.terapix.fr/

 

Pour en savoir plus: 

A propos de l'observatoire Canada-France-Hawaï  (CFHT)
Le CFHT est une organisation appartenant conjointement :

 

- au Conseil National de Recherches Canada (voir aussi NRC/CNRC),

- au Centre National de la Recherche Scientifique en France (voir aussi CNRS/INSU),

- et à l'Université d'Hawaii (voir aussi UH/IfA).

 

L'observatoire du CFHT abrite un télescope de 3,6 mètres de diamètre optique et infrarouge de classe mondiale. L'observatoire est situé à 4200 mètres d'altitude au sommet du Mauna Kea, un volcan endormi situé sur l'île d'Hawaii. Le télescope est entré en opération en 1979. La mission du CFHT est d'offrir à sa communauté un télescope polyvalent disposant d'une instrumentation de premier ordre répondant aux besoins scientifiques de ses utilisateurs.
Plus d'infos sur : http://www.cfht.hawaii.edu/fr/

 

Références :

- Patrick Hudelot, Yuliana Goranova, Yannick Mellier, Henry Joy McCracken, Frédéric Magnard, Mathias Monnerville, Gregory Sémah - Terapix / Institut d'Astrophysique de Paris
- Jean-Charles Cuillandre, Kanoa Withington, Canada-France-Hawaii Telescope Corporation
- Nicolas Regnault, Marc Betoule, LPNHE, CNRS-IN2P3 and Université Paris Diderot et UPMC
- Mathias Schultheis, Observatoire de Besançon
- Hervé Aussel, AIM CEA CNRS, Saclay
- Ray Carlberg, University of Toronto, JJ Kavelaars, David Schade, CADC/NRC, Victoria, Chris Pritchet, University of Victoria, Céline Reylé, Obs. Besançon (avec M. Schultheis), Geneviève Soucail, IRAP, Toulouse

 

Source : INSU/CNRS http://www.insu.cnrs.fr/node/3995

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


26 Octobre 2012

Comètes C/2012 U1 (PANSTARRS), P/2012 U2 (PANSTARRS), P/1960 S1 = 2012 TB36 (van Houten-Lemmon)

 

Nouvelles du Ciel

 

C/2012 U1 (PANSTARRS)

Une nouvelle comète a été découverte le 18 Octobre 2012 par l'équipe du programme de recherche Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System) avec le télescope Pan-STARRS 1 de 1,8 mètre d'ouverture, de l'Université d'Hawaii, situé au sommet du Haleakala sur l'île de Maui (Hawaii). Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, la nature cométaire de l'objet a été confirmée par Hidetaka Sato (via RAS Observatory, Mayhill), T. H. Bressi (LPL/Spacewatch II), E. Guido, N. Howes, A. Tripp, G. Sostero (via Haleakala-Faulkes Telescope North). La comète a également été identifiée sur des images antérieures à la découverte, obtenues le 17 Octobre 2012 par A. Boattini (Mt. Lemmon Survey).

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2012 U1 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 30 Juin 2014 à une distance d'environ 6,3 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12U66.html (MPEC 2012-U66)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 04 Juillet 2014 à une distance d'environ 5,3 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K13/K13A29.html (MPEC 2013-A29)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=CK12U010

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2012%20U1;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

 

 P/2012 U2 (PANSTARRS)

L'équipe du programme de recherche Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System) a découvert une nouvelle comète le 21 Octobre 2012 avec le télescope Pan-STARRS 1 de 1,8 mètre d'ouverture, de l'Université d'Hawaii, situé au sommet du Haleakala sur l'île de Maui (Hawaii). Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, la nature cométaire de l'objet a été confirmée par M. Micheli (Mauna Kea), V. Gerke (Ka-Dar Observatory, TAU Station, Nizhny Arkhyz), L. Buzzi (Schiaparelli Observatory), H. Sato (via iTelescope Observatory, Mayhill), et L. Elenin (ISON-NM Observatory, Mayhill). La comète a également été identifiée sur des images antérieures à la découverte, obtenues le 20 Octobre 2012 par R. A. Kowalski (Mt. Lemmon Survey).

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète P/2012 U2 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 27 Août 2012 à une distance d'environ 3,4 UA du Soleil, et une période d'envrion 21,9 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12U93.html (MPEC 2012-U93)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 03 Décembre 2012 à une distance d'environ 3,6 UA du Soleil, et une période d'environ 20 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12X53.html (MPEC 2012-X53)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=PK12U020

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2012%20U2;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

 

P/1960 S1 = 2012 TB36 (van Houten-Lemmon)

Un objet ayant l'apparence d'un astéroïde découvert le 17 Septembre 2012 par R. A. Kowalski, S. M. Larson et J. A. Johnson dans le cadre du Mt. Lemmon Survey, et répertorié comme tel sous la dénomination de 2012 TB36, a montré par la suite des caractéristiques cométaires.

 

Immédiatement après la publication du Minor Planet Center annonçant la découverte de la comète P/2012 TB36 (Lemmon) par le biais de la circulaire MPEC 2012-U95, Maik Meyer a suggéré une identité avec la comète considérée comme perdue D/van Houten (1960 S1). Gareth Williams (Minor Planet Center) a alors calculé une orbite établissant le lien (MPEC 2012-U98).

 

La comète D/van Houten (1960 S1) , découverte en 1966 par Cornelis Johannes van Houten et Ingrid van Houten-Groeneveld sur huit clichés pris par Tom Gehrels au Mt. Palomar, avait été observée seulement un mois, entre le 24 Septembre et le 26 Octobre 1960, et n'avait pas été revue pour les retours suivants de 1977 et 1994. Par suite des passages à proximité de Jupiter en Juin 1931 et en Mars 1979, sa distance au périhélie était passée de 3,95 à 4,2 UA.

 

Les éléments orbitaux de la comète P/1960 S1 = 2012 TB36 (van Houten-Lemmon) indiquent un passage au périhélie le 05 Juillet 2013 à une distance d'environ 4,2 UA du Soleil, et une période d'environ 18,4 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12U95.html (MPEC 2012-U95)

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12U98.html (MPEC 2012-U98)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=PJ60S010

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2012%20TB36;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/1960 S1 = 2012 TB36 (van Houten-Lemmon)a reçu la dénomination définitive de 271P/van Houten-Lemmon en tant que 271ème comète périodique numérotée.

 

Lost - Les Disparues... ou les comètes périodiques non revues

Les Grands Chasseurs de Comètes

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


26 Octobre 2012

La galaxie monstre peut avoir été réveillée par un trou noir espiègle

 

Crédit : NASA, ESA, M. Postman (STScI), T. Lauer (NOAO), and the CLASH Team

 

Des astronomes à l'aide du télescope spatial Hubble ont obtenu une nouvelle vue remarquable d'un gros monstre d'une galaxie elliptique qui peut avoir été gonflée par les actions d'un ou plusieurs trous noirs dans son noyau.

 

Crédit : NASA, ESA, M. Postman (STScI), T. Lauer (NOAO), and the CLASH Team

 

Couvrant un peu plus d'un million d'années-lumière, la galaxie est d'environ 10 fois le diamètre de notre galaxie, la Voie Lactée. La galaxie ballonnée est un membre d'une classe inhabituelle de galaxies avec un noyau diffus rempli d'un brouillard de lumière stellaire où devrait être normalement un pic de lumière concentrée autour d'un trou noir central. Voir le coeur est comme de voir une ville sans centre-ville, juste des maisons disséminées dans un vaste paysage.

 

Les astronomes ont utilisé les instruments ACS (Advanced Camera for Surveys) et WFC3 (Wide Field Camera 3) de Hubble pour mesurer la quantité de lumière des étoiles dans la galaxie, baptisée A2261-BCG. Les observations de Hubble ont révélé que le noyau de la galaxie bouffie, mesurant environ 10.000 années-lumière, est le plus grand jamais vu.

 

La taille du noyau d'une galaxie est généralement corrélée aux dimensions de sa galaxie hôte, mais dans ce cas, la région centrale est beaucoup plus grande que ce à quoi les astronomes s'attendaient pour la taille de la galaxie. En fait, le cœur gonflé est plus de trois fois plus grand que le centre d'autres galaxies très lumineuses. Située à 3 milliards d'années-lumière, la galaxie est la galaxie la plus massive et la plus brillante dans l'amas Abell 2261.

 

Les astronomes ont proposé deux possibilités pour le noyau gonflé. Un scénario est qu'une paire de trous noirs fusionnant gravitationnellement a agité et dispersé les étoiles. Une autre idée est que les trous noirs fusionnant ont été éjectés du noyau. Laissées sans un point d'ancrage, les étoiles ont commencé à se répandre encore plus, créant le coeur à l'aspect bouffi.

 

Les précédentes observations de Hubble ont révélé que les trous noirs supermassifs, pesant des millions ou des milliards de fois plus que le Soleil, résident dans les centres de presque toutes les galaxies et peuvent jouer un rôle dans l'élaboration de ces régions centrales.

 

"S'attendre à trouver un trou noir dans chaque galaxie est un peu comme s'attendre à trouver un noyau à l'intérieur d'une pêche", a expliqué l'astronome Tod Lauer du National Optical Astronomy Observatory à Tucson, en Arizona, co-auteur de l'étude de Hubble. "Grâce à cette observation de Hubble, nous avons coupé dans la plus grande pêche et nous n'avons pas trouver le noyau. Nous ne sommes pas sûr que le trou noir n'est pas là, mais Hubble montre qu'il n'y a pas de concentration d'étoiles dans le coeur."

 

Le chef d'équipe Marc Postman du Space Telescope Science Institute à Baltimore, dans le Maryland, a déclaré que la galaxie sort de l'ordinaire dans l'image de Hubble. "Quand j'ai vu l'image de cette galaxie, j'ai immédiatement su que c'était inhabituel", a expliqué Postman. "Le coeur était très diffus et très grand. L'enjeu était alors de donner un sens à toutes les données, étant donné ce que nous savions des précédentes observations de Hubble, et trouver une explication plausible à la nature fascinante de cette galaxie particulière."

 

Le papier décrivant les résultats ont été publiés dans le numéro du 10 Septembre de The Astrophysical Journal. Les astronomes s'attendaient à voir une pointe légère de lumière dans le centre de la galaxie, marquant l'emplacement du trou noir et les étoiles qui en découlent. Au lieu de cela, l'intensité de la lumière stellaire est restée assez uniforme à travers la galaxie.

 

Une possibilité pour le noyau gonflé peut être due à deux trous noirs centraux en orbite l'un autour de l'autre. Ces trous noirs collectivement auraient pu être aussi massifs que plusieurs milliards de soleils. Bien qu'un des trous noirs serait originaire de la galaxie, un second trou noir pourrait avoir été ajouté à partir d'une petite galaxie qui a été engloutie par la missive elliptique.

 

Dans ce scénario, les étoiles encerclant le centre de la galaxie géante sont venues près des trous noirs jumeaux. Les étoiles ont été ensuite virées gravitationnellement hors du noyau. Chaque fronde gravitationnelle prive les trous noirs de prendre de la vitesse, déplacant la paire sans cesse plus près, jusqu'à ce que finalement ils ont fusionné pour former un trou noir supermassif qui réside toujours au centre de la galaxie.

 

Une autre possibilité est que la fusion du trou noir a créé des ondes de gravité, qui sont des ondulations dans le tissu de l'espace. Selon la théorie de la relativité générale, une paire de trous noirs en fusion produit des ondulations de gravité qui rayonnent loin. Si les trous noirs sont de masse inégale, alors une partie de l'énergie peut rayonner plus fortement dans une direction, produisant l'équivalent d'une poussée de fusée. Le déséquilibre des forces aurait éjecté le trou noir fusionné du centre à des vitesses de millions de kilomètres à l'heure, résultant en la rareté d'une galaxie sans un trou noir central. "Le trou noir est le point d'ancrage pour les étoiles», a expliqué Lauer. "Si vous en perdez, tout d'un coup vous avez beaucoup moins de masse. Les étoiles ne se maintiennent pas très bien très bien en place et elles s'étendent, élargissant la coeur encore plus."

 

L'équipe admet que le scénario du trou noir éjecté peut sembler tiré par les cheveux, "mais c'est ce qui rend l'observation de l'Univers si fascinante - parfois vous trouvez de l'inattendu», a déclaré Postman.

 

Lauer a ajouté: " C'est un système assez intéressant qui pousse à un tas de questions. Nous avons pensé beaucoup sur ce que les trous noirs font. Mais nous n'avons pas été en mesure de tester nos théories. C'est un endroit intéressant où un grand nombre d'idées que nous avons eu peuvent se réunir et peuvent être testées, des idées assez exotiques sur la façon dont les trous noirs peuvent interagir les uns avec les autres de façon dynamique et comment ils affectent la population stellaire environnante. "

 

L'équipe procède actuellement à des observations de suivi avec le radiotélescope Very Large Array (VLA) au Nouveau-Mexique. Les astronomes s'attendent à ce que la matière tombant sur un trou noir émette des ondes radio, entre autres types de rayonnements. Ils compareront les données du VLA avec les images de Hubble de façon à cerner plus précisément l'emplacement du trou noir, s'il existe bel et bien.

 

L'amas Abell 2261 fait partie d'une étude en multi-longueur d'onde, dirigé par Postman, appelé CLASH (Cluster Lensing And Supernova survey with Hubble). L'étude sonde la distribution de la matière noire dans 25 amas de galaxies massives.

 

http://hubblesite.org/newscenter/archive/releases/2012/24/

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Découverte d'une étoile à neutrons à rotation rapide. Articles marquants dans le Science du 26 octobre 2012 (Source : EurekAlert/American Association for the Advancement of Science) : Une étoile à neutrons récemment découverte tourne autour d'une étoile compagnon en à peine 93 minutes, ce qui en fait la plus rapide des étoiles à neutrons connues rapporte une nouvelle étude. Cette découverte peut aider à mieux comprendre l'origine et l'évolution des pulsars rares. Les pulsars, ces vieilles étoiles à neutrons accélérées par l'accrétion de matière provenant d'une étoile compagnon, peuvent faire des centaines de tours sur elles-mêmes par seconde. En 2008, le lancement du télescope spatial Fermi pour les rayons gamma a permis aux scientifiques de détecter un grand nombre de pulsars à partir de leur rayonnement gamma. Dans cette étude, Holger Pletsch et ses collègues ont découvert les pulsations d'une étoile appelée PSRJ1311-3430 à partir des données de rayonnement gamma. L'étoile s'avère être un pulsar milliseconde, donc à rotation rapide, plus difficile à trouver dans les données de rayonnement gamma que des pulsars plus lents, ce qui demande une immense puissance informatique. Ce résultat ouvre de nouvelles possibilités de recherche et d'étude des pulsars milliseconde.

Référence: « Binary Millisecond Pulsar Discovery via Gamma-Ray Pulsations » par H.J. Pletsch, H. Fehrmann, B. Allen et C. Aulbert du Max-Planck-Institut für Gravitationsphysik (Albert-Einstein-Institut) à Hanovre, Allemagne. Pour une liste complète des auteurs, se référer au manuscrit.

 

Les séquelles de la super tempête brillante de Saturne : les capacités de recherche de la chaleur de la sonde internationale Cassini et deux télescopes terrestres ont fourni le premier aperçu de la suite de la "Grande tempête de printemps" de Saturne. Caché à l'œil nu, un gigantesque tourbillon oval persiste longtemps après que les effets visibles de la tempête se soient calmés.

 

La magnétosphère de la Terre se comporte comme un tamis : Le quatuor de satellites d'étude de la magnétosphère terrestre de l'ESA, Cluster, a découvert que notre bulle protectrice magnétique permet au vent solaire de passer sous un plus large éventail de conditions qu'on le croyait auparavant.

 

Spitzer voit la lumière des étoiles solitaires : une nouvelle étude à partir des données du Spitzer Space Telescope de la NASA suggère une cause pour la mystérieuse lueur de lumière infrarouge vue à travers l'ensemble du ciel. Il s'agit d'étoiles isolées au-delà des abords de galaxies. On croit que ces étoiles ont appartenu à des galaxies avant que les violentes fusions de galaxies les éjectent dans l'espace relativement vide en dehors de leurs foyers.

 

Fomalhaut b : En 2008, les astronomes de Hubble a annoncé la détection d'une planète géante autour de la brillante étoile Fomalhaut. Des études récentes ont remis en cause cette conclusion. Maintenant, une nouvelle analyse des données de Hubble a relancé la «défunte» exoplanète comme un monde enveloppé de poussières avec moins de deux fois la masse de Jupiter.

 


24 Octobre 2012

84 millions d'étoiles et ce n'est pas terminé...

 

Crédit : ESO/VVV Consortium

 

VISTA réalise le plus grand catalogue du centre de notre galaxie

 

C'est en utilisant une gigantesque image, de neuf gigapixels, du télescope infrarouge VISTA situé à l'Observatoire de Paranal de l'ESO qu'une équipe internationale d'astronomes a constitué un catalogue de plus de 84 millions d'étoiles peuplant les zones centrales de la Voie Lactée. Cette énorme base de données renferme au moins dix fois plus d'étoiles que les catalogues antérieurs et constitue un pas important vers la compréhension de notre galaxie. L'image en question apporte aux observateurs une vue incroyable, entièrement zoomable, de la zone centrale de notre galaxie. Elle est si grande que si nous voulions l'imprimer avec la résolution typique d'un livre, elle ferait 9 mètres de long et 7 mètres de haut.

 

La mosaïque, en gigapixels, des zones centrales de la Voie Lactée, créée à partir de VISTA

Crédit : ESO/VVV Consortium - Acknowledgement: Ignacio Toledo, Martin Kornmesser

 

« En observant dans le détail les myriades d'étoiles entourant le centre de la Voie Lactée, nous pouvons avancer notablement dans la compréhension de la formation et de l'évolution, non seulement de notre galaxie, mais également des galaxies spirales en général » explique Roberto Saito (Pontificia Universidad Católica de Chile, Universidad de Valparaíso et The Milky Way Millennium Nucleus, Chili), auteur principal de l'étude.

 

La plupart des galaxies spirales, y compris notre galaxie, la Voie Lactée, se caractérisent par une grande concentration d'étoiles âgées autour de leur centre que les astronomes appellent le bulbe. Comprendre la formation et l'évolution du bulbe de la Voie Lactée est essentiel pour comprendre la galaxie dans son ensemble. Toutefois, l'obtention d'observations détaillées de cette région n'est guère aisée.

 

« Les observations du bulbe de la Voie Lactée sont très difficiles car il est obscurci par la poussière, » explique Dante Minniti (Pontificia Universidad Catolica de Chile, Chili), co-auteur de l'étude. "Afin de scruter le cœur de la galaxie, nous devons effectuer les observations dans le domaine infrarouge, moins affecté par la présence de poussières".

 

Le grand miroir, le large champ de vision et la grande sensibilité des détecteurs infrarouges équipant VISTA, le télescope de 4,1m de l'ESO dédié aux grands sondages dans le visible et l'infrarouge, en font de loin l'instrument le plus approprié pour cette tâche. L'équipe d'astronomes a extrait les données issues du programme « VISTA Variables in the Via Lactea » (VVV) [1], l'un des six sondages publics effectués à l'aide de VISTA. Les données ont été utilisées pour constituer une image couleur d'une taille monumentale de 108 200 par 81 500 pixels contenant pratiquement 9 milliards de pixels. Il s'agit de l'une des plus grandes images astronomiques jamais créées. L'équipe a ensuite utilisé ces données afin de compiler le plus vaste catalogue de la concentration d'étoiles au centre de la Voie Lactée jamais produit [2].

 

Afin de faciliter l'analyse de ce vaste catalogue, la luminosité de chacune des 84 millions d'étoiles est représentée en fonction de sa couleur, créant ainsi un diagramme couleur-magnitude. Ce diagramme contient au moins dix fois plus d'étoiles qu'il n'y en avait dans les études antérieures et, pour la première fois, un tel diagramme couvre l'ensemble du bulbe galactique. Les diagrammes couleur-magnitude constituent de précieux outils que les astronomes utilisent fréquemment afin d'étudier les différentes propriétés physiques des étoiles telles que leurs températures, leurs masses et leurs âges [3].

 

« Chaque étoile occupe une zone particulière du diagramme à un moment précis de sa vie. Sa position dépend de sa luminosité et de sa température. Puisque les nouvelles données nous donnent un aperçu complet de l'ensemble des étoiles, nous pouvons effectuer le recensement de toutes les étoiles occupant cette partie de la Voie Lactée » explique Dante Minniti.

 

Le nouveau diagramme couleur-magnitude du bulbe contient une mine d'informations concernant la structure et le contenu de la Voie Lactée. Parmi les résultats intéressants révélés par cette étude figure le grand nombre de naines rouges peu brillantes. Elles constituent de bonnes candidates autour desquelles rechercher de petites exoplanètes par la méthode des transits [4].

 

« Ce qui est aussi formidable avec le sondage VVV c'est qu'il s'agit de l'un des sondages publics de l'ESO réalisé avec VISTA. Cela signifie que nous rendons toutes les données accessibles au public au travers de la base d'archives de l'ESO. Nous nous attendons donc à ce que de nombreux autres résultats tout aussi excitants émergent de cette formidable ressource », conclut Roberto Saito.

 

Note :

[1] Le sondage VVV (Variables VISTA in the Via Lactea) est un sondage public de l'ESO dédié à la couverture du plan méridional et du bulbe de la Voie Lactée au travers de cinq filtres dans le proche infrarouge. Il débuta en 2010 et bénéficie de 1929 heures d'observation sur une période de cinq ans. Via Lactea est le nom latin de la Voie Lactée.

 

[2] L'image utilisée dans le cadre de ce travail couvre environ 315 degrés carrés du ciel (un peu moins de 1% du ciel tout entier) et les observations ont été effectuées à l'aide de trois filtres infrarouges différents. Le catalogue mentionne les positions des étoiles ainsi que leur luminosité au travers de chacun des filtres. Il contient environ 173 millions d'objets, dont 84 millions sont assurément des étoiles. Les autres objets sont soit trop peu lumineux, soit indistinguables de leurs proches voisins, ou bien encore affectés par d'autres artéfacts, rendant impossible toute étude précise. D'autres encore sont des objets étendus tels que des galaxies distantes.

 

[3] Un diagramme couleur-magnitude est un graphique qui affiche la luminosité apparente d'un échantillon d'objets en fonction de leur couleur. La couleur est déduite de la comparaison de la brillance des objets au travers de différents filtres. Un tel diagramme est similaire au diagramme de Hertzprung-Russel (HR) bien que ce dernier affiche la magnitude absolue en lieu et place de la luminosité apparente des étoiles et requiert la détermination de leur distance.

 

[4] La méthode des transits est couramment utilisée pour découvrir des exoplanètes. Elle consiste à rechercher la faible variation de luminosité d'une étoile qui résulte du passage d'une planète devant son étoile et l'éclipse partiellement. Le passage de planètes de petite masse devant des naines rouges de faibles dimensions, souvent de type spectral K et M, se traduit par une variation de luminosité légèrement plus élevée, ce qui facilite la recherche de planètes en orbite autour d'elles.

 

Plus d'informations

Cette étude a fait l'objet d'un article intitulé "Milky Way Demographics with the VVV Survey I. The 84 Million Star Colour–Magnitude Diagram of the Galactic Bulge" by R. K. Saito et al.,  publié dans la revue Astronomy & Astrophysics.

 

L'équipe est composée de R. K. Saito (Université Catholique Pontificale du Chili, Santiago, Chili; Université de Valparaíso, Chili; membre du réseau The Milky Way Millennium Nucleus, Chili), D. Minniti (Université Catholique Pontificale du Chili; Observatoire du Vatican), B. Dias (Université de São Paulo, Brésil), M. Hempel (Université Catholique Pontificale du Chili,), M. Rejkuba (ESO, Garching, Allemagne), J. Alonso-García (Université Catholique Pontificale du Chili,), B. Barbuy (Université de São Paulo), M. Catelan (Université Catholique Pontificale du Chili,), J. P. Emerson (Université Queen Mary de Londres, Royaume-Uni), O. A. Gonzalez (ESO, Garching, Allemagne), P. W. Lucas (Université du Hertfordshire, Hatfield, Royaume-Uni) et M. Zoccali (Université Catholique Pontificale du Chili).

 

L'année 2012 marque le 50e anniversaire de la création de l'Observatoire Européen Austral (ESO). L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 40 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ». 

 

Liens

- L'article scientifique (A&A, 544, A147)

- Photos du télescope VISTA

- Images prises avec le télescope VISTA

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1242/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Une fusée Soyouz avec trois spationautes à son bord en route vers l'ISS : Une fusée russe Soyouz a décollé mardi 23 Octobre 2012 du cosmodrome russe de Baïkonour, dans les steppes du Kazakhstan, vers la Station spatiale internationale (ISS) avec à son bord trois spationautes. Les Russes Oleg Novitski et Evgueni Tarelkine, ainsi que l'Américain Kevin Ford se sont envolés dans un ciel bleu à 10h51 UTC à bord du vaisseau Soyouz TMA-06M. La capsule s'est mise en orbite autour de la Terre une dizaine de minutes plus tard. Son amarrage à l'ISS est programmé jeudi à 12h35 UTC. Le vol était initialement prévu le 15 octobre, mais il avait été reporté en raison de la nécessité de remplacer un appareil à bord du vaisseau, selon l'Agence spatiale russe Roskosmos. Les deux cosmonautes russes effectuent leur premier voyage dans l'espace, tandis que l'astronaute de la Nasa s'est déjà rendu à l'ISS à bord d'une navette américaine en 2009. Au cours de leur mission de 140 jours environ, les spationautes vont effectuer une quarantaine d'expériences scientifiques. Les trois hommes vont rejoindre à bord de l'ISS l'Américaine Sunitha Williams, le Russe Iouri Malentchenko et le Japonais Akihiko Hoshide. Ces derniers sont arrivés en juillet et doivent revenir sur Terre à la mi-novembre.

 


23 Octobre 2012

Le plus grand canyon du Système solaire

 

Crédit : ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 

Le Grand Canyon sur Terre inspire le respect pour quiconque jette les yeux sur l'immense vallée taillée par le fleuve, mais il ne ressemblerait à rien d'autre qu'une égratignure à côté de la cicatrice caverneuse de Valles Marineris qui marque le visage de Mars.

 

Crédit : ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 

S'étendant sur plus de 4000 km de long et 200 km de large avec une profondeur vertigineuse de 10 km, il est environ dix fois plus long et cinq fois plus profond que le Grand Canyon de la Terre, une taille qui lui vaut le statut du plus grand canyon du Système solaire.

 

Vue ici sous un nouveau jour et en ligne pour la première fois, cette vue aérienne de Valles Marineris a été créée à partir de données capturées durant 20 orbites de Mars Express de l'ESA. Elle est présentée dans de presque vraies couleurs et avec une exagération verticale de quatre fois.

 

Une grande variété de caractéristiques géologiques peut être vue, reflètant l'histoire géologique complexe de la région.

 

La formation du canyon est sans doute intimement liée à la formation du bombement voisin de Tharsis, qui est hors de vue et à gauche de cette image et abrite le plus grand volcan du Système solaire, Olympus Mons.

 

L'activité volcanique est révélée par la nature des roches dans les parois du canyon et les plaines environnantes, qui ont été construites par des coulées de lave successives.

 

Lorsque le Tharsis a gonflé avec du magma au cours des premiers milliards d'années de la planète, la croûte environnante a été étirée, déchirée et a fini par s'effondrer dans les creux gigantesques de Valles Marineris.

 

Des modèles de failles complexes se sont également développés en raison des forces imposantes d'extension; les plus récentes failles sont particulièrement évidentes dans la partie centrale de l'image et le long de la limite inférieure du cadre.

 

Des glissements de terrain ont également joué un rôle dans le façonnage de la scène, en particulier dans les dépressions les plus au nord, où le matériel s'est récemment effondré sur les parois abruptes. Les mouvements de masse ont également créé l'érosion délicate de la partie haute des murs.

 

De puissants écoulements d'eau ont peut-être remodelé Valles Marineris après sa création, approfondissant le canyon. Des informations minéralogiques recueillies par des engins spatiaux en orbite, dont Mars Express, montrent que le terrain ici a été modifié par l'eau il y a des centaines de millions d'années.  

 

http://www.esa.int/esaSC/SEMAEO4S18H_index_0.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Les quatre saisons de Titan : De la rencontre avec Voyager en 1980, aux survols répétés effectués par la sonde Cassini-Huygens depuis 2004 : le satellite géant de Saturne est ausculté en détails depuis plus de trente ans. Ce qui représente, à peu près, la durée d’une révolution autour du Soleil ou une année locale. Durant la dernière saison, Titan est ainsi passé de l’hiver au printemps dans l’hémisphère nord. Des variations... ont été observées dans son atmosphère !

 


19 Octobre 2012

Les filaments cosmiques représentent la moitié de la masse de l'Univers

 

© NASA, ESA, Harald Ebeling (University of Hawaii at Manoa) & Jean-Paul Kneib (LAM)

 

Une équipe internationale d'astronomes dirigée par Mathilde Jauzac, du Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (CNRS/Aix-Marseille Université), a réalisé la première étude en trois dimensions d'un filament cosmique de matière sombre. En utilisant des données du télescope spatial Hubble [1], elle a pu découvrir que ce filament, inclus dans la toile cosmique, nourrit l'un des amas de galaxies les plus massifs de l'Univers et s'étend sur plus de 60 millions d'années-lumière. En extrapolant la très grande masse mesurée de ce filament à l'ensemble de la « toile cosmique », cette étude permet d'estimer que ces structures devraient contenir plus de la moitié de la masse totale de notre Univers. Ce résultat est publié en ligne sur MNRAS.

 

La théorie du Big Bang prédit que les fluctuations de matière aux premiers instants de notre Univers sont responsables de la condensation de la majorité de la matière et que celle-ci se concentre en un enchevêtrement de filaments. Cette hypothèse a été validée par les simulations numériques : elles suggèrent que notre Univers est structuré en une « toile cosmique » de filaments à l'intersection desquels se situent des amas de galaxies très massifs. Ces filaments, très étendus et très diffus, sont principalement constitués de matière sombre [2].

 

Alors qu'un filament a été identifié pour la première fois en juillet 2012 [3], une équipe internationale, comprenant des chercheurs français du LAM et du Centre de recherche astrophysique de Lyon (CNRS/ENS Lyon/Université Lyon 1), vient à son tour d'analyser un autre filament cosmique, mais cette fois en trois dimensions : une prouesse d'autant plus remarquable que ces filaments sont extrêmement étendus et très diffus, ce qui les rend très difficiles à détecter. Cette innovation a permis de déterminer la densité volumique du filament et de le comparer aux simulations.

 

Pour cela, l'équipe a combiné des images haute-résolution de l'amas de galaxies MACSJ0717 et du champ voisin provenant du télescope spatial Hubble, avec des images provenant des télescopes au sol Subaru (NAO) et Canada-France-Hawaii (CFHT), puis avec des données spectroscopiques des galaxies de l'amas provenant des observatoires Keck et Gemini.

 

Cette technique a notamment permis à l'équipe de localiser des milliers de galaxies au sein du filament, et de mesurer le déplacement de la plupart d'entre elles. C'est en combinant les positions et les vitesses de toutes ces galaxies que les astronomes ont pu révéler la forme du filament en trois dimensions, ainsi que son orientation : il s'étend sur près de 60 millions d'années lumière de long derrière MACSJ0717, quasiment aligné avec notre ligne de visée. Il s'agit donc d'une structure exceptionnelle, même aux échelles astronomiques : si la masse mesurée peut-être considérée comme représentative des filaments proches d'amas géants, alors les filaments cosmiques devraient contenir plus de la moitié de la masse de notre Univers, bien plus que ne le prévoyaient les théoriciens.

 

Le futur télescope spatial, le NASA/ESA/CSA James Webb Space Telescope [4], sera un outil puissant et essentiel pour détecter ces filaments cosmiques, grâce à sa très haute résolution.

 

© NASA, ESA, Harald Ebeling (University of Hawaii at Manoa) & Jean-Paul Kneib (LAM)

 

Voir plus d'images d'Hubble

 

Note :

[1] Le télescope spatial Hubble est un projet de coopération internationale entre l'ESA et la NASA.


[2] La matière sombre, qui représente à peu près les trois quarts du contenu en matière de notre Univers, ne peut être observée directement car elle n'émet pas ni ne réfléchit la lumière. De plus elle peut passer au travers d'autres types de matière, sans friction (on dit qu'elle n'est pas collisionnelle). Cette matière interagit uniquement par gravité et sa présence peut être détectée par ses effets gravitationnels, par exemple ses effets sur la vitesse de rotation des galaxies, ou encore son effet sur la trajectoire des rayons lumineux, en accord avec la théorie de la Relativité Générale.


[3] Nature, J. Dietrich et al. « A filament of dark matter between two clusters of galaxies » le 4 Juillet 2012.


[4] Le télescope spatial James Webb (JWST) sera le successeur du télescope spatial Hubble, dont il est prévu qu'il prenne la relève en 2018. C'est une mission dirigée par la NASA à laquelle participe l'Europe, sous la responsabilité de l'Agence Spatiale Européenne (ESA), et le Canada, à travers l'Agence Spatiale Canadienne (CSA). Le télescope aura une surface collectrice 7 fois plus grande que le HST et sera consacré à l'observation de l'Univers dans le rayonnement infrarouge (de 1 à 27 microns de longueurs d'onde).

 

Référence :

Mathilde Jauzac, Eric Jullo, Jean-Paul Kneib, Harald Ebeling, Alexie Leauthaud, Marceau Limousin, Richard Massey, Johan Richard. Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, octobre 2012. Consulter le site web

 

Source : CNRS http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2837.htm

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Former une lune à partir d'une Terre en rotation rapide. Articles marquants dans le Science du 19 octobre 2012 (Source : EurekAlert/American Association for the Advancement of Science) : Un choc géant sur la Terre aurait pu produire une lune chimiquement similaire à elle rapportent deux études. Ces résultats remettent en cause une théorie ancienne selon laquelle la Lune serait initialement issue d'une planète de la taille de Mars après sa collision géante avec la Terre, il y a environ 4,5 milliards d'années. D'abord proposé dans les années 1970, le modèle du choc géant a gagné en force dans les années 1980 lorsque des simulations informatiques de l'évènement ont suggéré que la Lune avait été produite au départ à partir d'un matériau étranger. L'idée est devenue un problème quand de meilleurs échantillons lunaires sont devenus accessibles et ont révélé que la composition chimique de la Lune était très similaire à celle de la Terre. Ces modèles antérieurs supposaient aussi que la collision géante avait conservé le même moment angulaire que le système Terre-Lune actuel. Dans une série de simulations informatiques, Matija Cuk et ses collègues montrent qu'une collision géante sur une Terre jeune en rotation rapide peut produire un disque générant la Lune à partir de matériau terrestre. Il s'avère qu'un système Terre-Lune en rotation initiale plus rapide ralentit mais peut finalement repartir vers son état présent sous l'effet de la gravitation solaire. Dans une étude distincte, Robin Canup et ses collègues ont effectué des simulations informatiques impliquant des collisions géantes à vitesse plus faible par des planètes de masse comparable à celle de la Terre. Les résultats ont donné une Lune avec la même composition chimique que le manteau terrestre, preuve de plus que la Lune a pu se former à partir de la Terre.

Références :

   - « Making the Moon from a Fast-Spinning Earth: A Giant Impact Followed by Resonant Despinning » par M. Cuk et S.T. Stewart de l'Université de Harvard à Cambridge, MA ; M. Cuk du Carl Sagan Center, SETI Institute à Mountain View, CA.

   - « Forming a Moon with an Earth-Like Composition via a Giant Impact » par R.M. Canup du Southwest Research Institute in Boulder, CO.

 


18 Octobre 2012

Comètes P/2012 T2 (PANSTARRS), P/2012 T3 (PANSTARRS), C/2012 T4 (McNaught), C/2012 T5 (Bressi), C/2012 T6 (Kowalski), P/2012 T7 (Vorobjov), P/2012 TK8 (Tenagra)

 

Nouvelles du Ciel

 

P/2012 T2 (PANSTARRS)

Une nouvelle comète a été découverte le 10 Octobre 2012 par l'équipe du programme de recherche Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System) avec le télescope Pan-STARRS 1. Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, la nature comètaire de l'objet a été confirmée par H. Sato (via RAS Observatory, Mayhill), J. D. Armstrong (via Haleakala-Faulkes Telescope North), T. H. Bressi (LPL/Spacewatch II), et P. Ruiz (ESA Optical Ground Station, Tenerife).

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète P/2012 T2 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 29 Août 2011 à une distance d'environ 4,8 UA du Soleil, et une période d'environ 13 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12U03.html (MPEC 2012-U03)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 20 Avril 2013 à une distance d'environ 4,8 UA du Soleil, et une période d'environ 13,8 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12VA1.html (MPEC 2012-V101)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=PK12T020

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2012%20T2;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

P/2012 T3 (PANSTARRS)

Une nouvelle comète a été découverte le 10 Octobre 2012 par l'équipe du programme de recherche Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System) avec le télescope Pan-STARRS 1. Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, la nature comètaire de l'objet a été confirmée par T. Linder, R. Holmes, R. Sampson (via Cerro Tololo), H. Sato (via RAS Observatory, Mayhill), J. D. Armstrong (via Haleakala-Faulkes Telescope North), C. Lin (Lulin Observatory), et T. H. Bressi (LPL/Spacewatch II).

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète P/2012 T3 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 30 Avril 2012 à une distance d'environ 2,4 UA du Soleil, et une période d'environ 14,6 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12U04.html (MPEC 2012-U04)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 24 Avril 2012 à une distance d'environ 2,3 UA du Soleil, et une période d'environ 15,3 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12UA9.html (MPEC 2012-U109)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=PK12T030

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2012%20T3;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

C/2012 T4 (McNaught)

Une nouvelle comète a été découverte par Rob H. McNaught (Australian National University) sur les images CCD obtenues le 13 Octobre 2012 avec le télescope Uppsala Schmidt de 0,5-m dans le cadre du Siding Spring Survey. La nature cométaire de l'objet a été confirmée par T. Linder, R. Holmes et R. Sampson (via Cerro Tololo), et par H. Sato (via RAS Observatory, Mayhill).

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2012 T4 (McNaught) indiquent un passage au périhélie le 10 Octobre 2012 à une distance d'environ 1,9 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12U05.html (MPEC 2012-U05)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=CK12T040

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2012%20T4;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

Avec la découverte de cette nouvelle comète, Rob McNaught compte désormais 74 comètes à son actif (62 comètes découvertes en tant qu'unique découvreur et 12 découvertes partagées). 

Les Grands Chasseurs de Comètes

 

C/2012 T5 (Bressi)

Terry Bressi (Steward Observatory, Kitt Peak) a découvert une nouvelle comète le 14 Octobre 2012 sur les images CCD prises avec le télescope Spacewatch de 0.9-m de Kitt Peak.

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2012 T5 (Bressi) indiquent un passage au périhélie le 23 Février 2013 à une distance d'environ 0,3 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12U38.html (MPEC 2012-U38)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 24 Février 2013 à une distance d'environ 0,3 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12UA9.html (MPEC 2012-U109)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=CK12T050

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2012%20T5;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

C/2012 T6 (Kowalski)

Une nouvelle comète a été découverte le 15 Octobre 2012 par Richard Kowalski sur les images CCD prises dans le cadre du Catalina Sky Survey avec le télescope Schmidt de 0.68-m.

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2012 T6 (Kowalski) indiquent un passage au périhélie le 25 Août 2012 à une distance d'environ 1,8 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12U39.html (MPEC 2012-U39)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 26 Août 2012 à une distance d'environ 1,7 UA du Soleil, et une période d'environ 54,3 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12VA1.html (MPEC 2012-V101)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=CK12T060

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2012%20T6;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

P/2012 T7 (Vorobjov)

Une nouvelle comète a été découverte par Tomas Vorobjov (Bratislava, Slovaquie) sur des images qu'il a prises le 15 Octobre à distance avec Alexander Kostin (Houston, Texas, USA) au moyen d'un télescope Ritchey-Chretien de 0.81-m f/7 situé au Mt. Lemmon SkyCenter via le Sierra Stars Observatory Network, au cours d'une étude de recherche de planètes mineures entreprise dans le cadre de la campagne scolaire IASC (International Astronomical Search Collaboration).

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète 2012 T7 (Vorobjov) indiquent un passage au périhélie le 16 Juin 2012 à une distance d'environ 3,7 UA du Soleil, et une période d'environ 13,6 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12U40.html (MPEC 2012-U40)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 15 Janvier 2013 à une distance d'environ 3,9 UA du Soleil, et une période d'environ 12,5 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12X53.html (MPEC 2012-X53)

 

Des observations antérieures à la découverte, datant du 19 Décembre 2000 et du 20 Janvier 2001 de Haleakala-NEAT/MSSS et du 01 Novembre 2011 du Mt. Lemmon Survey, ont été identifiés. Compte tenu de ces nouvelles observations, les éléments orbitaux indiquent un passage au périhélie le 16 Janvier 2013 à une distance d'environ 3,9 UA du Soleil, et une période d'environ 12,5 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12Y39.html (MPEC 2012-Y39)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=PK12T070

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2012%20T7;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète 2012 T7 (Vorobjov) a reçu la dénomination définitive de 276P/Vorobjov en tant que 276ème comète périodique numérotée.

 

P/2012 TK8 (Tenagra)

Un objet ayant l'apparence d'un astéroïde, découvert le 06 Octobre 2012 par M. Schwartz et P. R. Holvorcem (Tenagra II Observatory) et répertorié comme tel sous la dénomination de 2012 TK8, a révélé sa nature cométaire lors d'observations ultérieures.

 

Les éléments orbitaux de la comète P/2012 TK8 (Tenagra) indiquent un passage au périhélie le 09 Mai 2013 à une distance d'environ 3,1 UA du Soleil, et une période d'environ 8,5 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12U41.html (MPEC 2012-U41)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 10 Mai 2013 à une distance d'environ 3,1 UA du Soleil, et une période d'environ 8,6 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K14/K14A73.html (MPEC 2014-A73)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=PK12T08K  

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=2012%20TK8;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

Les Grands Chasseurs de Comètes

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

La désintégration radioactive du titane alimente les restes de la supernova : la première détection directe de titane radioactif associé aux restes de la supernova 1987A a été faite par l'Observatoire spatial Integral de l'ESA. La désintégration radioactive a probablement alimenté le reste lumineux autour de l'étoile éclatée au cours des 20 dernières années.

 

Des images radar du vaisseau spatial Cassini révèlent quelques nouvelles curiosités sur la surface du Titan, la lune mystérieuse de Saturne, dont une caractéristique presque circulaire qui ressemble à une géante brioche chaude et à des rivages de mers anciennes. Les résultats ont été présentés à la conférence de la Division of Planetary Sciences de l'American Astronomical Society à Reno, au Nevada.

 

Preuve isotopique des origines violentes de la Lune : Les scientifiques ont découvert des antécédents de violence cachés à l'intérieur des roches lunaires, une preuve de plus que notre grande et belle Lune est née d'une collision cataclysmique entre des mondes il y a des milliards d'années. En utilisant des échantillons recueillis au cours de plusieurs missions Apollo ainsi que d'une météorite lunaire qui était tombée sur Terre (et l'utilisation de météorites martiennes comme comparaisons) les chercheurs ont observé une diminution marquée dans les roches lunaires d'isotopes plus légers, dont ceux du zinc - un élément révélateur qui peut être "un traceur puissant des histoires volatiles des planètes."

 

Le mystère de l'eau de la Lune : les scientifiques indiquent le vent solaire comme origine. Des perles de verre dans des roches lunaires suggèrent que l'eau vue sur la surface de la Lune provient du vent solaire. Ces découvertes suggèrent que d'autres corps dépourvus d'air dans le Système solaire peuvent également posséder de l'eau sur leurs surfaces.

 


 

Une planète à quatre soleils découverte par des astronomes amateurs : L'analyse des données de transit de l'observatoire spatial Kepler par le projet Planet Hunters a conduit à la découverte d'une nouvelle planète pour le moins inhabituelle. Baptisée PH1, elle orbite autour de deux soleils mais cet ensemble est encerclé par deux autres étoiles. Ce système à quatre étoiles est le premier de ce type à être découvert.

 


17 Octobre 2012

Découverte d'une planète dans le système stellaire le plus proche de la Terre

 

Crédit : ESO/L. Calçada

 

L'instrument HARPS de l'ESO découvre une exoplanète dont la masse est proche de celle de la Terre en orbite autour d'Alpha du Centaure B.

 

Des astronomes européens ont découvert une planète dont la masse est proche de celle de la Terre, en orbite autour d'une étoile dans le système Alpha du Centaure – le système le plus proche de la Terre. Il s'agit également de l'exoplanète la plus légère jamais découverte autour d'une étoile comparable au Soleil. La planète a été détectée avec l'instrument HARPS sur le télescope de 3,6 mètres à l'Observatoire de La Silla de l'ESO au Chili. Le résultat sera publié dans la revue Nature du 17 octobre 2012.

 

Vue d’artiste de la planète en orbite autour d’Alpha du Centaure B - Crédit : ESO/L. Calçada

 

Alpha Centauri est l'une des étoiles les plus brillantes dans le ciel austral, et est le système stellaire le plus proche de notre système solaire - à seulement 4,3 années-lumière. Il s'agit en fait d'une étoile triple - un système composé de deux étoiles très similaires au Soleil en orbite l'une autour de l'autre, désignées Alpha Cen A et B, et d'une composante rouge plus lointaine et plus faible connue sous le nom de Proxima Centauri [1]. Depuis le 19e siècle, les astronomes supposent que des exoplanètes sont en orbite autour de ces corps, l'endroit le plus proche pouvant héberger la vie au-delà du système solaire, mais les recherches de précision croissante n'avaient rien révélé... jusqu'à présent.

 

« Nos observations se sont étendues sur plus de quatre ans avec l'instrument HARPS et ont révélé un signal faible, mais réel provenant d'une étoile en orbite autour d'Alpha du Centaure B. Cette planète tourne autour de son étoile en 3,2 jours, » explique Xavier Dumusque (Observatoire de Genève, Suisse et Centro de Astrofisica da Universidade do Porto, Portugal), premier auteur de l'article. « C'est une découverte extraordinaire et elle a poussé notre technique jusqu'à ses limites ! »

 

Cette équipe européenne a détecté la planète en mesurant la faible variation du mouvement de l'étoile Alpha du Centaure B, créé par l'attraction gravitationnelle de la planète en orbite [2]. L'effet est minuscule – il provoque un mouvement de l'étoile d'avant en arrière d'à peine 51 centimètres par seconde (1,8km/heure), ce qui correspond environ à la vitesse d'un bébé marchant à quatre pattes. C'est la plus haute précision jamais atteinte en utilisant cette méthode.

 

Alpha du Centaure B est très comparable au Soleil, mais légèrement plus petite et moins brillante. La planète nouvellement découverte, avec une masse un peu plus importante que celle de la Terre [3], est en orbite à une distance d'environ six millions de kilomètres de l'étoile, plus proche donc que Mercure ne l'est du Soleil dans le système solaire. L'orbite de l'autre composante brillante de l'étoile double, Alpha du Centaure A, est des centaines de fois plus éloignées, mais devrait être un objet très brillant dans le ciel de la planète.

 

La première exoplanète autour d'une étoile comparable au Soleil a été découverte par la même équipe en 1995 et depuis il y a eu plus de 800 découvertes d'exoplanètes confirmées, mais la plupart sont beaucoup plus grosses que la Terre et beaucoup sont aussi grosses que Jupiter [4]. Le défi auquel sont aujourd'hui confrontés les astronomes est de détecter et de caractériser une planète de masse comparable à celle de la Terre en orbite dans la zone habitable [5] autour d'une autre étoile. Les premiers pas ont maintenant été faits [6]

 

« Il s'agit de la première planète de masse comparable à celle de la Terre jamais détectée autour d'une étoile semblable au Soleil. Son orbite est très proche de son étoile et il doit y faire bien trop chaud pour que la vie telle que nous la connaissons s'y développe, » ajoute Stéphane Udry (Observatoire de Genève), un des coauteurs de l'article, membre de l'équipe, « mais il se pourrait bien que ce soit simplement une planète dans un système en contenant plusieurs. Nos autres résultats avec HAPRS, et les nouvelles découvertes avec Kepler montrent clairement que la majorité des planètes de faibles masses sont découvertes dans ce type de systèmes. »

 

« Ce résultat représente une étape majeure vers la détection d'une jumelle de la Terre dans les alentours immédiats du Soleil. Nous vivons des moments très excitants ! » Conclut Xavier Dumusque.

 

Note :

[1] Les composants d'une étoile multiple sont nommés en ajoutant des lettres majuscules au nom de l'étoile. Alpha du Centaure A est le composant le plus lumineux, Alpha du Centaure B est la seconde étoile légèrement moins lumineuse et Alpha du Centaure C est l'étoile Proxima du Centaure beaucoup moins lumineuse. Proxima du Centaure est un peu plus proche de la Terre qu' A ou B et est par conséquent l'étoile officiellement la plus proche.

 

[2] HARPS mesure la vitesse radiale d'une étoile – sa vitesse de rapprochement ou d'éloignement de la Terre - avec une précision extraordinaire. Une planète en orbite autour d'une étoile entraîne des mouvements réguliers et périodiques de celle-ci qui s'approche et s'éloigne d'un observateur situé sur Terre. A cause de l'effet Doppler, ce changement de vitesse radiale induit un décalage du spectre de l'étoile vers des longueurs d'onde plus grandes (appelé redshift en anglais) lors de l'éloignement et un décalage vers le bleu (vers les courtes longueurs d'onde, appelé blueshift en anglais) lors du rapprochement. Ce changement infime dans la signature spectrale de l'étoile peut être mesuré avec un spectrographe de haute précision tel que HARPS et utilisé afin de déduire la présence d'une planète.

 

[3] En utilisant la méthode des vitesses radiales, les astronomes ne peuvent calculer qu'une estimation minimale pour la masse d'une planète, car la valeur exacte de la masse dépend aussi de l'inclinaison du plan orbital par rapport à la ligne de visée, qui reste inconnue. D'un point de vue statistique, cette masse minimale est cependant souvent proche de la masse réelle de la planète.

 

[4] La mission Kepler de la NASA a découvert 2300 candidats planètes en utilisant une méthode alternative – cherchant la légère diminution de la luminosité d'une étoile lorsque la planète passe devant (transit) et bloque une partie de la lumière. La majorité des candidats planètes détectée par la méthode des transits est très éloignée de la Terre. Mais, au contraire, les planètes découvertes par HARPS se situent autour d'étoiles proches du Soleil. – avec la dernière découverte qui est la plus proche à ce jour. Ce qui en fait de meilleures cibles pour de nombreuses autres observations complémentaires comme la caractérisation de l'atmosphère de la planète.

 

[5] La zone habitable est une région étroite entourant l'étoile dans laquelle l'eau peut être présente sous sa forme liquide si les conditions sont bonnes.

 

[6] ESPRESSO (Echelle SPectrograph for Rocky Exoplanet and Stable Spectroscopic Observations), le spectrographe échelle pour des exoplanètes rocheuses et des observations spectroscopiques stables, doit être installé sur le VLT de l'ESO. Actuellement en phase d'étude de conception préliminaire, il est prévu qu'il commence à fonctionner en 2016. ESPRESSO atteindra une précision de vitesse radiale meilleure que 0,35 km/h. En comparaison, la Terre génère une vitesse radiale de 0,32 km/h sur le Soleil. Cette résolution devrait ainsi permettre à ESPRESSO de découvrir des planètes de masse proche de celle de la Terre dans la zone habitable des étoiles de faible masse. Le consortium ESPRESSO est piloté par des membres de l'équipe responsable de l'actuelle découverte. 

 

Plus d'informations

Cette recherche a été présentée dans un article intitulé « An Earth mass planet orbiting Alpha Centauri B », publié en ligne dans la revue Nature du 17 octobre 2012.

 

L'équipe est composée de Xavier Dumusque (Observatoire de Genève, Suisse; Centro de Astrofisica da Universidade do Porto, Portugal), Francesco Pepe (Observatoire de Genève), Christophe Lovis (Observatoire de Genève), Damien Ségransan (Observatoire de Genève), Johannes Sahlmann (Observatoire de Genève), Willy Benz (Universität Bern, Suisse), François Bouchy (Observatoire de Genève; Institut d'Astrophysique de Paris, France), Michel Mayor (Observatoire de Genève), Didier Queloz (Observatoire de Genève), Nuno Santos (Centro de Astrofisica da Universidade do Porto) et Stéphane Udry (Observatoire de Genève).

 

L'année 2012 marque le 50e anniversaire de la création de l'Observatoire Européen Austral (ESO). L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ». 

 

Liens

- L'article scientifique dans Nature

- Photos de HARPS

- Photos de l'Observatoire de La Silla

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1241/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


16 Octobre 2012

WISE dévoile les couleurs des astéroïdes de Jupiter

 

Crédit : NASA/JPL-Caltech

 

Des scientifiques, à partir des données de WISE (Wide-field Infrared Survey Explorer), ont découvert de nouveaux indices dans le mystère actuel des Troyens de Jupiter -- les astéroïdes qui orbitent autour du Soleil sur la même trajectoire que Jupiter. Comme les chevaux de course, les astéroïdes voyagent en bande, avec un groupe en avant de la trajectoire de la géante gazeuse et un second groupe suivant derrière.

 

Les nouveaux résultats de WISE (Wide-field Infrared Explorer) de la NASA, révèlent que les Troyens de Jupiter -- les astéroïdes qui tournent autour du Soleil dans la même orbite que Jupiter -- sont uniformément sombres avec un soupçon de couleur Bordeaux et ont une surface mate qui reflètent un peu de lumière du Soleil.

Crédit image : NASA/JPL-Caltech

 

Les observations sont les premières à obtenir un aperçu détaillé de couleurs des Troyens : les groupes de début et de fin sont constitués de roches principalement foncées, rougeâtres avec une surface mate non réfléchissante. De plus, les données vérifient les soupçons précédents que le groupe de tête des Troyens dépasse en nombre le peloton final.

 

Les nouveaux résultats offrent des indices dans l'énigme des origines des astéroïdes. D'où viennent les Troyens ? De quoi sont-ils faits ? WISE a montré que les deux paquets de roches sont étonnamment similaires et n'abritent pas de "visiteurs de l'extérieur", ou intrus, venant d'autres parties du Système solaire. Les Troyens ne ressemblent pas aux astéroïdes de la ceinture principale entre Mars et Jupiter, ni à la famille d'objets de la ceinture de Kuiper provenant des régions extérieures plus glaciales près de Pluton.

 

"Jupiter et Saturne sont aujourd'hui dans des orbites calmes et stables, mais dans leur passé, elles grondaient autour et ont perturbé les astéroïdes qui étaient en orbite avec ces planètes, a déclaré Tommy Grav, un scientifique de WISE du Planetary Science Institute à Tucson, en Arizona. "Plus tard, Jupiter a recapturé les astéroïdes troyens, mais nous ne savons pas d'où ils venaient. Nos résultats suggèrent qu'ils pourraient avoir été capturés localement. Si oui, c'est passionnant parce que cela signifie que ces astéroïdes pourraient être faits d'un matériau primordial de cette partie du Système solaire, quelque chose au sujet duquel nous ne savons pas grand chose." Grav est membre de l'équipe NEOWISE, la partie chasse aux astéroïdes de la mission WISE.

 

Le premier Troyen a été découvert le 22 février 1906, par l'astronome allemand Max Wolf, qui a trouvé l'objet céleste précédent Jupiter. Baptisé "Achille" par l'astronome, le morceau de roche de l'espace d'à peu près 350 kilomètres de diamètre a été le premier des nombreux astéroïdes détectés voyageant au devant de la géante gazeuse. Plus tard, des astéroïdes ont été trouvés également suivant Jupiter. Les astéroïdes ont été collectivement nommés Troyens d'après une légende, dans laquelle les soldats grecs se sont cachés à l'intérieur d'une statue de cheval géant pour lancer une attaque surprise sur le peuple de la ville de Troie.

 

"Les deux camps d'astéroïdes ont même leur propre "espion"," a déclaré Grav. "Après avoir découvert une poignée de Troyens, les astronomes ont décidé de nommer les astéroïdes dans le camp principal d'après les héros grecs et ceux de la fin d'après les héros de Troie. Mais chacun des camps avait déjà un "ennemi" au milieu d'eux, avec l'astéroïde "Hector" dans le camp grec et "Patrocle" dans le camp Troyen."

 

D'autres planètes ont été trouvées plus tard pour avoir des astéroïdes troyens voyageant également avec eux, comme Mars, Neptune et même la Terre, où WISE a récemment trouvé le premier Troyen connu de la Terre : http://www.jpl.nasa.gov/news/news.php?release=2011-230.

 

Avant WISE, la principale incertitude définissant la population des Troyens de Jupiter était juste combien de morceaux individuels étaient dans ces nuages de roche spatiale et de glace précédent Jupiter, et combien étaient à la suite. On croit qu'il y a autant d'objets dans ces deux essaims à l'avant et à l'arrière de Jupiter qu'il y a dans l'ensemble de la ceinture principale d'astéroïdes entre Mars et Jupiter.

 

Mettre ceci et d'autres théories à plat nécessite une campagne d'observation bien coordonnée et bien exécutée. Mais il y avait beaucoup de choses dans la façon d'observations précises -- principalement, Jupiter elle-même. L'orientation de ces nuages d'astéroïdes joviens dans le ciel au cours des dernières décennies a été un obstacle aux observations. Un nuage est essentiellement dans le ciel nordique de la Terre, tandis que l'autre est dans le sud, forçant les études optiques terrestres à utiliser au moins deux télescopes différents. Les études ont généré des résultats, mais on ne savait pas si un résultat particulier était causé par les problèmes d'avoir à observer les deux nuages avec des instruments différents et à différents moments de l'année.

 

Est arrivé WISE, qui s'est élancé en orbite le 14 décembre 2009. Le télescope de 16 pouces (40 cm) et les caméras infrarouges de l'engin spatial ont parcouru le ciel entier à la recherche de la lueur des sources de chaleur célestes. De Janvier 2010 à Février 2011, environ 7.500 images ont été prises tous les jours. Le projet NEOWISE a utilisé les données pour cataloguer plus de 158.000 astéroïdes et comètes dans l'ensemble du Système solaire.

 

"En obtenant un diamètre précis et des mesures de réflectivité de surface sur 1.750 Troyens de Jupiter, nous avons augmenté d'un ordre de grandeur ce qu'on savions au sujet de ces deux rassemblements d'astéroïdes," a déclaré Grav. "Avec cette information, nous avons pu avec plus de précision que jamais confirmer qu'il y a en effet presque 40 pour cent de plus d'objets dans le nuage de tête."

 

Essayer de comprendre la surface ou l'intérieur d'un Troyen de Jupiter est également difficile. L'ensemble des détecteurs à infrarouge de WISE était sensible à la lueur thermique des objets, contrairement aux télescopes en lumière visible. Cela signifie que WISE peut fournir les meilleures estimations de la réflectivité de la surface, ou albédo, en plus de précisions sur leurs couleurs visibles et infrarouges (en astronomie les "couleurs" peuvent faire référence à des types de lumière au-delà du spectre visible).

 

Voir les astéroïdes avec plusieurs longueurs d'onde de WISE est comme la scène dans "Le magicien d'Oz," où Dorothy va de son monde en noir et blanc dans le pays d'Oz en Technicolor," a déclaré Amy Mainzer, le chercheur principal du projet NEOWISE du Jet Propulsion Laboratory de la NASA à Pasadena, en Californie. "Parce que nous pouvons voir plus loin dans la partie infrarouge du spectre lumineux, nous pouvons voir plus de détails sur les couleurs des astéroïdes, ou, en substance, plus de nuances ou teintes."

 

L'équipe NEOWISE a analysé les couleurs de 400 astéroïdes Troyens jusqu'ici, ce qui permet à bon nombre de ces astéroïdes d'être correctement triés selon les schémas de classement des astéroïdes pour la première fois.

 

"Nous n'avons pas vu d'astéroïdes ultra-rouges, typiques de la ceinture principale de Kuiper et des populations de la ceinture", a déclaré Grav. "Au lieu de cela, nous trouvons une population largement homogène de ce que nous appelons des astéroïdes de type D, qui sont de couleur bordeaux foncé, le reste étant de type C et P, qui sont plus gris-bleuâtre en couleur. Des recherches supplémentaires sont nécessaires, mais il est possible que nous regardons la partie du matériel le plus ancien connu dans le Système solaire."

 

Les scientifiques ont proposé une mission spatiale future pour les Troyens de Jupiter qui recueillera les données nécessaires pour déterminer leur âge et leur origine.

 

Les résultats ont été présentés le 15 Octobre à la 44e Assemblée annuelle de la Division des Sciences Planétaires de la Société Astronomique Américaine à Reno, au Nevada. Deux études décrivant cette recherche sont acceptées pour publication dans The Astrophysical Journal.

 

http://www.jpl.nasa.gov/news/news.php?release=2012-322&cid=release_2012-322

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


15 Octobre 2012

Felix Baumgartner, premier homme à franchir le mur du son en chute libre

 

Crédit : Red Bull Stratos

 

L'autrichien Felix Baumgartner est devenu dimanche le premier homme à franchir le mur du son en chute libre après s'être élancé d'une capsule accrochée à un ballon d'hélium d'une altitude record d'un peu plus de 39.000 mètres dans le ciel du Nouveau-Mexique.

 

Le pilote australien Felix Baumgartner s'élance hors de la capsule à une altitude de 39.045 mètres. Crédit : Red Bull Stratos.

 

Felix Baumgartner, 43 ans, a franchi le mur du son après quelques dizaines de secondes et a pu ensuite ouvrir son parachute après un total de 4 min 19 sec de chute libre. Il a atteint une vitesse maximale estimée de 1,24 fois fois la vitesse du son, soit 1.342,8 km/h.

 

Lors de sa descente, Felix Baumgartner a également battu deux autres records du monde: celui de la plus haute altitude atteinte par un homme en ballon, et le record du plus haut saut en chute libre, détenu depuis 1960 par un ancien colonel de l'Armée de l'air américaine, Joe Kittinger (qui avait sauté de 31.333 m).

 

Felix Baumgartner avait décollé à 09h30 heure locale (15h30 UTC) et son ascension a duré plus de deux heures et demie. Ce spécialiste de base-jump s'est montré imperturbable durant la montée, tout juste marquée par un petit problème de chauffage à l'intérieur de la capsule qui provoquait de la buée sur sa visière.

 

Après avoir atteint une altitude de 39 045 mètres, il s'est élancé dans le vide.

 

Après 4 min 19 sec d'une vertigineuse chute libre, Felix Baumgartner a ouvert son parachute et s'est posé sans encombre, rapidement rejoint par des membres de son équipe en hélicoptère.

 

Dans le cadre de sa préparation, Felix Baumgartner avait déjà effectué avec succès deux sauts à haute altitude, à 21.800 mètres et 29.600 mètres.

 

Ce saut historique a coïncidé avec le 65e anniversaire du jour où le pilote américain Chuck Yaeger a franchi pour la première fois le mur du son en avion.

 

http://actu.voila.fr/actualites/sciences/2012/10/15/felix-baumgartner-premier-homme-a-franchir-le-mur-du-son-en-chute-libre_4109297.html

 

http://www.redbullstratos.com

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


14 Octobre 2012

Une super-Terre voisine faite de diamant ?

 

Image par Haven Giguere, Yale Univ.

 

La super-Terre 55 Cancri e orbitant autour d'une étoile voisine du Soleil serait faite de diamants. C'est ce que propose une équipe internationale de chercheurs composée de Nikku Madhusudhan, Kanani Lee (Université de Yale, USA) et Olivier Mousis (UTINAM/IRAP/CNRS/Université de Franche-Comté/Université de Toulouse), afin d'expliquer ses caractéristiques de masse et de rayon. Ce résultat va être publié dans The Astrophysical Journal Letters.

 

Vue intérieure de 55 Cancri e — une planète très chaude avec une surface de graphite qui entoure essentiellement une épaisse couche de diamant, en dessous de laquelle se trouve une couche de silicium à base de minéraux et d'un noyau de fer en fusion au centre. (Image par Haven Giguere, Yale Univ.)

 

«C'est notre premier aperçu d'un monde rocheux avec une chimie fondamentalement différente de celle de la Terre», a déclaré le pilote de cette étude, Nikku Madhusudhan, astrophysicien à l'Université de Yale. «La surface de cette planète est probablement couverte de graphite et de diamant plutôt que d'eau et de granit. »
La planète - nommée 55 Cancri e - a un rayon mesurant deux fois celui de la Terre, et possède une masse huit fois plus élevée, ce qui en fait une « super-Terre ». 55 Cancri e est l'une des cinq planètes orbitant autour d'une étoile semblable au soleil, 55 Cancri, située à 40 années-lumière de la Terre, et qui est visible à l'œil nu dans la constellation du Cancer.

 

La planète orbite autour de son étoile à une vitesse extrêmement élevée : son année dure seulement 18 heures, une valeur très faible comparée aux 365 jours de l'année terrestre. Cette planète est également incroyablement chaude, avec une température de plus de 2000 degrés Celsius, ce qui en fait un monde bien loin d'être habitable, selon les chercheurs.

 

La planète a été découverte grâce à son transit devant l'étoile 55 Cancri e l'an dernier [1], ce qui avait permis aux astronomes de mesurer son rayon. Cette information, combinée à une estimation récente de sa masse, a permis à Nikku Madhusudhan, Kanani Lee et Olivier Mousis d'en déduire la composition chimique de la planète par le biais de modèles numériques de son intérieur qui ont exploré toutes les combinaisons d'éléments et de composés qui donneraient ces caractéristiques spécifiques.

 

En outre, les astronomes avaient déjà signalé que l'étoile hôte possède plus de carbone que d'oxygène, contrairement au Soleil. En utilisant cette information, Madhusudhan et ses collègues ont confirmé que des quantités importantes de carbone et de carbure de silicium étaient disponibles lors de la formation de la planète.

 

Les astronomes pensaient auparavant que 55 Cancri e contenait une importante quantité d'eau surchauffée, en se basant sur l'hypothèse que sa composition chimique était semblable à celle de la Terre. « Mais cette nouvelle étude tend à montrer qu'il n'y'a pas d'eau du tout et que cette planète serait composée principalement de carbone (comme le graphite et le diamant), de fer, de carbure de silicium, et, éventuellement, de silicates », explique Olivier Mousis, astrophysicien à l'Université de Franche-Comté et à l'Université de Toulouse. L'étude montre aussi qu'un tiers de la masse de la planète - l'équivalent d'environ trois masses terrestres - pourrait être fait de diamant.

 

"En revanche, l'intérieur de la Terre est riche en oxygène, mais extrêmement pauvre en carbone - moins de 0,1% en masse», indique Kanani Lee, géophysicienne à l'Université de Yale.

 

« L'identification de super-Terres riches en carbone implique qu'on ne peut plus faire l'hypothèse que les planètes rocheuses lointaines possèdent des constituants chimiques, des intérieurs, des atmosphères ou bien des formes de vies similaires à celle de la Terre », explique Nikku Madhusudhan. Cette découverte ouvre également de nouvelles voies concernant l'étude de la géochimie et des processus géophysiques pouvant se produire dans ce type de planètes. Une composition riche en carbone pourrait influer sur l'évolution thermique de la planète et la tectonique des plaques, par exemple, avec des implications pour le volcanisme, l'activité sismique et la formation des montagnes.

 

Cette nouvelle étude montre, pour la première fois, que des astronomes ont identifié une planète faite de diamant autour d'une étoile semblable au Soleil et précisé sa composition chimique. Les observations ultérieures de l'atmosphère de 55 Cancri e, combinées avec d'autres estimations de la composition de son étoile parente, permettront encore d'améliorer notre connaissance de la composition chimique de cette planète.

 

Carte du ciel montrant la planète 55 Cancri dans la constellation du Cancer. Son étoile hôte est visible à l'œil nu, mais mieux avec des jumelles. (Image par Nikku Madhusudhan, Yale Univ., créé avec Sky Map)

 

Note(s) :

[1] 55 Cancri: A Coplanar Planetary System that is Likely Misaligned with its Star, Nathan A. Kaib, Sean N. Raymond, Martin J. Duncan (OASU-LAB-UST-L3AB-CNRS/Université Bordeaux 1), Astrophysical Journal Letters 742, 2 (2011) L24

 

Référence :

Nikku Madhusudhan, Kanani Lee, Olivier Mousis, A possible carbon-rich interior in super-Earth 55 Cancri e, The Astrophysical Journal Letter, sous presse.

 

Source : CNRS http://www.insu.cnrs.fr/univers/les-exoplanetes/une-super-terre-voisine-faite-de-diamant

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


13 Octobre 2012

Vers un meilleur modèle des vents stellaires

 

© ESA/G. Rauw

 

Les télescopes XMM (ESA) et Swift (NASA) ont pour la première fois observé la collision à très haute vitesse des vents stellaires émis par deux étoiles massives orbitant l'une autour de l'autre dans un système binaire appelé Cyg OB2#9, un système situé dans Cygnus X, l'une des plus grandes régions de formation d'étoiles de la Voie Lactée.
 
L'astronome Yaël Nazé (FNRS-ULg) est le premier auteur de l'article à paraître dans Astronomy & Astrophysics, qui relate cette découverte importante pour la compréhension des vents stellaires. Ces vents jouent un rôle important dans l'environnement spatial car ils contrôlent la formation d'étoiles, sculptent le milieu interstellaire ou l'enrichissent en éléments lourds produits dans le cœur des étoiles, éléments qui peuvent contribuer à la vie.
 
Le système stellaire Cyg OB2#9 est resté longtemps une énigme pour les astronomes. Si l'hypothèse d'un système composé de deux étoiles massives orbitant l'une autour de l'autre a été confirmée en 2008, notamment par l'équipe liégeoise, il n'existait aucune preuve que leurs vents stellaires entraient en collision, ce qui était pourtant attendu. En effet, les vents de ces deux étoiles massives sont d'une violence extrême : voyageant à plusieurs millions de km/h, leur collision doit générer un plasma extrêmement chaud, plusieurs millions de degrés celsius, et donc brillant en rayons X.

 

Grâce aux efforts conjoints des télescopes XMM-Newton et Swift, la signature en rayons X de cette collision a pu être observée pour la première fois en fin juin 2011, au moment où les deux étoiles étaient les plus proches, grâce à une augmentation spectaculaire de la luminosité du système.

 

« Nous connaissons quelques exemples de collision de vents stellaires dans des systèmes binaires, mais celle-ci peut être considérée comme un archétype pour l'étude de ce phénomène », explique Yaël Nazé. Souvent, en effet, soit il n'y a pas d'émission X, soit la collision est turbulente (donc difficile à modéliser), ou encore l'un des vents « s'écrase » sur l'autre quand les objets sont proches, entraînant une chute de l'émission de rayons X. « Ce n'est pas le cas avec Cyg OB2#9, de sorte que nous pouvons considérer désormais ce système comme un archétype pour étudier les caractéristiques de ces puissants vents stellaires. »

 

Le système stellaire Cyg OB2. © ESA/G. Rauw

 

Référence :

The 2.35 years itch of Cyg OB2 #9 I. Optical and X-ray monitoring, par Y. Nazé, L. Mahy, Y. Damerdji, H.A. Kobulnicky, J.M. Pittard, E.R. Parkin, O. Absil, R. Blomme. Paru dans  Astronomy & Astrophysics. A&A, 546, A37, doi: 10.1051/0004-6361/201219442

 

Communiqué et vidéo sur les sites de l'ESA et NASA

www.esa.int/esaSC/SEM3H93S18H_index_0.html

www.nasa.gov/mission_pages/swift/bursts/binary-clash.html

http://sci.esa.int/science-e/www/object/index.cfm?fobjectid=50904

 

Source : Université de Liège http://www.ulg.ac.be/cms/c_2475049/vers-un-meilleur-modele-des-vents-stellaires

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


13 Octobre 2012

La météorite martienne de Tissint : une image préservée des interactions entre intérieur, surface et atmosphère de Mars

 

© C. Smith, National History Museum, Londres

 

En juillet 2011 a été observée dans le désert sud marocain la chute d'une météorite. Trois mois auront été nécessaires pour découvrir les premiers fragments et trois autres pour leur attribuer une origine martienne. Un consortium international a étudié cet événement tout à fait exceptionnel, puisque la dernière chute martienne connue date de 1962. Une caractérisation complète de cette roche a permis au consortium de mettre en évidence des interactions entre une roche formée en profondeur, la surface et l'atmosphère de la planète Mars.

 

Ce consortium, dirigé par Hasnaa Chennaoui-Aoudjehane, de l'Université Hassan II à Casablanca et professeur associé à l'UPMC regroupe une majorité de chercheurs français dont trois géologues, Albert Jambon de l'Institut des sciences de la Terre de Paris (UPMC/CNRS), Violaine Sautter et Brigitte Zanda du Laboratoire de Minéralogie et Cosmochimie du Muséum (Muséum national d'Histoire naturelle/CNRS).

 

La plupart des météorites trouvées ont préalablement séjourné un certain temps à la surface de la Terre et donc subi les attaques du temps. La découverte d'une météorite fraîchement tombée, dont l'origine est de surcroît martienne, constitue un événement exceptionnel justifiant la mobilisation des meilleurs spécialistes mondiaux de la discipline. La météorite de Tissint est une shergottite picritique, c'est-à-dire une roche magmatique riche en olivine. Elle ressemble à la trouvaille antarctique EETA79001, connue pour être riche en gaz issus de l'atmosphère de Mars, comparables à ceux analysés par les sondes Viking en 1976-1977.


Tissint est particulièrement riche en verre noir formé par la fusion de la roche sous l'effet d'un choc intense lors d'un impact. Ce verre contient à la fois des bulles de gaz, aujourd'hui ouvertes, attestant du piégeage de gaz atmosphérique martien, et les marques des interactions entre l'intérieur, la surface et l'atmosphère martienne. La présence de traces de soufre et de fluor irrégulièrement réparties dans ce verre suggère une altération aqueuse à partir du sol martien par l'intermédiaire de fissures préexistantes avant qu'un choc ne soit venu les figer dans le verre pour l'éternité.

 

© C. Smith, National History Museum, Londres

 

Référence :

Tissint Martian Meteorite: A Fresh Look at the Interior, Surface and Atmosphere of Mars. H.Chennaoui Aoudjehane, G. Avice, J-A. Barrat, O. Boudouma, G. Chen, M.J.M. Duke, I.A.Franchi, J. Gattacecca, M.M Grady, R.C. Greenwood, C.D.K. Herd, R. Hewins, A. Jambon, B.Marty, P. Rochette, C.L Smith, V. Sautter, A. Verchovsky, P. Weber, B. Zanda. Science, 12 octobre 2012.

 

Source : CNRS http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2821.htm

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


12 Octobre 2012

Comètes P/1996 A1 = 2012 R2 (Jedicke), P/1997 C1 = 2012 S5 (Gehrels), P/2012 SB6 (Lemmon), P/2012 T1 (PANSTARRS)

 

Nouvelles du Ciel

 

P/1996 A1 = 2012 R2 (Jedicke)

La comète P/1996 A1 (Jedicke), découverte le 14 Janvier 1996 par R. Jedicke (Steward Observatory, Kitt Peak) avec le télescope Spacewatch de 0.91-m, et observée pour la dernière fois le 23 Juin 1998, a été retrouvée le 11 Septembre 2012 par O. Burhonov (Majdanak) et mesurée par Artyom Novichonok. De nouvelles observations ont été effectuées le 25 Septembre par T. Gehrels et T. H. Bressi (Steward Observatory, Kitt Peak) avec le télescope Spacewatch de 0.9-m f/3 équipé en CCD, et la redécouverte a permis l'identification d'images antérieures à la découverte datant d'Octobre 1993.

 

Les éléments orbitaux de la comète P/1996 A1 = 2012 R2 (Jedicke) indiquent un passage au périhélie le 14 Novembre 2014 à une distance d'environ 4,0 UA du Soleil, et une période d'environ 19,8 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12T07.html (MPEC 2012-T07)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 17 Novembre 2014 à une distance d'environ 4 UA du Soleil, et une période d'environ 19,6 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12T73.html (MPEC 2012-T73)

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2012%20R2;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/1996 A1 = 2012 R2 (Jedicke) a reçu la dénomination définitive de 269P/Jedicke en tant que 269ème comète périodique numérotée.

 

P/1997 C1 = 2012 S5 (Gehrels)

La comète P/1997 C1 (Gehrels), découverte le 01 Février 1997 par Tom Gehrels dans le cadre du Spacewatch survey et observée pour la dernière fois le 02 Février 1998, a été retrouvée le 08 Octobre 2012 par R. S. McMillan (Steward Observatory, Kitt Peak) dans le cadre de Spacewatch. La redécouverte a permis l'identification de la comète dans les observations du Mt. Lemmon Survey du 25 Septembre 2012.

 

Les éléments orbitaux de la comète P/1997 C1 = 2012 S5 (Gehrels) indiquent un passage au périhélie le 07 Juillet 2013 à une distance d'environ 3,6 UA du Soleil, et une période d'environ 18 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12T24.html (MPEC 2012-T24)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 09 Juillet 2013 à une distance d'environ 3,6 UA du Soleil, et une période d'environ 17,8 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12UA9.html (MPEC 2012-UA9)

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2012%20S5;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/1997 C1 = 2012 S5 (Gehrels) a reçu la dénomination définitive de 270P/Gehrels en tant que 270ème comète périodique numérotée.

 

P/2012 SB6 (Lemmon)

Un objet ayant l'apparence d'un astéroïde, découvert le 17 Septembre 2012 par R. A. Kowalski et S. M. Larson dans le cadre du Mt. Lemmon Survey, et répertorié comme tel sous la dénomination de 2012 SB6, a révélé par la suite sa nature cométaire. L'objet a également été identifié dans les images obtenues peu avant la découverte, le 14 Septembre 2012, par A. Boattini et J. A. Johnson dans le cadre du Catalina Sky Survey.

 

Les éléments orbitaux de la comète P/2012 SB6 (Lemmon) indiquent un passage au périhélie le 31 Octobre 2012 à une distance d'environ 2,4 UA du Soleil, et une période d'environ 7,7 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12T33.html (MPEC 2012-T33 )

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 01 Novembre 2012 à une distance d'environ 2,4 UA du Soleil, et une période d'environ 7,7 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12UA9.html (MPEC 2012-U109)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=PK12S06B

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=%20P%2F2012%20SB6;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

P/2012 T1 (PANSTARRS)

L'équipe du programme de recherche Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System) a découvert une nouvelle comète le 06 Octobre 2012 avec le télescope Pan-STARRS 1 de 1,8 mètre d'ouverture, de l'Université d'Hawaii, situé au sommet du Haleakala sur l'île de Maui (Hawaii, USA). Des images de confirmation ont été obtenues par M. Micheli et G. T. Elliott (Mauna Kea), H. Sato (via RAS Observatory, Mayhill), C. Lin (Lulin Observatory), L. Buzzi (Schiaparelli Observatory), R. Holmes (Astronomical Research Observatory, Westfield). La découverte a permis d'indentifier la comète dans les images obtenues le 28 Juillet 2011 par le programme PANSTARRS.

 

Les éléments orbitaux de la comète P/2012 T1 (PANSTARRS) indiquent qu'il s'agit d'une comète de la Ceinture principale (MBC) avec un passage au périhélie le 21 Novembre 2012 à une distance d'environ 2,4 UA du Soleil, et une période d'environ 5,32 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12T55.html (MPEC 2012-T55)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 10 Septembre 2012 à une distance d'environ 2,4 UA du Soleil, et une période d'environ 5,6 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12VA1.html (MPEC 2012-V101)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=PK12T010

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2012%20T1;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

http://schiaparelli204.wordpress.com/

 

Les Grands Chasseurs de Comètes

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Astéroïde perdu redécouvert avec un peu d'aide de l'ESA : Un astéroïde potentiellement dangereux trouvé autrefois mais ensuite perdu a été retrouvé et son orbite confirmée par un astronome amateur déterminé travaillant avec le programme de dangers de l'espace de l'ESA. L'objet d'un demi-kilomètre ne menacera pas la Terre de sitôt. L'astronome amateur Erwin Schwab, d'Allemagne, a effectué sa chasse aux astéroïde en Septembre lors d'une fenêtre d'observation régulière à la Station au sol optique de l'ESA à Tenerife, en Espagne, parrainé par le programme Space Situational Awareness de l'Agence. Il était déterminé à retrouver l'objet, connu sous son nom de catalogue de 2008 SE85. L' astéroïde potentiellement dangereux 2008 SE85 a été découvert en Septembre 2008 par le Catalina Sky Survey, et observé par quelques observatoires en Octobre 2008. Depuis lors, cependant, personne n'avait observé l'objet et les prédictions pour sa position actuelle était devenue tellement imprécises que l'objet a été considéré comme «perdu». Erwin a planifié sa séquence d'observation pour rechercher l'objet dans la zone d'incertitude de sa position prédite. Après seulement quelques heures, il l'a trouvé à environ 2° - quatre fois la taille apparente de la Lune - loin de sa position prédite. "J'ai trouvé l'objet dans la soirée du samedi 15 Septembre, tout en vérifiant les images sur mon ordinateur", explique Erwin. "Je l'ai ensuite revu à 01h30 le dimanche matin - et c'était mon anniversaire ! C'était l'un des plus beaux cadeaux d'anniversaire."  Les nouvelles observations de l'astéroïde d'approximativement 500 m de diamètre va permettre une détermination plus précise de son orbite et aider à confirmer que ce ne sera pas une menace pour la Terre de sitôt. Les astéroïdes potentiellement dangereux s'approchent de la Terre d'au moins 7 millions de kilomètres environ; environ 1300 sont connus. Quand un nouvel astéroïde est découvert, des observations de suivi doivent se faire dans les quelques heures et puis les jours pour s'assurer qu'il n'est pas perdu par la suite.  Les mesures de position des astéroïdes sont collectées d'observateurs à travers le monde par le Minor Planet Center basé au Etats-Unis, qui a reconnu la redécouverte de 2008SE85 en publiant une circulaire annonçant les nouvelles observations. "Ces observations faisaient partie de l'étroite collaboration que nous avons avec un certain nombre d'observateurs expérimentés près de chez nous," explique Detlef Koschny, chef du secteur Near-Earth Object du programme Space Situational Awareness de l'ESA. "Ce n'est pas la première fois que notre collaboration avec des amateurs remporte un tel succès. Les membres du Teide Observatory Tenerife Asteroid Survey lancé par Matthias Busch de Heppenheim, Allemagne, ont découvert deux nouveaux objets géocroiseurs au cours de la dernière année tout en travaillant avec notre programme d'observation."

 


11 Octobre 2012

Cent ans après : une nouvelle découverte de rayons cosmiques

 

Crédit image : Vincent Tatischeff.

 

Grâce à XMM-Newton [1], le satellite européen d'astronomie en rayons X, des chercheurs du CNRS [2] et du CEA [3] ont découvert une nouvelle source de rayons cosmiques, de plus basse énergie que ceux connus jusqu'alors. Au voisinage de l'extraordinaire amas des Arches, près du centre de la Voie lactée, ces particules sont accélérées dans l'onde de choc générée par le déplacement de  dizaines de milliers de jeunes étoiles à une vitesse d'environ 700 000 km/h. Ces rayons cosmiques produisent alors une émission X caractéristique en interagissant avec les atomes du gaz ambiant. Leur origine diffère de celle des rayons cosmiques découverts il y a tout juste cent ans par Victor Hess, qui sont issus des explosions de supernovæ. Ces résultats sont publiés cette semaine dans la revue Astronomy & Astrophysics.

Il y a cent ans, le physicien autrichien Victor Franz Hess découvrait l'existence d'un rayonnement ionisant d'origine extraterrestre, les « rayons cosmiques ». Leur nature est aujourd'hui bien connue. Lorsque certaines étoiles en fin de vie explosent et deviennent des supernovæ, leur matière est éjectée à une vitesse supersonique et génère des ondes de choc qui accélèrent les particules. Certains noyaux atomiques acquérant ainsi une très forte énergie cinétique arrivent jusqu'à la Terre.

Mais les rayons cosmiques de basse énergie [4] ne sont pas détectés au voisinage de notre planète, car le vent solaire les empêche de pénétrer dans l'héliosphère. On ne sait donc pas grand-chose de leur composition chimique et de leur flux en dehors du système solaire, mais tout indique qu'ils jouent un rôle important dans la galaxie. Ainsi, en ionisant et en chauffant les nuages interstellaires les plus denses, ils régulent sans doute la formation des étoiles.

Les auteurs de l'article ont commencé par étudier de façon théorique l'émission X que devraient générer des rayons cosmiques de basse énergie dans le milieu interstellaire. Puis ils ont recherché la trace de cette émission théorique dans des données en rayons X accumulées par XMM-Newton depuis son lancement en 1999. En analysant les propriétés de l'émission X du fer interstellaire enregistrée par le satellite, ils ont alors trouvé les signatures d'une forte population d'ions rapides au voisinage de l'amas des Arches, à environ cent années-lumière du centre de la Voie lactée. Les étoiles de cet amas se déplacent de concert à la vitesse d'environ 700 000 km/h. Les rayons cosmiques sont vraisemblablement produits dans la collision à grande vitesse de l'amas d'étoiles avec un nuage de gaz se trouvant sur leur chemin (Fig. 1). Dans cette région particulière, la densité d'énergie des rayons cosmiques est environ mille fois supérieure à celle du « rayonnement ionisant » détecté en 1912.

 

Figure 1 : La région de l'amas des Arches vue en rayons X (contours) et dans le proche infrarouge (image de fond). La carte infrarouge est obtenue à partir des observations du télescope Hubble à la longueur d'onde de 1,875 µm (données tirées de Dong et al. 2011, Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, 417, 114). Les contours indiquent l'intensité de la raie du fer neutre observée par XMM-Newton autour de l'amas d'étoiles (situé au centre de l'image). L'émission X est produite par des rayons cosmiques accélérés dans l'onde de choc formée dans le milieu interstellaire par le mouvement supersonique de l'amas. Celui-ci se déplace de la droite vers la gauche de l'image à environ 700 000 km/h. - Crédit image : Vincent Tatischeff.

  

Il s'agit de la première découverte d'une source majeure de rayons cosmiques [5] de basse énergie en dehors du système solaire. Ils montrent que les ondes de choc des supernovae ne sont pas les seuls objets à pouvoir accélérer en masse des noyaux atomiques dans la galaxie. Ces résultats devraient permettre d'identifier de nouvelles sources d'ions dans le milieu interstellaire et peut-être de mieux comprendre les effets de ces particules énergétiques sur la formation des étoiles.

 

Note :

[1] XMM-Newton est un satellite de l'ESA auquel le CNES, le CEA et le CNRS ont fortement contribué.

 

[2] Laboratoires impliqués : Centre de Spectrométrie Nucléaire et de Spectrométrie de Masse (CNRS/Université Paris-Sud 11), Laboratoire d'Annecy le Vieux de Physique des Particules (CNRS/Université de Savoie), Laboratoire Astrophysique, Interactions, Multi-échelles (CEA/CNRS/Université Paris-Diderot).

 

[3] Institut de recherches sur les lois fondamentales de l'Univers (Irfu), Service d'astrophysique.

 

[4] Ceux dont l'énergie cinétique est inférieure à un demi-milliard d'électronvolts.

 

[5] Les rayons cosmiques découverts sont hadroniques, c'est à dire constitués en grande majorité de noyaux d'atomes. Les rayons cosmiques hadroniques représentent près de 99% des particules galactiques détectées au voisinage terrestre. Les électrons et positrons, qui constituent la composante leptonique du rayonnement cosmique, sont bien moins nombreux.

 

Référence :

Nonthermal X-rays from low-energy cosmic rays: Application to the 6.4 keV line emission from the Arches cluster region
V. Tatischeff, A. Decourchelle, and G. Maurin, Astronomy & Astrophysics (2012), sous presse, voir www.aanda.org/articles/aa/pdf/forth/aa19016-12.pdf

 

Source : INSU/CNRS http://www.insu.cnrs.fr/univers/cent-ans-apres-une-nouvelle-decouverte-de-rayons-cosmiques

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Sursaut d'activité de la comète 168P Hergenrother : La comète 168P/Hergenrother, qui devait être juste une comète de magnitude 14-15 selon les prévisions, connaît actuellement un sursaut d'activité qui fait d'elle la comète la plus brillante visible en ce moment dans l'hémisphère nord, avec une magnitude de 9-10. La comète 168P a été découverte par Carl W. Hergenrother sur les images prises par Timothy B. Spahr le 22 Novembre 1998 dans le cadre du Catalina Sky Survey. Avec une période d'environ 6,9 ans, il s'agit de son second retour. Elle est passée au périhélie le 01 Octobre 2012, déclenchant son sursaut d'activité. Les observations récentes et les images montrent une très forte condensation centrale dans une chevelure d'environ trois minutes d'arc et une petite queue. La comète est actuellement à environ 67 millions de kilomètres de la Terre (0,450 UA) et à 212 millions de kilomètres du Soleil (1,418 UA). Dès la tombée de la nuit noire, la comète est visible déjà plus de quarante degrés dans le Grand Carré de Pégase, à environ 3 degrés au sud-ouest de Alpheratz (alpha Andromedae), l'étoile de magnitude +2 en haut à gauche du Carré. Dans les semaines à venir, la comète se déplace vers le nord dans la constellation d'Andromède, et sa trajectoire incurvée l'amène au nord de la galaxie d'Andromède (M31) dans la semaine avant Noël.

 


10 Octobre 2012

D'étonnantes structures spirales détectées par ALMA

 

Crédit : ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)

 

De nouvelles observations dévoilent les secrets d'une étoile mourante

 

Une équipe d'astronomes utilisant le grand réseau d'antennes millimétriques/submillimétriques ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array) a découvert une structure spirale totalement inattendue dans la matière qui entoure la vieille étoile R Sculptoris. C'est la première fois qu'une telle structure, avec une enveloppe sphérique extérieure, a été découverte autour d'une étoile de type géante rouge. C'est également la première fois que des astronomes peuvent obtenir une information complète en 3 dimensions sur une telle spirale. Cette forme étrange est probablement créée par une étoile compagne dissimulée en orbite autour de la géante rouge. Ce travail est l'un des premiers résultats des programmes scientifiques préliminaires d'ALMA à être publié. Il pourra être lu dans la revue Nature de la semaine.

 

Une curieuse spirale repérée par ALMA autour de l'étoile géante rouge R Sculptoris - Crédit : ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)

 

Une équipe utilisant le grand réseau d'antennes ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), le plus puissant des télescopes millimétriques/submillimétriques au monde, a découvert une étonnante structure spirale dans le gaz autour de l'étoile géante rouge R Sculptoris [1][2][3]. Cela signifie qu'il y a probablement une étoile compagnon invisible en orbite autour de l'étoile [4]. Les astronomes ont également été surpris de constater que bien plus de matière que ce que l'on supposait a été éjectée par la géante rouge.

 

« Nous avions déjà vu des enveloppes autour de ce type d'étoile, mais c'est la toute première fois que nous voyons une spirale de matière qui s'échappe d'une étoile, en même temps qu'une enveloppe qui l'entoure», précise Matthias Maercker (ESO et Argelander Institute for Astronomy, University of Bonn, Allemagne), premier auteur de l'article présentant ces résultats.

 

Du fait qu'elles éjectent de grandes quantités de matière, les géantes rouges comme R Sculptoris sont des contributeurs majeurs pour le gaz et la poussière qui fournissent la majeure partie de la matière première nécessaire à la formation de futures générations d'étoiles, de systèmes planétaires et par suite, de la vie.

 

Même pendant la phase de la science préliminaire, quand ces nouvelles observations ont été réalisées, ALMA est largement plus performant que les autres observatoires submillimétriques. Les précédentes observations ont clairement montré une enveloppe sphérique autour de R Sculptoris, mais n'avaient mis en évidence la structure spirale ni la présence d'une étoile compagne.

 

« Quand nous avons observé cette étoile avec ALMA, il n'y avait même pas la moitié des antennes en place. C'est vraiment fascinant d'imaginer ce que le réseau complet d'ALMA sera capable de produire une fois qu'il sera terminé en 2013 » ajoute Wouter Vlemmings (Chalmers University of Technology, Suède), un des coauteurs de l'étude.

 

A la fin de leur vie, les étoiles ayant une masse jusqu'à huit fois celle du Soleil deviennent des géantes rouges et perdent une grande quantité de leur masse dans un vent stellaire dense. Au cours de la phase de géante rouge, les étoiles subissent également des explosions thermiques périodiques. Ce sont des phases de courte durée pendant lesquelles l'hélium brule de manière explosive dans l'enveloppe autour du cœur stellaire. Une brutale élévation de température conduit alors à une éjection de matière à la surface de l'étoile en proportion beaucoup plus grande, aboutissant à la formation d'une grande enveloppe de poussière et de gaz autour de l'étoile. Après l'explosion, la vitesse à laquelle l'étoile perd de la masse retombe à son rythme normal.

 

Les explosions thermiques se déroulent approximativement tous les 10 000 ou 50 000 ans et ne durent que quelques centaines d'années. Les nouvelles observations de R Sculptoris montrent qu'elle a dû subir une période d'explosions thermiques il y a environ 1800 ans qui a duré environ 200 ans. L'étoile compagne a modelé le vent provenant de R Sculptoris en forme de structure spirale.

 

« Grâce à la grande capacité d'ALMA pour observer de fins détails, nous avons pu beaucoup mieux comprendre ce qu'il arrive à une étoile avant, pendant et après une explosion thermique en étudiant comment l'enveloppe et la structure spirale sont formées, » précise Matthias Maercker. « Nous avons toujours espéré qu'ALMA nous permettrait d'avoir un nouveau regard sur l'Univers, mais découvrir des choses inattendues dès à présent, à l'occasion de l'une des premières séries d'observations, est vraiment enthousiasmant ».

 

Afin de décrire la structure observée autour de R Sculptoris, l'équipe d'astronomes a également effectué des simulations numériques pour suivre l'évolution d'un système binaire [5]. Ces modèles correspondent parfaitement aux nouvelles observations d'ALMA.

 

« Décrire théoriquement tous les détails observés avec ALMA constitue un véritable défi, mais nos modélisations numériques montrent que nous sommes bel et bien sur la bonne voie. ALMA nous offre un nouveau regard sur ce qui se passe dans ces étoiles et sur ce qu'il devrait arriver au Soleil d'ici quelques milliards d'année », déclare Shazrene Mohamed (South African Astronomical Observatory), coauteur de cette étude.

 

« Dans un futur proche, les observations d'étoiles comme R Sculptoris avec ALMA nous aideront à comprendre comment les éléments avec lesquels nous sommes fabriqués sont arrivés à es endroits comme la Terre. Ils nous donnent également une idée de ce à quoi pourrait ressembler notre étoile dans un futur lointain », conclut Matthias Maercker.

 

Note :

[1] R Sculptoris est un exemple d'étoile de la branche asymptotique des géantes (en anglais, asymptotic giant branch - AGB). Ce sont des étoiles avec une masse initiale comprise entre 0,8 et 8 masses solaires dans les dernières phases de leur vie. Ce sont des géantes rouges froides avec d'importantes pertes de masse sous forme de forts vents stellaires qui sont typiquement des étoiles variables à longue période. Leur structure se compose d'un minuscule cœur central de carbone et d'oxygène entouré par une enveloppe d'hélium et d'hydrogène en train de bruler et puis d'une énorme enveloppe de convection. Le Soleil évoluera un jour en étoile de type ABG.

 

[2] L'enveloppe éjectée, formée autour des étoiles ABG, est composée de gaz et de grains de poussière. Les grains de poussière peuvent être observés en regardant l'émission thermique s'étendant de l'infrarouge lointain aux longueurs d'onde millimétriques. Dans les longueurs d'onde millimétriques, l'émission de la molécule de CO permet aux astronomes d'obtenir une carte haute résolution de l'émission de gaz des forts vents stellaires générés par les étoiles ABG. Ces observations sont également d'excellents traceurs de la distribution du gaz autour de ces objets. La grande sensibilité d'ALMA rend possible la représentation directe des zones de condensation de poussière et de la structure de matière autour des étoiles AGB, montrant des détails plus petits que 0,1 arcseconde.

 

[3]Une spirale similaire, mais sans enveloppe environnante, a été observée au cours des observations de l'étoile LL Pegasi avec le télescope spatial NASA/ESA Hubble. Mais, contrairement aux nouvelles observations d'ALMA, les données obtenues n'ont pas permis d'étudier la structure tridimensionnelle dans sa totalité.

 

[4] Des étoiles binaires "invisibles" ont également été proposées comme explication des formes bizarres observées chez des objets apparentés, les nébuleuses planétaires. Après la phase AGB, les étoiles de masse intermédiaires et faibles (0,8 à 8 masses solaires) vont terminer leur vie en formant une nébuleuse planétaire. Ce sont les restes brillants de l'enveloppe de gaz éjectée pendant la phase AGB, ionisés par le rayonnement ultraviolet émis par l'étoile centrale. De nombreuses nébuleuses planétaires ont des morphologies extrêmement complexes et variées. Les étoiles centrales binaires, les disques stellaires et les champs magnétiques ont été proposés comme le mécanisme produisant de telles variétés de formes.

 

[5] le système modélisé ici est composé d'une étoile AGB principale en période d'explosion thermique et d'un compagnon stellaire. La distance séparant les deux étoiles utilisée pour la simulation est de 60 unités astronomiques avec une masse totale pour le système de deux masses solaires. La période orbitale est de 350 ans. 

 

Plus d'informations

Cette recherche a été présentée dans un article intitulé "Unexpectedly large mass loss during the thermal pulse cycle of the red giant star R Sculptoris", de Maercker et al. publié dans la revue Nature.

 

Cette équipe est composée de M. Maercker (ESO; Argelander Institute for Astronomy, University of Bonn, Allemagne), S. Mohamed (Argelander Institute for Astronomy; South African Astronomical Observatory, Afrique du Sud), W. H. T. Vlemmings (Onsala Space Observatory, Chalmers University of Technology, Onsala, Suede), S. Ramstedt (Argelander Institute), M. A. T. Groenewegen (Royal Observatory of Belgium, Brussels, Belgiique), E. Humphreys (ESO), F. Kerschbaum (Department of Astronomy, University of Vienna, Autriche), M. Lindqvist (Onsala Space Observatory), H. Olofsson (Onsala Space Observatory), C. Paladini (Department of Astronomy, University of Vienna, Autriche), M. Wittkowski (ESO), I. de Gregorio-Monsalvo (Joint ALMA Observatory, Chili) et L. A. Nyman (Joint ALMA Observatory).

 

L'année 2012 marque le 50e anniversaire de la création de l'Observatoire Européen Austral (ESO). L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ».

 

ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array) est un équipement international pour l'astronomie. Il est le fruit d'un partenariat entre l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Asie de l'Est en coopération avec la République du Chili. ALMA est financé en Europe par l'ESO (Observatoire Européen Austral), en Amérique du Nord par la NSF (Fondation Nationale de la Science) en coopération avec le NRC (Conseil National de la Recherche au Canada) et le NSC (Conseil National de la Science à Taïwan), en Asie de l'Est par les Instituts Nationaux des Sciences Naturelles (NINS) du Japon avec l'Académie Sinica (AS) à Taïwan. La construction et les opérations d'ALMA sont pilotées par l'ESO pour l'Europe, par le National Radio Astronomy Observatory (NRAO) pour l'Amérique du Nord et par le National Astronomical Observatory of Japan (NAOJ) pour l'Asie de l'Est. L'Observatoire commun ALMA (JAO pour Joint ALMA Observatory) apporte un leadership et un management unifiés pour la construction, la mise en service et l'exploitation d'ALMA.

 

L'Observatoire ALMA sera inauguré le 13 Mars 2013 

 

Liens

- L'article scientifique

- Plus d'informations sur ALMA à l'ESO

- L'Observatoire commun ALMA

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1239/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

La capsule Dragon a été capturée avec succès par l'ISS ! : Aujourd'hui, à 10h56 UTC précise, les équipes de la NASA et de SpaceX ont confirmé la capture de la capsule Dragon par le bras robotique de la Station spatiale internationale (ISS). L'engin avait décollé dimanche 07 Octobre au soir depuis Cap Canaveral.

 


 

 Un important sursaut d'activité de l'essaim des Draconides a été enregistré vers 16h00-17h00 UTC le 08 Octobre dans la période du maximum d'activité de l'essaim par des radars opérant au Canada. Selon Bill Cooke du Meteoroid Environment Office de la NASA, le taux est d'environ 1000 météores par heure, et par conséquent plus élévé que le sursaut de l'année dernière. Toutefois, puisque les radars sont sensibles aux très petits météroïdes, il est possible que cette importante activité ne concerne que la détection par radio et ne se traduise pas par des météores détectables visuellement.

Les Draconides (GIA), également connues sous le nom de Giacobinides, atteignent le maximum d'activité le 08 Octobre. Le moment exact d'activité peut varier, aussi les observateurs sont généralement encouragés à observer du 07 au 09 inclus. Le radiant est situé à deux degrés au nord-est de l'étoile Rastaban (beta Draconis). Cette étoile est l'une des quatre formant la tête du Dragon (Draco), également connue comme le "Losange". En raison de sa position sur la voûte céleste, cet essaim est essentiellement visible depuis l'hémisphère nord et d'une petite partie des zones les plus au nord de l'hémisphère sud. Avec une vitesse de 19 km/s, les Draconides sont extrêmement lentes. Un sursaut d'activité était observé depuis l'Europe l'année dernière avec des taux horaires atteignant 300. Bien que la comète d'origine 21P/Giacobini-Zinner soit passée au périhélie en Février 2012, aucune activité exceptionnelle n'était prévue cette année. Le prévisionniste russe Mikhail Maslov avait toutefois noté pour 2012 deux rencontres possibles avec des flots de particules, la première vers 15h37 UTC avec la traînée laissée par 21P/Giacobini-Zinner en 1966, la seconde vers 16h22-16h54 UTC avec la traînée de 1959, mais dans les deux cas, avec une activité négligeable.

 

[09/10/2012 - 22h30 UTC] L'analyse préliminaires des données, recueillies par l'IMO (International Meteor Organization), obtenues par 18 observateurs dans 10 pays et portant sur 157 Draconides observées en 81 intervalles, indique qu'une activité assez importante a été observée le 08 Octobre à partir de 16h15 UTC (ZHR estimé à 333 ±86), et jusqu'à environ 17h00 UTC (ZHR évalué à 223 ±48), et que le maximum d'activité s'est produit vers 16h40 UTC avec un ZHR de 558 ±132, en supposant un index de population de r = 2,9.

 

Les observations visuelles au moment du pic d'activité ont été rapportées par deux observateurs à la fois très expérimentés et fiables, l'un en Ukraine (16h00-18h00 UT), l'autre en République Tchèque (17h00-19h10 UT). Cependant, le petit nombre d'observateurs, combiné à des conditions d'observation pas vraiment idéales en Ukraine (magnitude limite 4,9), rendent l'estimation du ZHR résultant incertaine à l'heure actuelle. Bien que les deux observateurs ont détecté une nette augmentation de l'activité des Draconides, les estimations du ZHR déduites des observations en visuel peuvent être surestimées.

 

Un grand réservoir d'eau à l'aube d'une naissance stellaire : L'Observatoire spatial Herschel de l'ESA a découvert suffisamment de vapeur d'eau pour remplir les océans terrestres plus de 2000 fois, dans un nuage de gaz et de poussières qui est sur le point de s'effondrer dans une nouvelle étoile semblable au Soleil. Les nouvelles observations d'Herschel d'un noyau pré-stellaire froid dans la constellation du Taureau appelé Lynds 1544 sont la première détection de vapeur d'eau dans un nuage moldéculaire au bord de la formation d'étoiles.

 


 

SpaceX lance avec succès pour la 2ème fois sa capsule Dragon vers l'ISS : La société américaine SpaceX a lancé avec succès dimanche soir 07 Octobre 2012 sa capsule Dragon vers la Station spatiale internationale (ISS) qui marque la première mission commerciale d'approvisionnement de l'avant-poste orbital dans le cadre d'un contrat avec la Nasa. Dragon a atteint l'orbite terrestre dix minutes après le décollage, déployant peu après ses deux antennes solaires avant d'entamer une course poursuite de l'ISS qui se trouve à 350 km d'altitude. Elle devrait rejoindre la Station mercredi vers 11h30 UTC. L'amarrage s'effectuera à l'aide du Bras robotisé de l'ISS contrôlé par deux des six astronautes à bord de la Station. Dragon doit revenir sur terre le 28 octobre avec un amerrissage parachuté dans le Pacifique au large des côtes du sud de la Californie. Il s'agira de la deuxième visite de Dragon à l'ISS après le premier vol de démonstration parfaitement réussi en mai qui avait marqué le premier amarrage d'un vaisseau privé à l'avant-poste orbital et ouvert une nouvelle ère dans le transport spatial sur orbite. Dragon achemine pour cette première mission d'approvisionnement commercial environ 454 kilos d'équipements dont des matériaux pour des expériences scientifiques que doivront mener les six membres de l'Expedition 33. Dragon livre également de la nourriture dont, fait rare, de la crème glacée, ainsi que des vêtements et d'autres fournitures.

L'Expedition 33 a commencé avec le désamarrage du Soyuz TMA-04M en Septembre 2012. Le russe Malonchenko, l'américaine Sunita L. Williams, et le japonais Akihiko Hoshide déjà présents à bord d'ISS peu après le lancement du Soyuz TMA-05M le 14 Juillet 2012, seront rejoint par trois nouveaux membres, l'américain Kevin Ford, et les russes Oleg Novitskiy et Evgeny Tarelkin, suite au lancement du Soyuz TMA-06M le 23 Octobre.

 


 

INTRUS 2012 TV, un astéroïde de type Apollo d'environ 31 mètres de diamètre observé pour la première fois le 05 Octobre 2012 par Tenagra II Observatory, annoncé par la circulaire MPEC 2012-T16, passe le 07 Octobre 2012 vers 15h04 UTC (<1mn) à une distance d'environ 255.000 km ou environ 0,67 LD (1 LD = Distance moyenne Terre-Lune = 380.400 km) de la surface de notre planète.

 

INTRUS 2012 TC4, un astéroïde de type Apollo d'environ 17 mètres de diamètre observé pour la première fois le 04 Octobre 2012 par l'équipe de Pan-STARRS 1 (Haleakala), annoncé par la circulaire MPEC 2012-T18, passe le 12 Octobre 2012 vers 05h17 UTC (±15mn) à une distance d'environ 95.000 km ou environ 0,25 LD (1 LD = Distance moyenne Terre-Lune = 380.400 km) de la surface de notre planète.

 


05 Octobre 2012

L'ESO célèbre son 50e anniversaire

 

Crédit : ESO/B. Bailleul

 

Le vainqueur du concours observe la nébuleuse du Casque de Thor avec le VLT au cours d'une émission en direct.

 

Aujourd'hui, 5 octobre 2012, l'Observatoire Européen austral (ESO) célèbre les 50 ans qui se sont écoulés depuis la signature de son acte de fondation. Au cours du dernier demi-siècle, l'ESO est devenu le plus productif des observatoires astronomiques au sol. Ce matin, pour la première fois, des observations avec le très grand télescope (le VLT) de l'ESO ont été faites sur un objet choisi par le public. Le vainqueur de ce concours anniversaire a pointé le VLT sur la splendide nébuleuse du Casque de Thor et les observations sont retransmises en direct sur Internet. Afin de marquer ce jour anniversaire, l'ESO et ses partenaires organisent de nombreuses autres activités dans les 15 Etats membres de l'ESO.

 

L'image de la nébuleuse du Casque de Thor réalisée à l'occasion du 50e anniversaire de l'ESO - Crédit : ESO/B. Bailleul

 

La signature de la Convention de l'ESO le 5 octobre 1962 et la fondation de l'ESO a été l'apogée du rêve d'astronomes de renom de cinq pays européens – Belgique, France, Allemagne, Pays-Bas et Suède. Ils ont décidé d'unir leurs forces avec l'objectif premier de construire un grand télescope qui leur permettrait d'accéder au riche et magnifique ciel austral.

 

« 50 ans après, le souhait originel des cinq membres fondateurs n'est pas seulement devenu une réalité, mais a largement été surpassé », déclare Tim de Zeeuw, Directeur général de l'ESO. « L'ESO a parfaitement relevé le défi de concevoir, construire et exploiter les équipements d'observation au sol les plus puissants de la planète. »

 

Exploitant trois sites d'observation exceptionnels de rang mondial au Chili - La Silla, Paranal et Chajnantor — l'ESO est devenu un chef de file pour la communauté de la recherche astronomique [1].

 

A Paranal, l'ESO exploite le très grand télescope (VLT), l'observatoire visible et infrarouge le plus avancé au monde qui a été, depuis sa première lumière en 1998, un élément moteur dans une nouvelle ère de découverte. Sur le Plateau de Chajnantor au nord du Chili, l'ESO et ses partenaires internationaux [2] sont en train de construire un télescope astronomique révolutionnaire – ALMA Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), un grand réseau d'antennes millimétrique et submillimétrique [3] qui permettra de dévoiler les mystères de l'Univers froid.

 

L'observatoire original de l'ESO à La Silla est toujours très productif et reste au premier plan de la recherche astronomique. En particulier, l'instrument HARPS sur le télescope de 3,6 mètres est l'instrument chasseur de planètes le plus performant au monde.

 

Le prochain télescope gigantesque de l'ESO n'est plus qu'à quelques années de voir le jour. Le télescope géant européen, l'E-ELT (pour European Extremely Large Telescope) de 39 mètres de diamètre sera en effet « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ». Sa première lumière est prévue pour le début de la prochaine décennie. Il s'attaquera aux plus grands défis scientifiques de notre temps et révolutionnera très probablement notre perception de l'Univers autant que l'a fait la lunette de Galilée, plus de 400 ans auparavant.

 

Pour célébrer son 50e anniversaire, l'ESO et ses partenaires organisent de nombreux événements au cours de 2012 [4]. Une série d'événements publics ont lieu aujourd'hui dans les 15 Etats membres, ainsi que de nombreuses présentations de l'exposition « Un Univers stupéfiant ».

 

Dans le cadre des célébrations de cet anniversaire, pour la première fois, le VLT a été pointé ce matin vers un objet céleste choisi par le public – la nébuleuse du Casque de Thor [5]. Cette nébuleuse a été choisie au cours du récent concours « choisissez ce que va observer le VLT » (ann12060). Les observations sont effectuées par Brigitte Bailleul – gagnante du concours « Tweetez votre chemin jusqu'au VLT » - et sont diffusées en direct sur Internet depuis l'Observatoire de Paranal. Cette image, réalisée dans les conditions exceptionnelles habituelles de Paranal, est la plus détaillée jamais obtenue de ce magnifique objet.

 

"Avec le VLT, ALMA et le futur E-ELT, l'ESO entre dans une nouvelle ère, une ère que même les rêves ambitieux originels des membres fondateurs de l'ESO n'auraient pu anticiper. Pour tous ceux d'entre vous qui ont rendu cela possible, au nom de l'ESO, Merci ! » Conclut Tim de Zeeuw. 

 

Note :

[1] Des informations sur les statistiques de publication des différents observatoires sont disponibles ici. (/public/announcements/ann12025/)

 

[2] Le projet ALMA est un partenariat de l'Europe, de l'Amérique du Nord et de l'Asie de l'Est, en coopération avec la République du Chili.

 

[3] ALMA sera un télescope unique composé de 66 antennes de très grandes précisions. La construction d'ALMA sera terminée en 2013, mais des observations scientifiques préliminaires avec un réseau partiel ont commencé en 2011 (eso1137)

 

[4] Un film documentaire est en cours de distribution pour célébrer l'anniversaire, simultanément avec un libre somptueux illustré. Le film a également été diffusé par épisodes sur la très populaire série de podcasts ESOcast de l'ESO. En plus, un nouveau livre très détaillé sur l'histoire des succès et des défis de l'ESO va être prochainement publié.

 

[5] La nébuleuse du Casque de Thor, également appelée NGC 2359, est une nurserie stellaire dans la constellation du Grand Chien. Cette nébuleuse en forme de casque est située à environ 15 000 années-lumière de la Terre et s'étend sur environ 30 années-lumière. Le casque est une bulle cosmique, gonflée par le vent d'une jeune étoile massive à proximité du centre de la bulle qui balaie le nuage moléculaire environnant. Le gaz lumineux est chauffé par le rayonnement énergétique de l'étoile centrale. De nombreuses couleurs, provenant de différents éléments dans le gaz, sont également visibles ainsi que de nombreux nuages de poussière.

 

Plus d'informations

L'année 2012 marque le 50e anniversaire de la création de l'Observatoire Européen Austral (ESO). L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ». 

 

Liens

- La webdiffusion en direct

- Les événements publics du 5 octobre

- Les expositions « Un Univers stupéfiant »

- La page web des 50 ans de l'ESO

- Le top 10 des résultats scientifiques de l'ESO

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1238/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Une étoile à courte période tournant autour d'un trou noir massif. Articles marquants dans le Science du 5 octobre 2012 (Source : EurekAlert/American Association for the Advancement of Science) : Au centre de notre galaxie se trouve un trou noir quatre millions de fois plus massif que le Soleil. En utilisant des données de l'Observatoire Keck, des scientifiques ont pu détecter une étoile appelée S0-102. Cette étoile tourne autour du trou noir en 11,5 ans, la plus courte période orbitale découverte jusqu'à présent. Le précédent record était détenu par l'étoile S0-2, découverte dans les années 1990 qui fait le tour du trou noir en 16 ans. Cette découverte pourrait aider les physiciens à tester la théorie générale de la relativité d'Einstein qui prédit comment la gravité déforme le temps et l'espace. Ces 17 dernières années, Leo Meyer et ses collègues ont recherché des étoiles dont la période orbitale était inférieure à 20 ans. Ces étoiles sont fortement affectées par le champ gravitationel du trou noir. L'équipe a utilisé l'optique adaptative, une technique qui corrige en temps réel les effets dus à l'atmosphère pour découvrir S0-102. Cette étoile détient non seulement un nouveau record mais va rendre possible des tests uniques de la théorie de la relativité générale d'Einstein qui ne peuvent être faits avec une seule étoile. Le duo de deux étoiles à courte période, S0-2 et S0-102, est nécessaire pour révéler la vraie géométrie de l'espace et du temps au voisinage d'un trou noir.

Référence : « The Shortest-Known–Period Star Orbiting Our Galaxy's Supermassive Black Hole » par L. Meyer, A.M. Ghez, S. Yelda, A. Boehle, M. R. Morris et E.E. Becklin de l'Université de Californie, Los Angeles à Los Angeles, CA ; R. Schödel de l'Instituto de Astrofísica de Andalucía (CSIC) à Granada, Espagne ; J.R. Lu de l'Université de Hawaii à Honolulu, HI ; T. Do de l'Université de Californie, Irvine à Irvine, CA ; T. Do de l'Université de Toronto à Toronto, ON, Canada ; K. Matthews du California Institute of Technology à Pasadena, CA.

 


 

L'observatoire infrarouge mesure l'expansion de l'Univers : Des astronomes utilisant le télescope spatial Spitzer ont annoncé la mesure la plus précise à ce jour de la constante de Hubble, ou la vitesse à laquelle notre Univers s'étire. La constante de Hubble est nommée d'après l'astronome Edwin P. Hubble, qui a étonné le monde dans les années 1920 en confirmant que notre Univers est en expansion depuis sa naissance il y a 13,7 milliards d'années. Dans les années 1990, les astronomes ont découvert que l'expansion s'accélère, ou va plus vite au fil du temps. Déterminer le taux d'expansion est crucial pour la compréhension de l'âge et de la taille de l'Univers. Contrairement au télescope spatial Hubble, qui voit le cosmos en lumière visible, Spitzer a profité de la lumière infrarouge de grande longueur d'onde pour faire sa nouvelle mesure. Il améliore d'un facteur de 3 une semblable étude déterminante du télescope Hubble et porte l'incertitude jusqu'à 3 pour cent, soit un bond de géant dans la précision des mesures cosmologiques. La valeur nouvellement affinée pour la constante de Hubble est de 74,3 plus ou moins 2,1 kilomètres par seconde par mégaparsec. Un mégaparsec correspond à environ 3 millions d'années-lumière. En plus, les résultats ont été combinés avec les données publiées par la sonde WMAP (Wilkinson Microwave Anisotropy Probe) pour obtenir une mesure indépendante de l'énergie sombre, l'un des plus grands mystères de notre cosmos.

 

Quand le champ magnétique bascule : De nouvelles données détaillent le déroulement des inversions du champ magnétique terrestre et bousculent les modèles en cours. Des chercheurs de l'Institut de physique du globe de Paris (CNRS, Univ Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité) et de l'Université de Hawaii mettent en évidence cette semaine dans la revue Nature le comportement singulier, en trois étapes, des inversions du champ magnétique terrestre. L'étape intermédiaire responsable du basculement du champ magnétique du nord au sud, ou inversement, s'avère particulièrement rapide (moins de 1000 ans).  Ceci remet en questions les idées et modèles actuels sur le déroulement des inversions du champ magnétique et les processus en jeu.

 

La découverte du surprenant trou noir change l'image des amas globulaires : Les astronomes ont utilisé le VLA pour étudier un amas globulaire appelé Messier 22 (M22), un groupe d'étoiles à plus de 10.000 années-lumière de la Terre. Ils espéraient trouver des preuves d'un type rare de trou noir au centre de l'amas. Ils voulaient trouver ce que les scientifiques appellent un trou noir de masse intermédiaire, plus massif que ceux de quelques fois ou plus de la masse du Soleil, mais plus petit que les trous noirs supermassifs trouvés dans les noyaux de galaxies. "Nous n'avons pas trouvé ce que nous cherchions, mais plutôt trouvé quelque chose de très surprenant - deux petits trous noirs", a déclaré Laura Chomiuk, de la Michigan State University et du National Radio Astronomy Observatory. "C'est surprenant parce que la plupart des théoriciens disent qu'il devrait y avoir au plus un trou noir dans l'amas", a t-elle ajouté.

 


03 Octobre 2012

Comètes C/2012 S3 (PANSTARRS) et C/2012 S4 (PANSTARRS)

 

Nouvelles du Ciel

 

C/2012 S3 (PANSTARRS)

L'équipe du programme de recherche Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System) a découvert une nouvelle comète le 27 Septembre 2012 avec le télescope Pan-STARRS 1 de 1,8 mètre d'ouverture, de l'Université d'Hawaii, situé au sommet du Haleakala sur l'île de Maui (Hawaii, USA). Des images de confirmation ont été obtenues par P. Birtwhistle (Great Shefford), D. Grennan (Raheny), T. Lister (via Haleakala-Faulkes Telescope North), I. Walker (Baxter Garden Observatory, Salisbury), R. Holmes (Astronomical Research Observatory, Westfield), TM. Micheli (via Haleakala-Faulkes Telescope North), P. Lindner (Hoyerswerda), A. Diepvens (Olmen), F. Losse (St Pardon de Conques), J. Vilagi (Modra), M. Andreev, A. Sergeev, N. Parakhin, V. Kozlov, et N. Karpov (Terskol), T. Lister (McDonald Observatory), et H. Sato (via RAS Observatory, Mayhill).

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2012 S3 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 03 Septembre 2013 à une distance d'environ 2,6 au du Soleil.

  http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12T03.html (MPEC 2012-T03)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 31 Août 2013 à une distance d'environ 2,3 au du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12UA9.html (MPEC 2012-U109)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=CK12S030

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2012%20S3;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

C/2012 S4 (PANSTARRS)

L'équipe du programme de recherche Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System) a découvert une nouvelle comète le 28 Septembre 2012 avec le télescope Pan-STARRS 1 de 1,8 mètre d'ouverture, de l'Université d'Hawaii, situé au sommet du Haleakala sur l'île de Maui (Hawaii, USA). Des images de confirmation ont été obtenues par D. Grennan (Raheny), P. Birtwhistle (Great Shefford), R. Holmes (Astronomical Research Observatory, Westfield), G. Hug (Sandlot Observatory, Scranton), T. Lister (via Haleakala-Faulkes Telescope North), A. Diepvens (Olmen), P. Lindner (Hoyerswerda), M. Micheli (via Haleakala-Faulkes Telescope North), H. Sato (via RAS Observatory, Mayhill), G. Masi et F. Nocentini (Ceccano), E. Cozzi (New Millennium Observatory, Mozzate), F. Losse (St Pardon de Conques), J. Vilagi (Modra), J. Camarasa (Paus Observatory, Sabadell), M. Andreev, A. Sergeev, N. Parakhin, V. Kozlov et N. Karpov (Terskol).

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2012 S4 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 22 Juin 2013 à une distance d'environ 4,3 au du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12T04.html (MPEC 2012-T04)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 28 Juin 2013 à une distance d'environ 4,3 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K12/K12X53.html (MPEC 2012-X53)

http://scully.cfa.harvard.edu/cgi-bin/returnprepeph.cgi?d=c&o=CK12S040

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2012%20S4;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

Les Grands Chasseurs de Comètes

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Rentrée dans l'atmosphère cette nuit pour l'ATV-3 : Après un désamarrage effectué dans la nuit du 28 au 29 septembre, l'ATV-3 Edoardo Amaldi rentrera dans l'atmosphère la nuit prochaine au dessus d'une zone inhabitée du Pacifique sud. L'ATV effectuera une première manœuvre de désorbitation ce soir à 23h42 heure de Paris. Il allumera ses moteurs pendant près de 14 minutes afin de se placer sur la trajectoire de rentrée dans la zone visée. Puis à 02h44 le 3 octobre, il entamera son plongeon final vers les hautes couches de l'atmosphère en allumant une dernière fois ses moteurs pendant 15 minutes. Les ultimes débris ayant survécu à la combustion dans l'atmosphère retomberont dans le Pacifique à 03h28 heure de Paris.

 

Une curieuse couche froide dans l'atmosphère de Vénus : Venus Express a surpris une étonnante région froide haute dans l'atmosphère de la planète qui pourrait être assez froide pour que le dioxyde de carbone se transforme en glace ou neige.

 


01 Octobre 2012

Des molécules complexes et prébiotiques dans les systèmes planétaires en formation

 

Crédits : art by Karen Teramura, UH Institute for Astronomy

 

Une équipe internationale [1] vient d'observer pour la première fois la molécule de cyanoacetylène (HC3N) dans des disques protoplanétaires. C'est dans ces disques de gaz et de poussières entourant des jeunes étoiles que les planètes naissent. HC3N est non seulement la molécule la plus complexe détectée à ce jour dans un disque protoplanétaire, mais elle est surtout l'un des précurseurs des molécules organiques complexes, nécessaire à l'apparition de la vie. Les chercheurs ont réussi à prouver son existence dans trois disques différents entourant des étoiles de faible masse et âgés de quelques millions d'années. Ces observations ont été réalisées avec le radiotélescope de 30 mètres de l'IRAM [2] localisé dans la Sierra Nevada espagnol ainsi qu'avec l'interféromètre du Plateau de Bure situé dans les Hautes-Alpes Françaises.

 

On sait aujourd'hui que les planètes naissent dans les disques de gaz et de poussières qui entourent les étoiles jeunes. Ce mélange de gaz et de poussière, résidu du nuage moléculaire parent qui a formé l'étoile,  gravite déjà autour de son étoile en suivant les lois de Kepler, celles là même qui régissent le ballet de nos planètes dans le ciel nocturne. Parmi ces étoiles jeunes, celles de faibles masse (moins de deux masses solaires) intéressent tout particulièrement les scientifiques car elles sont des Soleils en devenir.

 

On comprend dès lors que l'observation de ces disques de gaz et de poussières avec des instruments adaptés, comme le sont les instruments de l'IRAM ou le nouvel interféromètre ALMA [3] qui vient d'entrer en opération au Chili, font partie des domaines astrophysiques qui passionnent les astronomes avides de déterminer les conditions nécessaires à la formation des planètes et celles encore plus pointues d'émergence de la vie.

 

Image 1 : Vue d'artiste de l'étoile LkCa 15, sa planète et le disque qui les entoure. C'est dans ce disque proche de la planète que les scientifiques ont trouvé pour la première fois la molécule prébiotique de cyanoacetylène, précurseur des molécules complexes nécessaires a la vie (Crédits : art by Karen Teramura, UH Institute for Astronomy).

 

Image 2 : Observations du disque de gaz et de poussières orbitant autour de LkCa15, une étoile de 1 masse solaire âgée d'environ 3 million d'années. Le disque de poussière de LkCa15 observé avec l'interféromètre de l'RAM révèle une cavité centrale qui peut s'expliquer par présence d'un système planétaire en formation. De récentes observations infrarouges suggèrent l'existence d'une planète d'environ 1 masse de Jupiter (crédit : Vincent Piétu/IRAM).

Une équipe internationale composée de chercheurs français et allemands vient ainsi d'observer pour la première fois la molécule de HC3N dans trois disques entourant des étoiles de quelques millions d'années dont la masse est comprise entre 0.5 et 2 masses solaires.  HC3N, le premier des cyanopolyynes, fait partie des briques moléculaires nécessaires à l'élaboration des molécules très complexes qui précèdent l'émergence de la vie. De plus, HC3N est à ce jour la molécule la plus complexe détectée, avec certitude, dans les disques protoplanétaires. L'étude astrochimique de ces disques nous apprend que ces molécules se forment préférentiellement sur les surfaces des grains de poussières se trouvant proches du plan du disque. Dans ces zones froides, des molécules simples, comme le monoxyde de carbone ou l'eau sont collées sur les grains où elles forment un manteau de glace. Certaines réactions chimiques produisent ensuite des molécules plus complexes. Les photons Ultra-Violet ou le rayonnement cosmique qui impactent ces grains libèrent alors par désorption (évaporation) ces molécules plus complexes,  permettant leur observation en état gazeuse.

 

Les trois disques protoplanétaires observés par l'équipe, LkCa 15, MWC 480 et GO Tauri, sont situés dans la région de formation stellaire du Taureau. Parmi ces trois disques, LkCa 15 est particulièrement intéressant car une cavité centrale a été découverte grâce à des observations avec l'interféromètre du Plateau de Bure (IRAM). Cette cavité peut s'expliquée par la présence d'une planète. De récentes observations infra-rouges [4] ont révélées la probable existence d'une planète de même masse que Jupiter. L'observation de la molécule de cyanoacetylène dans ces régions de formation planétaires est un premier pas important vers la compréhension de l'apparition de la complexité moléculaire et, par conséquent, de la vie, aussi bien sur Terre que sur les exo-planètes.

 

Note(s) : 

 

[1] Edwige Chapillon (Institute of Astronomy and Astrophysics, Taiwan), Anne Dutrey (LAB, Université de Bordeaux/CNRS), Stéphane Guilloteau (LAB, Université de Bordeaux/CNRS), Vincent Piétu (IRAM, Grenoble), Valentine Wakelam (LAB, Université de Bordeaux/CNRS), Franck Hersant (LAB, Université de Bordeaux/CNRS), Frédéric Gueth (IRAM, Grenoble), Thomas Henning (MPIA, Heidelberg), Ralf Launhardt (MPIA, Heidelberg), Katharina Schreyer (Astrophysikalisches Institut und Universitaets-Sternwarte, Jena) and Dmitry Semenov (MPIA, Heidelberg).

 

[2] L'IRAM (Institut de Radioastronomie Millimétrique) est un institut international de recherche qui se consacre à l'exploration de l'Univers ainsi qu'à l'étude de ses origines et de son évolution. Fondé en 1979 par le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) en France et la MPG (Max-Planck-Gesellschaft) en Allemagne, puis élargi en 1990 à un troisième partenaire, l'IGN (Instituto Geogràfico Nacional) en Espagne, l'IRAM est un modèle de coopération scientifique multinationale.

 

[3] ALMA est un télescope de pointe dédié à l'étude du rayonnement millimétrique et submillimétrique provenant des objets les plus froids de l'Univers. Le projet ALMA est un partenariat entre l'Europe (ESO), l'Amérique du Nord (NRAO) et l'Asie de l'Est (NAOJ), en collaboration avec la République du Chili. C'est le plus grand projet existant pour l'astronomie au sol.

 

[4] "LkCa 15: A Young Exoplanet Caught at Formation?", A. L. Kraus (Univ. of Hawaii - IfA), M. J. Ireland (Macquarie University), oct. 2011.

 

Référence : 

E. Chapillon, A. Dutrey, S. Guilloteau, V. Piétu, V. Wakelam, F. Hersant, F. Gueth, T. Henning, R. Launhardt, K. Schreyer & D. Semenov, "Chemistry in disks. VII. first detection of HC3N in protoplanetary disks", Astrophysical Journal, 756 (2012).

 

Source : INSU/CNRS http://www.insu.cnrs.fr/des-molecules-complexes-et-prebiotiques-dans-les-systemes-planetaires-en-formation

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

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