Nouvelles du Ciel de Juillet 2016

 

 

 

Les Titres

 

Une naine blanche fouette une naine rouge au moyen d'un rayon mystérieux [27/07/2016]

Hubble de la NASA observe l'ultime frontière [21/07/2016]

Le télescope Hubble de la NASA rend la première étude atmosphérique d'exoplanètes de la taille de la Terre [20/07/2016]

Comètes C/2016 M1 (PANSTARRS), P/2008 J3 = P/2016 N1 (McNaught), P/2009 K1 = 2016 M2 (Gibbs), P/2008 T1 = 2016 N2 (Boattini), P/2007 R3 = 2016 N3 (Gibbs), C/2016 N4 (MASTER) [19/07/2016]

Mars Express épie un cratère d'impact ancien et sans nom [18/07/2016]

Une explosion d'étoile révèle la limite eau-neige [13/07/2016]

Une nouvelle planète naine dans le Système solaire [12/07/2016]

Dans les profondeurs inexplorées d'Orion [12/07/2016]

Une étrange planète entourée de trois Soleils [07/07/2016]

Hubble capture le cœur battant de la Nébuleuse du Crabe [07/07/2016]

Un impact géant : le mystère de l'origine des lunes de Mars enfin percé [05/07/2016]

 

 

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LE GUIDE DU CIEL 2016-2017 de Guillaume CANNAT

 

 

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Une mise à jour intégrale avec des pages de synthèse et une série de gros plans sur les plus importants phénomènes astronomiques des mois couverts par cette édition, les planètes et une sélection d'objets du ciel profond.

 

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- 17 x 24 cm, 352 pages

- Plus de 500 schémas, cartes célestes et photographies

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- Imprimé intégralement en couleurs

- ISBN-13 : 979-10-90238-18-3

 

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LE CIEL A L'OEIL NU EN 2016 de Guillaume CANNAT

 

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Intégralement inédit, le texte de cette quatorzième édition est superbement illustré de photographies réalisées par l'auteur et par les meilleurs astrophotographes de la planète ; il passe en revue, de janvier à décembre 2016, les plus beaux phénomènes astronomiques accessibles à tous et les agrémente de nouveaux encadrés pratiques, historiques, mythologiques et encyclopédiques.

 

En 2016, nous pourrons en outre assister à plus de 60 rassemblements crépusculaires ou nocturnes entre les planètes et la Lune, avec, notamment, plusieurs conjonctions extrêmement serrées entre Vénus, Mercure, Mars et Jupiter qui feront la joie des observateurs. Chacun de ces phénomènes est présenté en détail, avec des conseils pour l'observer et un schéma de qualité photographique pour se préparer au spectacle.

 

Le Ciel à l'œil nu est richement illustré par des dizaines de photographies astronomiques inédites et par des cartes très réalistes pour découvrir aisément les étoiles des quatre saisons.

 

Si ce livre vous incite à lever les yeux plus souvent vers la voûte céleste, à contempler plus régulièrement la Lune et les planètes, les constellations et leurs étoiles, il aura atteint son but.

 

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- Près de 180 cartes, schémas, gravures et photographies en couleur
- Prix public TTC : 18,50 euros
- ISBN : 978-2-09-278715-1

 

La collection « Le Ciel à l'oeil nu » a reçu le prix spécial du jury du Festival d'Astronomie de Haute-Maurienne-Vanoise

 

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CALENDRIER ASTRONOMIQUE 2016 de Guillaume CANNAT

Nouvelle Edition

 

L'astronomie est l'une des sciences les plus spectaculaires. Les images réalisées avec les meilleurs instruments nous permettent de visiter le Système solaire, de plonger au cœur des nébuleuses où naissent de nouvelles étoiles, de survoler les majestueuses spirales galactiques, d'assister aux plus belles éruptions solaires ou d'admirer notre planète vue de l'espace ou de survoler la comète "Tchouri".

 

Ce calendrier astronomique rassemble 12 images exceptionnelles sélectionnées et commentées par Guillaume Cannat, l'auteur du Guide du Ciel, du Ciel à l'oeil nu et du blog Autour du Ciel.

 

Ces 12 photographies à couper le souffle ont été imprimées à haute résolution en grand format sur un papier couché plus épais pour garantir la plus belle réproduction possible.

 

Chaque mois, un calendrier annotable indique les dates des principaux phénomènes célestes : phase de la Lune, positions des planètes, éclipses, conjonctions, saisons, essaims d'étoiles filantes, etc...

 

Il existait déjà des calendriers muraux pour les amateurs de rugbymans ou de pin-up, les passionnés de fleurs ou de nature, les amoureux de la mer ou de la montagne, voilà enfin le calendrier qui manquait aux observateurs du ciel !

 

ISBN

979-10-90238-17-6

Format

29 x 35 cm

Nbre pages

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Prix

18,00 €

 

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Pluie d'étoiles en Bretagne

Photos panoramiques de Laurent LAVEDER

 

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Archives des Nouvelles du Ciel

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 Bientôt la fin de la mission Rosetta : Le module de communication de Philae avec Rosetta, l'ESS (Electrical Support System Processor Unit) a été éteint ce 27 juillet 2016 à 11h CEST dans le cadre des préparations à la fin de la mission Rosetta.  Fin juillet 2016, la sonde sera à environ 520 millions de km du Soleil ; afin de pouvoir continuer les opérations scientifiques et maximiser leur retour, il était devenu nécessaire de réduire la consommation électrique en éteignant les composants non-essentiels de la charge utile. L'atterrisseur était considéré depuis plusieurs semaines comme étant en hibernation perpétuelle, mais l'ESS avait été laissé allumé au cas très improbable où Philae reprenne contact. Aucun signal de l'atterrisseur n'a été reçu depuis juillet 2015 malgré le fait que Rosetta soit descendue à moins de 10km d'altitude de la surface de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Le site de l'impact contrôlé de la sonde Rosetta sur la comète, qui mettra fin à la mission le 30 septembre 2016, vient par ailleurs d'être dévoilé. La sonde ciblera Ma'at, une région de puits actifs sur le petit lobe de la comète. Cette région a été choisie pour son potentiel scientifique et en tenant compte des contraintes opérationnelles d'une descente réussie. Rosetta devrait toucher la surface de la comète vers 12h30 CEST. 

 


 

 Le cas des cratères disparus de Cérès : Cérès est couvert d'innombrables cratères petits et jeunes, mais aucun n’est supérieure à 280 kilomètres de diamètre. Pour les scientifiques, c’est un grand mystère, étant donné que la planète naine a dù être frappées par plusieurs grands astéroïdes au cours de sa vie de 4,5 milliards d'années. Où sont passés tous les grands cratères  ?

 

 La Grande Tache Rouge de Jupiter réchauffe l'atmosphère supérieure de la planète : Des chercheurs du Center for Space Physics de l'Université de Boston (BU) rapporte aujourd'hui dans Nature que la Grande Tache Rouge de Jupiter peut fournir la mystérieuse source d'énergie nécessaire pour chauffer la haute atmosphère de la planète aux valeurs exceptionnellement élevées observées.

 

 Anciens yeux du ciel : Une équipe internationale de chercheurs a découvert un rarissime système « double plan source » de lentille gravitationnelle, dans lequel deux galaxies lointaines sont simultanément grossies par une galaxie de premier plan, dans le cadre du Subaru Strategic Survey en cours avec l'instrument Hyper Suprime-Cam. L'équipe a surnommé le système « Oeil d'Horus » parce que le système ressemble à cet ancien symbole égyptien. Un tel rare système est une enquête unique de la physique fondamentale des galaxies ainsi que de la cosmologie.

 


27 Juillet 2016

Une naine blanche fouette une naine rouge au moyen d'un rayon mystérieux

 

Crédit : M. Garlick/University of Warwick/ESO

 

Des astronomes utilisant le Very Large Telescope de l'ESO ainsi que d'autres télescopes opérant depuis le sol et l'espace ont découvert un nouveau type d'étoile binaire exotique. Dans le système AR Scorpii, une naine blanche animée d'une rotation rapide accélère des électrons jusqu'à une vitesse proche de celle de la lumière. Ces particules de haute énergie émettent des bouffées de radiations qui fouettent l'étoile compagnon, une naine rouge, et entraînent le système binaire dans un spectaculaire régime de pulsations : chaque 1,97 minute en effet, un rayonnement s'étendant de l'ultraviolet au domaine radio est émis. Le détail de cette étude sera publié dans l'édition du 28 juillet 2016 de la revue Nature.

 

Vue d'artiste du système d'étoiles double exotique AR Scorpii - Crédit : M. Garlick/University of Warwick/ESO

 

En mai 2015, un groupe d'astronomes amateurs d'origines allemande, belge et britannique, a observé un système stellaire dont le comportement différait totalement de celui des autres objets qu'ils avaient observés auparavant. Des observations de suivi menées par l'Université de Warwick au moyen de divers télescopes opérant depuis le sol et l'espace [1] viennent de révéler la véritable nature de ce système dont l'identification passée était manifestement erronée.

 

Le système stellaire AR Scorpii, appelé de manière abrégé AR Sco, se situe dans la constellation du Scorpion, à quelque 380 années-lumière de la Terre. Il se compose d'une naine blanche animée d'une rotation rapide [2], de taille voisine de celle de la Terre mais de masse 200 000 fois plus élevée, et d'une étoile compagnon, une naine rouge froide dont la masse avoisine le tiers de la masse du Soleil [3]. L'une et l'autre étoiles orbitent l'une autour de l'autre selon une périodicité de 3,6 heures - une régularité de métronome qui n'est pas sans évoquer une danse cosmique.

 

Le pas de danse de ce système d'étoiles double présente toutefois de soudaines irrégularités. Caractérisée par un puissant champ magnétique et une rotation rapide, la naine blanche du système AR Sco accélère des électrons au point de leur conférer une vitesse proche de celle de la lumière. En fouettant l'espace, ces particules de haute énergie libèrent un rayonnement semblable à celui d'un phare qui vient frapper la surface de la naine rouge froide et entraînent le système binaire dans un spectaculaire régime de pulsations lumineuses : chaque 1,97 minute, le système semble en effet s'embraser puis s'éteindre. Ces pulsations lumineuses sont notamment composées d'ondes radio, qui jamais auparavant n'avaient été détectées au sein d'un système abritant une naine blanche.

 

Le principal auteur de cette étude, Tom Marsh du Groupe d'Astrophysique de l'Université de Warwick, revient sur cette découverte : “AR Scorpii a été découvert voici 40 ans, mais sa véritable nature nous est demeurée inconnue jusqu'en 2015, date à laquelle nous avons commencé à l'observer. Dès les premières minutes, nous avons compris que nous observions quelque chose d'extraordinaire.”

 

Les propriétés observées d'AR Sco sont uniques … et énigmatiques à la fois. Le fait que le rayonnement s'étende sur une large bande de fréquences témoigne d'une émission en provenance d'électrons accélérés le long de lignes de champs magnétiques, ce qui peut s'expliquer par la rotation rapide de la naine blanche. L'origine des électrons demeure mystérieuse toutefois – le lien avec la naine blanche ou son compagnon plus froid ne peut être formellement établi.

 

AR Scorpii fut pour la première fois observé au début des années 1970. Ses variations régulières de luminosité – toutes les 3,6 heures – ont alors incité à le classer, de manière erronée, parmi les étoiles variables [4]. La véritable source de variations d'intensité du système AR Scorpii a été caractérisée grâce aux efforts combinés d'astronomes amateurs et professionnels. De semblables comportements pulsants ont été observés auparavant, chez les étoiles à neutrons – qui figurent parmi les objets les plus denses de l'Univers, mais pas chez les naines blanches.

 

Boris Gänsicke de l'Université de Warwick, co-auteur de cette nouvelle étude, conclut ainsi : “Nous connaissons les étoiles à neutrons pulsantes depuis près de cinquante ans, et certaines théories ont envisagé la possibilité que les naines blanches arborent un comportement similaire. La découverte d'un tel système est très excitante, et constitue un formidable exemple de collaboration entre astronomes amateurs et professionnels.”

 

Note :

[1] Les observations à la base de ce travail de recherche ont été menées grâce aux instruments suivants : le Very Large Telescope de l'ESO (VLT) au Cerro Paranal, Chili, les Télescopes William Herschel et Isaac Newton du Groupe de Télescopes Isaac Newton installé sur l'île espagnole de La Palma aux Canaries, le Réseau Compact de Télescopes Australiens à l'Observatoire Paul Wild de Narrabri en Australie, le Télescope Spatial Hubble du consortium NASA/ESA, et le satellite Swift de la NASA.

 

[2] Les naines blanches constituent la phase finale du cycle évolutif des étoiles dont la masse n'excède pas les huit masses solaires. Après que les réactions de fusion de l'hydrogène au sein du noyau stellaire ont cessé, l'enveloppe externe de l'étoile se dilate – signe que l'étoile est entrée dans la phase de géante rouge. S'ensuivent la contraction du noyau stellaire et l'expulsion de ses enveloppes externes sous la forme de vastes nuages de gaz et de poussière. Subsiste alors une naine blanche, de dimensions voisines de celles de la Terre mais de densité 200 000 fois plus élevée. Une simple cuillerée de la matière composant une naine blanche pèserait à peu près autant qu'un éléphant sur Terre.

 

[3] Cette naine rouge est une étoile de type M. Les étoiles de type M sont les plus courantes dans la classification de Harvard qui utilise de simples lettres pour regrouper les étoiles en fonction de leurs caractéristiques spectrales. Une célèbre phrase permet de se rappeler la séquence (OBAFGKM) des classes d'étoiles : Oh Be A Fine Girl/Guy, Kiss Me.

 

[4] Une étoile variable est une étoile dont la luminosité varie lorsqu'on l'observe depuis la Terre. Ces fluctuations peuvent résulter des propriétés intrinsèques de l'étoile : ainsi, certaines étoiles se dilatent et se contractent ostensiblement. Ces fluctuations peuvent par ailleurs s'expliquer par la présence d'un autre objet, qui régulièrement éclipse l'étoile. AR Scorpii fut par erreur classé parmi les simples étoiles variables parce que les mouvements orbitaux des deux étoiles qui le composent génèrent également des fluctuations régulières de la luminosité observée.

 

Plus d'informations :  

Ce travail de recherche a fait l'objet d'un article intitulé “A radio pulsing white dwarf binary star”, par T. Marsh et al., à paraître au sein de l'édition du 28 juillet 2016 de la revue Nature.

 

L'équipe est composée de T.R. Marsh (Université de Warwick, Coventry, Royaume-Uni), B.T. Gänsicke (Université de Warwick, Coventry, Royaume-Uni), S. Hümmerich (Association Fédérale Allemande pour les Etoiles Variables, Allemagne; Association Américaine des Observateurs d'Etoiles Variables (AAVSO), Etats-Unis), F.-J. Hambsch (Association Fédérale Allemande pour les Etoiles Variables, Allemagne; Association Américaine des Observateurs d'Etoiles Variables (AAVSO), Etats-Unis; Association d'Astronomie (VVS), Belgique), K. Bernhard (Association Fédérale Allemande pour les Etoiles Variables, Allemagne; Association Américaine des Observateurs d'Etoiles Variables (AAVSO), Etats-Unis), C.Lloyd (Université du Sussex, Royaume-Uni), E. Breedt (Université de Warwick, Coventry, Royaume-Uni), E.R. Stanway (Université de Warwick, Coventry, Royaume-Uni), D.T. Steeghs (Université de Warwick, Coventry, Royaume-Uni), S.G. Parsons (Université de Valparaiso, Chili), O. Toloza (Université de Warwick, Coventry, Royaume-Uni), M.R. Schreiber (Université de Valparaiso, Chili), P.G. Jonker (Institut Néerlandais de Recherche Spatiale, Pays-Bas; Radboud University Nijmegen, Pays-Bas), J. van Roestel (Radboud University Nijmegen, Pays-Bas), T. Kupfer (Institut de Technologie de Californie, Etats-Unis), A.F. Pala (Université de Warwick, Coventry, Royaume-Uni) , V.S. Dhillon (Université de Sheffield, Royaume-Uni; Institut d'Astrophysique des Canaries, Espagne; Université de La Laguna, Espagne), L.K. Hardy (Université de Warwick, Coventry, Royaume-Uni; Université de Sheffield, Royaume-Uni), S.P. Littlefair (Université de Sheffield, Royaume-Uni), A. Aungwerojwit (Université Naresuan, Thailande), S. Arjyotha (Université Chiang Rai Rajabhat, Thailande), D. Koester (Université de Kiel, Allemagne), J.J. Bochinski (L'Université Ouverte, Royaume-Uni), C.A. Haswell (L'Université Ouverte, Royaume-Uni), P. Frank (Association Fédérale Allemande pour les Etoiles Variables, Allemagne) et P.J. Wheatley (Université de Warwick, Coventry, Royaume-Uni).

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel.

 

Liens :  

- L'article scientifique

- Photos du VLT

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1627/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

 Première image pour MeerKAT, instrument précurseur de SKA : En Afrique du Sud, le radiotélescope MeerKAT, précurseur du futur réseau de radiotélescopes SKA (Square Kilometer Array) a livré sa première lumière le 16 juillet 2016. Une avancée de tout premier plan, à laquelle a étroitement collaboré un chercheur de l'Observatoire de Paris en produisant l'image finale.

 

 Publication des données finales de la mission CoRoT :Début ju illet 2016, l'équipe CoRoT de l'Observatoire de Paris rend public l'ensemble des données produites par la mission. Les courbes de lumière de plus de 160 000 étoiles de notre galaxie sont désormais à la disposition de l'ensemble de la communauté scientifique internationale.

 


 

 Les astronomes découvrent la rotation vertigineuse du "halo" de la galaxie de la Voie Lactée : Les astronomes du College of Literature, Science, and the Arts (LSA) de l'Université du Michigan ont découvert pour la première fois que le gaz chaud dans le halo de la Voie lactée tourne dans le même sens et à une vitesse comparable à celle du disque de la galaxie, qui contient nos étoiles, les planètes, le gaz et la poussière.

 

 La NASA pour cartographier la surface d'un astéroïde : Le vaisseau spatial OSIRIS-REx de la NASA sera lancé en Septembre 2016 et se rendra à un astéroïde proche de la Terre connu sous le nom de Bennu pour récolter un échantillon de matériau de surface et le retourner sur la Terre pour étude. L'équipe scientifique sera à la recherche de quelque chose de spécial. Idéalement, l'échantillon viendra d'une région dans laquelle les blocs constitutifs de la vie peuvent être trouvés.

 

 Kepler de la NASA confirme plus de 100 exoplanètes au cours de sa mission K2 : Une équipe internationale d'astronomes a découvert et confirmé un trésor de nouveaux mondes à l'aide de la sonde Kepler de la NASA sur sa mission K2. Sur les 197 premières planètes candidates, les scientifiques ont confirmé 104 planètes en dehors de notre Système solaire. Parmi les confirmées est un système planétaire comprenant quatre planètes prometteuses qui pourraient être rocheuses.

 


21 Juillet 2016

Hubble de la NASA observe l'ultime frontière

 

Crédit : NASA, ESA, and J. Lotz (STScI)

 

Célébrant son 50e anniversaire cette année, la série télévisée « Star Trek » a capté l'imagination du public avec la phrase de signature, « Pour aller hardiment là où personne ne l'a précédé ». Le télescope spatial Hubble orbite autour de la Terre et ne « va pas courageusement » profondément dans l'espace. Mais il regarde plus profondément dans l'Univers que possible pour explorer le tissu du temps et de l'espace et pour trouver les objets les plus lointains jamais vus. Ceci est incarné dans cette image de Hubble, qui fait partie de son programme Frontier Fields pour sonder l'Univers lointain. Ce point de vue d'un amas massif de galaxies dévoile un Univers à l'aspect très encombré rempli de galaxies proches et lointaines. Certaines sont déformées comme un miroir de palais des miroirs par un phénomène de déformation de l'espace prédit en premier par Einstein il y a un siècle.

 

Crédit : NASA, ESA, and J. Lotz (STScI)

 

http://hubblesite.org/newscenter/archive/releases/2016/28/

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


20 Juillet 2016

Le télescope Hubble de la NASA rend la première étude atmosphérique d'exoplanètes de la taille de la Terre

 

Illustration Credit: NASA, ESA, and G. Bacon (STScI)

 

La possibilité de la vie sur d'autres mondes a alimenté l'imagination de l'humanité depuis des siècles. Au cours des 20 dernières années, l'explosion des découvertes de planètes en orbite autour d'autres étoiles a suscité la recherche de mondes comme la Terre qui pourraient soutenir la vie. La plupart de ces candidats ont été trouvés avec d'autres télescopes, y compris l'observatoire spatial Kepler de la NASA. Le télescope spatial Hubble de la NASA a également fait des contributions uniques à la chasse aux planètes. Les astronomes ont utilisé Hubble, par exemple, pour faire les premières mesures de la composition de l'atmosphère de planètes extrasolaires.

 

Maintenant, les astronomes ont utilisé Hubble pour effectuer la première recherche pour des atmosphères autour de planètes tempérées de la taille de la Terre au-delà de notre Système solaire, découvrant des indices qui augmentent les chances d'habitabilité sur deux exoplanètes. Ils ont découvert que les exoplanètes TRAPPIST-1b et TRAPPIST-1c, à environ 40 années-lumière, sont peu susceptibles d'avoir des atmosphères gonflées dominées par l'hydrogène habituellement trouvées sur des mondes gazeux. Ces atmosphères denses agissent comme une serre, étouffant toute vie potentielle. Les observations du télescope spatial James Webb à venir de la NASA vont aider à déterminer la composition complète de ces atmosphères et rechercher de potentielles biosignatures, telles que le dioxyde de carbone et l'ozone, et le méthane.

 

Illustration Credit: NASA, ESA, and G. Bacon (STScI)

Science Credit: NASA, ESA, and J. de Wit (MIT)

 

http://hubblesite.org/newscenter/archive/releases/2016/27/

 

https://news.mit.edu/2016/earth-sized-exoplanets-reveals-rocky-worlds-0720

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

Ce qui se trouve en dessous: La surface de Vénus révélé à travers les nuages : En utilisant les observations du satellite Venus Express de l'ESA, les scientifiques ont montré pour la première fois comment les conditions météorologiques observées dans les couches de nuages épais de Vénus sont directement liées à la topographie de la surface au-dessous. Plutôt que d'agir comme un obstacle à nos observations, les nuages de Vénus peuvent offrir un aperçu de ce qui se trouve en dessous.

 

1,2 million de galaxies en 3D : Quelles sont les propriétés de l'énergie noire ? Cette question est l'une des plus fascinantes de l'astronomie et les scientifiques ont fait un pas de plus pour répondre à cette question avec la plus grande carte en trois dimensions de l'Univers jusqu'à présent: Cette carte contient 1,2 million de galaxies dans un volume couvrant 650 milliard d'années-lumière cubes. Des centaines de scientifiques du Sloan Digital Sky Survey III (SDSS-III) - y compris des chercheurs au Max Planck Institutes for Extraterrestrial Physics and for Astrophyics - ont utilisé cette carte pour faire l'une des mesures les plus précises à ce jour de l'énergie sombre. Ils ont trouvé un excellent accord avec le modèle cosmologique standard et ont confirmé que l'énergie sombre est très compatible avec une constante cosmologique.

 


19 Juillet 2016

Comètes C/2016 M1 (PANSTARRS), P/2008 J3 = P/2016 N1 (McNaught), P/2009 K1 = 2016 M2 (Gibbs), P/2008 T1 = 2016 N2 (Boattini), P/2007 R3 = 2016 N3 (Gibbs), C/2016 N4 (MASTER)

 

Nouvelles du Ciel

 

C/2016 M1 (PANSTARRS)

Richard Wainscoat et Rob Weryk ont signalé la découverte d'une nouvelle comète dans quatre expositions en bande i obtenues le 22 Juin 2016 avec le télescope Pan-STARRS1 de 1.8-m de Haleakala. Après publication sur les pages NEOCP (NEO Confirmation Page) et PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center, la nature cométaire de l'objet a été confirmée par de nombreux astrométristes.

 

Les éléments orbitaux paraboliques préliminaires de la comète C/2016 M1 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 26 Octobre 2018 à une distance d'environ 2,6 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K16/K16M18.html (MPEC 2016-M18)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 10 Août 2018 une distance d'environ 2,2 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K16/K16N14.html (MPEC 2016-N14)

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2016%20M1;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

 


P/2008 J3 = P/2016 N1 (McNaught)

La comète P/2008 J3 (McNaught), découverte intialement par Rob McNaught sur les images CCD obtenues le 10 Mai 2008 avec le télescope Uppsala Schmidt de 0.5-m de l'observatoire de Siding Spring, a été retrouvée sur les images CCD obtenues les 02 et 03 Juillet 2016 par D. Abreu avec le télescope de 1.0-m f/4.4 de l'ESA Optical Ground Station, Tenerife.

 

A la suite d'un passage rapproché auprès de Jupiter, à seulement 0,0122 UA le 03 Février 2005, la distance au périhélie de la comète est passée de 4,95 UA à 2,28 UA, avec également pour conséquence une période orbitale passant de 37,6 ans à seulement 7,6 ans pour le retour de 2009.

 

Pour ce nouveau retour au périhélie, les éléments orbitaux de la comète P/2008 J3 = P/2016 N1 (McNaught) indiquent un passage au périhélie le 22 Novembre 2016 à une distance d'environ 2,3 UA du Soleil, et une période d'environ 7,7 ans pour cette comète de la famille de Jupiter.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K16/K16N12.html (MPEC 2016-N12)

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2016%20N1;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

http://jcometobs.web.fc2.com/pcmt/k08j3.htm

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/2008 J3 = P/2016 N1 (McNaught) a reçu la dénomination définitive de 338P/McNaught en tant que 338ème comète périodique numérotée.

 


P/2009 K1 = 2016 M2 (Gibbs)

La comète P/2009 K1 (Gibbs), découverte initialement par Alex Gibbs sur les images prises avec le télescope de 1.5-m du Mt Lemmon le 16 Mai 2009, a été retrouvée par H. Sato (Tokyo, Japon) via iTelescope Observatory, à Siding Spring, sur les images CCD obtenues les 29 Juin et 03 Juillet 2016.

 

Les éléments orbitaux de la comète P/2009 K1 = 2016 M2 (Gibbs) indiquent un passage au périhélie le 24 Juillet 2016 à une distance d'environ 1,3 UA du Soleil, et une période d'environ 7,1 ans pour cette comète de la famille de Jupiter.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K16/K16N13.html (MPEC 2016-N13)

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2016%20M2;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

http://jcometobs.web.fc2.com/pcmt/k09k1.htm

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/2009 K1 = 2016 M2 (Gibbs) a reçu la dénomination définitive de 339P/Gibbs en tant que 339ème comète périodique numérotée.

 


P/2008 T1 = 2016 N2 (Boattini)

R. Weryk (Institute for Astronomy, University of Hawaii) a signalé la découverte d'une possible comète sur les images en bande w obtenues le 04 Juillet 2016 avec le télescope Pan-STARRS1 d'Hawaii, ajoutant qu'il pourrait s'agir d'une redécouverte accidentelle de la comète P/2008 T1. Après publication sur les pages NEOCP (NEO Confirmation Page) et PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center, la nature cométaire de l'objet a été confirmée par d'autres astrométristes.

 

Garreth Williams (Minor Planet Center) a confirmé l'identité de P/2016 N2 avec P/2008 T1, une comète de la famille de Jupiter découverte le 01 Octobre 2008 par Andrea Boattini dans le cadre du Mt Lemmon Survey.

 

Après un passage le 17 Mars 1995 auprès de Saturne, à 0,2011 UA de la planète aux anneaux, la comète P/2008 T1 (Boattini) de type Chiron s'est approchée de Jupiter à seulement 0,0186 UA le 05 Avril 2003, avec pour conséquence une diminution de sa distance au périhélie, passant de 7,76 UA à 3,04 UA, et une réduction de sa période orbitale, passant de 27,2 ans à seulement 8,7 ans pour le retour au périhélie du 27 Février 2008.

 

Pour ce nouveau retour, les éléments orbitaux de la comète P/2008 T1 = 2016 N2 (Boattini) indiquent un passage au périhélie le 18 Novembre 2016 à une distance d'environ 3,0 UA du Soleil, et une période orbitale d'environ 8,7 ans.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K16/K16N27.html (MPEC 2016-N27)

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2016%20N2;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

http://jcometobs.web.fc2.com/pcmt/k08t1.htm

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/2008 T1 = 2016 N2 (Boattini) a reçu la dénomination définitive de 340P/Boattini en tant que 340ème comète périodique numérotée.

 


P/2007 R3 = 2016 N3 (Gibbs)

La comète P/2007 R3 (Gibbs), découverte initialement par Alex R. Gibbs sur les images CCD obtenues le 14 Septembre 2007 avec le télescope de 1.5-m du Mt. Lemmon Survey et observée pour la dernière fois le 10 Novembre 2007, a été retrouvée le 15 Juillet 2016 grâce aux observations de D. C. Fuls dans le cadre du Catalina Sky Survey. La comète a une période d'environ 8,9 ans et était passée au périhélie le 06 Juillet 2007 à une distance de 2,5 UA du Soleil.

 

Pour ce nouveau retour, les éléments orbitaux de la comète P/2007 R3 = 2016 N3 (Gibbs) indiquent un passage au périhélie le 26 Mai 2016 à une distance d'environ 2,5 UA du Soleil, et une période d'environ 8,9 ans pour cette comète de la famille de Jupiter.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K16/K16OQ5.html (MPEC 2016-O265)

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2007%20R3;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/2007 R3 = 2016 N3 (Gibbs) a reçu la dénomination définitive de 341P/Gibbs en tant que 341ème comète périodique numérotée.

 


C/2016 N4 (MASTER)

Un objet ayant l'apparence d'un astéroïde qui a été découvert sur les images CCD prises les 15 et 16 Juillet 2016 par l'équipe de l'Observatoire MASTER-IAC de Ténérife a révélé sa nature cométaire lors d'observations par d'autres astrométristes après publication sur les pages NEOCP (NEO Confirmation Page) et PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center.

 

Les éléments orbitaux paraboliques préliminaires de la comète C/2016 N4 (MASTER) indiquent un passage au périhélie le 17 Juillet 2016 à une distance d'environ 3,0 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K16/K16OQ6.html (MPEC 2016-O26)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 17 Septembre 2017 à une distance d'environ 3,2 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K16/K16Q04.html (MPEC 2016-Q04)

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2016%20N4;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem 

 


  

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Lost - Les Disparues... ou les comètes périodiques non revues.

 

Les différentes familles de comètes

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


18 Juillet 2016

Mars Express épie un cratère d'impact ancien et sans nom

 

Crédit : ESA / DLR / FU Berlin, CC BY-SA 3.0 IGO

 

Cette saisissante vue en perspective de Mars Express de l'ESA montre un cratère d'impact sans nom, mais orignal sur Mars. Cette région se trouve au sud-ouest d'une sombre plaine nommée Mare Serpentis (littéralement « la Mer des Serpents »), qui à son tour est située dans Noachis Terra (littéralement « la Terre de Noé »).

 

Crédit : ESA / DLR / FU Berlin, CC BY-SA 3.0 IGO

 

Noachis Terra est l'une des plus vieilles régions connues sur la planète rouge, datant d'au moins 3,9 milliards d'années - en fait, la plus ancienne ère martienne, l'époque du Noachien, est nommée d'après elle. Noachis Terra est représentative de la surface de l'ancienne Mars, qui est typiquement parsemée de cratères qui ont été préservés des milliards d'années, bien que beaucoup se sont dégradés au fil du temps.

 

Le cratère visible en haut à droite de cette image est d'environ 4 km de profondeur et de 50 km de diamètre. En son centre est une petite dépression connue comme un puits central. Elles sont fréquentes dans les cratères sur les mondes rocheux dans tout le Système solaire, notamment sur Mars, et sont censées se former lorsque du matériel glacé se vaporise de façon explosive et se transforme en gaz dans la chaleur de l'initiale collision formation du cratère.

 

Les parois extérieures autour du cratère sont légèrement surélevées au-dessus de ses environs. Ces dépôts empilés peuvent s'être formés lors de l'impact qui a sculpté le cratère lui-même. Lorsqu'un impacteur rocheux a percuté la surface de Mars, il a probablement compacté le matériau friable et en poudre - des petits grains de poussière et le sol dénommé « régolite » - pour former un petit plateau qui a résisté à l'épreuve du temps.

 

Juste à l'intérieur des parois du cratère sont des canaux et des vallées se faufilant et descendant la pente intérieure - ceux-ci sont considérés comme ayant été creusés et sculptés par l'eau courante. Cette eau, piègée dans le sol en tant qu'eau souterraine et glace, aurait fondu lorsque le Soleil a illuminé les parois du cratère, conduisant à des processus d'érosion fluviale et esquissant de fines lignes vers le bas en direction du centre du cratère.

 

Cette image a été créée à l'aide des données provenant des canaux stéréo de Mars Express High Resolution Stereo Camera (donnant lieu à cette perspective oblique), ainsi que ses canaux de couleur et nadir (création de la couleur). Les données ont été obtenues le 29 Juillet 2015 au cours de l'orbite 14680. La résolution est d'environ 14 mètres par pixel et l'image est centrée à 37° Est et 35° Sud.

 

L'image est une vue en perspective d'une série qui inclut une vue de nadir en couleurs, un modèle numérique de terrain avec code de couleur et un anaglyphe 3D.

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1626/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

Le vaisseau spatial Juno de la NASA envoie sa première vue en orbite : La caméra JunoCam à bord de la mission Juno de la NASA est opérationnelle et renvoie des données après l'arrivée le 04 Juillet de l'engin spatial auprès de Jupiter. La caméra de lumière visible de Juno a été activée six jours après que Juno a allumé son moteur principal et s'est placé en orbite autour du plus grand habitant planétaire de notre Système solaire. Les premières images à haute résolution de la géante gazeuse Jupiter sont encore dans quelques semaines.

 


13 Juillet 2016

Une explosion d'étoile révèle la limite eau-neige

 

Crédit : A. Angelich (NRAO/AUI/NSF)/ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)

 

Des observations effectuées au moyen du Vaste Réseau (Sub-)Millimétrique de l'Atacama (ALMA) ont pour la toute première fois permis de déterminer la limite eau-neige au sein d'un disque protoplanétaire. Cette limite correspond au seuil de température en-dessous duquel l'eau du disque entourant une jeune étoile se change en neige. Une hausse brutale de luminosité de la jeune étoile V883 Orionis a chauffé la partie interne du disque et repoussé la limite eau-neige bien au-delà de la distance classique pour une protoétoile, ce qui a permis de l'observer pour la première fois. Les résultats de cette étude paraissent au sein de l'édition du 14 juillet 2016 de la revue Nature.

 

Vue d'artiste de la limite eau-neige autour de l'étoile V883 Orionis

Crédit : A. Angelich (NRAO/AUI/NSF)/ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)

 

Les jeunes étoiles sont souvent entourées de disques de gaz de de poussière, denses et en rotation, qualifiés de protoplanétaires parce qu'en leur sein se forment les planètes. Typiquement, la chaleur issue d'une jeune étoile semblable au Soleil est telle que l'eau du disque protoplanétaire se trouve à l'état de gaz à une distance inférieure à environ 3 ua de l'étoile  [1] – ce qui représente trois fois la distance Terre-Soleil, soit 450 millions de kilomètres environ [2]. A des distances supérieures, la très faible pression change les molécules d'eau gazeuse en une pellicule de glace à la surface des grains de poussière et d'autres particules. La limite eau-neige [3] correspond à cette région du disque protoplanétaire où se produit la transition de phase de l'eau, soit le passage de l'état gazeux à l'état solide.

 

Toutefois, l'étoile V883 Orionis est particulièrement spéciale. Une hausse brutale de sa luminosité a repoussé la limite eau-neige à une distance de quelque 40 ua – ce qui représente 6 milliards de kilomètres, soit approximativement le rayon de l'orbite de la planète naine Pluton dans notre Système Solaire. Cette forte augmentation, combinée à la résolution d'ALMA en mode longue base [4], a permis à une équipe dirigée par Lucas Cieza (Millennium ALMA Disk Nucleus et Université Diego Portales, Santiago, Chili), d'effectuer les toutes premières observations de la limite eau-neige au sein d'un disque protoplanétaire.

 

La hausse brutale de luminosité de V883 Orionis s'explique par la chute de grandes quantités de matière du disque protoplanétaire sur la surface de la jeune étoile. V883 Orionis est à peine 30% plus massive que le Soleil mais sa phase explosive actuelle lui confère une brillance 400 fois supérieure – et une température de surface bien plus élevée [5].

 

Lucas Cieza, auteur principal de cette étude, précise : “Les observations d'ALMA se sont révélées être une surprise. Nos observations visaient à acquérir l'image de la fragmentation du disque conduisant à la formation de planètes. Nous n'avons rien vu de tel ; en lieu et place, nous avons découvert ce qui ressemble à un anneau situé à 40 ua de l'étoile. Cet exemple illustre bien le pouvoir de transformation d'ALMA, qui est capable de délivrer des résultats intéressants, loin de ceux que nous cherchions.”

 

A première vue étranges, les mouvements de la neige dans l'espace revêtent un caractère essentiel dans le contexte de la formation planétaire. La présence de glace d'eau régule l'efficacité de la coagulation des grains de poussière – ce qui constitue le premier stade de la formation planétaire. En deçà de la limite eau-neige, là où l'eau est présente sous forme de vapeur, sont censées se former des planètes rocheuses de petite taille semblable à la nôtre. Au-delà de la limite eau-neige, la présence de glace d'eau permet la rapide formation de boules de neige cosmiques, qui éventuellement donneront lieu à la constitution de planètes massives et gazeuses telle Jupiter.

 

Le fait de découvrir que ces explosions sont susceptibles de repousser la limite eau-neige à une distance quelque dix fois supérieure à son éloignement classique est essentiel pour le développement de bons modèles de formation planétaire. La survenue de telles explosions semble constituer une phase évolutive de la plupart des systèmes planétaires. Il s'agirait donc de la toute première observation d'un phénomène courant. Cette observation d'ALMA pourrait ainsi contribuer, de manière significative, à une compréhension plus fine des processus de formation et d'évolution planétaires au sein de l'Univers.

 

Note :

[1] 1 ua, soit une unité astronomique, représente la distance moyenne de la Terre au Soleil, soit environ 149,6 millions de kilomètres. Cette unité est utilisée pour caractériser les distances à l'intérieur du Système Solaire et de systèmes planétaires en orbite autour d'autres étoiles.

 

[2] Au cours de la formation du Système Solaire, cette limite se situait entre les orbites de Mars et Jupiter. A l'intérieur de cette limite se sont donc formées les planètes rocheuses Mercure, Vénus, la Terre et Mars ; à l'extérieur, les planètes gazeuses Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune.

 

[3] Les limites de neige d'autres molécules, tel le monoxyde de carbone et le méthane, ont fait l'objet d'observations antérieures au moyen d'ALMA, à des distances supérieures à 30 ua de la protoétoile au sein d'autres disques protoplanétaires. L'eau gèle à une température relativement élevée, et la limite eau-neige se situe donc généralement à trop grande proximité de la protoétoile pour pouvoir être observée directement.

 

[4] La résolution désigne la capacité à discerner deux objets proches. Pour l'œil humain, plusieurs torches lumineuses éloignées semblent se fondre en un seul point brillant ; chaque torche n'est discernable individuellement qu'à faible distance. Le même principe s'applique aux télescopes, et ces nouvelles observations ont exploité l'énorme potentiel d'ALMA, en termes de résolution, en mode longue base. La résolution d'ALMA à la distance de V883 Orionis est voisine de 12 ua – ce qui suffit pour détecter la limite eau-neige à la distance de 40 ua au sein de ce système explosif, mais se révèle insuffisant pour une jeune étoile typique.

 

[5] Les étoiles telle que V883 Orionis sont classées parmi les étoiles FU Orionis, en référence à l'étoile type présentant ce comportement. Les explosions devraient se poursuive pendant des centaines d'années.

 

Plus d'informations :  

Ce travail de recherche a fait l'objet d'un article intitulé “Imaging the water snow-line during a protostellar outburst”, par L. Cieza et al., à paraître au sein de l'édition du 14 juillet 2016 de la revue Nature.

 

L'équipe est composée de Lucas A. Cieza (Millennium ALMA Disk Nucleus; Université Diego Portales, Santiago, Chili), Simon Casassus (Université du Chili, Santiago, Chili), John Tobin (Observatoire Leiden, Université de Leiden, Pays-Bas), Steven Bos (Observatoire Leiden, Université de Leiden, Pays-Bas), Jonathan P. Williams (Université d'Hawaii à Manoa, Honolulu, Hawai, Etats-Unis), Sebastian Perez (Université du Chili, Santiago, Chili), Zhaohuan Zhu (Université de Princeton, Princeton, New Jersey, Etats-Unis), Claudio Cáceres (Université Valparaiso, Valparaiso, Chili), Hector Canovas (Université Valparaiso, Valparaiso, Chili), Michael M. Dunham (Centre d'Astrophysique d'Harvard-Smithson, Cambridge, Massachusetts, Etats-Unis), Antonio Hales (Observatoire Unifié ALMA, Santiago, Chili), Jose L. Prieto (Université Diego Portales, Santiago, Chili), David A. Principe (Université Diego Portales, Santiago, Chili), Matthias R. Schreiber (Université Valparaiso, Valparaiso, Chili), Dary Ruiz-Rodriguez (Université Nationale Australienne, Observatoire du Mont Stromlo, Canberra, Australie) et Alice Zurlo (Université Diego Portales & Université du Chile, Santiago, Chili).

 

Le Vaste Réseau (Sub-)Millimétrique de l'Atacama (ALMA), une installation astronomique internationale, est le fruit d'un partenariat entre l'ESO, la U.S. National Science Foundation (NSF) et le National Institutes of Natural Sciences (NINS) du Japon en coopération avec le Chili. ALMA est financé par l'Observatoire Européen Austral (ESO) pour le compte de ces Etats membres, la NSF en coopération avec le National Research Council du Canada (NRC), le National Science Council of Tawain (NSC) et le NINS en coopération avec l'Academia Sinica (AS) in Taiwan et le Korea Astronomy and Space Science Institute (KASI).

 

La construction et la gestion d'ALMA sont supervisées par l'ESO pour le compte de ses Etats membres, par le National Radio Astronomy Observatory (NRAO), dirigé par Associated Universities, Inc (AUI) en Amérique du Nord, et par le National Astronomical Observatory of Japan (NAOJ) pour l'Asie de l'Est. L'Observatoire commun ALMA (JAO pour Joint ALMA Observatory) apporte un leadership et un management unifiés pour la construction, la mise en service et l'exploitation d'ALMA.

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel.

 

Liens :  

- Article scientifique

- Photos d'ALMA

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1626/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

La galaxie "Frankenstein" surprend les astronomes : A environ 250 millions d'années-lumière d'ici, il y a un quartier de notre Univers que les astronomes avaient considéré comme calme et banal. Mais maintenant, les scientifiques ont découvert une énorme galaxie bizarre peut-être formée à partir de parties d'autres galaxies. Une nouvelle étude qui sera publiée dans Astrophysical Journal révèle le secret de UGC 1382, une galaxie qui avait été initialement considérée comme vieille, petite et typique. Au lieu de cela, les scientifiques utilisant des données provenant des télescopes de la NASA et d'autres observatoires ont découvert que la galaxie est 10 fois plus grande qu'on le pensait et, contrairement à la plupart des galaxies, ses entrailles sont plus jeunes que ses extérieures, presque comme si elle avait été construite en utilisant des pièces de rechange. UGC 1382, que l'on prenait pour une petite elliptique est en fait une gigantesque spirale, avec environ 718 000 années-lumière de diamètre, et est plus de sept fois plus large que la Voie lactée. Le disque et les bras spiraux n'avaient pas été décelés en raison de leur faible luminosité.

 

Dans les coulisses de la formation de disque protostellaire : Pendant longtemps, la formation de disques protostellaires - une condition préalable à la formation de système planétaire autour d'étoiles - a défié les astrophysiciens théoriques : dans un dense nuage s'effondrant de gaz et de poussière, le champ magnétique serait déplacé vers le centre ayant pour résultat un effet de freinage.

 

Le vortex gravitationnel fournit une nouvelle façon d'étudier la matière à proximité d'un trou noir : L'observatoire de rayons X en orbite de l'ESA, XMM-Newton, a prouvé l'existence d'un «vortex gravitationnel» autour d'un trou noir. La découverte, aidée par la mission NuSTAR de la NASA, résout un mystère qui a échappé aux astronomes depuis plus de 30 ans et leur permettra de cartographier le comportement de la matière très proche de trous noirs.

 

Le télescope THÉMIS révèle la structure fine du champ magnétique à la surface du soleil en dehors des régions actives : Un des principaux objectifs du télescope solaire français THEMIS, situé à l'Observatoire du Teide, à Tenerife dans les îles Canaries, est d'étudier le champ magnétique et le mouvement de la matière das les régions actives et non-actives du Soleil. Grâce à la grande résolution spatiale, il a été possible pour la première fois de déterminer les tubes de flux du champ magnétique, et la distance moyenne entre deux tubes, en dehors des taches solaires. Ce résultat a été obtenu par V. Bommier, de l'Observatoire de Paris, à partir de la polarisation mesurée, et une inversion basée sur des modèles.

 


12 Juillet 2016

Une nouvelle planète naine dans le Système solaire

 

Image crédit : Alex Parker OSSOS team

 

Une équipe internationale d'astronomes, impliquant des chercheurs du CNRS, du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) et de l'Université de British Columbia (Canada), a découvert une nouvelle planète naine dans le Système solaire. Elle est en orbite dans le disque de petits mondes glacés, au-delà de Neptune. D'un diamètre d'environ 700 kilomètres, elle dispose d'une des plus grandes orbites connue à ce jour, pour une planète naine. Appelée 2015 RR245 par le Minor Planet Center de l'Union astronomique internationale (UAI), elle a été détectée grâce au télescope Canada-France-Hawaii (CFHT), situé au sommet du Mauna Kea à Hawaii (Etats-Unis). Cette découverte a été effectuée dans le cadre du programme de recherches « Outer Solar System Origins Survey (Ossos) »[1].

 

Texte complet du communiqué diffusé par le CFHT (traduit en français)

 

Animation montrant le lent déplacement de 2015 RR245

 

La ligne orange montre l'orbite de RR245. Les objets aussi brillants ou plus brillants que RR245 sont indiqués. Le Minor Planet Center estime que cet objet est le 18ème plus gros dans la ceinture de Kuiper (image crédit : Alex Parker OSSOS team)

  

Le Télescope Canada-France-Hawaii au sommet du Maunakea à Hawaii. (photo crédit : Michele Bannister).

 

Note(s): 

[1] L'Outer Solar System Origins Survey (OSSOS) en français : « Relevé des origines du système solaire externe » est un programme de recherche destiné à la détection et à l'observation d'objets transneptuniens.

 

Source : Actualités du CNRS-INSU http://www.insu.cnrs.fr/node/5917

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


12 Juillet 2016

Dans les profondeurs inexplorées d'Orion

 

Crédit : ESO/H. Drass et al.

 

Des images infrarouges acquises par le VLT révèlent l'existence insoupçonnée d'un nombre élevé d'objets de faible masse

 

HAWK-1, l'instrument infrarouge qui équipe le Very Large Telescope (VLT) de l'ESO au Chili, a permis de sonder les profondeurs encore inexplorées de la Nébuleuse d'Orion. L'image spectaculaire obtenue révèle l'existence d'un nombre de naines brunes et d'objets de masse planétaire dix fois supérieur au nombre d'objets connus. Cette découverte questionne le scénario classique de formation des étoiles d'Orion.

 

Une vue infrarouge profonde de la Nébuleuse d'Orion acquise par HAWK-1 - Crédit : ESO/H. Drass et al.

 

Une équipe internationale a utilisé la toute puissance de HAWK-I, un instrument infrarouge installé sur le Very Large Telescope de l'ESO, pour capturer la vue la plus profonde et la plus compréhensive à ce jour de la Nébuleuse d'Orion [1]. L'image d'une beauté spectaculaire qui en résulte a révélé l'existence d'une abondance élevée de naines brunes de faible luminosité et d'objets isolés de masse planétaire. La présence de ces objets de faible masse renseigne sur l'histoire de la formation stellaire au cœur même de la nébuleuse.

 

La célèbre Nébuleuse d'Orion s'étend sur quelque 24 années-lumière à l'intérieur de la constellation d'Orion. A l'œil nu depuis la Terre, elle présente l'aspect d'une tâche floue au niveau de l'épée d'Orion. Le rayonnement ultraviolet émis par les jeunes étoiles chaudes qu'elles abritent illumine certaines nébuleuses, telle la Nébuleuse d'Orion, ionise le gaz qu'elles renferment et lui confère cette brillance.

 

La relative proximité de la nébuleuse d'Orion [2] en fait un laboratoire de test idéal des scénarii de formation stellaire. Elle permet de mieux comprendre les processus ainsi que l'histoire de la formation stellaire, et de connaître le nombre d'étoiles de masses différentes qui se sont formées.

 

Amelia Bayo (Université de Valparaíso, Valparaíso, Chili ; Institut Max-Planck dédié à l'Astronomie, Königstuhl, Allemagne), l'un des co-auteurs de la présente étude et membre de l'équipe de recherche, explique toute l'importance de ce laboratoire céleste : “Déterminer le nombre d'objets de faible masse présents au sein de la Nébuleuse d'Orion permet de contraindre les théories actuelles de formation stellaire. Nous réalisons aujourd'hui que le processus de formation de ces objets de faible masse dépend étroitement de leur environnement.”

 

Cette nouvelle image a suscité un réel engouement parce qu'elle révèle l'existence insoupçonnée d'un grand nombre d'objets de très faible masse, ce qui invite à penser que la Nébuleuse d'Orion engendre probablement bien plus d'objets de faible masse que d'autres régions de formation stellaire situées à plus grande proximité de la Terre et caractérisées par une plus faible activité.

 

Les astronomes recensent le nombre d'objets de masses différentes qui se sont formés au sein de régions semblables à la Nébuleuse d'Orion afin de mieux comprendre le processus de formation stellaire [3]. Avant cette étude, les objets arboraient en majorité des masses voisines du quart de celle de notre Soleil. La découverte, au sein de la Nébuleuse d'Orion, d'un grand nombre de nouveaux objets de masses nettement inférieures se traduit par l'existence d'un second maximum, positionné à une valeur bien inférieure, sur la courbe de distribution des étoiles en fonction de leurs masses.

 

Ces observations invitent par ailleurs à penser que le nombre d'objets de dimension planétaire doit être nettement supérieur aux estimations antérieures. La technologie requise pour observer ces objets facilement n'existe pas à ce jour. Une telle mission incombera au futur Télescope Géant Européen  (E-ELT) de l'ESO, programmé pour être opérationnel dès 2024.

 

Holger Drass (Institut d'Astronomie, Université de la Ruhr, Bochum, Allemagne ; Université Pontificale Catholique du Chili, Santiago, Chili), principal auteur de cette étude, s'enthousiasme : “Notre résultat me semble augurer d'une nouvelle ère dans notre connaissance de la formation planétaire et stellaire. Tant de planètes se situent à la limite de nos capacités d'observation actuelles qu'à mon sens, nous ne pouvons qu'espérer découvrir une multitude de planètes de taille inférieure à celle de la Terre au moyen de l'E-ELT.”

 

Note :

[1] Les nébuleuses telle que celle d'Orion constituent également ce que l‘on appelle des régions HII, riches en hydrogène ionisé. Ces vastes nuages de gaz interstellaire sont des sites de formation stellaire dans l'Univers.

 

[2] La Nébuleuse d'Orion se situe à quelque 1350 années lumière de la Terre.

 

[3] Cette information permet de connaître ce que l'on nomme la Fonction de Masse Initiale (IMF) – une façon de décrire le nombre d'étoiles de masses différentes qui composent une population stellaire à sa naissance. S'ensuit un aperçu des origines de la population stellaire en question. En d'autres termes, construire une IMF précise et disposer d'une solide théorie pour rendre compte de l'origine de l'IMF revêt une importance capitale dans l'étude de la formation stellaire.

 

Plus d'informations :  

Ce travail de recherche a fait l'objet d'un article intitulé “The bimodal initial mass function in the Orion Nebula Cloud”, par H. Drass et al., paru au sein de la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.

 

L'équipe est composée de H. Drass (Institut d'Astronomie, Université de la Ruhr, Bochum, Allemagne; Université Pontificale Catholique du Chili, Santiago, Chili), M. Haas (Institut d'Astronomie, Université de la Ruhr, Bochum, Allemagne), R. Chini (Institut d'Astronomie, Université de la Ruhr, Bochum, Allemagne; Université Catholique du Nord, Antofagasta, Chili), A. Bayo (Université de Valparaíso, Valparaíso, Chili; Institut Max Planck dédié à l'Astronomie, Königstuhl, Allemagne), M. Hackstein (Institut d'Astronomie, Université de la Ruhr, Bochum, Allemagne), V. Hoffmeister (Institut d'Astronomie, Université de la Ruhr, Bochum, Allemagne), N. Godoy (Université de Valparaíso, Valparaíso, Chili) et N. Vogt (Université de Valparaíso, Valparaíso, Chili).

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel.

 

Liens :  

- L'article scientifique

- Photos du VLT

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1625/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

 INTRUS 2016 NK22, un astéroïde de type Apollo d'environ 6 mètres de diamètre observé pour la première fois le 09 Juillet 2016 à 03h47 UTC dans le cadre du Mt. Lemmon Survey, annoncé par la circulaire MPEC 2016-N66 du 10 Juillet 2016, passe le 11 Juillet  2016 vers 13h15 ( UTC (<1mn) à une distance d'environ 258.100 km, soit environ 0,69 LD (1 LD = Distance moyenne Terre-Lune = 380.400 km), de la surface de notre planète.

 

 INTRUS 2016 NJ22, un astéroïde de type Aten d'environ 7 mètres de diamètre observé pour la première fois le 09 Juillet 2016 à 04h57 UTC dans le cadre du Mt. Lemmon Survey, annoncé par la circulaire MPEC 2016-N64 du 10 Juillet 2016, est passé le 07 Juillet  2016 vers 10h14 ( UTC (<1mn) à une distance d'environ 278.800 km, soit environ 0,74 LD (1 LD = Distance moyenne Terre-Lune = 380.400 km), de la surface de notre planète.

 

 


 

 L'étude des canyons martiens ajoute des indices sur l'eau possible : Le casse-tête persiste sur l'eau possible aux saisonnières stries sombres sur les pentes martiennes, selon une nouvelle étude de milliers de ces caractéristiques dans le plus grand système de canyons de la planète rouge.

 

 Les nuits froides givrées toute l'année sur Mars peuvent remuer la poussière : Certaines régions poussiéreuses de Mars sont aussi froides la nuit toute l'année comme les pôles de la planète le sont en hiver, même des régions près de l'Équateur en été, selon de nouveaux résultats de la NASA, basés sur des observations de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter.

 


 

 Dawn dresse la carte des cratères de Cérès où la glace peut s'accumuler : Avec la mission Dawn de la NASA, les scientifiques ont identifié des régions ombragées en permanence sur la planète naine Cérès. La plupart de ces zones ont probablement été assez froide pour piéger l'eau glacée pendant 1 milliard d'années, ce qui suggère que les dépôts de glace pourraient exister à cet endroit maintenant.

 


 

 Traces d'eau dans l'une des plus grandes vallées sur Mars : Avec une longueur de 600 kilomètres et une profondeur allant jusqu'à deux kilomètres, Mawrth Vallis est une des plus grandes vallées sur Mars et un éventuel site d'atterrissage pour les missions ExoMars de l'ESA et Mars 2020 de la NASA. Elle est enchâssée dans la région montagneuse de Arabia Terra, qui a plus de 4 milliards d'années et se termine dans la grande région des basses terres de Chryse Planitia.

 

 L'amas de galaxies garde son calme et continue d'émettre des rayons X : Avec sa toute première observation, l'Observatoire de rayons X Hitomi a découvert que le gaz dans l'amas de galaxies de Persée est beaucoup moins turbulent que prévu. C'est une surprise car l'amas de Persée est abrite NGC 1275, une galaxie active très énergique.

 

 Un nouveau type de trou noir, autrefois une théorie, maintenant fermement à la vue des observateurs : Les astronomes Aaron Smith et Volker Bromm de l'Université du Texas à Austin, en collaboration avec Avi Loeb du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, ont découvert des preuves d'une sorte de trou noir inhabituel né très tôt dans l'Univers.

 

 Explorant un monde extrasolaire congelé : Les astronomes ont déchiffré un cas très froid avec la dissection de la lumière de la plus froide naine brune connue. En fait, la naine brune, nommée WISE 0855, est présentée comme le plus glacial monde discret découvert à ce jour au-delà de notre Système solaire. La recherche présente également la preuve la plus évidente à ce jour de nuages d'eau dans l'atmosphère d'un objet extrasolaire.

 


07 Juillet 2016

Une étrange planète entourée de trois Soleils

 

Crédit : ESO/L. Calçada

 

Une équipe d'astronomes a capturé, au moyen de l'instrument SPHERE installé sur le Très Grand Télescope de l'ESO, l'image de la toute première planète décrivant une orbite excentrée à l'intérieur d'un système d'étoiles triple. L'orbite d'une telle planète devrait être instable, au point de rapidement l'éjecter du système. Tel n'est toutefois pas le cas. Cette observation inattendue laisse supposer que l'existence de tels systèmes pourrait être plus fréquente que prévu. Les résultats de cette étude paraîtront au sein de l'édition en ligne de la revue Science du 7 juillet 2016.

 

Vue d'artiste de la planète au sein du système HD 131399 - Crédit : ESO/L. Calçada

 

Tatooine, la planète d'origine de Luke Skywalker dans la saga Star Wars, était un monde étrange dont le ciel abritait deux soleils. Les astronomes viennent de découvrir un système plus exotique encore : une planète inondée de lumière toute la journée durant ou sur laquelle se succèdent trois levers et couchers de soleils quotidiens selon les saisons, dont la durée excède l'échelle de vie humaine.

 

Ce nouveau monde a été découvert par une équipe d'astronomes pilotée par l'Université d'Arizona, Etats-Unis, au moyen d'une technique d'imagerie directe développée pour le Très Grand Télescope (VLT) de l'ESO au Chili. HD 131399Ab [1], la planète en question, ne ressemble à aucun monde connu. Son orbite autour de la plus brillante des trois étoiles est de loin la plus excentrique observée à ce jour au sein d'un système d'étoiles multiple. De telles orbites sont bien souvent instables parce que soumises à l'attraction gravitationnelle complexe et variable des deux autres étoiles du système. La probabilité de détecter des planètes dotées d'orbites stables semblait donc très mince.

 

HD 131399Ab se situe à quelque 320 années lumière de la Terre dans la constellation du Centaure. Elle est âgée de 16 millions d'années seulement. Elle est l'une des plus jeunes exoplanètes découvertes à ce jour, et l'une des toutes premières à avoir fait l'objet d'une imagerie directe. Sa température de surface avoisine les 580 degrés Celsius et sa masse est estimée à quatre masses de Jupiter. Elle est l'une des exoplanètes les plus froides et les moins massives détectées au moyen de l'imagerie directe.

 

“HD 131399Ab est l'une des rares exoplanètes à avoir été imagée directement, et la toute première à arborer une configuration dynamique aussi intéressante” précise Daniel Apai de l'Université d'Arizona, Etats-Unis, l'un des co-auteurs de cette nouvelle étude.

 

“Pendant environ la moitié de son parcours orbital (qui dure 550 années terrestres), trois étoiles sont visibles dans le ciel : les deux étoiles les plus faiblement lumineuses restent toujours très proches l'une de l'autre et leur distance angulaire à l'étoile la plus brillante varie en apparence tout au long de l'année”, ajoute Kevin Wagner, premier auteur de l'article et découvreur de HD 131399Ab [2].

 

Kevin Wagner, doctorant à l'Université d'Arizona, a repéré cette planète parmi des centaines de candidates puis dirigé les observations de suivi afin de connaître sa véritable nature.

 

Cette exoplanète est également la toute première découverte au moyen de l'instrument SPHERE installé sur le VLT. SPHERE est sensible aux longueurs d'onde infrarouges, ce qui lui permet de détecter les signatures des jeunes planètes. Il est par ailleurs doté de fonctionnalités avancées corrigeant des perturbations atmosphériques et bloquant l'aveuglante lumière en provenance de leurs étoiles hôtes.

 

Des observations répétées et de longue durée seront nécessaires pour précisément déterminer la trajectoire qu'emprunte la planète entre ses étoiles hôtes. Les observations et simulations d'ores et déjà réalisées laissent toutefois entrevoir le possible scénario suivant : l'étoile la plus brillante, baptisée HD 131399A, semble être dotée d'une masse 80% supérieure à celle du Soleil. Autour d'elle, à quelque 300 unités astronomiques (ua) de distance (soit trois cents fois la distance Terre-Soleil) gravitent deux étoiles moins massives notées B et C. En outre, B et C sont, à l'image du Soleil et de Saturne, éloignées de 10 unités astronomiques, et virevoltent l'une autour de l'autre, à l'instar d'une haltère en rotation.

 

Ce scénario stipule que la planète HD 131399Ab gravite autour de l'étoile A et décrit une orbite dont le rayon avoisine les 80 ua – soit le double de la distance de Pluton au Soleil. Cette orbite conduit la planète au tiers de la distance séparant l'étoile A de la paire d'étoiles B/C. Les auteurs de l'étude précisent que plusieurs scénari orbitaux sont envisageables et que la question de la stabilité du système à long terme requiert, pour pouvoir être tranchée, d'effectuer des observations de suivi d'ores et déjà programmées qui permettront de mieux contraindre l'orbite de la planète.

 

“Si la planète se trouvait plus éloignée de l'étoile la plus massive du système, elle serait éjectée du système” ajoute Apai. “Nos simulations numériques ont montré que ce type d'orbite peut être stable, mais qu'il suffit de peu pour qu'elle devienne très rapidement instable.”

 

Parce qu'elles illustrent la façon dont les processus de formation planétaire se mettent en place dans les situations les plus extrêmes, les planètes qui appartiennent à des systèmes d'étoiles multiples présentent un intérêt tout particulier pour les astronomes et les planétologues. A nous qui sommes habitués à orbiter autour d'une seule et même étoile, les systèmes d'étoiles multiples paraissent exotiques. Dans la réalité, ils sont tout aussi fréquents que les étoiles isolées.

 

“Nous ne pouvons expliquer l'importante excentricité de l'orbite que décrit cette planète au sein de ce système extrême. Nous n'en connaissons pas non plus l'implication sur notre connaissance actuelle des différents types de systèmes planétaires. Elle témoigne en tout cas de l'importante variété des systèmes existants – bien plus importante que nombre d'entre nous l'aurait soupçonnée”, conclut Kevin Wagner. “Les planètes gravitant au sein de systèmes d'étoiles multiples ont fait l'objet de peu d'études, comparées aux planètes orbitant autour d'étoiles simples. Pourtant, elles sont potentiellement tout aussi nombreuses.”

 

Note :

[1] Les trois composantes du système d'étoiles triples ont été baptisées HD 131399A, HD 131399B et HD 131399C, dans l'ordre décroissant de leurs luminosités apparentes. La planète gravite autour de l'étoile la plus brillante et fut notée en conséquence HD 131399Ab.

 

[2] Durant la majeure partie de l'année planétaire, les étoiles semblent proches les unes des autres, attribuant à la planète une face éclairée et une face sombre, et la dotant d'un triple lever stellaire simultané ainsi que d'un triple coucher stellaire simultané quotidiens. A mesure que la planète se déplace sur son orbite, les étoiles semblent chaque jour s'éloigner davantage les unes des autres, jusqu'au jour où le coucher de l'une coïncide avec le lever de l'autre, la planète bénéficiant alors d'un éclairement constant, toute la journée durant. Ce phénomène se poursuit sur un quart d'orbite, ce qui représente environ 140 années terrestres.

 

Plus d'informations :  

Ce travail de recherche a fait l'objet d'un article intitulé “Direct Imaging Discovery of a Jovian Exoplanet Within a Triple Star System”, par K. Wagner et al., à paraître au sein de l'édition en ligne de la revue Science du 7 juillet 2016.

 

L'équipe se compose de Kevin Wagner (Observatoire Steward, Université d'Arizona, Tucson, Arizona, Etats-Unis), Dániel Apai (Observatoire Steward et Laboratoire d'Etudes Lunaires et Planétaires, Université d'Arizona, Tucson, Arizona, Etats-Unis), Markus Kasper (ESO, Garching, Allemagne), Kaitlin Kratter (Observatoire Steward, Université d'Arizona, Tucson, Arizona, Etats-Unis), Melissa McClure (ESO, Garching, Allemagne), Massimo Robberto (Institut Scientifique du Telescope Spatial, Baltimore, Maryland, Etats-Unis) et Jean-Luc Beuzit (Université Grenoble Alpes, Institut de Planétologie et d'Astrophysique de Grenoble, Grenoble, France; Centre National de la Recherche Scientifique, Institut de Planétologie et d'Astrophysique de Grenoble, Grenoble, France).

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel.

 

Liens :  

- Photos du VLT

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1624/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


07 Juillet 2016

Hubble capture le cœur battant de la Nébuleuse du Crabe

 

Crédit : NASA and ESA

 

Au centre de la nébuleuse du Crabe, située dans la constellation du Taureau, se trouve un "cœur battant" céleste qui est un exemple de la physique extrême dans l'espace. Le minuscule objet crache de cinglantes impulsions de radiation 30 fois par seconde avec une incroyable précision d'horloge. Les astronomes ont vite compris que c'était le noyau écrasé d'une étoile qui a explosé, appelée une étoile à neutrons, qui tourne sauvagement comme un mélangeur sur de la purée. Le noyau stellaire grillé peut faire cela sans s'envoler parce qu'il est 10 milliards de fois plus fort que l'acier. Cette incroyable densité signifie que la masse de 1,4 soleil a été écrasée dans une boule solide de neutrons ne dépassant pas la largeur d'une grande ville. Cette image de Hubble capture la région autour de l'étoile à neutrons. Elle relâche une grande quantité d'énergie qui pousse sur le nuage en expansion des débris de l'explosion de la supernova comme un animal s'acharnant sur sa cage. Cela inclut les tsunamis comme des vagues de particules chargées incorporées dans des champs magnétiques mortels.

 

Le 04 Juillet 1054, les astronomes chinois ont enregistré la supernova qui a formé la nébuleuse du Crabe. Le feu d'artifice céleste ultime, cette "guest star" a été visible au cours de la journée pendant 23 jours, d'un éclat six fois plus brillant que la planète Vénus.  La supernova a également été enregistrée par les astronomes Japonais, Arabes, et Amérindiens. Tout en recherchant une comète qui avait été prédit de revenir en 1758, l'astronome français Charles Messier a découvert une nébuleuse floue dans la direction de la supernova disparue depuis longtemps. Plus tard, il l'ajouta à son catalogue céleste sous le nom de "Messier 1". Parce M1 ne s'est pas déplacée à travers le ciel comme une comète, Messier l'a tout simplement ignoré en la marquant comme une "fausse comète". Près d'un siècle plus tard, l'astronome britannique William Parsons a esquissé la nébuleuse. Sa ressemblance avec un crustacé a conduit à un autre nom de M1, la Nébuleuse du Crabe. En 1928, Edwin Hubble a le premier proposé d'associer la nébuleuse du Crabe à la "guest star" chinoise de 1054.

 

Credit: NASA and ESA

Acknowledgment: J. Hester (ASU) and M. Weisskopf (NASA/GSFC)

 

http://hubblesite.org/newscenter/archive/releases/2016/26/

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


05 Juillet 2016

Un impact géant : le mystère de l'origine des lunes de Mars enfin percé

 

© Université Paris Diderot / Labex UnivEarthS.

 

D'où viennent Phobos et Deimos, les deux petits satellites naturels de Mars ? Longtemps, leur forme a fait croire qu'ils étaient des astéroïdes capturés par Mars. Cependant la forme et l'orientation de leur orbite contredisent cette hypothèse. Deux études indépendantes et complémentaires apportent une réponse à cette question. Dans l'une, sous presse dans The Astrophysical Journal, des chercheurs majoritairement du CNRS et d'Aix-Marseille Université [1] excluent la capture d'astéroïdes et montrent que le seul scénario compatible avec les propriétés de surface de Phobos et Deimos est celui d'un impact géant. Dans l'autre étude, grâce à des simulations numériques de pointe, une équipe belgo-franco-japonaise montre comment ces satellites ont pu se former à partir des débris d'une collision titanesque entre Mars et un embryon de planète trois fois plus petit. Ces travaux, fruit d'une collaboration entre des chercheurs de l'Université Paris Diderot et de l'Observatoire royal de Belgique, en collaboration avec le CNRS, l'Université de Rennes 1 [2]  et l'institut japonais ELSI, sont publiés le 4 juillet 2016 dans la revue Nature Geoscience.

 

Vue d'artiste de l'impact géant qui aurait donné naissance à Phobos et Deimos et au bassin d'impact Boréalis.
L'impacteur devait faire environ le tiers de la taille de Mars. A cette époque, Mars était jeune et possédait peut-être une atmosphère plus épaisse et de l'eau liquide en surface.
© Université Paris Diderot / Labex UnivEarthS.

  

L'origine des deux lunes de Mars, Phobos et Deimos, restait un mystère. Par leur petite taille et leur forme irrégulière, elles ressemblent beaucoup à des astéroïdes, mais on ne comprend pas comment Mars aurait pu les « capturer » pour en faire des satellites en orbite presque circulaire, dans le plan équatorial de la planète. Selon une théorie concurrente, Mars aurait subi à la fin de sa formation un impact géant avec un embryon de planète ; mais pourquoi les débris d'un tel impact auraient-ils formé deux petits satellites plutôt qu'une énorme lune, comme celle de la Terre ? Une troisième possibilité serait que Phobos et Deimos se soient formés en même temps que Mars, ce qui impliquerait qu'ils aient la même composition que leur planète ; cependant, leur faible densité semble contredire cette hypothèse. Aujourd'hui, deux études indépendantes viennent conforter la théorie de l'impact géant.

 

Dans l'une d'elles, une équipe de recherche belgo-franco-japonaise propose pour la première fois un scénario complet et cohérent de formation de Phobos et Deimos, qui seraient nés des suites d'une collision entre Mars et un corps primordial trois fois plus petit, 100 à 800 millions d'années après le début de la formation de la planète. Selon ces chercheurs, les débris de cette collision auraient formé un disque très étendu autour de Mars, formé d'une partie interne dense, composée de matière en fusion et d'une partie externe très fine, majoritairement gazeuse. Dans la partie interne de ce disque se serait d'abord formée une lune mille fois plus massive que Phobos, aujourd'hui disparue. Les perturbations gravitationnelles créées dans le disque externe par cet astre massif auraient catalysé l'assemblage de débris pour former d'autres petites lunes plus lointaines. Au bout de quelques milliers d'années, Mars se serait alors retrouvée entourée d'un cortège d'une dizaine de petites lunes et d'une énorme lune. Plusieurs millions d'années plus tard, une fois le disque de débris dissipé, les effets de marée avec Mars auraient fait retomber sur la planète la plupart de ces satellites, dont la très grosse lune. Seules ont subsisté les deux petites lunes les plus lointaines, Phobos et Deimos (voir l'infographie ci-dessous).

 

Chronologie des événements qui auraient donné naissance à Phobos et Deimos.
Mars est percutée par une protoplanète trois fois plus petite (1). Un disque de débris se forme en quelques heures. Les briques élémentaires de Phobos et Deimos (grains de taille inférieure au micromètre) se condensent directement à partir du gaz dans la partie externe du disque (2).
Le disque de débris produit rapidement une lune proche de Mars, qui s'éloigne et propage ses deux zones d'influence comme des vagues (3), ce qui provoque en quelques millénaires l'accrétion des débris plus éloignés en deux petites lunes, Phobos et Deimos (4).
Sous l'effet des marées soulevées par Mars, la grosse lune retombe sur la planète en quelques millions d'années (5), tandis que Phobos et Deimos, moins massifs, rejoignent leur position actuelle dans les milliards d'années qui suivent (6).
© Antony Trinh / Observatoire Royal de Belgique.

 

À cause de la diversité des phénomènes physiques mis en jeu, aucune simulation numérique n'est capable de modéliser l'ensemble du processus. L'équipe de Pascal Rosenblatt et Sébastien Charnoz a dû alors combiner trois simulations de pointe successives pour rendre compte de la physique de l'impact géant, de la dynamique des débris issus de l'impact et de leur assemblage pour former des satellites, et enfin de l'évolution à long terme de ces satellites.

 

Dans l'autre étude, des chercheurs du Laboratoire d'astrophysique de Marseille (CNRS/Aix-Marseille Université) excluent la possibilité d'une capture, sur la base d'arguments statistiques et en se fondant sur la diversité de composition des astéroïdes. De plus, ils montrent que la signature lumineuse émise par Phobos et Deimos est incompatible avec celle du matériau primordial qui aurait pu former Mars (des météorites de la classe des chondrites ordinaires, des chondrites à enstatite et/ou des angrites). Ils s'attachent donc au scénario de l'impact. Ils déduisent de cette signature lumineuse que les satellites sont composés de poussières fines (de taille inférieure au micromètre [3] ).

 

Or, la très petite taille des grains à la surface de Phobos et Deimos ne peut pas être expliquée uniquement comme la conséquence d'une érosion due au bombardement par les poussières interplanétaires, d'après ces chercheurs. Cela signifie que les satellites sont composés dès l'origine de grains très fins, qui ne peuvent se former que par condensation du gaz dans la zone externe du disque de débris (et non à partir du magma présent dans la zone interne). C'est un point sur lequel s'accordent les deux études. Par ailleurs, une formation des lunes de Mars à partir de ces grains très fins pourrait être responsable d'une forte porosité interne, ce qui expliquerait leur densité étonnamment faible.

 

La théorie de l'impact géant, corroborée par ces deux études indépendantes, pourrait expliquer pourquoi l'hémisphère nord de Mars a une altitude plus basse que le sud : le bassin boréal est sans doute la trace d'un impact géant, comme celui qui a in fine donné naissance à Phobos et Deimos. Elle permet aussi de comprendre pourquoi Mars a deux satellites et non un seul comme notre Lune, aussi née d'un impact géant. Ce travail suggère que les systèmes de satellites formés dépendent de la vitesse de rotation de la planète, puisqu'à l'époque la Terre tournait très vite sur elle-même (en moins de quatre heures) alors que Mars tournait six fois plus lentement.

 

De nouvelles observations permettront bientôt d'en savoir plus sur l'âge et la composition des lunes de Mars. En effet, l'agence spatiale japonaise (JAXA) a décidé de lancer en 2022 une mission, baptisée Mars Moons Exploration (MMX), qui rapportera sur Terre en 2027 des échantillons de Phobos. L'analyse de ces échantillons pourra confirmer ou infirmer ce scénario. L'Agence spatiale européenne (ESA), en association avec l'agence spatiale russe (Roscosmos), prévoit une mission similaire en 2024.

 

Ces recherches ont bénéficié du soutien de l'IPGP, du Labex UnivEarthS, d'ELSI, de l'Université de Kobe, et de l'Idex A*MIDEX. 

 

Note(s): 

[1] Laboratoires français impliqués : Laboratoire d'astrophysique de Marseille (CNRS/Aix-Marseille Université), Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble (CNRS/Université Grenoble Alpes), Centre européen de recherche et d'enseignement de géosciences de l'environnement (CNRS/Aix-Marseille Université/IRD/Collège de France).

[2] Laboratoires français impliqués : Institut de  physique du globe de Paris (CNRS/IPGP/Université Paris Diderot), Institut de physique de Rennes (CNRS/Université de Rennes 1).

[3] Un millième de millimètre.

 

Pour en savoir plus : 

Un film d'animation sera disponible dans la journée sur http://univearths2.in2p3.fr/fr/2016/06/28/phobos-deimos/

Article sur CNRS le Journal : https://lejournal.cnrs.fr/node/1277

 

Source(s): 

Accretion of Phobos and Deimos in an extended debris disc stirred by transient moons,
Pascal Rosenblatt, Sébastien Charnoz, Kevin M. Dunseath, Mariko Terao-Dunseath, Antony Trinh, Ryuki Hyodo, Hidenori Genda & Stéven Toupin.
Nature Geoscience, 4 juillet 2016. DOI: 10.1038/ngeo2742

 

Reconciling the orbital and physical properties of the martian moons,
Thomas Ronnet, Pierre Vernazza, Olivier Mousis, Bastien Brugger, Pierre Beck, Bertrand Devouard, Olivier Witasse, Fabrice Cipriani.
The Astrophysical Journal, sous presse.

 

Source : Actualités du CNRS-INSU http://www.insu.cnrs.fr/node/5904

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

 Les implications de l'Observatoire de Paris dans la mission Juno : Après 5 ans de voyage, la sonde Juno de la Nasa se mettra en orbite autour de Jupiter, le 5 juillet vers 5h35 du matin, heure française. Les attentes sont grandes vis-à-vis de ce nouveau rendez-vous d'exploration interplanétaire, auquel contribuent les chercheurs de l'Observatoire de Paris. Lancée en août 2011 depuis la base de Cape Canaveral (Etats-Unis) et après presque 3 milliards de kilomètres parcourus, la sonde interplanétaire Juno s'apprête à entamer sa mission qui durera un an et demi. Jupiter sera alors scrutée de près, dans sa totalité, grâce à une série d'orbites programmées pour la sonde, qui la fera passer à basse altitude au-dessus des pôles et de l'équateur. Avec cette nouvelle mission, seront étudiées de près son intérieur, son atmosphère et sa magnétosphère. L'un des grands objectifs de la mission est de mieux comprendre le champ magnétique de la planète, qui sert de base aux observations des aurores ultraviolettes et des émissions radio. Ce dernier sujet est le domaine d'expertise de plusieurs chercheurs de l'Observatoire de Paris, au Laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique et à la station de radioastronomie de Nançay (Cher). [Lire la suite du communiqué : https://www.obspm.fr/les-implications-de-l.html]

 


 

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