Nouvelles du Ciel de Juin 2010

 

 

 

Les Titres

 

R Coronae Australis : Une aquarelle cosmique [30/06/2010]

Un anneau de gaz géant formé lors de la collision de deux galaxies [30/06/2010]

Des monticules rocheux et un plateau sur Mars [28/06/2010]

Comètes C/2010 L5 (WISE) et C/2010 M1 (Gibbs) [24/06/2010]

Le VLT détecte la première super-tempête sur une exoplanète [23/06/2010]

Bételgeuse, une supergéante bouillonnante et magnétique ! [19/06/2010]

Comète C/2010 L4 (WISE) [19/06/2010]

Comètes SOHO : C/2009 X3, X4, X5, X6, X7, X8, X9, X10, X11, X12, X13, X14, X15, X16, X17, Y5, Y6, Y7, Y8, Y9 [19/06/2010]

Le mystérieux flash sur Jupiter n'a laissé aucun nuage de débris [17/06/2010]

Comètes P/2002 LN13 = 2010 L2 (LINEAR) et C/2010 L3 (Catalina) [17/06/2010]

Comètes SOHO : C/2009 U13, U14, V3, V4, V5, V6, V7, W3, W4, W5, W6, W7, W8, W9, W10, W11, W12, W13, W14, W15, W16, X2 [17/06/2010]

Le regard de VISTA sur la galaxie du Sculpteur [16/06/2010]

Florilège de planètes découvertes par le satellite CoRoT : 7 corps aux caractéristiques bien distinctes [14/06/2010]

Retour de la sonde japonaise Hayabusa [14/06/2010]

Comètes SOHO : C/1997 S6, 1998 D1, 1999 R5, 1999 S8, 2001 W5, 2002 B4 [13/06/2010]

Une exoplanète observée dans sa course autour de son étoile [10/06/2010]

Les petits satellites de Saturne sont-ils les enfants des anneaux ? [10/06/2010]

Comète P/2010 L1 (WISE) [09/06/2010]

Comètes SOHO : C/2009 S9, S10, S11, S12, T4, T5, T6, T7, T8, T9, T10, T11, T12, T13, U7, U8, U9, U10, U11, U12 [09/06/2010]

Un Nouveau Télescope National à La Silla : TRAPPIST, pour explorer le ciel à la découverte d'exoplanètes et de comètes [08/06/2010]

Comètes C/2010 E6 (STEREO), C/2009 R3, 2009 R4, 2009 R5 (SOHO), C/2009 S5, 2009 S6, 2009 S7, 2009 S8 (SOHO) [07/06/2010]

Comète P/2010 K2 (WISE) [05/06/2010]

Les images de Hubble suggèrent qu'un astéroïde rocheux a percuté Jupiter [03/06/2010]

Un zoo cosmique dans le Grand Nuage de Magellan [01/06/2010]

 

 

Nouvelles du Ciel SPECIAL CASSINI-HUYGENS

 

 

A la découverte de SATURNE

A la découverte de TITAN

A la découverte de PHOEBE

A la découverte de JAPET

A la découverte de DIONE

A la découverte de RHEA

A la découverte de TETHYS

A la découverte de ENCELADE

A la découverte de MIMAS

A la découverte des petits satellites de SATURNE

 

 Les Rencontres Rapprochées de la sonde CASSINI avec les Lunes de SATURNE

 

 La Mission Cassini-Huygens

Un Dossier préparé par Cédric BEMER

 

 

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30 Juin 2010

R Coronae Australis : Une aquarelle cosmique

 

Crédit : ESO

 

Cette magnifique image de la région autour de l'étoile R Coronae Australis a été réalisée à partir d'images prises avec la caméra WFI à l'Observatoire de La Silla de l'ESO au Chili. R Coronae Australis se trouve au cœur d'une région de formation d'étoiles proche et est entourée par une délicate nébuleuse par réflexion tirant sur les bleus, enfouie dans un gigantesque nuage de poussière.

 

La région de R Coronae Australis photographiée par la camera WFI à La Silla - Crédit : ESO

 

L'étoile R Coronae Australis se trouve dans une des plus proches et des plus spectaculaires régions de formation d'étoiles. Ce portrait a été pris par la caméra WFI (Wide Field Imager) installée sur le télescope MGP/ESO de 2,2 mètres à l'Observatoire de La Silla au Chili. Cette image est une combinaison de douze photos différentes prises avec des filtres rouge, vert et bleu.

 

Cette image s'étend sur une partie du ciel pratiquement équivalente à la taille de la pleine Lune. Compte tenu de la distance de la nébuleuse, située à quelques 420 années-lumière de la Terre dans la petite constellation de la Croix du Sud, cela correspond à environ quatre années-lumière. Le complexe porte le nom de l'étoile R Coronae Australis, qui se trouve au centre de l'image. C'est l'une des multiples étoiles de cette région appartenant à la catégorie des très jeunes étoiles qui varient en luminosité et qui sont encore entourées par les nuages de gaz et de poussière au sein desquels elles se sont formées.

 

L'intense radiation dégagée par ces jeunes étoiles chaudes interagit avec le gaz qui les entoure et est soit réfléchie, soit réémise à une longueur d'onde différente. Ces processus complexes, déterminés par la physique du milieu interstellaire et les propriétés des étoiles, sont à l'origine des magnifiques couleurs de la nébuleuse. La légère nébulosité bleue que l'on voit sur cette image est principalement due à la réflexion de la lumière stellaire par de petites particules de poussière. Les jeunes étoiles du complexe de R. Coronae Australis ont une masse similaire à celle du Soleil et n'émettent pas assez de rayonnement ultraviolet pour ioniser une fraction substantielle de l'hydrogène environnant. Ceci signifie que le nuage ne doit pas briller avec la couleur rouge caractéristique que l'on voit dans de nombreuses régions de formation stellaire.

 

Sur cette image, le gigantesque nuage de poussière dans lequel est enfouie cette nébuleuse par réflexion est révélé de manière extrêmement détaillée. Avec les couleurs subtiles et les textures variées des nuages de poussière, cette image ressemble à une peinture impressionniste. Une bande noire proéminente traverse l'image du centre vers le coin inférieur gauche. Sur cette zone, la lumière émise dans le visible par les étoiles en formation à l'intérieur du nuage est complètement absorbée par la poussière. Ces objets ne peuvent être détectés qu'en observant à de plus grandes longueurs d'onde, en utilisant une caméra qui peut détecter le rayonnement infrarouge.

 

L'étoile R Coronae Australis n'est elle-même pas visible à l'œil nu, mais la toute petite constellation en forme de diadème dans laquelle elle se trouve est facile à repérer depuis les sites obscurs du fait de sa proximité dans le ciel avec une plus grande constellation, le Sagittaire et les abondants nuages d'étoiles du centre de notre Galaxie, la Voie Lactée.

 

Lien :

Une précédente image composée de R Coronae Australis : http://www.eso.org/public/news/eso0031/

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/press-rel/pr-2010/pr-27-10.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


30 Juin 2010

Un anneau de gaz géant formé lors de la collision de deux galaxies

 

© CFHT/Astron – P.A. Duc

 

Une équipe internationale [1] vient de lever le voile sur l'origine de l'anneau de gaz géant dans le groupe de galaxies du Lion. Avec le télescope Canada-France-Hawaii (INSU-CNRS, CNRC, U. Hawaii), les astrophysiciens ont pu détecter une signature optique à ce nuage, qui correspond à des étoiles en formation. Cette observation permet d'affirmer que ce gaz n'est pas primordial, mais bien d'origine galactique. Grâce à des simulations numériques réalisées au CEA, les chercheurs ont ensuite proposé un scénario de formation de cet anneau. Il s'agit d'une violente collision entre deux galaxies, datant d'il y a un peu plus d'un milliard d'années. Ces travaux sont publiés dans la revue Astrophysical Journal Letters.

 

L'anneau du Lion : image profonde dans le domaine optique combinée avec la distribution de gaz HI, en couleur jaune –orange. © CFHT/Astron – P.A. Duc

 

Dans les théories actuelles de la formation des galaxies, l'accrétion de gaz froid et primordial est un processus majeur dans les premières étapes de la croissance des galaxies. Ce gaz primordial présente deux grandes caractéristiques : il n'a jamais séjourné dans les galaxies et n'a pas satisfait les conditions pour former des étoiles. Une des questions actuelles est de savoir si ce processus est encore à l'œuvre aujourd'hui dans les galaxies proches. Pour cela, les astrophysiciens font de grands relevés du ciel afin d'essayer de détecter du gaz primordial.

 

L'anneau du Lion, un anneau géant de gaz froid, de plus de 650 000 années-lumière [2], entourant les galaxies du groupe du Lion, est un des exemples les plus spectaculaires et mystérieux de nuages de gaz intergalactiques. Depuis sa découverte dans les années 80, son origine et sa nature sont controversées... L'année passée, des travaux sur l'abondance en métaux de ce gaz laissaient à penser que cet anneau était justement constitué de ce fameux gaz primordial.

 

Grâce à la sensibilité de la caméra MegaCam [3], installée au foyer du télescope Canada-France-Hawaii (INSU-CNRS, CNRC, Université d'Hawaii), une équipe internationale, menée par des astrophysiciens du Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (CRAL : CNRS, Université de Lyon 1, Ecole Normale Supérieure de Lyon, Observatoire de Lyon-INSU) et du laboratoire " Astrophysique, Instrumentation et Modélisation " (AIM : Université Paris Diderot, CNRS, CEA-Irfu) a obtenu pour la première fois des observations d'une contrepartie optique dans le domaine du visible des régions les plus denses de l'anneau. Or cette lumière est émise par des étoiles massives jeunes, ce qui apporte la preuve que ce gaz est en situation de former des étoiles.

 

Un anneau de gaz et d'étoiles entourant une galaxie fait immédiatement penser à une autre sorte d'anneaux, les anneaux dits collisionnels car formés dans la collision de deux galaxies, et dont le plus célèbre exemple est l'anneau d'étoiles dit de la Charrette. Est-ce également le cas pour l'anneau du Lion ?

 

Simulation numérique d'un anneau géant de gaz, montré en bleu, résultant de la collision de deux galaxies, dont les étoiles sont montrées en blanc – jaune.

© L. Michel-Dansac, CRAL, Observatoire de Lyon

 

Pour valider cette hypothèse, les chercheurs ont ensuite utilisé des simulations numériques (réalisées sur les supercalculateurs du centre de calcul du CEA [4]) pour montrer que cet anneau était le fruit d'une collision géante entre deux galaxies du groupe se situant à plus de 38 millions d'années-lumière : lors de la collision le disque de gaz d'une des galaxies est véritablement soufflé et va ensuite former un anneau à l'extérieur de la galaxie. Grâce aux simulations numériques, les chercheurs ont également pu identifier les galaxies à l'origine de cette collision : il s'agit des galaxies NGC 3384, une des galaxies centrales du groupe et M96 une galaxie spirale massive située dans la périphérie du groupe ; et dater l'impact : il y a un peu plus d'un milliard d'années.

 

Ces travaux permettent donc d'affirmer que ce gaz n'est pas primordial. La chasse au gaz primordial reste ouverte.

 

Film présentant la simulation numérique de la collision entre deux galaxies avec formation d'une anneau de gaz géant.

 

Notes :

[1] Font partie de cette équipe :

- Léo Michel-Dansac, Eric Emsellem, Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (CRAL: CNRS, Université de Lyon 1, Ecole Normale Supérieure de Lyon, Observatoire de Lyon-INSU);

- Pierre-Alain Duc, Frédéric Bournaud, laboratoire «Astrophysique, Instrumentation et Modélisation (AIM: Université Paris Diderot, CNRS, CEA);

- Jean-Charles Cuillandre, Télescope Canada-France-Hawaii (INSU-CNRS, CNRC, U. Hawaii);

- Tom Oosterloo, Raffaella Morganti, Paolo Serra, ASTRON, Netherlands Institute for Radio Astronomy;

- Rodrigo Ibata, Observatoire Astronomique de Strasbourg (INSU-CNRS).

 

[2] C'est en fait plus de 6 fois le diamètre de notre Galaxie.

 

[3] La caméra MegaCam a été développée par le CEA-Irfu. Pour l'installer, le foyer primaire du télescope a été modifié en collaboration avec la Division Technique de l'INSU.

 

[4] CCRT : Centre de Calcul Recherche et Technologie, sur le centre CEA de Bruyères-le-Châtel (91).

 

Pour en savoir plus :

Sur le site du service d'Astrophysique, AIM, CEA-Irfu.

 

Référence : 

« A collisional origin for the Leo ring », Michel-Dansac L., Duc P.A., Bournaud F., Cuillandre J.C., Emsellem E., Oosterloo T., Morganti R., Serra P., Ibata R., ApJL 717, L143, 2010

 

Source : INSU/CNRS http://www.insu.cnrs.fr/co/ama09/un-anneau-de-gaz-geant-forme-lors-de-la-collision-de-deux-galaxies

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


28 Juin 2010

Des monticules rocheux et un plateau sur Mars

 

Crédit : ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 

Quand Mars Express a mis les voiles pour le cratère baptisé du nom du navigateur portugais Ferdinand Magellan, il a trouvé un plateau balayé par le vent et de mystérieux monticules rocheux à proximité.

 

Crédit : ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 

S'étirant sur 190 x 112 kilomètres, cette région de Mars a une superficie d'environ 21.280 kilomètres carrés, soit environ la taille de la Slovénie. Elle est située au sud-ouest de la région volcanique de Tharsis sur les montagnes du sud de Mars, près du cratère Magellan.

 

Nommé d'après le célèbre navigateur et explorateur portugais Ferdinand Magellan, le cratère d'impact est d'environ 100 kilomètres de large. Seule une petite partie de la bordure du cratère est visible dans cette image, siégeant en bas à droite, parce que l'instrument HRSC (High-Resolution Stereo Camera) de Mars Express a visé quelques dispositifs intrigants tout près.

 

Dans l'ouest de cette région (au bord supérieur de l'image principale) il y a des saillies de couleur claire et irrégulières. Ces dispositifs mesurent jusqu'à 2 kilomètres de haut et sont probablement de gros fragments de roches ou des monticules de roches. Cependant, leur formation est encore discutée.

 

Une possibilité est que la couche supérieure de la roche a été brisée par les ondes de choc d'un impact. Une autre explication possible serait une processus appelé subrosion. Sur Mars, on observe largement la subrosion quand le magma en pleine ascension réchauffe les eaux souterraines congelées, lesquelles fondent et éliminent les matières du sous-sol lorsqu'elles s'écoulent au loin. Ceci mène à un nid d'abeilles de cavités qui s'effondrent par la suite en raison du poids des couches de roches qui les recouvrent, laissant d'irréguliers monticules.

 

La partie nord de la région (à la droite de l'image principale) montre des dispositifs linéaires avec une orientation préférentielle de nord-ouest-sud-est. Ceux-ci mènent finalement à des vallées profondes et bien définies et sont susceptibles d'être des failles, formées durant un événement d'impact ou lors de la montée de la région de Tharsis qui a créé d'énormes efforts dans la croûte de la planète. Examiner la géométrie des zones de failles offre des indices sur le niveau et la direction du stress exercé sur la roche.

 

Un plateau plutôt plat et à peine fracturé est situé presque au centre de l'image principale. Il est possible que le plateau se compose du même matériel que les monticules fortement fracturés dans l'ouest. De fines traînées courent du sud-ouest au nord-est à travers ici. Celles-ci pourraient être une indication d'érosion par des fines particules de poussière transportées par le vent, ensablant le régulier plateau.

 

Avec une résolution au sol d'environ 25 mètres par pixel, les données ont été acquises pour la région du cratère Magellan à environ 34°S/185°E, au cours de l'orbite 6547 de Mars Express le 06 Février 2009.

 

http://www.esa.int/esaSC/SEMZ1FOZVAG_index_0.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Dernier survol de la Terre par EPOXI/Deep Impact sur sa route vers une autre comète : Le vaisseau spatial EPOXI, autrefois connu sous le nom de la sonde Deep Impact qui a rencontré la comète 9P/Tempel 1 en 2005, survolera la Terre ce Dimanche. Les navigateurs de la mission ont adapté la trajectoire de façon que le vaisseau spatial puisse bénéficier de l'assistance du champ gravitationnel de la Terre, ce qui aidera à propulser la mission vers son rendez-vous avec la comète Hartley 2 cet automne (le 04 Novembre). Au moment de son approche au plus près de la Terre, le 27 Juin 2010 vers 22h03 UTC, le vaisseau spatial sera à environ 30.400 km au-dessus de l'Océan Atlantique Sud.

 


 

Est-ce que Vénus était autrefois une planète habitable ? Venus Express de l'ESA aide les scientifiques planétaires à rechercher si Vénus avait autrefois des océans. Si c'est le cas, elle peut même avoir commencé son existence comme une planète habitable similaire à la Terre.

 

L'ère humide au début de Mars était globale : Des conditions favorables pour la vie peuvent avoir autrefois existé sur l'ensemble de Mars. Les études détaillées de minéraux trouvés à l'intérieur des cratères montrent que l'eau liquide était très répandue, pas seulement dans les régions montagneuses du sud, mais aussi dans les plaines nordiques en contrebas.

Article marquant dans le Science du 25 juin 2010 (Source : EurekAlert/American Association for the Advancement of Science ) : Mars a été bien plus humide jadis qu'on ne le pensait. La détection à nouveau de minéraux hydratés sur Mars, cette fois dans neuf cratères dans les plaines au nord de la planète, implique que de l'eau liquide a autrefois altéré la croûte martienne plus fortement que ce que les chercheurs pensaient. John Carter et un groupe de chercheurs français et américains ont analysé les données du Mars Reconnaissance Orbiter pour en savoir plus sur les plaines du nord qui couvrent un tiers de la planète. On estime que cette région de Mars a été recouverte de lave il y a environ trois milliards d'années et il n'était pas clair si des minéraux hydratés, signe d'une présence d'eau, avaient été préservés dans la croûte à cet endroit. Les chercheurs ont scruté les grands cratères de plusieurs kilomètres de diamètre qui s'enfoncent dans les plaines du nord ainsi que les fragments de croûte qui les parsèment dans toutes les directions. Dans neuf de ces cratères, Carter et ses collègues ont détecté des minéraux hydratés, ce qui laisse penser qu'ils se sont formés il y a plus de trois milliards d'années. Ces minéraux ont dû être enfouis sous des flots de lave et réapparaître ensuite lors d'impact de météorites. Ces résultats révèlent que de l'eau liquide a autrefois altéré plus que prévu la surface de Mars et aideront les scientifiques à mieux comprendre l'évolution de notre planète rouge voisine. (Référence : « Detection of Hydrated Silicates in Crustal Outcrops in the Northern Plains of Mars » par J. Carter, F. Poulet, J.-P. Bibring du CNRS et de l'Université Paris-Sud 11 à Orsay, France ; S. Murchie de l'Advanced Physics Laboratory à Laurel, MD.).

 


24 Juin 2010

Comètes C/2010 L5 (WISE) et C/2010 M1 (Gibbs)

 

Nouvelles du Ciel

 

C/2010 L5 (WISE)

A. Maintzer (JPL) a annoncé la découverte d'une nouvelle comète le 15 Juin 2010 dans le cadre de la mission WISE. Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, G. J. Garradd (Siding Spring Survey), L. Buzzi, P. Concari, S. Foglia, G. Galli et M. Tombelli (Tzec Maun Observatory, Moorook) et H. Sato (RAS Observatory, Moorook) ont confirmé la nature cométaire de l'objet.

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2010 L5 (WISE) indiquent un passage au périhélie le 26 Avril 2010 à une distance d'environ 0,8 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10M50.html (MPEC 2010-M50)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 24 Avril 2010 à une distance d'environ 0,8 UA du Soleil, et une période d'environ 26,5 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10N63.html (MPEC 2010-N63)

http://www.minorplanetcenter.org/iau/Ephemerides/Comets/2010L5.html

 

C/2010 M1 (Gibbs)

A. R. Gibbs a annoncé la découverte d'une nouvelle comète le 22 Juin 2010 dans le cadre du Mt. Lemmon Survey. Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, R. S. McMillan et C. K. Maleszewski (LPL/Spacewatch II) ont confirmé la nature cométaire de l'objet.

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2010 M1 (Gibbs) indiquent un passage au périhélie le 07 Février 2012 à une distance d'environ 2,3 du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10M51.html (MPEC 2010-M51)

http://www.minorplanetcenter.org/iau/Ephemerides/Comets/2010M1.html

 

Les Grands Chasseurs de Comètes 

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


23 Juin 2010

Le VLT détecte la première super-tempête sur une exoplanète

 

Crédit : ESO/L. Calçada

 

Pour la première fois, des astronomes ont mesuré une super-tempête dans l'atmosphère d'une exoplanète, le très étudié Jupiter chaud HD209458b. Les observations de très grande précision du monoxyde de carbone montrent que ce gaz est en train de s'écouler à très grande vitesse du côté jour, extrêmement chaud de cette planète, vers son côté non éclairé, plus froid. Ces observations ont également permis une autre « première » très intéressante : la mesure de la vitesse orbitale de l'exoplanète elle-même, permettant ainsi de déterminer sa masse de manière directe.

 

Ce résultat est publié cette semaine dans le journal Nature.

 

« HD209458b n'est résolument pas un endroit pour les âmes sensibles. En étudiant le gaz toxique de monoxyde de carbone avec une très grande précision, nous avons trouvé des signes indiquant la présence de vents puissants, soufflant à une vitesse allant de 5 000 à 10 000 Km/heure, » déclare Ignas Snellen, le responsable de cette équipe d'astronomes.

 

Une planète avec une super-tempête (vue d'artiste) - Crédit : ESO/L. Calçada

 

HD209458b est une exoplanète dont la masse correspond à 60% de celle de Jupiter. Elle est en orbite autour d'une étoile semblable au Soleil, située à 150 années-lumière de la Terre, dans la constellation de Pégase. Elle tourne autour de son étoile à une distance de seulement un vingtième de la distance Terre-Soleil. Cette planète est donc chauffée de manière intense par son étoile et sa température de surface atteint 1 000 degrés Celsius de son côté chaud. Mais, comme c'est toujours la même face de la planète qui est exposée au rayonnement de son étoile, elle a un côté très chaud alors que l'autre est beaucoup plus froide. « Sur Terre, les grandes différences de température conduisent inévitablement à des vents très violents et comme le révèlent nos nouvelles mesures, la situation n'est pas différente sur HD209458b, » précise Simon Albrecht, un des membres de l'équipe.

 

HD209458b a été la première exoplanète à transit détectée : tous les 3,5 jours, la planète passe devant son étoile, bloquant une petite partie de sa lumière durant une période de trois heures. Pendant ces transits, une infime partie de la lumière de l'étoile filtre à travers l'atmosphère de la planète, laissant une empreinte. Une équipe d'astronomes venant de l'Université de Leiden, du Netherlands Institute for Space Research (SRON) et du MIT aux Etats-Unis a utilisé le VLT de l'ESO et son puissant spectrographe CRIRES pour détecter et analyser cette « empreinte digitale » à peine visible en observant la planète pendant cinq heures, alors qu'elle passait devant son étoile. « CRIRES est le seul instrument au monde capable de fournir des spectres suffisamment précis pour déterminer la position de la raie du monoxyde de carbone avec une précision d'un millième de pourcent » précise Remco de Kok, un autre membre de l'équipe. « Cette grande précision nous a permis de mesurer la vitesse du gaz de monoxyde de carbone pour la première fois en utilisant l'effet Doppler. »

 

Ces astronomes ont réalisé plusieurs autres « premières ». Ils ont mesuré de manière directe la vitesse de l'exoplanète le long de son orbite autour de son étoile. « En général, la masse d'une exoplanète est déterminée en mesurant les oscillations de l'étoile et en supposant une certaine masse théorique pour cette étoile. Dans ce cas, nous avons aussi été capables de mesurer le mouvement de la planète et nous avons ainsi pu déterminer à la fois la masse de l'étoile et celle de la planète, » dit Ernst de Mooij, un des co-auteurs de l'article.

 

Pour la première fois également, ils ont mesuré la quantité de carbone présent dans l'atmosphère de cette planète. « Il semble que HD209458b soit en fait aussi riche en carbone que le sont Jupiter et Saturne. Cela pourrait indiquer qu'elle s'est formée de la même manière » dit Ignas Snellen. « Dans le futur, les astronomes devraient être capables d'utiliser ce type d'observations pour étudier l'atmosphère de planètes semblables à la Terre et pour déterminer si la vie existe aussi ailleurs dans l'Univers. »

 

Plus d'informations

Cette recherche a été présentée dans un article publié cette semaine dans le journal Nature : « The orbital motion, absolute mass, and high-altitude winds of exoplanet HD209458b hh », by I. Snellen et al.

 

L'équipe est composée d'Ignas A. G. Snellen et Ernst J. W. de Mooij, (Leiden Observatory, Pays Bas), de Remco J. de Kok (SRON, Utrecht, Pays Bas) et de Simon Albrecht (Massachusetts Institute of Technology, USA).

 

L'ESO - l'Observatoire Européen Austral - est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 14 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et VISTA, le plus grand télescope pour les grands relevés. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant – l'E-ELT- qui disposera d'un miroir primaire de 42 mètres de diamètre et observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil tourné vers le ciel » le plus grand au monde.

 

Liens : 

- Article scientifique

Plus d'informations : Exoplanet Media kit

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/press-rel/pr-2010/pr-26-10.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Hubble capture des bulles et des bébés étoiles : Le télescope spatial Hubble capture un réseau complexe de nuages de gaz et d'amas d'étoiles dans notre galaxie voisine, le Grand Nuage de Magellan. Cette région de naissance énergique d'étoiles est l'une des plus actives dans l'Univers voisin. Le Grand Nuage de Magellan contient de nombreuses bulles lumineuses de gaz rougeoyant. Une des plus grandes et des plus spectaculaires est LHA 120-N 11, du catalogue compilé en 1956 par le défunt astronome et astronaute Karl Henize. On la connaît officieusement sous le nom de N11.

 


19 Juin 2010

Bételgeuse, une supergéante bouillonnante et magnétique !

 

© MPA/GRAAL/LESIA

 

Un champ magnétique à la surface de l'étoile supergéante Bételgeuse, c'est ce qu'a détecté une équipe internationale d'astrophysiciens[1], dirigée par des chercheurs du Laboratoire d'Astrophysique de Toulouse-Tarbes (LATT ; CNRS, Université Paul Sabatier, Observatoire Midi-Pyrénées/INSU). Cette observation, publiée dans la revue Astronomy & Astrophysics, démontre que, malgré les modèles théoriques généralement proposés pour expliquer le magnétisme d'objets astrophysiques comme la Terre ou le Soleil, la rotation des astres sur eux-mêmes n'est pas un ingrédient nécessaire à la génération efficace d'un champ magnétique.

 

 Selon un scénario proposé voici plus d'un demi-siècle, c'est par leur mouvement de rotation sur elles-mêmes que les étoiles comme le Soleil créent de gigantesques mouvements de matière ionisée dans leurs couches internes. Ces courants de matière déclenchent un mécanisme de dynamo qui régénère en permanence leur champ magnétique. Ce modèle théorique, dit de « dynamo à grande échelle », est le plus souvent cité pour rendre compte du cycle d'activité magnétique de notre étoile, qui se manifeste de façon spectaculaire lors de ses phases éruptives. Pourtant, même lorsque le Soleil s'offre un répit passager dans son feu d'artifice magnétique, comme pendant la période de minimum d'activité, il ne se dépare jamais totalement de son champ magnétique de surface. Or, l'origine physique de ce magnétisme résiduel, qui ne semble pas être affectée par les sautes d'humeur du Soleil, reste à ce jour une question controversée.

 

La clé de l'énigme se trouve peut-être dans les étoiles supergéantes, dont Bételgeuse est un des membres les plus connus. Avec un diamètre environ mille fois plus important que celui du Soleil et une luminosité près de 100 000 fois plus élevée, pour quinze fois la masse de notre étoile, Bételgeuse est un astre en fin de vie, qui brûle les dernières réserves de son combustible nucléaire avant d'exploser en supernova. Mais Bételgeuse présente aussi une autre différence importante avec le Soleil : sa rotation est extrêmement lente. Il lui faut probablement plusieurs années pour effectuer un tour sur elle-même, contre à peine un mois pour le Soleil : une situation qui semble donc défavorable à la mise en place d'une dynamo à grande échelle.

 

Et pourtant, les observations réalisées avec l'instrument NARVAL [2] du Télescope Bernard Lyot de 2 m (Observatoire Midi-Pyrénées ; INSU) au sommet du Pic du Midi ont mis en évidence un faible niveau de polarisation dans la lumière émise par Bételgeuse, un indice observationnel trahissant la présence d'un faible champ magnétique à sa surface. Bételgeuse nous démontre donc qu'il n'est pas nécessaire à une étoile de tournoyer follement pour devenir magnétique. En fait, les supergéantes ont une autre corde à leur arc : d'intenses mouvements de convection, analogues à un bouillonnement permanent, leur permettent d'évacuer l'énorme quantité de chaleur produite en leur cœur par les réactions nucléaires. Les observations réalisées au Pic du Midi suggèrent que cette agitation continue est capable, à elle seule, de générer le magnétisme de l'étoile, à travers des mécanismes de « dynamo à petite échelle » (opérant sur des dimensions du même ordre de grandeur que les panaches convectifs). Or, le Soleil abrite lui aussi des mouvements turbulents dans ses couches externes, et pourrait donc être le siège d'un mécanisme semblable, qui expliquerait au moins en partie son magnétisme résiduel lors de ses phases d'accalmie.

 

Les observations réalisées au Pic du Midi suggèrent que cette agitation continue est capable, à elle seule, de générer le magnétisme de l'étoile, à travers des mécanismes de « dynamo à petite échelle » (opérant sur des dimensions du même ordre de grandeur que les panaches convectifs). Or, le Soleil abrite lui aussi des mouvements turbulents dans ses couches externes, et pourrait donc être le siège d'un mécanisme semblable, qui expliquerait au moins en partie son magnétisme résiduel lors de ses phases d'accalmie.

 

Simulation hydrodynamique de la surface convective de Bételgeuse.

En bas à droite, le point jaune représente, par comparaison, la dimension du Soleil

© MPA/GRAAL/LESIA.

 

Mais la détection du champ magnétique de Bételgeuse est précieuse à plus d'un titre. Les étoiles massives en fin de vie, comme la supergéante Bételgeuse, contribuent en effet à enrichir notre Galaxie en éléments chimiques lourds, par l'expulsion d'un fort vent constitué de particules ionisées. Or, les modèles théoriques actuels peinent à expliquer la remarquable efficacité avec laquelle les supergéantes éjectent ce vent brûlant pendant les phases ultimes de leur existence. Ici encore, la solution tient peut-être dans la présence du champ magnétique et dans sa capacité à accélérer les particules chargées.

 

Bouillonnantes et magnétiques, les supergéantes se révèlent donc de parfaits laboratoires cosmiques pour tester les théories les plus récentes de création des champs magnétiques dans l'Univers !

 

Note :

[1] Font partie ce cette équipe :

- M. Aurière, J.-F. Donati, P. Petit, T. Roudier. Laboratoire d'Astrophysique de Toulouse-Tarbes (LATT; CNRS, Université Paul Sabatier, Observatoire Midi-Pyrénées/INSU);

- R. Konstantinova-Antova. , Institute of Astronomy, Bulgarian Academy of Sciences, et Laboratoire d'Astrophysique de Toulouse-Tarbes (LATT; CNRS, Université Paul Sabatier, Observatoire Midi-Pyrénées/INSU);

- G. Perrin. Laboratoire d'Etudes Spatiales et d'Instrumentation en Astrophysique (LESIA; Observatoire de Paris, CNRS, Université Pierre et Marie Curie, Université Paris Diderot)

 

[2] NARVAL est un spectropolarimètre stellaire spécialement conçu et optimisé pour étudier les champs magnétiques des étoiles. Voir communiqué de presse INSU : "NARVAL + Télescope Bernard Lyot, le premier observatoire du magnétisme des astres"

 

Pour en savoir plus: 

- Sur le spectropolarimètre NARVAL sur le site de l'OMP

- Sur la convection de Bételgeuse sur le site de l'INSU

 

Référence : 

« The magnetic field of Betelgeuse : a local dynamo from giant convection cells ? ». M. Aurière, J.-F. Donati, R. Konstantinova-Antova, G. Perrin, P. Petit, T. Roudier. Astronomy and Astrophysics (http://www.aanda.org/10.1051/0004-6361/201014925)

 

Source : INSU/CNRS http://www.insu.cnrs.fr/co/ama09/betelgeuse-une-supergeante-bouillonnante-et-magnetique

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


19 Juin 2010

Comète C/2010 L4 (WISE)

 

Nouvelles du Ciel

 

A. Mainzer (JPL) a annoncé la découverte d'une nouvelle comète le 15 Juin 2010 dans le cadre de la mission WISE (Wide-field Infrared Survey Explorer). Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, P. Birtwhistle (Great Shefford), W. H. Ryan (Magdalena Ridge Observatory, Socorro), R. Holmes (Astronomical Research Observatory, Westfield), et P. Camilleri (Tzec Maun Observatory, Mayhill) ont confirmé la nature cométaire de l'objet.

 

Les éléments orbitaux de la comète C/2010 L4 (WISE) indiquent un passage au périhélie le 24 Janvier 2010 à une distance d'environ 2,6 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10M20.html (MPEC 2010-M20)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 23 Février 2010 à une distance d'environ 2,8 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10P26.html (MPEC 2010-P26)

http://www.minorplanetcenter.org/iau/Ephemerides/Comets/2010L4.html

 

Les Grands Chasseurs de Comètes 

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


19 Juin 2010

Comètes SOHO : C/2009 X3, X4, X5, X6, X7, X8, X9, X10, X11, X12, X13, X14, X15, X16, X17, Y5, Y6, Y7, Y8, Y9

 

Nouvelles du Ciel -

Photo : SOHO/LASCO

(NASA/ESA)

 

Vingt nouvelles comètes découvertes sur les images archivées prises par le satellite SOHO (SOHO-LASCO coronographe C3 ou C2) ont été mesurées et annoncées par les circulaires MPEC 2010-M16, MPEC 2010-M17, MPEC 2010-M18 et MPEC 2010-M19.

Toutes ces comètes appartiennent au groupe de Kreutz, sauf la comète C/2009 Y8 qui appartient au groupe de Meyer.

 

C/2009 X3 (SOHO) détectée par Tony Scarmato

C/2009 X4 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/2009 X5 (SOHO) détectée par Masanori Uchina

C/2009 X6 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan 

C/2009 X7 (SOHO) détectée par Rainer Kracht 

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10M16.html (MPEC 2010-M16)

 

C/2009 X8 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 X9 (SOHO) détectée par Arkadiusz Kubczak

C/2009 X10 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 X11 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan 

C/2009 X12 (SOHO) détectée par Masanori Uchina

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10M17.html (MPEC 2010-M17)

 

C/2009 X13 (SOHO) détectée par Masanori Uchina

C/2009 X14 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/2009 X15 (SOHO) détectée par Michal Kusiak

C/2009 X16 (SOHO) détectée par Masanori Uchina

C/2009 X17 (SOHO) détectée par Bo Zhou

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10M18.html (MPEC 2010-M18)

 

C/2009 Y5 (SOHO) détectée par Hanjie Tan

C/2009 Y6 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/2009 Y7 (SOHO) détectée par Zhijian Xu

C/2009 Y8 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 Y9 (SOHO) détectée par Bo Zhou

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10M19.html (MPEC 2010-M19)

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


17 Juin 2010

Le mystérieux flash sur Jupiter n'a laissé aucun nuage de débris

 

Crédit : NASA, ESA, M.H. Wong (University of California, Berkeley), H.B. Hammel (Space Science Institute, Boulder, Colo.), A.A. Simon-Miller (Goddard Space Flight Center), and the Jupiter Impact Science Team

 

Les observations détaillées faites par le télescope spatial Hubble ont trouvé une réponse au flash lumineux vu le 03 Juin sur Jupiter. Il provient d'un météore géant se consûmant au-dessus des sommets des nuages de Jupiter. Le visiteur de l'espace n'a pas plongé assez profondément dans l'atmosphère pour exploser et laisser un nuage de débris révélateur, comme on a pu le voir dans les collisions précédentes sur Jupiter.

 

Crédit : NASA, ESA, M.H. Wong (University of California, Berkeley), H.B. Hammel (Space

Science Institute, Boulder, Colo.), A.A. Simon-Miller (Goddard Space Flight Center),

and the Jupiter Impact Science Team

 

Les astronomes autour du monde ont su que quelque chose devait avoir percuté la planète géante pour déclencher un flash d'énergie assez lumineux pour être vu 640 millions de kilomètres plus loin. Mais ils ne savaient pas s'il avait pénétré profondément dans l'atmosphère. Il y a eu des recherches continues pour un motif en forme "d'oeil noir" suite à une profonde frappe directe.

 

La vision nette et la sensibilité en ultraviolet de l'instrument WFC3 (Wide Field Camera 3) de Hubble ont été appliquées pour chercher n'importe quelle preuve de trace de la conséquence de la collision cosmique. Les images prises le 07 Juin - un peu plus de trois jours après que le flash ait été aperçu - ne montrent aucun signe de débris au-dessus du sommet des nuages de Jupiter. Ceci signifie que l'objet n'est pas descendu sous les nuages et n'a pas éclaté comme un bolide. "Si c'était le cas, des sombres débris de suie auraient été éjectés et auraient plu sur le sommet des nuages, et l'emplacement d'impact aurait semblé sombre dans les images en ultraviolet et en visible à cause des débris d'une explosion," explique le membre de l'équipe Heidi Hammel du Space Science Institute à Boulder, Colorado. "Nous ne voyons aucun dispositif qui a celui des caractéristiques distinctives dans le voisinage connu de l'impact, suggérant qu'il n'y a eu aucune explosion majeure et boule de feu."

 

Des taches foncées ont troublé l'atmosphère de Jupiter quand une série de fragments de comète a frappé Jupiter en Juillet 1994. Un phénomène semblable s'est produit en Juillet 2009 quand un astéroïde suspecté a percuté Jupiter. On estime que le dernier intrus est de seulement une fraction de la taille de ces précédents impacteurs.

 

"Nous avons suspecté pour cet impact de 2010 que ce ne pouvait pas être une grande explosion conduisant un panache géant, et par conséquent pas de champs de débris en résultant à imager. Il y avait juste le météore, et Hubble a confirmé ceci," ajoute Hammel, un observateur vétéran de Jupiter de la chaîne d'impacts de 1994.

 

L'astronome amateur australien Anthony Wesley a vu le flash à 20h31 UTC le 03 Juin. Il observait un flux vidéo en direct de Jupiter depuis son télescope. Aux Philippines, l'astronome amateur Chris Go a confirmé qu'il avait simultanément enregistré l'événement éphémère sur vidéo.

 

Le flash de deux secondes de long de lumière dans les vidéos de Jupiter a été créé par la même physique qui cause un météore (ou "étoile filante") sur Terre. Une onde choc produite par la pression dynamique lorsque le météore file dans l'atmosphère de la planète chauffe le corps impactant à une très haute température, et lorsque l'objet chaud traverse l'atmosphère, il laisse derrière lui une traînée rougeoyante de gaz atmosphèrique surchauffé et du matériel de météore vaporisé qui se refroidit rapidement et disparaît en quelques secondes.

 

Bien que les astronomes soient en grande partie incertains sur le taux de grandes météorites qui percutent les planètes, la meilleure conjecture pour Jupiter est que les plus petits événements discernables peuvent se produire aussi fréquemment que toutes les quelques semaines. "Les flashes de météores sont si brefs qu'ils sont facilement manqués, même dans les enregistrements vidéos, ou peut-être identifiés à tort en tant que bruit de détecteur ou de rayons cosmiques sur les dispositifs d'imagerie," dit le membre de l'équipe Mike Wong de l'Université de Californie à Berkeley.

 

"Il est difficile de connaître même ce que les taux actuels d'impacts sont dans tout le Système solaire. C'est en partie pourquoi nous sommes si excités par le dernier impact. Il illustre une nouvelle possibilité qui peut être exploitée avec une surveillance accrue de Jupiter et des autres planètes," dit Amy Simon-Miller du Goddard Space Flight Center de la NASA, l'investigateur principal sur l'observation de Jupiter.

 

En prime, les observations de Hubble ont également permis aux scientifiques d'obtenir un gros plan sur les changements dans l'atmosphère de Jupiter suite à la disparition de la sombre ceinture équatoriale sud (SEB, Southern Equatorial Belt) il y a plusieurs mois.

 

Dans la vue de Hubble, une couche d'altitude légèrement plus élevée de nuages blancs de cristaux de glace d'ammoniaque semble obscurcir la ceinture de nuages plus profonde et plus foncée. "Prévisions météorologiques pour la ceinture équatoriale sud de Jupiter : nuageux avec une possibilité d'ammoniaque," indique Hammel.

 

L'équipe prévoit que ces nuages d'ammoniaque devraient disparaître en quelques mois, comme ils l'ont fait dans le passé. Le dégagement de la couche de nuages d'ammoniaque devrait commencer par un certain nombre de taches foncées comme celles vues par Hubble le long de la frontière de la zone tropicale sud.

 

"Les images de Hubble nous disent que ces taches sont des trous résultants de courants descendants localisés se mettant en place. Nous voyons souvent ces types de trous quand un changement est sur le point de se produire," dit Simon-Miller.

 

La SEB a disparu pour la dernière fois au début des années 1970. Nous n'avons pas pu étudier ceci à ce niveau de détail auparavant," ajoute Simon-Miller. "Les changements de ces dernières années sont un ajout à une base de données extraordinaires sur les changements spectaculaires de nuages sur Jupiter."

 

http://hubblesite.org/newscenter/archive/releases/2010/20/

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


17 Juin 2010

Comètes P/2002 LN13 = 2010 L2 (LINEAR) et C/2010 L3 (Catalina)

 

Nouvelles du Ciel

 

P/2002 LN13 = P/2010 L2 (LINEAR)

Un objet ayant l'apparence d'un astéroïde découvert le 17 Mai 2002 par le télescope de surveillance LINEAR et répertorié comme tel sous la dénomination de 2002 LN13 s'est révélé être identique à une nouvelle comète détectée le 10 Juin 2010 par A. Mainzer (JPL) dans le cadre de la mission WISE (Wide-field Infrared Survey Explorer).

 

Les éléments orbitaux de la comète P/2002 LN13 = P/2010 L2 (LINEAR) indiquent un passage au périhélie le 10 Septembre 2010 à une distance d'environ 2,4 UA du Soleil, et une période d'environ 7,2 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L93.html (MPEC 2010-L93)

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/2002 LN13 = P/2010 L2 (LINEAR) a reçu la dénomination définitive de 237P/LINEAR en tant que 237ème comète périodique numérotée.

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=237P;orb=0;cov=0;log=0#elem

 

C/2010 L3 (Catalina)

Un objet ayant l'apparence d'un astéroïde découvert le 15 Juin 2010 par Richard A. Kowalski dans le cadre du Catalina Sky Survey a révélé sa nature cométaire après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center.

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète C/2010 L3 (Catalina) indiquent un passage au périhélie le 10 Juillet 2011 à une distance d'environ 2,3 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10M09.html (MPEC 2010-M09)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 10 Novembre 2010 à une distance d'environ 9,8 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10Q16.html (MPEC 2010-Q16)

http://www.minorplanetcenter.org/iau/Ephemerides/Comets/2010L3.html

 

Les Grands Chasseurs de Comètes 

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


17 Juin 2010

Comètes SOHO : C/2009 U13, U14, V3, V4, V5, V6, V7, W3, W4, W5, W6, W7, W8, W9, W10, W11, W12, W13, W14, W15, W16, X2

 

Nouvelles du Ciel -

Photo : SOHO/LASCO

(NASA/ESA)

 

Vingt deux nouvelles comètes découvertes sur les images archivées prises par le satellite SOHO (SOHO-LASCO coronographe C3 ou C2) ont été mesurées et annoncées par les circulaires MPEC 2010-L85, MPEC 2010-L90, MPEC 2010-L91 et MPEC 2010-L92.

Toutes ces comètes appartiennent au groupe de Kreutz, sauf la comète C/2009 W8 qui n'appartient à aucun groupe connu.

 

C/2009 U13 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 U14 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 V3 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/2009 V4 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan 

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L85.html (MPEC 2010-L85)

 

C/2009 V5 (SOHO) détectée par Tony Scarmato

C/2009 V6 (SOHO) détectée par Zhijian Xu

C/2009 V7 (SOHO) détectée par Arkadiusz Kubczak

C/2009 W3 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan 

C/2009 W4 (SOHO) détectée par Bo Zhou 

C/2009 W5 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan 

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L90.html (MPEC 2010-L90)

 

C/2009 W6 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/2009 W7 (SOHO) détectée par Michal Kusiak

C/2009 W8 (SOHO) détectée par Tony Scarmato

C/2009 W9 (SOHO) détectée par Michal Kusiak

C/2009 W10 (SOHO) détectée par Michal Kusiak

C/2009 W11(SOHO) détectée par Michal Kusiak

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L91.html (MPEC 2010-L91)

 

C/2009 W12 (SOHO) détectée par Zhijian Xu

C/2009 W13 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/2009 W14 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/2009 W15 (SOHO) détectée par Masanori Uchina

C/2009 W16 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 X2 (SOHO) détectée par Bo Zhou

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L92.html (MPEC 2010-L92)

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


16 Juin 2010

Le regard de VISTA sur la galaxie du Sculpteur

 

Crédit : ESO/J. Emerson/VISTA. Acknowledgment: Cambridge Astronomical Survey Unit

 

Une nouvelle image spectaculaire de la galaxie du Sculpteur (NGC 253) a été prise par le télescope VISTA de l'ESO à l'Observatoire Paranal au Chili, dans le cadre d'une de ses premières importantes campagnes d'observation. En observant dans la lumière infrarouge, la vision de VISTA est moins affectée par la poussière et révèle une myriade d'étoiles froides ainsi qu'une barre proéminente d'étoiles traversant la région centrale. L'image de VISTA fournit un grand nombre de nouvelles informations sur l'histoire et le développement de la galaxie.

 

Crédit : ESO/J. Emerson/VISTA. Acknowledgment: Cambridge Astronomical Survey Unit

 

La galaxie du Sculpteur (NGC 253) se trouve dans la constellation du même nom. C'est l'une des galaxies les plus lumineuses du ciel. Elle est suffisamment proéminente pour être vue avec de bonnes jumelles et a été découverte par Caroline Herschel en Angleterre en 1783. NGC 253 est une galaxie spirale située à 13 millions d'années-lumière de la Terre. C'est la plus lumineuse d'un petit groupe de galaxies appelé le Groupe du Sculpteur, l'un des groupements de ce type parmi les plus proches de notre propre Groupe Local de galaxies. Sa bonne visibilité tient en partie à son statut de galaxie à sursaut de formation d'étoiles, car elle est en effet plongée dans les affres d'une rapide formation stellaire. NGC 253 est aussi riche en poussière qui la voile en de nombreux endroits (eso0902). Observée depuis la Terre, on la voit pratiquement par la tranche, avec les bras spiraux clairement visibles dans les parties extérieures et un cœur lumineux en son centre.

 

VISTA, le télescope visible et infrarouge pour les grands sondages astronomiques (Visible and Infrared Survey Telescope for Astronomy) est le dernier équipement installé à l'Observatoire Paranal de l'ESO, dans le désert d'Atacama au Chili. C'est le plus grand télescope au monde dédié aux grands sondages. Après avoir été remis à l'ESO à la fin 2009 (eso0949), ce télescope a été utilisé pour deux études détaillées de petites parties du ciel avant d'être engagé sur les sondages plus larges actuellement en cours. Un de ces « mini-sondages » portait sur une étude détaillée de NGC 253 et de son environnement.

 

Comme VISTA observe dans les longueurs d'onde infrarouge, il peut voir à travers la poussière. Cette dernière est l'une des caractéristiques principales de la galaxie du Sculpteur lorsqu'elle est observée dans le visible. Ainsi, de très nombreuses étoiles froides, à peine détectables avec les télescopes observant dans le visible, peuvent maintenant être vues. L'image de VISTA révèle la plupart de ce qui était caché par les épais nuages de poussière de la partie centrale du disque et permet de voir clairement l'importante barre d'étoiles qui s'étend en travers de la région du noyau – une caractéristique que l'on ne peut pas voir sur les images prises en lumière visible. Les majestueux bras spiraux s'étendent maintenant sur l'ensemble du disque de la galaxie.

 

Les conditions d'observation exceptionnelles dont bénéficie VISTA, tout comme le VLT de l'ESO situé sur le pic montagneux voisin, lui permettent aussi de réaliser des images exceptionnellement précises pour un télescope au sol.

 

Avec ce puissant instrument à leur disposition, les astronomes veulent percer quelques uns des mystères de la galaxie du Sculpteur. Ils sont en train d'étudier la myriade d'étoiles géantes rouges et froides dans le halo qui entoure la galaxie. Ils déterminent la composition de quelques unes des petites galaxies naines, satellites de NGC 253 et recherchent de nouveaux objets encore jamais détectés comme des amas globulaires et des galaxies naines ultra-compactes qui seraient invisibles sans les très profondes images infrarouges de VISTA. En utilisant les exceptionnelles données de VISTA, ils envisagent de montrer comment cette galaxie s'est formée et a évolué.

 

Plus d'informations

L'ESO - l'Observatoire Européen Austral - est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 14 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et VISTA, le plus grand télescope pour les grands relevés. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant – l'E-ELT- qui disposera d'un miroir primaire de 42 mètres de diamètre et observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil tourné vers le ciel » le plus grand au monde.

 

Liens

- Les pages concernant VISTA

- NGC 253 dans le visible

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/press-rel/pr-2010/pr-25-10.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

L'Expédition 24 en route pour l'ISS : Le vaisseau russe Soyuz emportant trois nouveaux ingénieurs de vol de l'Expédition 24 en route pour la Station Spatiale Internationale s'est envolé à 21h35 UTC mardi 15 Juin 2010. Alors que le lancement du Soyuz TMA-19 illuminait les cieux autour du Cosmodrome de Baikonur au Kazakhstan, les astronautes Doug Wheelock et Shannon Walker et le cosmonaute russe Fyodor Yurchikhin entâmaient le voyage de deux jours pour rattaper la Station Spatiale orbitant actuellement à 354 kilomètres au-dessus de la Terre. Les nouveaux ingénieurs de vol de la station commenceront un tour de service de cinq mois et demi après la jonction au module de service Zvezda de la station à 20h25 UTC jeudi 17 Juin. Les coéquipiers de l'Expédition 24 le commandant Alexandre Skvortsov et les ingénieurs de vol Mikhail Kornienko et Tracy Caldwell Dyson leur souhaiteront la bienvenue à bord du complexe orbital quand les trappes s'ouvriront vers 22 heures. En Septembre Wheelock, Walker et Yurchikhin deviendront les membres de l'Expédition 25 lorsque Skvortsov, Kornienko et Caldwell Dyson reviendront sur Terre dans le vaisseau spatiale TMA-18 qui les avaient amené vers la Station le 04 Avril.

 


 

HESS-II : une nouvelle caméra pour explorer l'Univers violent. HESS, l'un des détecteurs de rayons gamma au sol les plus performants au monde, se dotera bientôt d'un cinquième télescope qui doublera ses capacités de découverte. Celui-ci sera équipé d'une caméra conçue et réalisée par des scientifiques français appartenant à la collaboration HESS, qui implique notamment plusieurs laboratoire du CNRS à travers l'IN2P3 et l'INSU, et du CEA-Irfu. D'une sensibilité augmentée, cet œil électronique possède une finesse d'image deux fois plus importante que les caméras déjà en place. Il vient d'être achevé et est aujourd'hui présenté à l'Ecole Polytechnique. Grâce à cette nouvelle caméra, l'ensemble du dispositif augmentera considérablement ses performances et pourra repousser les frontières du visible, levant le voile sur les mystères des phénomènes les plus violents de notre Univers : il sera rebaptisé HESS-II.

 

Inauguration du plus grand radiotélescope du monde : la France partenaire de ce réseau européen d'antennes inédit. LOFAR (LOw Frequency ARray : réseau à basses fréquences), le plus grand radiotélescope du monde, a été officiellement inauguré aux Pays-Bas le samedi 12 juin 2010, lors d'une cérémonie à laquelle a participé la Reine Beatrix des Pays-Bas ainsi que des astronomes et ingénieurs représentant les pays partenaires du projet, dont la France. À cette occasion, les représentants des consortiums nationaux allemands, britanniques, français, néerlandais et suédois ont signé le MoU (Memorandum of Understanding) qui les associe pour former l'ILT (International LOFAR Telescope), qui assurera le pilotage scientifique de l'instrument. Le consortium FLOW, qui coordonne la participation française à LOFAR au nom du CNRS-INSU, de l'Observatoire de Paris et de l'Université d'Orléans - Observatoire des Sciences de l'Univers en région Centre (OSUC), était représenté par une délégation de cinq de ses membres, menée par Michel Tagger, coordinateur scientifique du projet LOFAR en France.

 


14 Juin 2010

Florilège de planètes découvertes par le satellite CoRoT : 7 corps aux caractéristiques bien distinctes

 

© Patrice Amoyel

 

Aujourd'hui, l'équipe CoRoT annonce la découverte d'une naine brune et de six nouvelles exoplanètes aux caractéristiques très variées. CoRoT, satellite de l'Agence spatiale française (CNES [1]), permet de découvrir des exoplanètes depuis l'espace, par la détection de leur passage devant leur étoile. L'observation de ces transits est relayée par des observations au sol, notamment avec les spectrographes HARPS de l'ESO et Sophie de l'INSU-CNRS: les astronomes obtiennent alors une mesure précise de la taille, de la masse et de l'orbite de ces nouvelles planètes, sans les voir directement. Elles sont ainsi les seules à permettre d'obtenir les informations les plus complètes sur leur nature et les modes de formation et d'évolution de ces nouveaux mondes.

 

« Chaque nouvelle découverte d'un système planétaire extrasolaire bouscule un peu plus les modèles théoriques expliquant la formation et l'évolution de ces systèmes. Plus nous connaîtrons de systèmes différents, plus nous pourrons étendre notre compréhension des processus réellement à l'œuvre, » déclare Magali Deleuil, chercheuse au Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (LAM), responsable du programme exoplanètes de CoRoT.

 

© Patrice Amoyel

Portrait de Famille des 15 premières planètes CoRoT

 

CoRoT-8b : la plus petite de la série

C'est une planète de taille très modeste parmi les planètes en transit connues. Elle mesure 0,7 fois la taille de Saturne et pèse 0,7 fois sa masse. Sa structure interne est comparable à celles des planètes géantes de glace, comme Neptune et Uranus dans le système solaire. C'est la plus petite planète découverte par l'équipe CoRoT après la première super-Terre en transit, CoRoT-7b.

 

CoRoT-15b : la naine brune

CoRoT-15b a une masse de 60 fois celle de Jupiter pour un rayon à peine plus grand et donc une densité considérable, près de 40 fois celle de Jupiter. Elle est considérée par les chercheurs comme une naine brune, c'est à dire un objet intermédiaire entre une planète géante et une étoile. Les naines brunes sont beaucoup plus rares que les planètes, ce qui rend sa découverte passionnante.

 

CoRoT-10b : une géante à l'orbite très allongée

Pendant son « année » orbitale, qui dure 13 jours, cette planète s'approche puis s'éloigne de son étoile au point que l'énergie qu'elle en reçoit varie d'un facteur dix en fonction de son éloignement. La température de la planète varierait alors de 250 à 600°C en quelques jours.

 

CoRoT-11b : une géante autour d'une étoile en rotation rapide

L'étoile autour de laquelle orbite CoRoT-11b tourne très vite sur elle-même, en seulement 40 heures -c'est encore moins que la période de révolution de la planète qui est de 3 jours. Par comparaison, notre Soleil tourne sur lui même en 26 jours. La rotation extrême de l'étoile rend d'ailleurs la détection de la planète très difficile avec HARPS.

 

CoRoT-12b, CoRoT-13b et CoRoT-14b :

3 planètes géantes proches de leur étoile, mais avec des propriétés très différentes. CoRoT-13b a une taille plus modeste que celle de Jupiter mais sa densité est deux fois plus importante, ce qui s'explique probablement par la présence d'un noyau massif. Avec un rayon 16 fois plus grand que celui de la Terre, CoRoT-12b quant à elle, appartient à la famille des planètes gazeuses dilatées, c'est-à-dire plus grosses que Jupiter (11 fois la Terre). En tournant à très courte distance de leur étoile, ces planètes en reçoivent un intense rayonnement, qui retarde leur contraction et explique leur taille anormalement grande. Paradoxalement, CoRoT-14b, qui est encore plus proche de son étoile, a une taille similaire à Jupiter. Sa masse est 7 fois et demi celle de Jupiter, ce qui en fait une autre planète extrêmement dense (6 fois plus que Jupiter) et la seconde planète très massive et très proche de son étoile.

 

La détection des exoplanètes avec CoRoT par la méthode des transits (voir encadré 1) (détection de l'infime variation de l'intensité lumineuse de l'étoile lorsque la planète passe devant le disque stellaire) est une longue entreprise, avec ses observations complémentaires (voir encadré 2), mais elle présente un avantage considérable car elle permet d'obtenir le diamètre et la masse de la planète, et donc sa densité, éléments indispensables pour bien comprendre la nature des planètes détectées. Les caractéristiques de l'orbite sont aussi précisément décrites. Depuis quinze ans, 450 exoplanètes ont été découvertes; seules 82 d'entre elles présentent un transit, dont 15 ont été mises en évidence par le satellite CoRoT.

 

(1) Détecter des planètes avec CoRoT : une analyse minutieuse

Depuis février 2007, le satellite CoRoT observe chaque année environ 80 000 étoiles. La variation de l'éclat d'une étoile au cours du temps, ou « courbe de lumière » dans le jargon des astronomes, est enregistrée sur une durée de 20 à 150 jours. Une équipe scientifique y recherche alors une série de micro-éclipses (ou transits) imputable au passage répété d'une planète devant son étoile. « Nous avons choisi de travailler en parallèle, avec jusqu'à 8 chercheurs qui analysent les données indépendamment et qui comparent ensuite leurs résultats ; c'est plus long, mais cela permet d'accroître le nombre de découvertes ! » précise Pascal Bordé de l'IAS, responsable de cette équipe chargée d'analyser les courbes de lumière de CoRoT.. Chaque année, cette équipe isole jusqu'à un millier de courbes de lumière présentant des transits, parmi lesquels plus d'une centaine sont potentiellement le fait de planètes... Mais une fois ces « planètes potentielles » identifiées, la tâche est loin d'être terminée.

 

 

(2) Le support nécessaire des télescopes terrestres

 Les planètes ne sont clairement identifiées qu'une fois que tous les autres scénarios possibles ont été écartés : « Entre la détection de transits par CoRoT et l'annonce officielle de la découverte d'une nouvelle planète se cache une série d'observations complémentaires à l'aide de télescopes au sol. Réaliser et analyser ces observations peut nécessiter jusqu'à deux années entières !» explique Claire Moutou, du LAM, chargée de la coordination du programme d'observations complémentaires. Les chercheurs impliqués dans CoRoT doivent donc passer au crible de leurs télescopes terrestres la centaine de candidats détectés annuellement. Une quinzaine de télescopes1 de par le monde est utilisée pour cette tâche. Il s'agit d'abord de confirmer la position de l'étoile présentant les transits, puis d'établir que le corps qui cause ces transits est bien une planète et non une autre étoile. Cette vérification peut se faire en mesurant la masse de ce corps.

C'est un processus long, car les étoiles ne sont visibles que 5 mois par an, mais la récompense finale est de taille ! Car sans pouvoir voir directement ces planètes lointaines, les chercheurs savent mesurer leur densité -seulement pour celles qui transitent- et commencent à comprendre leurs caractéristiques.

 

Les différentes configurations qui peuvent produire un transit dans la courbe de lumière de l'étoile cible (en jaune): l'étoile peut être occultée par une planète mais aussi une par autre étoile. Parfois, les transits sont ceux d'une binaire proche de la cible qui laisse son empreinte dans la courbe de lumière de l'étoile cible. © Claire Moutou / Magali Deleuil.

 

1 Le programme exoplanète de CoRoT bénéficie de l'appui de plusieurs télescopes terrestres: Le Télescope Canada France Hawaï (INSU-CNRS, CNRC - Hawaï) ; les Télescopes IAC-80 et ESA OGS  de l'Observatoire du Teide (Espagne); le télescope Suisse Euler de 1,2m à l'Observatoire La Silla de l'ESO (Chili) ; les télescopes 0,46 et 1 m de l'Observatoire Wise (Israël); le télescope TEST de l'Observatoire de Tautenburg (Allemagne) ; les télescopes BEST et BEST 2 du Deutsche Luft und Raumfahrt Gesellschaft (DLR) ; le télescope KECK de 10m avec le spectrographe HIRES (Hawaï-USA) ; le télescope de 3,6m équipé du spectrographe HARPS à l'Observatoire La Silla de l'ESO (Chili) ; les télescopes de 8,2m du Very Large Telescope avec le spectrographe UVES à l'Observatoire Paranal de l'ESO (Chili) ; les télescopes de 1,93m avec le spectrographe SOPHIE et de 1,2 m à l'Observatoire de Haute Provence de l'INSU-CNRS (France).

 

 

Note :

[1] Le satellite CoRoT a été développé et est exploité par l'Agence spatiale française (CNES) avec une importante participation de laboratoires français associés au CNRS-INSU, de laboratoires européens (Allemagne, Autriche, Belgique, ESA et Espagne) et brésiliens. Les principales équipes françaises appartiennent au Laboratoire d'Etudes Spatiales et d'Instrumentation en Astrophysique (CNRS, Observatoire de Paris, Université Pierre et Marie Curie, Université Denis Diderot), au Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (CNRS, Université Aix-Marseille 1, Observatoire Astronomique de Marseille Provence, OSU/INSU), à l'Institut d'Astrophysique Spatiale à Orsay (CNRS, Université Paris-Sud 11, OSU/INSU), au Laboratoire de l'Univers et de ses THéories (Observatoire de Paris, CNRS, Université Paris Diderot), à l'Institut d'Astrophysique de Paris (CNRS, Université Pierre et Marie Curie, OSU/INSU), au Laboratoire Cassiopée Astrophysique, sciences mécaniques et analyse des données (Observatoire de la Côte d'Azur, OSU/INSU, CNRS, Université de Nice Sophia-Antipolis), à l'Observatoire Midi Pyrénées à Toulouse (Observatoire des Sciences de l'Univers, INSU, Université Paul Sabatier).

 

Source : CNRS http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1914.htm

 

http://sci.esa.int/science-e/www/object/index.cfm?fobjectid=47175

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


14 Juin 2010

Retour de la sonde japonaise Hayabusa

 

Crédit : NASA/SETI Institute/University of North Dakota

 

Lancée avec succès le 09 Mai 2003, la sonde japonaise Hayabusa est de retour sur Terre avec les prélèvements d'échantillons de l'astéroïde 25143 Itokawa (1998SF36). La sonde a largué avec succès sa capsule contenant les précieux échantillons à 10h51 UTC le 13 Juin 2010. L'entrée dans l'atmosphère de la sonde, voyageant de concert avec la capsule, s'est effectuée à 13h51 UTC. Hayabusa s'est désintégré comme prévu dans la haute atmosphère au-dessus de l'Australie.

 

Crédit : NASA/SETI Institute/University of North Dakota

 

Après l'atterrissage de la capsule par parachute, un hélicoptère a concentré ses recherches sur le secteur interdit de Woomera, une zone située à l'ouest de la ville de Woomera en Australie, et vers 14h56 UTC, l'emplacement de l'atterrissage a été confirmé. La JAXA (Japan Aerospace Exploration Agency) a annoncé que la capsule a été récupérée le 14 Juin à 07h08 UTC. La capsule semble intacte. Elle sera envoyée au Japon où les scientifiques l'ouvriront pour découvrir ce qu'il y a à l'intérieur.

 

Le retour de la sonde japonaise était surveillée de partout dans le monde, y compris par un équipage de la NASA à bord d'un avion DC-8 pour enregistrer l'événement.

 

Hayabusa Reentry Video from NASA http://www.youtube.com/watch?v=_IAX9Hsloq4

Hayabusa Reentry Video from NASA (enhanced version - HD) http://www.youtube.com/watch?v=sELEBjneaKI&NR=1

Hayabusa Spacecraft Reentry http://www.youtube.com/watch?v=HpuU1hd_xeY

video : http://www.zeit.de/wissen/2010-06/Sonde-Hayabusa-Japan

 

http://www.spaceflightnow.com/news/n1006/13hayabusagallery/

 

http://hayabusa.jaxa.jp/e/index.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


13 Juin 2010

Comètes SOHO : C/1997 S6, 1998 D1, 1999 R5, 1999 S8, 2001 W5, 2002 B4

 

Nouvelles du Ciel -

Photo : SOHO/LASCO

(NASA/ESA)

 

Six nouvelles comètes découvertes sur les images archivées prises par le satellite SOHO (SOHO-LASCO coronographe C3 ou C2) ont été mesurées et annoncées par la circulaire MPEC 2010-L60.

Toutes ces comètes appartiennent au groupe de Kreutz.

 

C/1997 S6 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/1998 D1 (SOHO) détectée par Michal Kusiak

C/1999 R5 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/1999 S8 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/2001 W5 (SOHO) détectée par Michal Kusiak

C/2002 B4 (SOHO) détectée par Michal Kusiak

 

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L60.html (MPEC 2010-L60)

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


10 Juin 2010

Une exoplanète observée dans sa course autour de son étoile

 

Crédit : ESO/A.-M. Lagrange

 

Pour la première fois, des astronomes ont été capables de suivre directement une exoplanète alors qu'elle se déplaçait d'un côté à l'autre de son étoile. Cette planète a de loin l'orbite la plus petite de toutes les exoplanètes observées de manière directe, se trouvant aussi proche de son étoile que Saturne l'est du Soleil. Les scientifiques pensent qu'elle pourrait s'être formée de la même manière que les planètes géantes du système solaire. Etant donné que l'étoile est très jeune, cette découverte prouve que les planètes géantes gazeuses peuvent se former dans des disques en seulement quelques millions d'années, une période relativement courte à l'échelle du temps cosmique.

 

Crédit : ESO/A.-M. Lagrange

 

Seulement âgée de 12 millions d'années environ, soit moins de 3% de l'âge du Soleil, Bêta Pictoris est 1,75 fois plus massive que notre étoile. Située à près de 60 années-lumière dans la constellation du Peintre, elle est l'un des exemples les plus connus d'étoile entourée d'un disque de débris de poussière [1]. De précédentes observations ont montré un gauchissement du disque, un disque secondaire incliné et des comètes tombant sur l'étoile. « Ces informations étaient indirectes, mais constituaient des signes très révélateurs, suggérant la très probable présence d'une planète massive et nos nouvelles observations le prouvent maintenant de manière définitive », indique la responsable de l'équipe, Anne-Marie Lagrange, directrice de recherche au CNRS et membre du Laboratoire d'Astrophysique de Grenoble (LAOG : CNRS, Université Joseph Fourier, OSUG-INSU). « Puisque l'étoile est très jeune, nos résultats montrent que les planètes géantes gazeuses peuvent se former dans les disques en seulement quelques millions d'années. »

 

De récentes observations ont indiqué que les disques autour de jeunes étoiles se dispersent en quelques millions d'années et que la formation de planètes géantes doit se produire plus rapidement que ce que l'on pensait. Bêta Pictoris est maintenant la preuve très claire que c'est effectivement possible.

 

L'équipe a utilisé l'instrument NACO-CONICA (ou NACO [2]), installé sur l'un des télescopes de 8,2 mètres du Very Large Telescope (VLT) de l'ESO, pour étudier l'environnement proche de Bêta Pictoris en 2003, 2008 et 2009. En 2003, une source faible a été détectée à l'intérieur du disque (eso0842), mais il n'était pas possible d'exclure de façon définitive la possibilité que cette source soit une étoile d'arrière-plan. Sur de nouvelles images obtenues en 2008 et au printemps 2009, la source avait disparu ! Les observations les plus récentes, prises à l'automne 2009, révèlent que l'objet se situe de l'autre côté du disque après une période de disparition derrière ou devant l'étoile (dans ce dernier cas, elle est invisible du fait de la lumière éblouissante de l'étoile). Ceci a permis de confirmer que la source était bien une exoplanète se déplaçant autour de son étoile, donnant ainsi des éléments pour déterminer la taille de son orbite.

 

Des images ont pu être prises pour une dizaine d'exoplanètes et la planète en orbite autour de Bêta Pictoris (nommée « Bêta Pictoris b ») a, de loin, la plus petite orbite. Elle est  située à une distance de son étoile comprise entre 8 et 15 fois la distance Terre-Soleil, soit entre 8 et 15 unités astronomiques, ce qui correspond à peu près à la distance qui sépare Saturne du Soleil. « La courte période de la planète nous permettra d'enregistrer son orbite complète d'ici probablement 15 à 20 ans et les futures études de Bêta Pictoris b fourniront des éléments très importants sur la physico-chimie de l'atmosphère d'une jeune exoplanète géante, » dit Mickael Bonnefoy, doctorant au LAOG.

 

La masse de l'exoplanète est équivalente à 9 fois celle de Jupiter. Elle a la bonne masse et se situe au bon endroit pour expliquer le gauchissement des parties intérieures du disque. Cette découverte présente certaines similitudes avec la prévision de l'existence de Neptune réalisée par Adams et Le Verrier au 19e siècle, à partir d'observations de l'orbite d'Uranus.

 

« Avec les exoplanètes trouvées autour des jeunes étoiles massives Fomalhaut et HR8799, l'existence de Bêta Pictoris b suggère que les « super-jupiter » pourraient être des sous-produits fréquents de la formation planétaire autour d'étoiles massives, » explique un autre scientifique de l'équipe, Gaël Chauvin, chargé de recherche au CNRS et membre du LAOG.

 

De telles planètes perturbent les disques autour de leurs étoiles, créant des structures qui seront aisément observables avec ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), le télescope révolutionnaire en cours de construction par l'ESO et ses partenaires internationaux.

 

Des images de quelques candidats planétaires ont été obtenues, mais ces planètes sont toutes situées plus loin de leur étoile hôte que ne l'est Bêta Pictoris b. Si nous étions dans le Système solaire, ces planètes se trouveraient à proximité ou au-delà de l'orbite de la planète la plus lointaine, Neptune. Les processus de formation de ces planètes distantes sont susceptibles d'être très différents de ceux qui ont eu lieu dans notre Système solaire et dans Bêta Pictoris.

 

« Les images récentes des exoplanètes – dont beaucoup ont été faites avec le VLT – illustrent la diversité des systèmes planétaires », déclare Anne-Marie Lagrange. « Parmi celles-ci, Bêta Pictoris b est le cas le plus prometteur d'une planète qui pourrait avoir été formée comme les planètes géantes du Système solaire. »

 

Notes

[1] Les disques de débris sont composés de poussière résultant des collisions entre les plus gros corps tels que les embryons planétaires ou les astéroïdes. Ils représentent une version à plus grande échelle de la poussière zodiacale de notre Système solaire. Le disque autour de Bêta Pictoris a été le premier à être photographié et nous savons maintenant qu'il s'étend sur plus de 1000 fois la distance Terre-Soleil.

 

[2] L'instrument NACO, installé au VLT de l'ESO au Chili, est une collaboration entre des instituts Français, Allemands et l'ESO. NACO est constitué d'un système d'optique adaptative et d'un spectro-imageur dans le proche infrarouge (NAOS-CONICA). Le dispositif d'optique adaptative a été développé sous la maîtrise d'œuvre de l'ONERA avec, notamment, le Laboratoire d'Etudes Spatiales et d'Instrumentation en Astrophysique (Observatoire de Paris, CNRS) et le LAOG (Observatoire des Sciences de l'Univers de Grenoble/INSU). Ce système compense la dégradation des images produite par la turbulence de l'atmosphère.

 

Plus d'informations

Cette recherche a été présentée dans un article publié cette semaine dans le journal « Science » (“A Giant Planet Imaged in the disk of the Young Star Beta Pictoris,” by A.-M. Lagrange et al.).

 

L'équipe est composée de : A.-M. Lagrange, M. Bonnefoy, G. Chauvin, D. Ehrenreich, D. Mouillet  du Laboratoire d'Astrophysique de Grenoble (CNRS, Université Joseph Fourier, OSUG/INSU - France) ; D. Apai du Space Telescope Institute (Baltimore, USA) ; A. Boccaletti, D. Gratadour, D. Rouan, S. Lacour du Laboratoire d'Etudes Spatiales et d'instrumentation en Astrophysique (Observatoire de Paris, CNRS, Université Pierre et Marie Curie, Université Paris Diderot) ; M. Kasper de l'ESO.

 

Liens

- Article scientifique

- En savoir plus sur les exoplanètes : Exoplanet media kit

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/press-rel/pr-2010/pr-24-10.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


10 Juin 2010

Les petits satellites de Saturne sont-ils les enfants des anneaux ?

 

Crédit : Cassini NASA/JPL/SSI

 

Les petits satellites. © AIM. CEA

A partir des observations effectuées avec la mission Cassini, une équipe d'astrophysiciens (Université Paris Diderot, CEA, CNRS, Université de Nice Sophia-Antipolis, Observatoire de la Côte d'Azur/INSU) a réalisé une simulation numérique des processus de formation des satellites de Saturne. Ils ont montré que ces satellites, pourtant bien distincts du système d'anneaux de la planète, en sont issus et poursuivent leur « accrétion », alors que leur formation, comme pour les planètes et les satellites du Système solaire, est réputée achevée depuis plusieurs milliards d'années. Ces travaux sont publiés dans la revue Nature du 10 juin.

 

La mission Cassini (NASA), en orbite autour de Saturne depuis 2004, observe à haute résolution la planète Saturne, ses satellites et son système d'anneaux. Situés juste à l'extérieur de la ceinture principale d'anneaux, une myriade de petits satellites - Pan, Atlas, Prométhée, Pandore, Janus, Epiméthée - peuvent être repérés par leurs formes allongées. Les anneaux denses de Saturne (découverts par Galilée) s'étendent de 70 000 km à 138000 km de la planète ; les satellites orbitent au-delà, entre 138 000 km et 150 000 km et sont donc bien distincts de ce système d'anneaux. Les satellites naturels des planètes du Système solaire, par exemple la Lune satellite de la Terre, Titan satellite de Saturne, se sont formés pendant le premier milliard d'années de son histoire, dont l'âge est estimé à 4,56 milliards d'années. Les processus de formation de ces planètes et de ces satellites seraient ainsi aujourd'hui achevés.

 

Petits satellites de Saturne photographiés par la mission Cassini.

© Cassini NASA/JPL/SSI Extrait de Porco et al., 2007.

 

Les observations permises par Cassini intriguent les scientifiques à double titre. D'une part, la myriade de petits satellites est actuellement relativement proche de Saturne, alors que leur distance à la planète doublerait tous les dix millions d'années environ par interaction avec les anneaux. Dans ce cas, comment pourraient-ils être aussi âgés que Saturne elle-même et se trouver à cette distance de la planète ? D'autre part, ils restent très brillants, d'une couleur spectrale proche de celle des anneaux, qui sont constitués de glace d'eau très réfléchissante ; or ils devraient subir le bombardement météoritique qui noircit les surfaces de corps du Système solaire.

 

Pour être si « propres » et si proches des anneaux, les satellites doivent-être beaucoup plus jeunes. Quelle est leur origine ? Comment se sont-ils formés ?

 

L'étude menée par des astrophysiciens du laboratoire d'Astrophysique, Instrumentalisation-Modélisation (CEA-Irfu, CNRS/INSU, Université de Paris Diderot), du laboratoire Cassiopée (Université de Nice Sophia-Antipolis, Observatoire de la Côte d'Azur/INSU, CNRS) et du Department of Applied Mathematics and Theoretical Physics de l'University of Cambridge, permet d'éclaircir ce mystère. Grâce à une simulation numérique modélisant l'évolution fluide des anneaux et la couplant aux processus de formation des satellites, ils ont montré que les petits satellites de Saturne sont en fait constitués du matériau-même des anneaux de Saturne, qui s'est spontanément étalé vers l'extérieur.

 

D'une certaine manière, ils sont en fait des « bouts » d'anneaux condensés en agrégats, il y a quelques millions ou dizaines de millions d'années seulement. En effet, les anneaux de Saturne, comme tout disque astrophysique, s'étalent sous l'effet de leur viscosité. Les intenses forces de marées -c'est-à-dire les interactions entre la planète et les anneaux- maintiennent les anneaux stables. Au-delà d'une certaine distance, ils deviennent instables et se condensent spontanément en agrégats. La zone de transition s'appelle « la limite de Roche », et se trouve justement aux alentours de 138 000 km, là où les anneaux principaux s'arrêtent et où l'on commence à trouver des satellites. Quand les anneaux s'étalent et franchissent cette frontière, des agrégats de matière se forment en quelques centaines d'heures. Ces petits agrégats se rencontrent et peuvent former des corps plus gros. Les chercheurs ont montré que ce processus rendait compte à la fois des masses, des tailles mais aussi de l'organisation orbitale des petits satellites de Saturne. Ce processus très lent, toujours à l'œuvre au bord externe des anneaux, explique également la faible densité et la composition chimique des satellites, proche de celle des anneaux.

 

Visualisation de la formation des petits satellites grâce à la simulation numérique. © CEA.

 

Le bord des anneaux de Saturne (anneau A) à 138700 km, l'anneau F riche en poussières et le satellite Prométhée. © Cassini NASA/JPL/SSI.

« Ce nouveau mécanisme de formation de satellites pourrait avoir d'autres applications ailleurs dans le Système solaire : notre Lune se serait formée de manière très similaire par exemple, à partir du disque proto-lunaire», indique Sébastien Charnoz, du laboratoire AIM Paris Saclay[1]. « Ces travaux montrent que les processus de formation de nouveaux objets ne sont pas achevés dans le Système solaire, et qu'au bord des anneaux principaux de Saturne[2], en ce moment même, des corps sont en train de naitre. » Le même processus explique également l'origine de l'anneau F de Saturne. Riche en poussières et situé juste au-delà des anneaux principaux (à 3 000 km), il se trouve entre les orbites de Prométhée et Pandore, deux des petits satellites. Cet anneau très dynamique ne serait autre que la signature « poussiéreuse » de ce processus. Même si l'anneau F pourrait avoir toujours existé (car régulièrement réalimenté en petites lunes régulièrement formées), le matériau dont il est constitué ne doit pas avoir plus de dix millions d'années.

 

Film présentant la simulation numérique

 

Note :

[1] Laboratoire AIM : Laboratoire d'Astrophysique, Instrumentalisation-Modélisation (CEA-Irfu, CNRS/INSU, Université de Paris Diderot)

 

[2] Les anneaux de Saturne se composent d'une zone dense, avec en s'éloignant de la planète les anneaux D, C, B, A qui sont très brillants et des ceintures de poussières, les anneaux F, G, E, situés à des distances à Saturne comprises entre 140 000 et plus de 400 000 km.

 

Référence : 

"Recent origin of Saturn's moonlets and F-ring from rings viscous spreading". Sébastien CHARNOZ, Julien SALMON, Aurélien CRIDA. Nature, 10/06/2010.

 

Source : communiqué de presse CEA - INSU http://www.insu.cnrs.fr/co/ama09/les-petits-satellites-de-saturne-sont-ils-les-enfants-des-anneaux

 

http://irfu.cea.fr/Sap/Phocea/Vie_des_labos/Ast/ast.php?t=actu&id_ast=2836

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


09 Juin 2010

Comète P/2010 L1 (WISE)

 

Nouvelles du Ciel

 

A. Mainzer (JPL) a rapporté la découverte d'une nouvelle comète le 02 Juin 2010 dans le cadre de la mission WISE (Wide-field Infrared Survey Explorer). Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, la nature cométaire de l'objet a été confirmée par J. V. Scotti, T. H. Bressi (LPL/Spacewatch II), R. Miles (Haleakala-Faulkes Telescope North), et J. V. Scotti, J. A. Larsen, R. S. McMillan, G. Bechetti (Kitt Peak).

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète P/2010 L1 (WISE) indiquent un passage au périhélie le 04 Février 2010 à une distance d'environ 2,1 UA du Soleil, et une période d'environ 7,9 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L46.html (MPEC 2010-L46)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 04 Février 2010 à une distance d'environ 2,1 UA du Soleil, et une période d'environ 8,1 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10N61.html (MPEC 2010-N61)

 

P/2010 L1 = 2002 Q16 (WISE) :

Rob Matson a identifié la comète P/2010 L1 sur les images prises les 27 Août, 04, 11 et 12 Septembre 2002 dans le cadre de la surveillance NEAT (Palomar Mountain). La comète a reçu par conséquent la désignation de P/2002 Q16. Les éléments orbitaux indiquent que la comète P/2002 Q16 était passée au périhélie le 10 janvier 2002 à une distance d'environ 2.1 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10R23.html (MPEC 2010-R23)

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/2010 L1 = 2002 Q16 (WISE) a reçu la dénomination définitive de 245P/WISE en tant que 245ème comète périodique numérotée.

http://scully.cfa.harvard.edu/~cgi/ReturnPrepEph?d=c&o=0245P

 

Les Grands Chasseurs de Comètes 

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


09 Juin 2010

Comètes SOHO : C/2009 S9, S10, S11, S12, T4, T5, T6, T7, T8, T9, T10, T11, T12, T13, U7, U8, U9, U10, U11, U12

 

Nouvelles du Ciel -

Photo : SOHO/LASCO

(NASA/ESA)

 

Vingt nouvelles comètes découvertes sur les images archivées prises par le satellite SOHO (SOHO-LASCO coronographe C3 ou C2) ont été mesurées et annoncées par les circulaires MPEC 2010-L42, MPEC 2010-L43, MPEC 2010-L44 et MPEC 2010-L45.

Toutes ces comètes appartiennent au groupe de Kreutz, sauf les comètes C/2009 S9 et C/2009 U7 qui appartiennent au groupe de Meyer, la comète C/2009 T12 qui appartient au groupe de Marsden et la comète C/2009 U10 qui n'appartient à aucun groupe connu.

 

C/2009 S9 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 S10 (SOHO) détectée par Masanori Uchina

C/2009 S11 (SOHO) détectée par Zhijian Xu

C/2009 S12 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L42.html (MPEC 2010-L42)

 

C/2009 T4 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/2009 T5 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/2009 T6 (SOHO) détectée par Zhijian Xu

C/2009 T7 (SOHO) détectée par Michal Kusiak

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L43.html (MPEC 2010-L43)

 

C/2009 T8 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 T9 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 T10 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 T11 (SOHO) détectée par Shihong Yuan

C/2009 T12 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 T13 (SOHO) détectée par Zhijian Xu

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L44.html (MPEC 2010-L44)

 

C/2009 U7 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 U8 (SOHO) détectée par Zhijian Xu

C/2009 U9 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 U10 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 U11 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 U12 (SOHO) détectée par Michal Kusiak

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L45.html (MPEC 2010-L45)

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


08 Juin 2010

Un Nouveau Télescope National à La Silla : TRAPPIST, pour explorer le ciel à la découverte d'exoplanètes et de comètes

 

La nébuleuse de la Tarentule - Crédit : TRAPPIST/E. Jehin/ESO

 

La nébuleuse de la Tarentule - Crédit : TRAPPIST/E. Jehin/ESOUn nouveau télescope robotisé a obtenu sa première lumière à l'Observatoire de l'ESO à La Silla, au Chili. TRAPPIST, pour TRAnsiting Planets and PlanetesImals Small Telescope (Petit Télescope pour les Transits de Planètes et les Planétésimaux) est dédié à l'étude des systèmes planétaires en utilisant deux approches : la détection et caractérisation de planètes situées hors du système solaire (exoplanètes) et l'étude des comètes en orbite autour du Soleil. Le télescope de 60 cm est exploité à partir d'une salle de contrôle située à Liège, en Belgique, à 12.000 km de là.

 

« Les deux thèmes du projet TRAPPIST sont des éléments importants d'un nouveau domaine de recherche interdisciplinaire émergent – l'astrobiologie - qui vise à étudier l'origine et la distribution de la vie dans l'Univers», explique Michaël Gillon, qui est en charge de l'étude des exoplanètes.

 

« Les planètes telluriques semblables à la Terre sont des cibles évidentes pour la recherche de la vie hors du système solaire, tandis que les comètes sont soupçonnées d'avoir joué un rôle important dans l'apparition et le développement de la vie sur notre planète», ajoute son collègue Emmanuël Jehin, qui dirige la partie cométaire du projet.

 

Le télescope TRAPPIST permettra de détecter et de caractériser les exoplanètes en effectuant des mesures de haute précision de “baisses de luminosité” qui pourraient éventuellement être causées par les transits d'une exoplanète. Au cours d'un de ces transits, la luminosité de l'étoile observée diminue légèrement, car la planète bloque une partie de la lumière provenant de l'étoile. Plus la planète est grande, plus la fraction de lumière bloquée est importante et plus la luminosité de l'étoile diminue [1].

 

« L'Observatoire de La Silla de l'ESO, situé à la périphérie du désert d'Atacama, est certainement l'un des meilleurs sites astronomiques au monde», précise Michaël Gillon. "Et comme ce site héberge déjà deux superbes chasseurs d'exoplanètes, nous n'aurions pas pu trouver meilleur endroit pour installer notre télescope robotisé ».

 

Les astronomes à l'origine du projet TRAPPIST travailleront en étroite collaboration avec les équipes qui utilisent deux autres instruments de La Silla : l'instrument HARPS installé au télescope de 3,6 mètres et l'instrument CORALIE attaché au télescope Suisse Leonhard Euler de 1,2 mètre. TRAPPIST est une collaboration entre l'Université de Liège et l'Observatoire de Genève, en Suisse. Le télescope est installé dans le bâtiment qui abritait le vieux télescope Suisse T70. Grâce à cette collaboration, l'ensemble du projet est sur un mode de développement rapide : il n'a fallu que deux ans entre la prise de décision de la construction et la première lumière.

 

TRAPPIST sera également utilisé pour l'étude des comètes visibles depuis l'hémisphère sud. Dans ce but, le télescope est équipé de filtres spéciaux de grande taille et de haute qualité pour les observations cométaires, permettant aux astronomes d'étudier régulièrement et en détail l'éjection de plusieurs types de molécules par les comètes lors de leur voyage autour du Soleil.

 

« Avec des douzaines de comètes observées chaque année, nous allons obtenir un jeu de données unique, qui apportera des informations importantes sur leur nature », précise Emmanuël Jehin.

 

TRAPPIST est un télescope robotique léger de 60 cm, entièrement automatisé avec un suivi rapide très précis sur le ciel. Le programme d'observation est préparé à l'avance et le télescope peut effectuer une nuit entière d'observations sans surveillance. Une station météorologique surveille la météo en continu et décide de fermer le dôme si nécessaire.

 

Note

[1]  Un transit planétaire se produit quand un corps céleste passe devant son étoile-hôte et bloque une partie de la lumière de l'étoile. Ce type d'éclipse provoque des changements dans la luminosité apparente de l'étoile et permet de mesurer le diamètre de la planète. Combiné avec des mesures de vitesse radiale, il permet aussi d'en déduire la masse et, par conséquent, la densité de la planète.

 

Plus d'informations

TRAPPIST (TRAnsiting Planets and PlanetesImals Small Telescope) est un projet mené par le Département d'Astrophysique, de Géophysique et d'Océanographie (AGO) de l'Université de Liège (Belgique), en étroite collaboration avec l'Observatoire de Genève (Suisse). TRAPPIST est principalement financé par le Fond Belge pour la Recherche Scientifique (FNRS), avec la participation de la Fondation Nationale Suisse pour la Science (FNS).

 

L'équipe est composée de Emmanuël Jehin, Michaël Gillon, Pierre Magain, Virginie Chantry, Jean Manfroid et Damien Hutsemékers (Universitée de Liège, Belgique) et Didier Queloz et Stéphane Udry (Observatoire de Genève, Suisse).

 

Le nom TRAPPIST a été donné au télescope pour rappeler l'origine belge du projet. En effet les bières des Trappistes sont de renommée mondiale et sont majoritairement belges. De plus, elles sont très appréciées par les membres de l'équipe !

 

Liens

La page internet TRAPPIST est: http://arachnos.astro.ulg.ac.be/Sci/Trappist/

Press Kit Exoplanet

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/press-rel/pr-2010/pr-23-10.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

La Terre et la Lune se sont formées plus tard qu'on le pensait auparavant : La Terre et la Lune ont été créées à la suite d'une collision géante entre deux planètes de la taille de Mars et de Vénus. Jusqu'à présent on pensait que ceci s'était produit quand le Système solaire était âgé de 30 millions d'années ou il y a approximativement 4,537 milliards d'années. Mais la nouvelle recherche du Niels Bohr Institute montre que la Terre et la Lune ont dû se former beaucoup plus tard -- peut-être jusqu'à 150 millions d'années après la formation du Système solaire. Les résultats de la recherche ont été publiés dans le journal scientifique, Earth and Planetary Science Letters.

 


07 Juin 2010

Comètes C/2010 E6 (STEREO), C/2009 R3, 2009 R4, 2009 R5 (SOHO), C/2009 S5, 2009 S6, 2009 S7, 2009 S8 (SOHO)

 

Nouvelles du Ciel -

Photo : SOHO/LASCO

(NASA/ESA)

 

Huit nouvelles comètes découvertes sur les images archivées prises par le satellite SOHO (SOHO-LASCO coronographe C3 ou C2) ou par les satellites STEREO-A (STEREO-SECCHI instruments HI1-A et COR2-A) et STEREO-B (STEREO-SECCHI instrument COR2-B) ont été mesurées et annoncées par les circulaires MPEC 2010-L19, MPEC 2010-L20 et MPEC 2010-L21.

Toutes ces comètes appartiennent au groupe de Kreutz.

 

C/2010 E6 (STEREO) détectée par Alan Watson

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L19.html (MPEC 2010-L19)

 

C/2009 R3 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 R4 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

C/2009 R5 (SOHO) détectée par Jiangao Ruan

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L20.html (MPEC 2010-L20)

 

C/2009 S5 (SOHO) détectée par Bo Zhou

C/2009 S6 (SOHO) détectée par Michal Kusiak

C/2009 S7 (SOHO) détectée par Rob Matson

C/2009 S8 (SOHO) détectée par Michal Kusiak

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L21.html (MPEC 2010-L21)

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


05 Juin 2010

Comète P/2010 K2 (WISE)

 

Nouvelles du Ciel

 

Un objet ayant l'apparence d'un astéroïde, découvert le 27 Mai 2010 dans le cadre de la mission WISE (Wide-field Infrared Survey Explorer) a révélé sa nature cométaire après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center. Jim V. Scotti (LPL/Spacewatch II) et Alan C. Gilmore et Pamela M. Kilmartin (Mount John Observatory, Lake Tekapo) ont noté une petite chevelure dans leurs images de suivi. Un examen supplémentaire des images 12 microns de WISE a également montré une chevelure et une queue.

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète P/2010 K2 (WISE) indiquent un passage au périhélie le 07 Juillet 2010 à une distance d'environ 1,2 UA du Soleil, et une période d'environ 5,1 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L17.html (MPEC 2010-L17)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 07 Juillet 2010 à une distance d'environ 1,2 UA du Soleil, et une période d'environ 4,9 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10L76.html (MPEC 2010-L76)

http://www.minorplanetcenter.org/iau/Ephemerides/Comets/2010K2.html

 

Les Grands Chasseurs de Comètes 

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

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Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

Oui, la vie sur Mars est possible : Des chercheurs du Département des sciences des ressources naturelles de McGill, du Conseil national de recherches du Canada, de l'Université de Toronto et de l'Institut SETI ont découvert que des bactéries dévoreuses de méthane peuvent survivre dans une source d'eau unique en son genre située sur l'Île Axel Heiberg, dans le Haut-Arctique canadien. Le professeur Lyle Whyte, microbiologiste à l'Université McGill, explique que la source de Lost Hammer est comparable à celles qui peuvent exister ou qui ont existé sur Mars, et qu'elle abrite une flore microbienne laissant penser que cela pourrait également le cas de sources comparables présentes à la surface de la Planète rouge.

 

Des roches carbonatées identifiées sur Mars. De nouvelles données sur Mars fournies par le Mars Spirit Rover de la NASA confirment la présence de grandes quantités de roches carbonatées, indiquant ainsi des régions qui ont pu avoir de l'eau autrefois. Les carbonates sont un indice de conditions de pH neutre où ils se forment en présence d'eau et du gaz carbonique de l'atmosphère. Si ces conditions ont été réunies, elles ont pu former un environnement favorable à la vie. Les traces géologiques de carbonates sur Mars ont été rares jusqu'à présent. Maintenant, Richard Morris et ses collègues présentent des données sur une zone riche en carbonates située dans de petites collines du cratère Gusev sur Mars. Le minéral riche en magnésium et en fer s'est probablement formé il y a longtemps par précipitation à partir d'eaux chaudes résiduelles issues de magmas qui avaient traversé des dépôts carbonatés.

 

La Terre vue de l'Espace : l'Islande a arrêté de fumer : L'image prise par Envisat nous présente une Islande qui ne fume plus. Bien que l'île ait été ces derniers mois au centre de toutes les attentions principalement pour son activité volcanique, elle est également réputée pour ses nombreux glaciers, ses lacs, ses champs de lave et ses sources chaudes.

 


 

Belle coïncidence : le jour même où un article basé sur les observations de l'instrument WFC3 (Wide Field Camera 3) d'Hubble est publié sur l'évémenent impact survenu en 2009 sur Jupiter, les astronomes amateurs Anthony Wesley d'Australie et Christopher Go des Philippines ont indépendamment observé un nouvel impact sur Jupiter. L'événement s'est produit à 20h30 UTC le 03 Juillet 2010 et a produit un brillant flash de lumière dans le haut des nuages de la planète géante.

Un court film obtenu par Christopher Go est déjà visible et Anthony Wesley a également mis en ligne une vidéo de l'impact sur son site.

 

Raymond Wilson, concepteur de télescopes à l'ESO, reçoit le prestigieux Prix Kavli pour l'astrophysique : Raymond Wilson, dont les recherches innovantes en optique à l'ESO ont rendu possible la réalisation des télescopes géants d'aujourd'hui, grâce à la technologie de l'optique active, a reçu le Prix Kavli 2010 en astrophysique. R. Wilson, fondateur et responsable originel du Groupe Optique et Télescopes à l'ESO, partage le prix d'un million de dollars avec deux scientifiques américains Jerry Nelson et Roger Angel.

 

Mars : 520 jours d'isolement pour simuler un vol vers la planète rouge. Six volontaires venus d'Europe, de Chine et de Russie sont enfermés depuis le matin du 03 Juin 2010 à 11h49 CET dans un module, pour simuler pendant plus de 500 jours une mission martienne. Une expérience qui a pour but d'étudier les effets psychologiques et physiques d'un aussi long confinement. La simulation baptisée Mars-500 a débuté vers 10h00 GMT à l'Institut des problèmes médicaux-biologiques (IBMP) de Moscou. Les européens Diego Urbina et Romain Charles, les russes Sukhrob Kamolov, Alexey Sitev, Alexandr Smoleevskiy et Mikhail Sinelnikov, et le chinois Wang Yue se sont laissés enfermer dans un module où ils vivront isolés du reste du monde. Ce voyage fictif sera divisé en trois parties : 250 jours pour l'aller, une mission de 30 jours dans un autre module qui imite le sol de la planète rouge, puis 240 jours pour le retour sur Terre. Organisée par l'IBMP et l'Agence spatiale européenne (Esa), la simulation de vol a pour but d'étudier les effets de l'isolement et de l'absence de lumière du jour, mais aussi la restriction des contacts humains que subiront les astronautes qui iront un jour sur Mars.

 


03 Juin 2010

Les images de Hubble suggèrent qu'un astéroïde rocheux a percuté Jupiter

 

Crédit : NASA, ESA, M. H. Wong (University of California, Berkeley), H. B. Hammel (Space Science Institute, Boulder, Colo.), I. de Pater (University of California, Berkeley), and the Jupiter Impact Team

 

Sans avertissement, un objet mystérieux a heurté Jupiter le 19 Juillet 2009, laissant une contusion foncée de la taille de l'Océan Pacifique. La tache a attiré en premier l'attention d'un astronome amateur en Australie, et bientôt, des observatoires autour du monde, dont le télescope spatial Hubble, ont visé la tache inattendue. Les astronomes avaient été témoin de ce genre d'événement cosmique auparavant. Des cicatrices semblables avaient été laissées pendant une semaine en Juillet 1994, lorque plus de 20 morceaux de la comète P/Shoemaker-Levy 9 (SL9) ont plongé dans l'atmosphère de Jupiter. L'impact de 2009 s'est produit au cours de la même semaine, 15 ans après.

 

Crédit : NASA, ESA, M. H. Wong (University of California, Berkeley), H. B. Hammel (Space Science

Institute, Boulder, Colo.), I. de Pater (University of California, Berkeley), and the Jupiter Impact Team

 

Cette image de Hubble du disque complet de Jupiter, prise le 23 Juillet 2009, a révélé une tache ovale et foncée en bas à droite (à l'intérieur de la boîte rectangulaire). La tache imprévue a été créée quand un objet inconnu a plongé dans Jupiter et a éclaté, dispersant des débris dans le haut des nuages de la planète géante. L'attaque était égale à l'explosion de quelques milliers de bombes nucléaires classiques. La série d'images en plan rapproché à la droite, prise entre le 23 Juillet 2009 et le 03 Novembre 2009, montrent l'emplacement de l'impact disparaissant rapidement. Les vents de Jupiter propagent également les débris dans des remous complexes. Les images en couleurs naturelles sont des compositions faites à partir d'expositions séparées en lumière bleue, verte et rouge. Les astronomes qui ont comparé les images de Hubble des deux collisions (en 1994 et 2009) disent que le coupable de l'événement de 2009 pourrait être un astéroïde d'environ 500 mètres de large. Les images peuvent, par conséquent, montrer pour la première fois la conséquence immédiate d'un astéroïde, plutôt qu'une comète, heurtant une autre planète.

 

http://hubblesite.org/newscenter/archive/releases/2010/16/

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Retour sur Terre de l'Expédition 23 : Le commandant de l'Expédition 23 Oleg Kotov et les ingénieurs de vols Timothy J. Creamer et Soichi Noguchi ont atterri à bord du vaisseau spatial Soyuz-17 à l'est de Dzhezkazgan, au Kazakhstan, mardi 02 Juin à 03h24 UTC, concluant un séjour de cinq mois et demi à bord de la Station Spatiale Internationale.

 


01 Juin 2010

Un zoo cosmique dans le Grand Nuage de Magellan

 

Crédit : Robert Gendler/ESO

 

Dans leur quête de compréhension de l'Univers les astronomes tournent souvent leurs télescopes vers le Grand Nuage de Magellan, une des galaxies les plus proches de notre Voie Lactée. Cette nouvelle image spectaculaire prise avec la caméra grand champ WFI (Wide Field Imager) à l'Observatoire La Silla de l'ESO au Chili, montre une ménagerie céleste composée de différents objets d'une partie du Grand Nuage, allant des vastes amas globulaires aux restes laissés par des explosions éblouissantes de supernovae. Cette observation fascinante fournit des données pour une large variété de projets de recherche apportant un éclairage sur la vie et la mort des étoiles et l'évolution des galaxies.

 

Le Grand Nuage de Magellan se situe à seulement 160.000 années-lumière de la Voie Lactée – ce qui est très proche à l'échelle cosmique. Cette proximité en fait une cible très importante, car il peut être étudié de manière beaucoup plus détaillée que des systèmes plus distants. Le Grand Nuage de Magellan se trouve dans la constellation de la Dorade, au cœur du ciel austral et bien situé pour les observations depuis les observatoires de l'ESO au Chili. C'est une des galaxies qui constituent le groupe local entourant la Voie Lactée [1]. Bien qu'énorme à l'échelle humaine, le Grand Nuage de Magellan a une masse inférieure à un dixième de notre Galaxie et s'étend sur seulement 14.000 années-lumière alors que la Voie Lactée s'étend sur environ 100.000 années-lumière. Les astronomes le considèrent comme une galaxie naine irrégulière [2]. Ses irrégularités, combinées à sa barre d'étoiles centrale proéminente, suggèrent aux astronomes que les effets de marées avec la Voie Lactée et son compagnon du groupe local, le Petit Nuage de Magellan, pourraient avoir transformé sa forme de galaxie barrée classique en sa forme actuelle, plus chaotique.

 

Le Grand Nuage de Magellan dans son ensemble avec annotations - Crédit : Robert Gendler/ESO

[+] Cliquez sur l'image pour une version agrandie

 

Cette image est une mosaïque de quatre photos prises avec la caméra WFI au foyer du télescope de 2,2 mètres de diamètre MGP/ESO à l'Observatoire de La Silla au Chili. L'image couvre une région du ciel plus grande que quatre fois la surface de la pleine Lune. Le grand champ de cette caméra lui permet de voir une très large gamme d'objets dans le Grand Nuage de Magellan sur une seule image, bien qu'une petite partie seulement de la galaxie entre dans ce grand champ. Des douzaines d'amas de jeunes étoiles peuvent être observés tout comme des traces de nuages de gaz rougeoyant. Un nombre très important d'étoiles peu lumineuses emplit l'image d'un bout à l'autre et en arrière-plan, d'autres galaxies, bien plus lointaines que le Grand Nuage de Magellan, sont visibles.

 

Les amas globulaires sont de véritables collections de centaines de milliers à des millions d'étoiles maintenues ensemble par la gravité dans une forme pratiquement sphérique de quelques années-lumière de large. De nombreux amas sont en orbite autour de la Voie Lactée. Ce sont pour la plupart de vieux amas, âgés de plus de dix milliards d'années et composés majoritairement de vieilles étoiles rouges. Le Grand Nuage de Magellan contient également des amas globulaires et l'un d'entre eux, un amas d'étoiles blanc ovale et flou est visible dans la partie médiane supérieure de l'image. Il s'agit de NGC 1978, un amas globulaire particulièrement massif. Contrairement à la plupart des amas globulaires, NGC 1978 est supposé n'avoir que 3,5 milliards d'années. La présence de ce type d'objets laisse penser aux astronomes que le Grand Nuage de Magellan a eu une période de formation stellaire active plus récente que la Voie Lactée.

 

Le Grand Nuage de Magellan a donc été une région de formation stellaire intense, mais c'est aussi un des endroits où de nombreuses étoiles sont mortes de manière spectaculaire dans des explosions éblouissantes de supernovae. En haut à droite de l'image on peut voir les restes d'une de ces supernovae, un fin nuage à la forme étrange appelé DEM L 190, également souvent appelé N 49. Ce nuage géant de gaz rayonnant est le vestige de supernova le plus lumineux dans le Grand Nuage et s'étend sur environ 30 années-lumière. Au centre, là où autrefois l'étoile a rayonné, se trouve aujourd'hui un magnétar, une étoile à neutrons avec un champ magnétique extrêmement puissant. Ce n'est qu'en 1979 que les satellites en orbite autour de la Terre ont détecté de puissants sursauts gamma provenant de cet objet, attirant l'attention sur les propriétés externes de cette nouvelle classe d'étoile exotique née des explosions de supernovae.

 

Cette partie du Grand Nuage de Magellan est remplie d'amas d'étoiles et d'autres objets que les astronomes peuvent explorer durant toute leur vie. Avec autant d'activité, il est facile de comprendre pourquoi les astronomes sont si passionnés par l'étude des étranges créatures de ce merveilleux zoo.

 

Notes

[1] http://en.wikipedia.org/wiki/Local_Group

 

[2] http://en.wikipedia.org/wiki/Galaxy_morphological_classification

 

En savoir plus sur le Grand Nuage de Magellan : http://en.wikipedia.org/wiki/Large_Magellanic_Cloud

L'image de Robert Gendler du Grand Nuage de Magellan : http://www.robgendlerastropics.com/LMCmosaic.html

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/press-rel/pr-2010/pr-21-10.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

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