Nouvelles du Ciel de Février 2020

 

 

 

Les Titres

 

Au-delà du bord, le halo de la Galaxie du Sombrero suggère un passé turbulent [20/02/2020]

Comètes C/2020 B2 (Lemmon), C/2020 B3 (Rankin) [15/02/2020]

Les télescopes de l'ESO scrutent la baisse de luminosité de surface de l'étoile Bételgeuse [14/02/2020]

ALMA capture les magnifiques images d'un combat stellaire [05/02/2020]

Comètes P/2019 X2 (PANSTARRS), C/2020 A2 (Iwamoto), C/2020 A3 (ATLAS) [24/01/2020]

Les astronomes révèlent l'origine interstellaire de l'une des briques du Vivant [15/01/2020]

 

 

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CALENDRIER ASTRONOMIQUE 2020 de Guillaume CANNAT

 

 

L'astronomie est l'une des sciences les plus spectaculaires. Les images réalisées avec les meilleurs instruments nous permettent de visiter le Système solaire, de plonger au cœur des nébuleuses où naissent de nouvelles étoiles, de survoler les majestueuses spirales galactiques, d'assister aux plus belles éruptions solaires ou d'admirer notre planète.

 

Ce calendrier astronomique rassemble 12 nouvelles images exceptionnelles sélectionnées et commentées par Guillaume Cannat, l'auteur du Guide du Ciel, du Ciel à l'œil nu et du blog Autour du Ciel.

 

Ces 12 photographies à couper le souffle ont été réalisées avec les meilleurs instruments professionnels terrestres et spatiaux, mais également par des amateurs talentueux. Elles sont imprimées à haute résolution en très grand format sur un papier couché épais pour garantir la plus belle reproduction possible.

 

Chaque mois, un calendrier annotable indique les dates des principaux phénomènes célestes : phases de la Lune, positions des planètes, éclipses, conjonctions, saisons, essaims d'étoiles filantes, etc.

 

- ISBN : 979-10-90238-29-9

- 24 pages

- 35 x 29 cm, soit 35 x 58 cm déplié 

 

Le Calendrier Astronomique 2020 est diffusé par GEODIF/SODIS.

 

... à découvrir sur le site d'amds !

 

LE CIEL A L'OEIL NU EN 2020 de Guillaume CANNAT

18e édition

 

 

Le Ciel à l'œil nu est l'ouvrage de référence des observateurs du ciel. Il vous guide en ville et en pleine nature pour pratiquer le plus simplement du monde l'une des plus vieilles activités humaines : l'observation du ciel étoilé, des planètes et de la Lune.

 

Cette dix-huitième édition est truffée de récits d'observations et de conseils, saupoudrée de rappels mythologiques sur les constellations, épicée d'informations encyclopédiques sur les planètes et les étoiles et d'idées pour observer ou photographier facilement les plus beaux rendez-vous entre les planètes, le Soleil et la Lune visibles de janvier à décembre 2020.

 

Un cahier pratique réunit en début d'ouvrage toutes les informations dont vous avez besoin pour observer le ciel ou choisir votre premier instrument ; nouvelles tables d'orientation de la Grande Ourse et d'Orion.

 

Avec le site web associé à ce guide, vous pouvez obtenir des informations complémentaires, des cartes du ciel à imprimer, des images des astres à haute résolution et des liens directs vers les sites utiles pour votre pratique quotidienne du loisir astronomique.

 

150 illustrations, schémas photographiques, cartes du ciel, images inédites.

 

 

Guillaume Cannat observe et fait observer le ciel depuis plus de 40 ans. Il est l'auteur de plus de cinquante ouvrages sur l'astronomie et il tient le blog Autour du Ciel sur lemonde.fr. L'Union astronomique internationale a nommé une petite planète 22512 Cannat en reconnaissance de son travail de vulgarisation.

 

- Le Ciel à l'œil nu en 2020

- 144 pages
- Format 17 x 24 cm

- ISBN : 979-10-90238-27-5

 

Le Ciel à l'œil nu en 2020 est diffusé par GEODIF/SODIS

 

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LE GUIDE DU CIEL 2019-2020 de Guillaume CANNAT

 

25e édition

 

LE GUIDE DU CIEL est la référence des observateurs du ciel depuis 25 ans !

 

Tout ce qu'il faut savoir pour observer le ciel entre le 1er juin 2019 et le 30 juin 2020

 

Une mise à jour intégrale avec des pages de synthèse et une série de gros plans sur les plus importants phénomènes astronomiques des mois couverts par cette édition, les planètes et une sélection d'objets du ciel profond.

 

Et toujours autant de rendez-vous quotidiens pour suivre le ciel heure par heure...

 

- Parution : mai 2019

- Couverture souple pelliculée avec rabats, cahiers cousus et collés

- 17 x 24 cm, 352 pages

- Plus de 500 schémas, cartes célestes et photographies

- Imprimé intégralement en couleurs

- 25e édition

 

LE GUIDE DU CIEL 2019-2020
l'ouvrage le plus complet pour vivre votre passion des astres au quotidien !

 

Le Guide du Ciel est un ouvrage de 352 pages (format 17 x 24 cm, broché, couverture souple pelliculée avec rabats, cahiers cousus et collés, reliure particulièrement résistante) qui rassemble dans un seul volume toutes les données dont vous pourriez avoir besoin tout au long de l'année pour préparer vos observations.

 

Contrairement aux tablettes et autres portables, il est équipé d'une batterie en papier de très longue durée qui ne vous laissera jamais tomber sur le terrain au beau milieu de la nuit... et il a toujours du réseau !

 

Vous pouvez pré-commander en souscription votre exemplaire du GUIDE DU CIEL 2019-2020 en cliquant ici...

 

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LE CIEL A L'OEIL NU EN 2019 de Guillaume CANNAT

17e édition

 

Le Ciel à l'œil nu est l'ouvrage de référence des observateurs du ciel. Il vous guide en ville et en pleine nature pour pratiquer le plus simplement du monde l'une des plus vieilles activités humaines : l'observation du ciel étoilé, des planètes et de la Lune.

 

Cette dix-septième édition est truffée de conseils, saupoudrée de rappels mythologiques sur les constellations, épicée d'informations encyclopédiques sur les planètes et les étoiles et d'idées pour observer ou photographier facilement les plus beaux rendez-vous entre les planètes, le Soleil et la Lune visibles de janvier à décembre 2019.

 

Un cahier réunit en début d'ouvrage toutes les informations dont vous avez besoin pour observer le ciel ou choisir votre premier instrument.

 

Avec le site web associé à ce guide, vous pouvez obtenir des informations complémentaires, des cartes du ciel à imprimer, des images des astres à haute résolution et des liens directs vers les sites utiles pour votre pratique quotidienne du loisir astronomique.

 

150 illustrations, schémas photographiques, cartes du ciel, images inédites.

 

Guillaume Cannat observe et fait observer le ciel depuis plus de 40 ans. Il est l'auteur de plus de cinquante ouvrages sur l'astronomie et il tient le blog Autour du Ciel sur lemonde.fr. L'Union astronomique internationale a nommé une petite planète 22512 Cannat en reconnaissance de son travail de vulgarisation.

 

- Le Ciel à l'œil nu en 2019

- 144 pages
- Format 17 x 24 cm

- ISBN : 979-10-90238-24-4

 

La collection « Le Ciel à l'oeil nu » a reçu le prix spécial du jury du Festival d'Astronomie de Haute-Maurienne-Vanoise

 

Le Ciel à l'œil nu en 2019 est diffusé par GEODIF/SODIS

 

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Archives des Nouvelles du Ciel

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2020 CD3 : Objet capturé temporairement (MPEC 2020-D104)

Les intégrations d'orbite (Gray, Project Pluto; Micheli, ESA NEO Coordination Centre; Naidu, CNEOS; et Spoto, MPC) indiquent que cet objet est temporairement lié à la Terre. Aucune preuve de perturbations dues à la pression du rayonnement solaire est observée, et aucun lien avec un objet artificiel connu n'a été trouvé. D'autres observations et études dynamiques sont fortement encouragées.

 


20 Février 2020

Au-delà du bord, le halo de la Galaxie du Sombrero suggère un passé turbulent

 

Crédits : NASA, ESA, and R. Cohen and P. Goudfrooij (STScI)

 

Hubble indique que le majestueux Sombrero a subi des fusions majeures

 

Comme un desperado dans le Far West, le large « bord » du disque de la galaxie Sombrero peut dissimuler un passé turbulent. Le Sombrero (M104) n'a jamais été une galaxie adaptée au moule. Il a un mélange fascinant de formes trouvées dans les galaxies spirales en forme de disque, ainsi que les galaxies elliptiques en forme de ballon de football. L'histoire de sa structure devient plus étrange avec de nouvelles preuves du télescope spatial Hubble indiquant que le Sombrero est le résultat de fusions majeures de galaxies, bien que son disque lisse ne montre aucun signe de perturbation récente.

 

Le faible halo de la galaxie offre des indices médico-légaux. Il est jonché d'innombrables étoiles qui sont riches en éléments plus lourds (appelés métaux), car ce sont des étoiles de dernière génération. Ces étoiles ne se trouvent généralement que dans le disque d'une galaxie. Elles ont dû être jetées dans le halo par des fusions avec des galaxies matures et riches en métaux dans un passé lointain. La galaxie emblématique semble maintenant un peu plus installée dans ses dernières années. Elle est maintenant si isolée, qu'il n'y a plus rien autour pour se nourrir. Cette découverte offre une nouvelle tournure sur la façon dont les galaxies s'assemblent dans notre Univers compulsif.

 

Crédits : NASA, ESA, and R. Cohen and P. Goudfrooij (STScI)

 

https://hubblesite.org/contents/news-releases/2020/news-2020-08

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

Chasseur d'astéroïdes

de Michel ORY

 

Michel Ory, chasseur d'astéroïdes, nous raconte un monde qu'il connait bien : celui de ces petits objets célestes, tout là-haut, et de ceux qui les observent, ici-bas.

 

Non seulement les astéroïdes, ces « mini planètes » ont, chacun, leur histoire, mais le livre nous entraîne également à la rencontre de ceux qui les observent : un petit monde qui, lui aussi, gagne à être connu ! Un monde en voie d'extinction…

 

Avec quelques astronomes amateurs, Michel Ory fait en effet partie des derniers Mohicans célestes, dont la vie est rythmée par l'observation du ciel. Car aujourd'hui, force est de constater que le reste de l'humanité ne vit plus en symbiose avec la voûte céleste.

 

Et pourtant, au-delà des écrans et du virtuel, le ciel étoilé est un patrimoine à préserver, comme le tigre du Bengale ou les grandes pyramides d'Égypte. C'est aussi un formidable terrain d'aventures, à redécouvrir de toute urgence.

 

Astronome amateur, Michel Ory parcourt inlassablement le ciel depuis près de vingt ans à la recherche de petits corps du système solaire, astéroïdes ou comètes. Ce chasseur infatiguable a découvert, à lui seul, plus de 200 astéroïdes et 2 comètes.

 

- 144 Pages

- 16,00 €

- ISBN : 978-2-7465-1782-0

- Dimensions : 17 x 24 cm

- Date de parution : 20/02/2019

 


15 Février 2020

Comètes C/2020 B2 (Lemmon), C/2020 B3 (Rankin)

 

Nouvelles du Ciel

 

C/2020 B2 (Lemmon)

Un objet, signalé comme un possible nouveau géocroiseur par le Mt. Lemmon Survey le 19 Janvier 2020 et placé sur la page NEOCP (NEO Confirmation Page) du Minor Planet Center, a montré des caractéristiques cométaires lors d'observations supplémentaires obtenues la même nuit par d'autres astrométristes.

 

Les éléments orbitaux elliptiques de la comète C/2020 B2 (Lemmon) indiquent un passage au périhélie le 23 Janvier 2020 à une distance d'environ 2,7 UA du Soleil.

https://minorplanetcenter.net/mpec/K20/K20CB0.html (MPEC 2020-C110)

https://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2020%20B2;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


C/2020 B3 (Rankin)

Un nouvel objet a été signalé le 29 Janvier 2020 en tant que comète par D. Rankin pour le compte du Mt. Lemmon Survey, notant une chevelure diffuse de 12" et une queue de 9" en P.A. 270°. Après publication sur la page PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center, R. Weryk a signalé le 30 Janvier sa découverte d'images de prédécouverte obtenues le 25 Janvier 2020 par Pan-STARRS 2, Haleakala, montrant une chevelure de 3,4". D'autres signalements de caractéristiques cométaires ont été rapportés par plusieurs autres astrométristes.

 

Les éléments orbitaux elliptiques de la comète C/2020 B3 (Rankin) indiquent un passage au périhélie le 22 Octobre 2019 à une distance d'environ 3,3 UA du Soleil pour cette comète de la famille de Jupiter.

https://minorplanetcenter.net/mpec/K20/K20CB1.html (MPEC 2020-C111)

https://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2020%20B3;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Lost - Les Disparues... ou les comètes périodiques non revues.

 

Les différentes familles de comètes

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


14 Février 2020

Les télescopes de l'ESO scrutent la baisse de luminosité de surface de l'étoile Bételgeuse

 

Crédit : ESO/M. Montargès et al.

 

Grâce au Very Large Telescope (VLT) de l'ESO, les astronomes ont capturé une image figurant l'affadissement sans précédent de Bételgeuse, une supergéante rouge de la constellation d'Orion. Les récents clichés témoignent, non seulement de la baisse de luminosité de la supergéante rouge, mais également des modifications de sa forme apparente.

 

Image de Bételgeuse acquise par SPHERE en décembre 2019

Crédit : ESO/M. Montargès et al.

 

Bételgeuse a longtemps constitué, pour les observateurs stellaires, un phare dans le ciel nocturne. L'année passée toutefois, sa luminosité a commencé à diminuer. Sa luminosité actuelle représente seulement 36% de sa luminosité normale, un changement nettement visible à l'oeil nu. Les passionnés d'astronomie et les scientifiques espéraient mieux comprendre cette baisse de luminosité sans précédent.

 

Une équipe dirigée par Miguel Montargès, astronome à la KU Leuven de Belgique, observe l'étoile au moyen du Very Large Telescope de l'ESO depuis décembre dernier, dans le but de comprendre la raison de sa soudaine baisse de luminosité. Au tout début de leur campagne d'observations, ils ont acquis une surprenante nouvelle image de la surface de Bételgeuse avec l'instrument SPHERE.

 

L'équipe avait déjà observé l'étoile au moyen de SPHERE en janvier 2019, avant que sa luminosité ne décroisse. Nous disposons ainsi de deux clichés de Bételgeuse témoignant de l'avant et de l'après baisse de luminosité. Acquises en lumière visible, ces images figurent les changements intervenus, tant dans la brillance que dans la forme apparente de l'étoile.

 

De nombreux astronomes amateurs se sont demandés si la baisse de luminosité de Bételgeuse signifiait qu'elle était sur le point d'exploser. A l'image des autres supergéantes rouges, Bételgeuse se changera un jour en supernova. Toutefois, les astronomes ne pensent pas que ce soit actuellement le cas. D'autres hypothèses sont susceptibles de rendre compte de ces changements de forme et de brillance apparente dont témoignent les images de SPHERE. “Nous travaillons actuellement sur deux scénari : l'un repose sur un refroidissement de la surface généré par une activité stellaire exceptionnelle, l'autre sur l'éjection de poussière le long de la ligne de visée”, précise Miguel Montargès [1]. “Bien sûr, notre connaissance des supergéantes rouges demeure aujourd'hui encore incomplète. Des études sont en cours, une surprise est donc toujours susceptible de se présenter.

 

Miguel Montargès et son équipe ont eu recours au VLT implanté au sommet du Cerro Paranal au Chili pour étudier l'étoile située à plus de 700 années lumière de la Terre, et recueillir des indices relatifs à sa baisse de luminosité. “L'Observatoire Paranal de l'ESO est l'une des rares installations capables d'imager la surface de Bételgeuse”, précise-t-il. Les instruments qui équipent le VLT de l'ESO permettent d'effectuer des observations sur une large gamme de longueurs d'onde s'étendant du visible à l'infrarouge moyen, offrant aux astronomes la possibilité d'observer tant la surface de Bételgeuse que la matière située en périphérie. “C'est le seul moyen dont nous disposons pour comprendre ce qui arrive à cette étoile.”

 

Une autre image, acquise au moyen de l'instrument VISIR qui équipe le VLT, montre la lumière infrarouge émise par la poussière qui entoure l'étoile Bételgeuse au mois de décembre 2019. Ces observations ont été menées par une équipe emmenée par Pierre Kervella de l'Observatoire de Paris, France. La longueur d'onde de l'image est semblable à celle qu'utilisent les caméras thermiques. Les nuages de poussière, qui jaillissent telles des flammes sur l'image de VISIR, se forment lorsque l'étoile expulse sa matière constituante dans l'espace.

 

L'expression ‘nous sommes tous composés de poussière d'étoiles' est fréquente en astronomie populaire. Mais quelle est l'origine précise de cette poussière” soulève Emily Cannon, doctorante à la KU Leuven qui travaille sur les images de supergéantes rouges acquises par SPHERE. “Au cours de leur existence, les supergéantes rouges telle Bételgeuse produisent et expulsent de vastes quantités de matière avant même d'exploser en supernova. La technologie moderne nous a permis d'étudier ces objets situés à des centaines d'années lumière de la Terre dans des détails sans précédent, nous offrant l'opportunité de comprendre la raison de leur perte de masse.”

 

Notes :

[1] La surface irrégulière de Bételgeuse est parsemée de vastes cellules convectives qui se déplacent, rétrécissent et gonflent alternativement. En outre, l'étoile pulse. Ces battements de coeur rendent compte de ses variations périodiques de luminosité. Les changements de convection et de pulsation observés à la surface de Bételgeuse témoignent simplement de son activité stellaire.

 

Plus d'informations :  

L'équipe est composée de Miguel Montargès (Institut d'Astronomie, KU Leuven, Belgique), Emily Cannon (Institut d'Astronomie, KU Leuven, Belgique), Pierre Kervella (LESIA, Observatoire de Paris - PSL, Sorbonne Université, Université de Paris, CNRS, France), Eric Lagadec (Laboratoire Lagrange, Observatoire de la Côte d'Azur, Université Côte d'Azur, CNRS,France), Faustine Cantalloube (Institut Max Planck dédié à l'Astronomie, Heidelberg, Allemagne), Joel Sánchez Bermúdez (Institut d'Astronomie, Université Nationale Autonome de Mexico, Mexico, Mexique et Institut Max Planck dédié à l'Astronomie, Heidelberg, Allemagne), Andrea Dupree (Centre d'Astrophysique | Harvard & Smithsonian, Etats-Unis), Elsa Huby (LESIA, Observatoire de Paris - PSL, Sorbonne Université, Université de Paris, CNRS, France), Ryan Norris (Université d'État de Georgie, Etats-Unis), Benjamin Tessore (IPAG, Université Grenoble Alpes, CNRSFrance), Andrea Chiavassa (Laboratoire Lagrange, Observatoire de la Côte d'Azur, Université Côte d'Azur, CNRS,France), Claudia Paladini (ESO, Chili), Agnès Lèbre (LUPM, Université de Montpellier, CNRS, France), Leen Decin (Institut d'Astronomie, KU Leuven, Belgique), Markus Wittkowski (ESO, Allemagne), Gioia Rau (NASA/GSFC, Etats-Unis), Arturo López Ariste (IRAP, Université de Toulouse III, CNRS, CNES, France), Stephen Ridgway (Laboratoire National de Recherche en Astronomie Optique et Infrarouge de la NSF, Etats-Unis), Guy Perrin (LESIA, Observatoire de Paris - PSL, Sorbonne Université, Université de Paris, CNRS, France), Alex de Koter (Institut d'Astronomie Anton Pannekoek, Université d'Amsterdam, Pays-Bas & Institut d'Astronomie, KU Leuven, Belgique), Xavier Haubois (ESO, Chili).

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 16 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Irlande, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est l'un des plus grands télescopes conçus exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope géant (ELT pour Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ».

 

Liens :

Photos du VLT

 

Source : ESO https://www.eso.org/public/france/news/eso2003/?lang

 Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


05 Février 2020

ALMA capture les magnifiques images d'un combat stellaire

 

Crédit : ALMA (ESO/NAOJ/NRAO), Olofsson et al. Acknowledgement: Robert Cumming

 

Grâce au Vaste Réseau (Sub-)Millimétrique de l'Atacama (ALMA) dont l'ESO est un partenaire, des astronomes ont repéré l'existence d'un nuage de gaz particulier, fruit de la rencontre entre deux étoiles. L'une des deux étoiles est devenue si volumineuse qu'elle a englouti l'autre qui, à son tour, a tournoyé en direction son compagnon, l'obligeant à expulser ses enveloppes externes.

 

Image de HD101584 acquise par ALMA - Crédit : ALMA (ESO/NAOJ/NRAO), Olofsson et al. Acknowledgement: Robert Cumming

 

A l'instar des humains, les étoiles évoluent au fil du temps pour finalement s'éteindre. Ainsi, lorsque le Soleil et les étoiles de même type auront consumé l'hydrogène composant leur noyau, leur volume augmentera. Le Soleil se transformera alors en une brillante géante rouge. Puis, il perdra ses enveloppes externes. Seul son noyau subsistera : une étoile chaude et dense baptisée naine blanche.

 

Le système stellaire HD101584 est particulier dans la mesure où ce ‘processus final' s'est achevé prématurément et de façon spectaculaire, le proche compagnon de faible masse ayant été englouti par la géante” précise Hans Olofsson de l'Université de Technologie de Chalmers, Suède, auteur d'une récente étude de cet intrigant objet, parue au sein de la revue Astronomy & Astrophysics.

 

Grâce aux nouvelles observations effectuées au moyen d'ALMA, complétées des données acquises par le télescope APEX (Atacama Pathfinder EXperiment) de l'ESO, Hans Olofsson et son équipe sont désormais en mesure d'assimiler les événements s'étant produits au sein du système binaire HD101584 à un véritable combat stellaire. Alors que l'étoile principale se changeait en géante rouge, son volume augmenta suffisamment pour absorber sa compagne de masse inférieure. En réponse, l'étoile de plus faibles dimensions tournoya en direction du cœur de la géante, sans pour autant entrer en collision avec elle. Cette stratégie se solda par l'explosion de l'étoile géante, la dispersion de ses enveloppes gazeuses externes et la mise à nu de son noyau.

 

Aux dires de l'équipe, la structure complexe de gaz qui compose la nébuleuse HD101584 résulte du mouvement hélicoïdal de l'étoile de faibles dimensions en direction de la géante rouge, ainsi que des jets de gaz générés lors de ce processus. En se propageant au travers des enveloppes de gaz déjà éxpulsées, ces jets leur ont porté un coup fatal, les transformant en anneaux de gaz et les dispersant en blobs de couleurs bleue et rouge, au sein de la nébuleuse.

 

Un combat stellaire présente l'intérêt d'aider les astronomes à mieux comprendre l'évolution finale d'étoiles tel le Soleil. “Aujourd'hui, nous sommes en mesure de décrire les phases finales communes à de nombreuses étoiles de type Soleil. Toutefois, nous ne connaissons pas la raison pour laquelle ni le processus exact grâce auquel cela se produit. Parce qu'elle se situe précisément dans cette courte phase de transition entre des stades d'évolution mieux étudiés, HD101584 nous offre d'importantes clés de compréhension de ces processus. Les images détaillées de l'environnement de HD101584 nous permettent d'établir un lien entre l'étoile géante qu'elle était auparavant et le vestige stellaire qu'elle sera prochainement” ajoute Sofia Ramstedt de l'Université d'Uppsala, Suède, co-auteure de cette étude.

 

Une autre co-auteure, Elizabeth Humphreys de l'ESO au Chili, souligne qu'ALMA et APEX, implantés dans le désert de l'Atacama, remplirent des rôles essentiels, permettant à l'équipe de sonder “à la fois les mécanismes physiques et chimiques en action” au sein du nuage de gaz. Et d'ajouter : “Cette surprenante image de l'environnement circumstellaire de HD101584 n'aurait pu être acquise sans l'extrême sensibilité ni la formidable résolution angulaire d'ALMA.

 

Les télescopes actuels permettent aux astronomes d'étudier le gaz situé en périphérie de la binaire. Toutefois, les deux étoiles figurant au centre de la nébuleuse sont trop proches l'une de l'autre et trop distantes de la Terre pour pouvoir être résolues. L'ELT (Extremely Large Telescope) de l'ESO, actuellement en construction dans le Désert de l'Atacama au Chili, “fournira des informations sur le cœur de l'objet” conclut Hans Olofsson, permettant ainsi aux astronomes d'examiner de plus près les deux adversaires de ce combat stellaire.

 

 

Plus d'informations :  

Ce travail de recherche a fait l'objet d'un article paru au sein de la revue Astronomy & Astrophysics.

 

L'équipe se compose de H. Olofsson (Département de l'Espace, de la Terre et de l'Environne

ment, Université de Technologie de Chalmers, Observatoire Spatial d'Onsala, Suède [Chalmers]), T. Khouri (Chalmers), M. Maercker (Chalmers), P. Bergman (Chalmers), L. Doan (Département de Physique et d'Astronomie, Université d'Uppsala, Suède [Uppsala]), D. Tafoya (Observatoire Astronomique National du Japon), W. H. T. Vlemmings (Chalmers), E. M. L. Humphreys (Observatoire Européen Austral [ESO], Garching, Allemagne), M. Lindqvist (Chalmers), L. Nyman (ESO, Santiago, Chile), et S. Ramstedt (Uppsala).

 

Le Vaste Réseau (Sub-)Millimétrique de l'Atacama (ALMA), une installation astronomique internationale, est le fruit d'un partenariat entre l'ESO, la U.S. National Science Foundation (NSF) et le National Institutes of Natural Sciences (NINS) du Japon en coopération avec la République du Chili. ALMA est financé par l'Observatoire Européen Austral (ESO) pour le compte de ses Etats membres, la NSF en coopération avec le National Research Council du Canada (NRC), le National Science Council of Tawain (NSC) et le NINS en coopération avec l'Academia Sinica (AS) à Taiwan et le Korea Astronomy and Space Science Institute (KASI). La construction et la gestion d'ALMA sont supervisées par l'ESO pour le compte de ses Etats membres, par le National Radio Astronomy Observatory (NRAO) dirigé par Associated Universities, Inc (AUI) en Amérique du Nord, et par le National Astronomical Observatory of Japan (NAOJ) pour l'Asie de l'Est. L'Observatoire commun ALMA (JAO pour Joint ALMA Observatory) apporte un leadership et un management unifiés pour la construction, la mise en service et l'exploitation d'ALMA.

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 16 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Irlande, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est l'un des plus grands télescopes conçus exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope géant (ELT pour Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ».

 

Liens :

Publication scientifique

Photos d'ALMA

 

Source : ESO https://www.eso.org/public/france/news/eso2001/?lang

 Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


24 Janvier 2020

Comètes P/2019 X2 (PANSTARRS), C/2020 A2 (Iwamoto), C/2020 A3 (ATLAS)

 

Nouvelles du Ciel

 

P/2019 X2 (PANSTARRS)

Un nouvel objet, signalé le 31 Décembre 2019 comme une possible comète par R. Weryk pour le compte de Pan-STARRS 2, a été placé sur les pages NEOCP (NEO Confirmation Page) et PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center. Sa nature cométaire a été alors confirmée par de nombreux observateurs. Des images antérieures à la découverte, obtenues par Pan-STARRS 2 en date des 25 et 29 Novembre 2019 ont également été identifiées.

 

Les éléments orbitaux elliptiques de la comète P/2019 X2 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 09 Décembre 2019 à une distance d'environ 1,8 UA du Soleil, et une période d'environ 6,9 ans pour cette comète de la famille de Jupiter.

https://minorplanetcenter.net/mpec/K20/K20AC1.html (MPEC 2020-A121)

https://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2019%20X2;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


C/2020 A2 (Iwamoto)

L'astronome amateur japonais Masayuki Iwamoto (Awa, Tokushima-ken, Japan) a découvert une nouvelle comète de magnitude 13 sur deux images obtenues le 08 Janvier 2020 avec un téléobjectif Pentax (D 100mm, F 400mm, f/4.0) et un appareil photo Canon EOS 6D. La nature cométaire de l'objet a été confirmée par de nombreux observateurs après publication sur les pages NEOCP (NEO Confirmation Page) et PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center.

 

Les éléments orbitaux paraboliques préliminaires de la comète C/2020 A2 (Iwamoto) indiquent un passage au périhélie le 08 Janvier 2020 à une distance d'environ 0,98 UA du Soleil.

https://minorplanetcenter.net/mpec/K20/K20AD2.html (MPEC 2020-A132)

https://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2020%20A2;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


C/2020 A3 (ATLAS)

Un nouvel objet a été signalé comme un possible nouveau géocroiseur par l'équipe du projet ATLAS-MLO (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System, Mauna Loa) le 07 Janvier 2020 et placé sur la page NEOCP (NEO Confirmation Page) du Minor Planet Center. Le 13 Janvier 2020, T. Linder l'a signalé comme peut-être cométaire, avec une chevelure très condensée de 4". La confirmation de l'activité cométaire a été observée par J. D. Armstrong et J. O. Teagarden (Sutherland-LCO C.) le 14 Janvier 2020. L'objet a été déplacé sur la page PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center, et de nombreux observateurs ont par la suite confirmé sa nature cométaire.

 

Les éléments orbitaux paraboliques de la comète C/2020 A3 (ATLAS) indiquent un passage au périhélie le 26 Juin 2019 à une distance d'environ 5,7 UA du Soleil.

https://minorplanetcenter.net/mpec/K20/K20B60.html (MPEC 2020-B60)

https://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2020%20A3;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Lost - Les Disparues... ou les comètes périodiques non revues.

 

Les différentes familles de comètes

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


15 Janvier 2020

Les astronomes révèlent l'origine interstellaire de l'une des briques du Vivant

 

Crédit : ALMA (ESO/NAOJ/NRAO), Rivilla et al.; ESO/L. Calçada; ESA/Rosetta/NAVCAM; Mario Weigand, www.SkyTrip.de

 

ALMA et Rosetta cartographient le parcours du phosphore

 

Présent au sein de notre ADN et de nos membranes cellulaires, le phosphore est un élément essentiel à la vie telle que nous la connaissons. Toutefois, les modalités de son arrivée sur la Terre primitive demeurent inconnues. Les astronomes sont parvenus à retracer le parcours du phosphore depuis les régions de formation stellaire jusqu'aux comètes en combinant les données acquises par le réseau ALMA et la sonde Rosetta de l'Agence Spatiale Européenne. Leur travail de recherche révèle le site de production des molécules contenant du phosphore, leur transport cométaire ainsi que le rôle crucial joué par une molécule particulière dans l'apparition de la vie sur notre planète.

 

Des molécules composées de phosphores détectées dans une région de formation stellaire et sur la comète 67P

Crédit : ALMA (ESO/NAOJ/NRAO), Rivilla et al.; ESO/L. Calçada; ESA/Rosetta/NAVCAM; Mario Weigand, www.SkyTrip.de

 

“La vie est apparue sur Terre voici quelque 4 milliards d'années. Les processus qui en sont à l'origine demeurent toutefois aujourd'hui encore méconnus” précise Victor Rivilla, auteur principal d'une nouvelle étude publiée ce jour au sein de la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society. Les nouveaux résultats obtenus par le Vaste Réseau (Sub-)Millimétrique de l'Atacama (ALMA), dont l'Observatoire Européen Austral (ESO) est partenaire, et par l'instrument ROSINA embarqué sur la sonde Rosetta, montrent que le monoxyde de phosphore constitue un élément essentiel du puzzle de l'origine de la vie.

 

La résolution d'ALMA a permis d'examiner en détail la région de formation stellaire baptisée AFGL 5142. Les astronomes ont donc pu localiser le site de production des molécules phosphorées tel le monoxyde de phosphore. De nouvelles étoiles et leurs cortèges planétaires se forment au sein de nuages de gaz et de poussière semblables aux nuages interstellaires. Ces derniers constituent donc les sites de recherche privilégiés des éléments constitutifs de la vie.

 

Les observations d'ALMA ont montré que la création de molécules phosphorées accompagne la formation d'étoiles massives. Les flux de gaz issus des jeunes étoiles massives créent des cavités au sein des nuages interstellaires. Sous les effets combinés des chocs et du rayonnement en provenance de la jeune étoile, des molécules contenant du phosphore se forment sur les parois de ces cavités – en particulier le monoxyde de phosphore, la molécule phosphorée la plus abondante sur ces sites.

 

Après avoir recherché cette molécule au sein de diverses régions stellaires au moyen d'ALMA, l'équipe européenne s'est focalisée sur un objet du Système Solaire : la désormais célèbre comète 67P/Churyumov–Gerasimenko. L'idée était de suivre la trace de ces composés phosphorés. Si les parois de la cavité s'effondrent pour donner lieu à une étoile – de faible masse telle le Soleil en l'occurrence, le monoxyde de phosphore est susceptible de geler et de se retrouver piégé au sein de grains de poussière glacés qui demeurent en périphérie de la nouvelle étoile. Avant même que l'étoile ne soit complètement formée, ces grains de poussière s'agglutinent et se constituent en cailloux, en rochers, et finalement en comètes, qui deviennent des vecteurs de monoxyde de phosphore.

 

L'instrument ROSINA (Rosetta Orbiter Spectrometer for Ion and Neutral Analysis) embarqué à bord de la sonde ROSETTA a collecté, deux années durant, des données concernant 67P. A l'époque de la mission, ces données avaient révélé la présence de phosphore. Toutefois, les astronomes ignoraient la molécule ayant contribué à son acheminement sur la comète. Kathrin Altwegg, la scientifique responsable de l'instrument ROSINA, par ailleurs contributrice de cette nouvelle étude, a émis une hypothèse concernant cette molécule de transport après avoir été approchée lors d'une conférence par un astronome étudiant les régions de formation stellaires au moyen d'ALMA : “Elle a dit que le monoxyde de phosphore pourrait être un excellent candidat, alors j'ai ré-examiné nos données et déniché sa trace !”

 

Cette première détection de monoxyde de phosphore sur une comète permet d'établir une relation entre les régions de formation stellaire, sites de production de la molécule, et la Terre.

 

“La combinaison des données d'ALMA et de ROSINA a révélé une sorte de fil conducteur chimique durant tout le processus de formation stellaire, dans lequel le monoxyde de phosphore joue un rôle essentiel” précise Victor Rivilla, chercheur à l'Observatoire d'Astrophysique d'Arcetri de l'INAF, l'Institut National d'Astrophysique en Italie.

 

“Le phosphore est un élément essentiel à la vie telle que nous la connaissons” ajoute Kathrin Altwegg. “Les comètes ont fort probablement acheminé de vastes quantités de composés organiques jusqu'à la Terre. Le monoxyde de phosphore découvert au sein de la comète 67P renforce le lien entre les comètes et la vie sur Terre.”

 

La collaboration entre astronomes a permis de documenter les étapes de ce parcours. “La détection du monoxyde de phosphore a été rendue possible grâce à un échange interdisciplinaire entre les télescopes au sol et les instruments spatiaux”, précise Kathrin Altwegg.

 

Leonardo Testi, astronome à l'ESO et Directeur des Opérations d'ALMA, conclut ainsi : “Comprendre nos origines, en particulier la fréquence des conditions chimiques favorables à l'émergence de la vie, constitue un sujet d'étude majeur de l'astophysique moderne. Tandis que l'ESO et ALMA se focalisent sur l'observation des molécules composant les jeunes systèmes planétaires distants, l'ESA, au travers de ses missions spatiales telle Rosetta, effectue l'inventaire direct des espèces chimiques présentes au sein de notre Système Solaire. La synergie entre les principales installations terrestres et les sondes spatiales, au travers de la collaboration entre l'ESO et l'ESA, constitue un atout majeur pour les chercheurs européens et permet des découvertes révolutionnaires telle celle dont il est question au sein de cet article.”

 

 

Plus d'informations :  

Ce travail de recherche a fait l'objet d'un article à paraître au sein de la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.

 

L'équipe est composée de V. M. Rivilla (INAF-Observatoire d'Astrophysique d'Arcetri, Florence, Italie [INAF-OAA]), M. N. Drozdovskaya (Centre d'Etude de l'Espace et de l'Habitabilité, Université de Bern, Suisse [CSH]), K. Altwegg (Institut de Physique, Université de Bern, Suisse), P. Caselli (Institut Max Planck de Physique Extraterrestre, Garching, Allemagne), M. T. Beltrán (INAF-OAA), F. Fontani (INAF-OAA), F.F.S. van der Tak (SRON Institut Néerlandais de Recherche Spatiale, et Institut d'Astronomie Kapteyn, Université de Groningen, Pays-Bas), R. Cesaroni (INAF-OAA), A. Vasyunin (Université Fédérale de l'Oural, Ekaterinburg, Russie, et Université des Sciences Appliquées de Ventspils, Latvia), M. Rubin (CSH), F. Lique (LOMC-UMR, CNRS–Université du Havre), S. Marinakis (Université de Londres Est, et Université Queen Mary de Londres, Royaume-Uni), L. Testi (INAF-OAA, ESO Garching, et Cluster d'Excellence “Universe”, Allemagne), et l'équipe ROSINA (H. Balsiger, J. J. Berthelier, J. De Keyser, B. Fiethe, S. A. Fuselier, S. Gasc, T. I. Gombosi, T. Sémon, C. -y. Tzou).

 

Le Vaste Réseau (Sub-)Millimétrique de l'Atacama (ALMA), une installation astronomique internationale, est le fruit d'un partenariat entre l'ESO, la U.S. National Science Foundation (NSF) et le National Institutes of Natural Sciences (NINS) du Japon en coopération avec la République du Chili. ALMA est financé par l'Observatoire Européen Austral (ESO) pour le compte de ses Etats membres, la NSF en coopération avec le National Research Council du Canada (NRC), le National Science Council of Tawain (NSC) et le NINS en coopération avec l'Academia Sinica (AS) à Taiwan et le Korea Astronomy and Space Science Institute (KASI). La construction et la gestion d'ALMA sont supervisées par l'ESO pour le compte de ses Etats membres, par le National Radio Astronomy Observatory (NRAO) dirigé par Associated Universities, Inc (AUI) en Amérique du Nord, et par le National Astronomical Observatory of Japan (NAOJ) pour l'Asie de l'Est. L'Observatoire commun ALMA (JAO pour Joint ALMA Observatory) apporte un leadership et un management unifiés pour la construction, la mise en service et l'exploitation d'ALMA.

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 16 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Irlande, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est l'un des plus grands télescopes conçus exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope géant (ELT pour Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ».

 

Liens :

Publication scientifique

Photos d'ALMA

 

Source : ESO https://www.eso.org/public/france/news/eso2001/?lang

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