Nouvelles du Ciel de Décembre 2017

 

 

 

Les Titres

 

Focus sur une pépinière stellaire en pleine floraison [13/12/2017]

Globe céleste de neige de Hubble [12/12/2017]

L'instrument SPHERE révèle les petits mondes rocheux et glacés de notre système solaire [05/12/2017]

Comètes P/2017 U3 (PANSTARRS), C/2017 U4 (PANSTARRS), P/2011 VJ5 = 2017 W1 (Lemmon), C/2017 U5 (PANSTARRS) [04/12/2017]

L'instrument MUSE complète le sondage spectroscopique le plus profond jamais réalisé [29/11/2017]

Des observations de l'ESO témoignent de l'étrange nature du tout premier astéroïde interstellaire détecté à ce jour [20/11/2017]

 

 

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Le Ciel à l'œil nu est richement illustré par des dizaines de photographies astronomiques inédites et par des cartes très réalistes pour découvrir aisément les étoiles des quatre saisons. 

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13 Décembre 2017

Focus sur une pépinière stellaire en pleine floraison

 

Crédit : ESO/M. Kornmesser

 

La caméra OmegaCAM installée sur le Télescope de Sondage du VLT de l'ESO a capturé cette splendide vue de la pépinière stellaire baptisée Sharpless 29. Cette image de vastes dimensions révèle de nombreux phénomènes astronomiques tels la réflexion, l'absorption et la réémission de la lumière issue des jeunes étoiles de la nébuleuse par la poussière cosmique et les nuages de gaz.

 

Crédit : ESO/M. Kornmesser

 

La région du ciel représentée ici figure au sein du catalogue Sharpless des régions HII. Elle est constituée de nuages interstellaires de gaz ionisé, propices à la formation d'étoiles. Par ailleurs notée Sh 2-29, Sharpless 29 se situe à quelque 5500 années-lumière de la Terre dans la constellation du Sagittaire (L'Archer), non loin de la Nébuleuse de la Lagune. Elle abrite de nombreuses merveilles célestes, tel le site d'intense formation d'étoiles NGC 6559, la nébuleuse figurant au centre de l'image.

 

Cette nébuleuse centrale constitue l'objet le plus remarquable de Sharpless 29. Son diamètre n'excède pas les quelques années-lumière. Toutefois, l'aspect qu'elle arbore témoigne des dramatiques conséquences de la formation d'étoiles au sein d'un nuage interstellaire. Les jeunes étoiles chaudes qui figurent sur cette image sont âgées de moins de deux millions d'années. Elles émettent, sous forme de jets, un rayonnement hautement énergétique qui élève la température de la poussière et du gaz environnants, tandis que les vents stellaires érodent et sculptent leur cocon originel de manière spectaculaire. En effet, la nébuleuse arbore en son sein une vaste cavité creusée par un système d'étoiles binaire énergétique. Cette cavité est en expansion, contraignant la matière interstellaire à s'accumuler et à former un arc de couleur rouge à sa périphérie.

 

Lorsque la poussière et le gaz interstellaires subissent le bombardement de lumière ultraviolette émise par les jeunes étoiles chaudes, de l'énergie leur est transférée, ce qui les fait briller vivement. La lueur diffuse et rougeâtre qui baigne cette image résulte de l'émission du gaz d'hydrogène, tandis que la lumière chatoyante de couleur bleue s'explique par des processus de réflexion et de diffusion du rayonnement incident par les petites particules de poussière. Cette région est le siège de phénomènes d'émission, de réflexion, ainsi que d'absorption. En effet, des amas de poussière situés sur la ligne de visée bloquent la lumière, masquant les étoiles situées en arrière-plan, et de plus petits tourbillons de poussière génèrent de sombres structures filamentaires au sein des nuages.

 

L'environnement riche et diversifié de Sharpless 29 offre aux astronomes un large éventail de processus physiques à étudier. Ainsi, le déclenchement de la formation d'étoiles, l'influence des jeunes étoiles sur la poussière et le gaz, la perturbation des champs magnétiques également, peuvent être observés et examinés au sein de cette seule et même région.

 

Toutefois, les jeunes étoiles massives évoluent et meurent rapidement. Elles achèveront leurexistence en explosant en supernovae, enrichissant le milieu interstellaire en gaz et en poussière. Des dizaines de millions d'années plus tard, ces débris seront intégralement balayés, laissant place à un simple amas d'étoiles ouvert.

 

Sharpless 29 fut observé au moyen de la caméra OmegaCAM installée sur le Télescope de Sondage (VST) du VLT de l'ESO au sommet du Cerro Paranal au Chili. OmegaCAM produit des images couvrant une région du ciel de superficie 300 fois supérieure au champ de vue le plus étendu du Télescope Spatial Hubble du consortium NASA/ESA, dans la zone du spectre électromagnétique s'étendant de l'ultraviolet à l'infrarouge. Il se caractérise notamment par sa capacité à capturer la raie spectrale H-alpha d'un rouge intense, émise lorsque l'électron de l'atome d'hydrogène perd de l'énergie, un phénomène particulièrement fréquent au sein d'une nébuleuse telle Sharpless 29.

 

Plus d'informations :  

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope géant (ELT pour Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel.

  

Liens :  

- Photos d'OmegaCAM

- Photos du VST

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1738/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


12 Décembre 2017

Globe céleste de neige de Hubble

 

Crédit : NASA and ESA

 

Une vue du télescope spatial Hubble de l'amas globulaire M79

 

Ca commence à ressembler beaucoup à la saison des vacances dans cette image du télescope spatial Hubble de la NASA d'un blizzard d'étoiles, qui ressemble à une tempête de neige tourbillonnante dans un globe de neige. Les étoiles sont des résidents de l'amas globulaire Messier 79, ou M79, situé à 41.000 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Lièvre (Lepus). L'amas est également connu sous le nom de NGC 1904.

 

Crédit : NASA and ESA
Acknowledgment: S. Djorgovski (Caltech) and F. Ferraro (University of Bologna)

 

http://hubblesite.org/news_release/news/2017-37

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

L'UAI approuve 86 nouveaux noms d'étoiles du monde entier

Le Working Group on Star Names (WGSN) de l'Union astronomique internationale a officiellement approuvé 86 nouveaux noms pour les étoiles, qui figurent désormais dans le catalogue des noms stellaires de l'UAI. Le catalogue contient maintenant les noms approuvés de 313 étoiles. Traditionnellement, la plupart des noms d'étoiles utilisés par les astronomes sont d'origine arabe, grecque ou latine. Maintenant, la Division C du WGSN de l'Union astronomique internationale a formellement approuvé 86 nouveaux noms pour des étoiles tirées de celles utilisées par d'autres cultures, notamment des aborigènes, chinois, coptes, hindous, mayas, polynésien, et sud africain. Le WGSN est composé d'un groupe international d'astronomes qui cataloguent et normalisent les noms des étoiles à utiliser par la communauté astronomique internationale et d'autres. L'année dernière, le WGSN a approuvé les noms de 227 étoiles. Avec ce nouvel ajout, le catalogue contient maintenant les noms approuvés de 313 étoiles.

 


05 Décembre 2017

L'instrument SPHERE révèle les petits mondes rocheux et glacés de notre système solaire

 

Crédit: ESO/Vernazza et al.

 

Ces images ont été prises par l'instrument SPHERE installé au Very Large Telescope (VLT) de l'observatoire de Paranal de l'ESO au Chili. Ces images étonnamment détaillées révèlent quatre astéroïdes de la ceinture principale d'astéroïdes située entre Mars et Jupiter, une région qui sépare les planètes rocheuses du système solaire interne des planètes gazeuses et glacées du système solaire externe.

 

Les astéroïdes présentés ici sont respectivement (dans le sens des aiguilles d'une montre en partant du haut à gauche) (29) Amphitrite, (324) Bamberga, (2) Pallas et (89) Julie. Nommé d'après la déesse grecque Pallas Athena, (2) Pallas possède un diamètre d'environ 510 kilomètres et il représente environ 7% de la masse de la ceinture principale - si pesant qu'il était classifié auparavant comme une planète.

 

L'instrument SPHERE révèle les petits mondes rocheux et glacés de notre système solaire Images prises par l'instrument SPHERE installé au Very Large Telescope (VLT) de l'observatoire de Paranal de l'ESO au Chili. Crédits : Crédit: ESO/Vernazza et al.

 

Avec un diamètre environ trois fois plus petit que celui de Pallas, (89) Julie est appelé ainsi en honneur de sainte Julie. Sa composition rocheuse a conduit à sa classification comme un astéroïde de type S. (29) Amphitrite, découvert en 1854, est également un astéroïde de type S. (324) Bamberga, bien qu'étant un des plus gros astéroïdes de type C de la ceinture principale avec un diamètre d'environ 220 kilomètres, ne fut découvert que tardivement en 1892 par Johann Palisa. Aujourd'hui, on pense que les astéroïdes de type C ne se seraient pas formés in situ mais plus vraisemblablement dans le système solaire externe au delà de Jupiter. Ces derniers auraient atterri dans la ceinture principale à la suite de la migration des planètes géantes. Il en découle que ces objets pourraient être riche en glace.

 

Bien que la ceinture d'astéroïdes est souvent représentée dans la science-fiction comme un endroit de violentes collions, pleine de grandes roches trop dangereuses même pour le meilleur pilote de vaisseau spatial, c'est en fait un endroit peu dense. Au total la ceinture d'astéroïdes ne contient que 4% de la masse de la Lune, dont environ la moitié est contenue dans ses quatre résidents principaux: Cérès, (4) Vesta, (2) Pallas et (10) Hygie.

 

Ces images collectées ne sont que le début d'une aventure qui va durer deux ans. En effet, les quarante plus gros astéroïdes de la ceinture principale vont être imagés avec SPHERE grâce à un large programme ESO piloté par Pierre Vernazza du Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (CNRS, Aix-Marseille Université). Ces données permettront de contraindre la densité de ces objets (et ainsi leur structure interne) ainsi que la morphologie de leur surface. Elles permettront à terme de mieux comprendre l'origine de la diversité de la ceinture d'astéroïdes.

 

Pour en savoir plus :

Images de la semaine de l'ESO

Instrument SPHERE

 

Source : Actualités du CNRS-INSU http://www.insu.cnrs.fr/node/7939

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

Les premiers résultats du satellite MICROSCOPE confirment la théorie d'Albert Einstein avec une précision inégalée

[Communiqué de presse commun Cnes/ CNRS / Onera-Paris]

Alors que la meilleure mesure du Principe d'équivalence n'avait pas été dépassée depuis 10 ans, les premiers résultats du satellite MICROSCOPE du CNES, équipé des accéléromètres de l'ONERA, permettent de faire aujourd'hui 10 fois mieux. Ils démontrent, avec une précision inégalée, soit 2.10-14, que les corps tombent dans le vide avec la même accélération. Le principe d'équivalence demeurant à ce stade inébranlable, il s'agit rien de moins que d'une nouvelle confirmation de la Relativité générale proposée par Albert Einstein il y a plus d'un siècle. Ce résultat obtenu par l'ONERA et les équipes de Geoazur (CNRS-OCA-Université Côte d'Azur-IRD) avec la contribution du CNES, du ZARM est rapporté dans la prestigieuse revue scientifique PRL.

Pour en savoir plus: 

Retrouvez en intégralité le communiqué de presse diffusé par le Cnes

[Source : Actualités du CNRS-INSU]

  

Les poussières de la comète Tchouri livrent le secret de leur composition

[Communiqué de presse commun UPEC/ CNRS / Université d'Orléans / Université Paris-Sud / Université Grenoble Alpes – Paris]

Une équipe scientifique internationale impliquant des chercheurs de l'UPEC, des universités d'Orléans, Paris-Sud et Grenoble Alpes, et du CNRS, a déterminé la composition élémentaire des poussières de la comète Tchouri explorée par la mission Rosetta de l'ESA. Ces mesures révèlent l'un des matériaux les plus riches en carbone et les moins altérés jamais explorés dans le Système solaire. Ce carbone cométaire se trouve essentiellement sous forme de matière organique macromoléculaire et c'est donc principalement sous cette forme qu'il a pu être délivré sur la Terre primitive par les comètes et éventuellement contribuer à l'apparition de la vie.

Ces résultats, obtenus à partir des mesures de l'instrument COSIMA, sont publiés dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society (Oxford University Press) le 1er décembre 2017.

Pour en savoir plus: 

Retrouvez en intégralité le communiqué de presse diffusé par l’UPEC

[Source : Actualités du CNRS-INSU]

 


04 Décembre 2017

Comètes P/2017 U3 (PANSTARRS), C/2017 U4 (PANSTARRS), P/2011 VJ5 = 2017 W1 (Lemmon), C/2017 U5 (PANSTARRS)

 

Nouvelles du Ciel

 

P/2017 U3 (PANSTARRS)

Une nouvelle comète a été découverte par les membres de l'équipe de recherche de Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System) sur les images obtenues le 28 Octobre 2017 avec le télescope Ritchey-Chretien de 1.8-m. La nature cométaire de l'objet a été confirmée par de nombreux astrométristes après publication sur les pages NEOCP (NEO Confirmation Page) et PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center. Des images antérieures à la découverte, obtenues par Pan-STARRS 1 les 01 et 19 Octobre 2017 et le 24 Octobre 2017 dans le cadre du Mt. Lemmon Survey, ont également été identifiées.

 

Les éléments orbitaux elliptiques de la comète P/2017 U3 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 21 Avril 2019 à une distance d'environ 4,4 UA du Soleil, et une période d'environ 10,9 ans pour cette comète de la famille de Jupiter.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K17/K17V48.html (MPEC 2017-V48)

https://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2017%20U3;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


C/2017 U4 (PANSTARRS)

Les membres de l'équipe de recherche de Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System) ont découvert une nouvelle comète sur les images obtenues le 27 Octobre 2017 avec le télescope Ritchey-Chretien de 1.8-m. La nature cométaire de l'objet a été confirmée par de nombreux astrométristes après publication sur les pages NEOCP (NEO Confirmation Page) et PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center.

 

Les éléments orbitaux paraboliques préliminaires de la comète C/2017 U4 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 03 Septembre 2018 à une distance d'environ 7,7 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K17/K17W52.html (MPEC 2017-W52)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 02 Octobre 2018 à une distance d'environ 7,7 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K17/K17X08.html (MPEC 2017-X08)

https://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2017%20U4;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


 

P/2011 VJ5 = 2017 W1 (Lemmon)

La comète P/2011 VJ5 (Lemmon), observée pour la dernière fois le 30 Mars 2012, a été retrouvée le 16 Novembre 2017 dans le cadre du Mt. Lemmon Survey. L'objet a également été identifié sur des images obtenues le 27 Octobre 2017 par Pan-STARRS 1.

 

Cette comète, découverte initialement en tant qu'astéroïde par le Mt. Lemmon Survey sur les images obtenues le 03 Novembre 2011, avait révélé sa nature cométaire lors d'observations le 01 Février 2012 dans le cadre du Catalina Sky Survey. La comète P/2011 VJ5 (Lemmon), d'une période d'environ 6,24 ans, était passée au plus près du Soleil le 08 Décembre 2011 à une distance d'environ 1,5 UA du Soleil.

 

Pour ce nouveau retour, les éléments orbitaux de la comète P/2011 VJ5 = 2017 W1 (Lemmon) indiquent un passage au périhélie le 22 Mars 2018 à une distance d'environ 1,5 UA du Soleil, et une période d'environ 6,28 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K17/K17W73.html (MPEC 2017-W73)

https://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2017%20W1;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


C/2017 U5 (PANSTARRS)

Une nouvelle comète a été découverte par les membres de l'équipe de recherche de Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System) sur les images obtenues le 30 Octobre 2017 avec le télescope Ritchey-Chretien de 1.8-m. La nature cométaire de l'objet a été confirmée par de nombreux astrométristes après publication sur les pages NEOCP (NEO Confirmation Page) et PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center.

 

Les éléments orbitaux paraboliques de la comète C/2017 U5 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 18 Décembre 2017 à une distance d'environ 4,3 UA du Soleil, et une période d'environ 69,7 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K17/K17X06.html (MPEC 2017-X06)

https://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2017%20U5;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


  

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Lost - Les Disparues... ou les comètes périodiques non revues.

 

Les différentes familles de comètes

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


29 Novembre 2017

L'instrument MUSE complète le sondage spectroscopique le plus profond jamais réalisé

 

Crédit : ESO/MUSE HUDF collaboration

 

Le sondage spectroscopique le plus profond jamais réalisé

 

Les astronomes utilisant l'instrument MUSE sur le Very Large Telescope de l'ESO au Chili ont mené le sondage spectroscopique le plus profond jamais réalisé. Ils se sont concentrés sur le champ ultra-profond de Hubble, mesurant les distances et les propriétés de 1600 galaxies très faibles dont 72 nouvelles galaxies qui n'avaient jamais été détectées auparavant, même par le télescope spatial Hubble. Ce jeu de données révolutionnaire a déjà donné lieu à dix articles scientifiques publiés dans un numéro spécial d'Astronomy & Astrophysics. La richesse exceptionnelle des informations fournies par MUSE donne aux astronomes un aperçu de la formation des étoiles dans l'Univers primordial. Il permet aussi d'étudier les mouvements et autres propriétés des galaxies primordiales. Cette avancée spectaculaire de notre connaissance de l'Univers lointain est rendue possible grâce aux capacités spectroscopiques uniques de MUSE.

 

Le champ ultra-profond de Hubble vu par Muse - Crédit : ESO/MUSE HUDF collaboration

 

L'équipe MUSE HUDF Survey, dirigée par Roland Bacon du Centre de recherche astrophysique de Lyon (CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1/ENS de Lyon, France), a utilisé MUSE (Multi Unit Spectroscopic Explorer) pour observer le champ ultra profond de Hubble (heic0406), une zone très étudiée du sud dans la constellation du Fourneau, notamment par le télescope spatial Hubble. Cela a abouti aux observations spectroscopiques les plus profondes jamais réalisées, avec la mesure d'informations spectroscopiques précises pour 1600 galaxies, dix fois plus que ce qui a été laborieusement obtenu dans ce domaine au cours de la dernière décennie par les grands télescopes au sol.

 

Les images de l'HUDF, publiées en 2004, prises par le télescope spatial Hubble de la NASA / ESA ont été pionnières dans les observations de l'Univers lointain. Elles ont sondé plus profondément que jamais cette région du ciel et ont révélé une ménagerie de galaxies datant de moins d'un milliard d'années après le Big Bang. La même zone a ensuite été observée à plusieurs reprises par Hubble et d'autres télescopes, ce qui a donné la vision la plus profonde de l'Univers connue à ce jour [1]. Aujourd'hui, et ce malgré la profondeur des observations de Hubble, MUSE a - parmi de nombreux autres résultats - révélé 72 galaxies jamais vues auparavant dans cette toute petite zone du ciel.

 

Roland Bacon reprend l'histoire: «MUSE peut faire quelque chose que Hubble ne peut pas faire - il disperse la lumière de chaque point de l'image en toutes ses couleurs pour créer un spectre. Cela nous permet de mesurer la distance, les couleurs et les autres propriétés de toutes les galaxies que nous pouvons détecter - y compris celles qui sont invisibles au télescope Hubble lui-même! "

 

Les données de MUSE fournissent une nouvelle vision des galaxies très lointaines, observées peu après le début de l'Univers, environ 13 milliards d'années dans le passé. L'instrument peut détecter des galaxies 100 fois plus faibles que lors des précédentes campagnes d'observation. Ces données s'ajoutent à un champ déjà richement étudié. C'est une nouvelle étape dans l'étude de l'Univers lointain qui nous permet d'avancer dans notre connaissance de l'évolution des galaxies avec le temps.

 

Le sondage a révélé 72 galaxies appelées émetteurs Lyman-alpha car elles brillent très intensément à la longue d'onde de la lumière Lyman-alpha [2]. La compréhension actuelle de la formation stellaire ne permet pas d'expliquer entièrement ces galaxies, qui semblent essentiellement briller dans cette couleur. C'est parce que MUSE disperse la lumière dans ses différentes couleurs que ces objets deviennent apparents, mais ils restent invisibles dans les images directes et profondes telles que celles de Hubble.

 

Jarle Brinchmann de l'Université de Leiden, Pays-Bas et IA, CAUP, Porto, Portugal, premier auteur d'un article décrivant les résultats de cette enquête, explique: "MUSE a la capacité unique d'extraire des informations sur les plus jeunes galaxies de l'Univers. - même dans une partie du ciel déjà très bien étudiée. Nous apprenons des choses sur ces galaxies qui ne sont possibles qu'avec la spectroscopie, comme le contenu chimique et les mouvements internes - et cela non pas en observant les galaxies individuellement mais simultanément pour toutes les galaxies!"

 

Une autre découverte majeure de cette étude est la détection systématique des halos géants d'hydrogène lumineux autour des galaxies dans l'Univers primitif, donnant aux astronomes un moyen nouveau et prometteur pour étudier les interactions des galaxies avec leur milieu environnant.

 

Parmi les autres applications potentielles de cet ensemble unique de données, qui sont explorées dans la série d'articles, citons le rôle des galaxies faibles durant la ré-ionisation cosmique (commençant juste 380 000 ans après le Big Bang), l'évolution du taux de fusion des galaxies avec le temps, l'étude des vents galactiques et la formation des étoiles dans l'Univers jeune.

 

“Étonnamment, ces données ont toutes été prises sans le système d'optique adaptative (AOF) qui vient tout juste d'être couplé à MUSE.  La mise en service de l'AOF après une décennie de travail intensif par les astronomes et les ingénieurs de l'ESO ouvre la perspective d'encore plus de données révolutionnaires à l'avenir », conclut Roland Bacon [3].

 

Note :

[1] Le Hubble Ultra Deep Field est l'un des champs les plus étudiés de l'espace. A ce jour, 13 instruments sur huit télescopes, dont ALMA ESO (eso1633), ont observé ce champ dans tous les domaines de longue d'onde possible, depuis les rayons X jusqu'aux longueurs d'onde radio.

 

[2] Les électrons chargés négativement qui orbitent autour du noyau chargé positivement dans un atome ont des niveaux d'énergie quantifiés. Autrement dit, ils ne peuvent exister que dans des états d'énergie spécifiques, et ils ne peuvent que faire la transition entre ces niveaux en gagnant ou en perdant des quantités précises d'énergie. Le rayonnement Lyman-alpha est produit lorsque les électrons dans les atomes d'hydrogène tombent du deuxième au plus bas niveau d'énergie. La quantité précise d'énergie perdue est libérée sous forme de lumière dans une longueur d'onde particulière, dans la partie ultraviolette du spectre, que les astronomes peuvent détecter avec des télescopes spatiaux ou sur Terre dans le cas d'objets qui sont décalés vers le rouge. Pour ces données, à un décalage vers le rouge de z ~ 3-6.6, la lumière Lyman-alpha est vue comme une lumière visible ou proche infrarouge.

 

[3] L'installation de l'optique adaptative avec MUSE a déjà révélé des anneaux auparavant invisibles autour de la nébuleuse planétaire IC 4406 (eso1724).

 

Plus d'informations :  

Cette recherche a été présentée dans une série de 10 articles à paraître dans la revue Astronomy & Astrophysics.

 

Les équipes sont composées de Roland Bacon(CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon, Université de Lyon, Lyon, France), Hanae Inami (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon, Université de Lyon, Lyon, France), Jarle Brinchmann (Leiden Observatory, Leiden, the Netherlands; Instituto de Astrofísica e Ciências do Espaço, Porto, Portugal), Michael Maseda (Leiden Observatory, Leiden, the Netherlands), Adrien Guerou (IRAP, CNRS, Université Toulouse III – Paul Sabatier, CNES, Université de Toulouse, France; ESO, Garching, Germany), A. B. Drake (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon, Université de Lyon, Lyon, France), H. Finley (IRAP, Université de Toulouse, Toulouse, France), F. Leclercq (Université de Lyon, Lyon, France), E. Ventou (IRAP, CNRS, Université Toulouse III – Paul Sabatier, CNES Université de Toulouse, Toulouse, France), T. Hashimoto (Université de Lyon, Lyon, France), Simon Conseil (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon Université de Lyon, Lyon, France), David Mary (Laboratoire Lagrange, CNRS, Observatoire de la Côte d'Azur, Université de Nice, Nice, France),  Martin Shepherd (Université de Lyon, Lyon, France), Mohammad Akhlaghi (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon Université de Lyon, Lyon, France), Peter M. Weilbacher (Leibniz-Institut für Astrophysik Postdam, Postdam, Germany), Laure Piqueras(CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon Université de Lyon, Lyon, France), Lutz Wisotzki (Leibniz-Institut für Astrophysik Potsdam, Potsdam, Germany), David Lagattuta (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon Université de Lyon, Lyon, France), Benoit Epinat (IRAP, CNRS, Université Toulouse III – Paul Sabatier, CNES, Université de Toulouse, Toulouse, France; et LAM, CNRS, Aix Marseille Université, Marseille, France), Sebastiano Cantalupo (ETH Zurich, Zurich, Switzerland), Jean Baptiste Courbot (Université de Lyon, Lyon, France; ICube, Université de Strasbourg, Strasbourg, France), Thierry Contini (IRAP, CNRS, Université Toulouse III – Paul Sabatier, CNES Université de Toulouse, Toulouse, France), Johan Richard (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon Université de Lyon, Lyon, France), Rychard Bouwens (Leiden Observatory, Leiden, the Netherlands), Nicolas Bouché (IRAP, CNRS, Université Toulouse III – Paul Sabatier, CNES Université de Toulouse, Toulouse, France), Wolfram Kollatschny (AIG, Universität Göttingen, Göttingen, Germany), Joop Schaye (Leiden Observatory, Leiden, the Netherlands), Raffaella Anna Marino (ETH Zurich, Zurich, Switzerland), Roser Pello (IRAP, CNRS, Université Toulouse III – Paul Sabatier, CNES Université de Toulouse, Toulouse, France), Christian Herenz (Leibniz-Institut für Astrophysik Potsdam, Potsdam, Germany), Bruno Guiderdoni (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon Université de Lyon, Lyon, France),, Marcella Carollo (ETH Zurich, Zurich, Switzerland), S. Hamer (Université de Lyon, Lyon, France), B. Clément (Université de Lyon, Lyon, France), G. Desprez (Université de Lyon, Lyon, France), L. Michel-Dansac (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon Université de Lyon, Lyon, France), M. Paavast (Leiden Observatory, Leiden, the Netherlands), L. Tresse (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon Université de Lyon, Lyon, France), L. A. Boogaard (Leiden Observatory, Leiden, the Netherlands), J. Chevallard (Scientific Support Office, ESA/ESTEC, Noordwijk, the Netherlands) S. Charlot (Sorbonne University, Paris, France), J. Verhamme (Université de Lyon, Lyon, France), Marijn Franx (Leiden Observatory, Leiden, the Netherlands), Kasper B. Schmidt (Leibniz-Institut für Astrophysik Potsdam, Potsdam, Germany), Anna Feltre (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon Université de Lyon, Lyon, France), Davor Krajnovic (Leibniz-Institut für Astrophysik Potsdam, Potsdam, Germany), Eric Emsellem (ESO, Garching, Germany; Université de Lyon, Lyon, France), Mark den Brok (ETH Zurich, Zurich, Switzerland), Santiago Erroz-Ferrer (ETH Zurich, Zurich, Switzerland), Peter Mitchell (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon Université de Lyon, Lyon, France), Thibault Garel (Université de Lyon, Lyon, France), Jeremy Blaizot(CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon Université de Lyon, Lyon, France), Edmund Christian Herenz (Department of Astronomy, Stockholm University, Stockholm, Sweden), D. Lam (Leiden University, Leiden, the Netherlands), M. Steinmetz (Leibniz-Institut für Astrophysik Potsdam, Potsdam, Germany) and J. Lewis (Université de Lyon, Lyon, France).

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope géant (ELT pour Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel.

 

Liens :  

- MUSE HUDF Special Issue in A&A

- “The MUSE Hubble Ultra Deep Field Survey: I. Survey description, data reduction and source detection” by R. Bacon et al.

- “The MUSE Hubble Ultra Deep Field Survey: II. Spectroscopic Redshift and Line Flux Catalog, and Comparisons to Color Selections of Galaxies at 3 < z < 7” by H. Inami et al.

- “The MUSE Hubble Ultra Deep Field Survey: III. Testing photometric redshifts to 30th magnitude” by J. Brinchmann et al.

- “The MUSE Hubble Ultra Deep Field Survey: IV. An Overview of C III] Emitters” by M. V. Maseda et al.

- “The MUSE Hubble Ultra Deep Field Survey: V. Spatially resolved stellar kinematics of galaxies at redshift 0.2 ? z ? 0.8” b A. Guérou

- “The MUSE Hubble Ultra Deep Field Survey: VI. The Faint-End of the Lya Luminosity Function at 2.91 < z < 6.64 and Implications for Reionisation” by A. B. Drake et al.

- “The MUSE Hubble Ultra Deep Field Survey:VII. Fe II* Emission in Star-Forming Galaxies” by H. Finley et al.

- “The MUSE Hubble Ultra Deep Field Survey: VIII. Extended Lyman a haloes” by F. Leclercq et al.

- “The MUSE Hubble Ultra Deep Field Survey: IX. evolution of galaxy merger fraction up to z ˜ 6” by E. Ventou et al.

- “The MUSE Hubble Ultra Deep Field Survey: X. Lya Equivalent Widths at 2.9 < z < 6.6” by T. Hashimoto et al.

- MUSE

- MUSE and the Adaptive Optics Facility (eso1724)

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1738/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


20 Novembre 2017

Des observations de l'ESO témoignent de l'étrange nature du tout premier astéroïde interstellaire détecté à ce jour

 

Crédit : ESO/M. Kornmesser

 

Le VLT dévoile un objet de couleur rouge foncé et de forme allongée

 

Des astronomes ont pour la toute première fois étudié un astéroïde en provenance de l'espace interstellaire lors de sa traversée de notre Système Solaire. Des observations effectuées au moyen du Very Large Telescope de l'ESO au Chili et d'autres observatoires disséminés à la surface du globe ont montré que cet objet particulier a voyagé dans l'espace des millions d'années avant de pénétrer à l'intérieur de notre système stellaire. C'est un objet de couleur rouge foncé, de forme très allongée, de composition métallique ou rocheuse, qui ne ressemble en rien aux composants habituels du Système Solaire. Les résultats de cette étude paraîtront au sein de l'édition du 20 novembre 2017 de la revue Nature.

 

Vue d’artiste de l’astéroïde interstellaire `Oumuamua - Crédit : ESO/M. Kornmesser

 

Le 19 octobre 2017, le télescope Pan-STARRS 1 détecta depuis Hawaï un petit point de lumière se mouvant dans le ciel. A première vue, il ressemblait à un astéroïde de faibles dimensions se déplaçant à vitesse élevée. Toutefois, des observations complémentaires ont permis de précisément définir son orbite. Les calculs révélèrent, sans l'ombre d'un doute, que son origine différait nettement de celle de l'ensemble des astéroïdes et autres comètes observés à ce jour. Cet objet provenait, non pas de l'intérieur du Système Solaire, mais de l'espace interstellaire, en effet. Bien que classifié en premier lieu parmi les comètes, les observations de l'ESO ainsi que d'autres observatoires ne révélèrent aucun signe d'activité cométaire lors de son passage à proximité du Soleil en septembre 2017. L'objet a donc été rangé dans la classe des astéroïdes interstellaires et baptisé 1I/2017 U1 (`Oumuamua) [1].

 

“Il nous fallait agir rapidement” précise l'un des membres de l'équipe, Olivier Hainaut de l'ESO à Garching en Allemagne. “ `Oumuamua s'éloignait déjà du Soleil en direction de l'espace interstellaire”.

 

Le Very Large Telescope de l'ESO fut aussitôt réquisitionné dans le but de déterminer l'orbite de l'objet, sa brillance ainsi que sa couleur, avec une précision meilleure que celle caractérisant les plus petits télescopes. La rapidité d'exécution fut essentielle, la luminosité d'`Oumuamua diminuant drastiquement à mesure qu'il s'éloignait du Soleil, de l'orbite terrestre notamment, vers l'extérieur du Système Solaire. D'autres surprises étaient à venir.

 

En combinant les images acquises au travers de quatre filtres différents intercalés sur l'instrument FORS du VLT avec les clichés obtenus au moyen d'autres grands télescopes, l'équipe d'astronomes emmenée par Karen Meech (Institut d'Astronomie, Hawaï, Etats-Unis) a mis en évidence la variation périodique de luminosité de `Oumuamua : sa brillance varie d'un facteur dix en effet au fil de sa rotation autour de son axe, soit en l'espace de 7,3 heures.

 

Karen Meech revient sur cette découverte : “Cette variation importante et inhabituelle de luminosité s'explique par la forme très allongée de l'objet : il est une dizaine de fois plus long que large, d'apparence compliquée, ondulée. Nous avons par ailleurs constaté qu'il était de couleur rouge foncé, semblable à celle des objets situés en périphérie du Système Solaire, et qu'il était totalement inerte, aucune trace de poussière n'ayant été détectée dans son environnement proche.”

 

Ces propriétés laissent à penser que `Oumuamua est un objet dense, potentiellement rocheux voire majoritairement constitué de métal, dépourvu de quantités significatives d'eau ou de glace, et que la couleur sombre de sa surface résulte des effets de l'irradiation par les rayons cosmiques sur des millions d'années. Sa longueur est estimée à plus de 400 mètres.

 

Les calculs orbitaux préliminaires indiquent que l'objet provenait d'une région du ciel voisine de l'étoile Vega, dans la constellation boréale de la Lyre. Toutefois, bien qu'il se meuve à la vitesse éclair de 90 000 kilomètres par heure, le voyage depuis l'espace interstellaire jusqu'à notre Système Solaire dura quelque 300 000 ans. A cette époque reculée, Véga n'occupait pas sa position actuelle. `Oumuamua a probablement erré dans la Voie Lactée, indépendamment de tout système stellaire, des centaines de millions d'années avant qu'il ne rencontre fortuitement le Système Solaire.

 

Les astronomes estiment qu'un astéroïde interstellaire semblable à `Oumuamua pénètre à l'intérieur du Système Solaire chaque année ou presque. Toutefois, leur faible luminosité les rend difficiles à détecter. A l'heure actuelle, seuls les télescopes de sondage tel Pan-STARRS s'avèrent suffisamment puissants pour les détecter.

 

“Nous continuons d'observer cet objet si particulier”, conclut Olivier Hainaut, “et espérons déterminer, avec une précision accrue, sa provenance ainsi que sa destination prochaine au sein de la galaxie. Maintenant que nous avons découvert le tout premier rocher interstellaire, nous nous préparons à en observer d'autres !”

 

Note :

[1] L'équipe de Pan-STARRS a suggéré d'attribuer à l'objet interstellaire une appellation hawaïenne. Cette proposition a été retenue par l'International Astronomical Union, responsable de l'attribution des noms officiels aux corps du Système Solaire et au-delà. En outre, l'IAU a créé une nouvelle classe d'objets pour les astéroïdes interstellaires, dont cet objet constitue le tout premier représentant. Les références à cet objet figurent ci-après : 1I, 1I/2017 U1, 1I/`Oumuamua et 1I/2017 U1 (`Oumuamua). Le caractère précédant le O est un okina. Cette appellation se prononce comme suit : H O u  mu a mu a. Avant l'introduction de cette nouvelle nomenclature, l'objet était désigné A/2017 U1.

 

Plus d'informations :  

Ce travail de recherche a fait l'objet d'un article intitulé “A brief visit from a red and extremely elongated interstellar asteroid”, par K. Meech et al., à paraître dans l'édition du XXX de la revue Nature.

 

L'équipe est composée de Karen J. Meech (Institut d'Astronomie, Honolulu, Hawaï, Etats-Unis [IfA]) Robert Weryk (IfA), Marco Micheli (Centre de Coordination SSA-NEO de l'ESA, Frascati, Italie; INAF–Osservatoire Astronomique de Rome, Monte Porzio Catone, Italie), Jan T. Kleyna (IfA) Olivier Hainaut (ESO, Garching, Allemagne), Robert Jedicke (IfA) Richard J. Wainscoat (IfA) Kenneth C. Chambers (IfA) Jacqueline V. Keane (IfA), Andreea Petric (IfA), Larry Denneau (IfA), Eugene Magnier (IfA), Mark E. Huber (IfA), Heather Flewelling (IfA), Chris Waters (IfA), Eva Schunova-Lilly (IfA) et Serge Chastel (IfA).

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope géant (ELT pour Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel.

 

Liens :  

- Publication scientifique dans Nature

- Photos du VLT

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1737/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

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