Nouvelles du Ciel d'Octobre 2018

 

 

 

Les Titres

 

Les superflares de jeunes étoiles naines mettent en danger les planètes [19/10/2018]

Découverte du plus vaste proto-superamas de galaxies [17/10/2018]

Saturne : Cassini découvre une nouvelle ceinture de radiations [13/10/2018]

Les astronomes découvrent la première évidence d'une lune possible en dehors de notre Système solaire [03/10/2018]

La Voie Lactée chamboulée par le passage d'une galaxie voisine [02/10/2018]

Comètes P/2007 V1 = 2018 S1 (Larson), C/2018 R5 (Lemmon) [02/10/2018]

Quand l'Univers s'illumine ... [01/10/2018]

Tectonique récente sur Mars [20/09/2018]

 

 

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Guillaume Cannat observe et fait observer le ciel depuis plus de 40 ans. Il est l'auteur de plus de cinquante ouvrages sur l'astronomie et il tient le blog Autour du Ciel sur lemonde.fr. L'Union astronomique internationale a nommé une petite planète 22512 Cannat en reconnaissance de son travail de vulgarisation.

 

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19 Octobre 2018

Les superflares de jeunes étoiles naines mettent en danger les planètes

 

Artwork: NASA, ESA, and D. Player (STScI)

 

Des explosions énergétiques peuvent dépouiller les atmosphères planétaires.

 

Le terme "HAZMAT" signifie danger. Dans ce cas, il s'agit sur une échelle cosmique, où de violentes poussées de gaz bouillonnant de petites étoiles jeunes peuvent rendre des planètes entières inhabitables. Le télescope spatial Hubble de la NASA observe de telles étoiles grâce à un vaste programme appelé HAZMAT - HAbitable Zones and M dwarf Activity across Time (zones habitables et activité de naine M à travers le temps). Il s'agit d'une enquête en ultraviolet de naines rouges - appelées "naines M" dans les cercle astronomiques - à trois âges différents : jeunes, intermédiaires et anciennes.

 

Environ les trois quarts des étoiles de notre galaxie sont des naines rouges. La plupart des planètes de la "zone habitable" de la galaxie gravitent autour de ces petites étoiles. Mais les jeunes naines rouges sont des étoiles actives, produisant des éruptions ultraviolettes qui diffusent un plasma de plusieurs millions de degrés avec une intensité pouvant influer sur la chimie atmosphérique et éventuellement dépouiller les atmosphères de ces planètes naissantes. L'équipe HAZMAT a découvert que les éruptions des plus jeunes naines rouges qu'ils ont examinées - d'environ 40 millions d'années - étaient 100 à 1.000 fois plus énergiques que lorsque les étoiles étaient plus âgées. C'est l'âge où les planètes terrestres se forment autour de leurs étoiles. Les scientifiques ont également détecté l'une des éruptions stellaires les plus intenses jamais observées dans la lumière ultraviolette. Surnommé "Hazflare", cet événement était plus énergique que le plus puissant flare de notre Soleil jamais enregistré.

 

Artwork: NASA, ESA, and D. Player (STScI)
Science: NASA, ESA, and P. Loyd and E. Shkolnik (Arizona State University)

 

http://hubblesite.org/news_release/news/2018-46

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


17 Octobre 2018

Découverte du plus vaste proto-superamas de galaxies

 

Crédit : ESO/L. Calçada & Olga Cucciati et al.

 

Grâce au Very Large Telescope de l'ESO, les astronomes ont découvert un géant cosmique dissimulé dans l'Univers jeune

 

Grâce à l'instrument VIMOS installé sur le Very Large Telescope de l'ESO, une équipe internationale d'astronomes a découvert une structure colossale au sein de l'Univers jeune. Ce proto-superamas de galaxies – qu'ils ont baptisé Hyperion – a été mis au jour grâce à de nouvelles mesures et à l'étude approfondie de données d'archives. Il s'agit de la structure la plus étendue et la plus massive découverte à ce jour à si grande distance et datant d'une époque si reculée – seulement 2 milliards d'années après le Big Bang.

 

Crédit : ESO/L. Calçada & Olga Cucciati et al.

 

Une équipe d'astronomes emmenée par Olga Cucciati de l'Institut National d'Astrophysique (INAF) de Bologne, a utilisé l'instrument VIMOS qui équipe le Very Large Telescope (VLT) de l'ESO pour identifier un gigantesque proto-superamas de galaxies en cours de formation dans l'Univers jeune, quelque 2,3 milliards d'années après le Big Bang. Cette structure, que les chercheurs ont baptisée Hyperion, est la plus vaste et la plus massive découverte à ce jour dans l'Univers primitif [1]. L'énorme masse du proto-superamas est estimée à plus d'un million de milliards de fois la masse du Soleil. Cette masse colossale est semblable à celle des structures les plus étendues de l'Univers contemporain. L'existence d'un objet si massif dans l'Univers jeune a toutefois surpris les astronomes.

 

“C'est la toute première fois qu'une structure aussi étendue est identifiée à une époque seulement 2 milliards d'années après le Big Bang”, déclare le premier auteur de l'article, Olga Cucciati [2]. “Normalement, ce type de structure se rencontre à des redshifts moindres, correspondant à des stades plus avancés dans la formation de l'Univers. Ce fut une réelle surprise de constater l'existence d'une structure aussi évoluée au sein d'un Univers relativement jeune !”

 

Situé dans le champ COSMOS de la constellation du Sextant, Hypérion fut découvert grâce à l'analyse d'une vaste quantité de données acquises lors du Sondage Ultra-Profond VIMOS (VUDS) conduit par Olivier Le Fèvre du Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (LAM – Aix-Marseille Université, Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), et Centre National d'Etudes Spatiales (CNES)). Le Sondage VUDS a permis de réaliser une cartographie 3D inédite de la distribution spatiale de plus de 10 000 galaxies de l'Univers distant.

 

L'équipe a découvert qu'Hyperion est doté d'une structure complexe, composée d'au moins 7 régions de densité élevée liées entre elles par des filaments de galaxies. Ses dimensions sont comparables à celles de superamas dans l'univers proche, mais sa structure est très différente.

 

“Les superamas situés à plus grande proximité de la Terre sont caractérisés par une distribution de masse plus concentrée et une architecture davantage structurée” explique Brian Lemaux, astronome à l'Université de Californie, Davis et LAM, et membre de l'équipe à l'origine de la découverte. “A titre comparatif, Hyperion est doté d'une distribution de masse plus uniformément répartie avec une série de régions sur-denses connectées entre elles et peuplées de galaxies éparses.” 

 

Cette différence d'aspect résulte sans doute des effets prolongés de la gravité : contrairement à Hyperion, les superamas observés dans l'univers proche, à plus de 13 milliards d'années après le Big Bang, ont disposé de plusieurs milliards d'années supplémentaires pour condenser leur matière en des régions de densité plus élevée.

 

Les dimensions qu'arbore Hyperion dans un Univers si jeune laissent présager qu'il évoluera en une structure semblable aux superamas qui composent l'Univers local, tels le Grand Mur du Sloan ou le Superamas de la Vierge – hôte de notre galaxie, la Voie Lactée. “Comprendre Hyperion et le comparer à de structures semblables récentes offre un aperçu de l'évolution des structures les plus massives de l'univers  depuis un lointain passé, ainsi que l'opportunité de tester les modèles de formation des superamas” conclut Olga Cucciati. “La découverte de ce géant cosmique dévoile le passé de ces vastes structures”.

 

Notes

[1] [1] Le surnom d'Hypérion a été emprunté à la mythologie grecque : les dimensions et la masse particulièrement élevées de ce proto-superamas font écho à ce géant mythique. Par le passé, un proto-amas découvert au sein d'Hypérion avait été baptisé Colossus. Similairement, les autres régions de densité élevée d'Hypérion ont été dotées de surnoms empruntés à la mythologie grecque, tels Theia, Eos, Selene et Helios, ce dernier faisant l'objet d'une représentation dans l'ancienne statue du Colosse de Rhodes.

 

La masse colossale d'Hypérion, qui équivaut à un million de milliards de fois celle du Soleil, est de 1015 masses solaires en notation scientifique.

 

[2] La lumière en provenance de galaxies extrêmement lointaines met énormément de temps à parvenir jusqu'à la Terre. Son analyse nous offre donc une fenêtre sur le passé – sur l'Univers jeune, en l'occurrence. Au cours de ce voyage, la longueur d'onde de cette lumière a été décalée par l'expansion de l'Univers – cet effet a été baptisé redshift ou décalage vers le rouge cosmologique. Les objets les plus distants et les plus âgés sont caractérisés par des redshifts plus importants, ce qui permet aux astronomes d'utiliser indifféremment les concepts d'âge ou de redshift. Le redshift d'Hypérion est de 2,45 : les astronomes observent donc le proto-superamas tel qu'il était 2,3 milliards d'années après le Big Bang.

 

Plus d'informations :  

Ce travail de recherche a fait l'objet d'un article intitulé “The progeny of a Cosmic Titan: a massive multi-component proto-supercluster in formation at z=2.45 in VUDS”, paru au sein de la revue Astronomy & Astrophysics.

 

L'équipe à l'origine de cette découverte est composée de O. Cucciati (INAF-OAS Bologna), B. C. Lemaux (Université de Californie, Davis et LAM - Aix Marseille Université, CNRS, CNES), G. Zamorani (INAF-OAS Bologna), O. Le Fèvre (LAM - Aix Marseille Université, CNRS, CNES), L. A. M. Tasca (LAM - Aix Marseille Université, CNRS, CNES), N. P. Hathi (Institut des Sciences des Télescopes Spatiaux, Baltimore), K-G. Lee (Kavli IPMU (WPI), Université de Tokyo & Laboratoire National Lawrence Berkeley), S. Bardelli (INAF-OAS Bologna), P. Cassata (Université de Padoue), B. Garilli (INAF–IASF Milano), V. Le Brun (LAM - Aix Marseille Université, CNRS, CNES), D. Maccagni (INAF–IASF Milano), L. Pentericci (INAF– Observatoire Astronomique de Rome), R. Thomas (Observatoire Européen Austral, Vitacura), E. Vanzella (INAF-OAS Bologna), E. Zucca (INAF-OAS Bologna), L. M. Lubin (Université de Californie, Davis), R. Amorin (Institut de Cosmologie Kavli & Laboratoire Cavendish, Université de Cambridge), L. P. Cassarà (INAF–IASF Milano), A. Cimatti (Université de Bologne & INAF-OAS Bologne), M. Talia (Université de Bologne), D. Vergani (INAF-OAS Bologne), A. Koekemoer (Space Telescope Science Institute, Baltimore), J. Pforr (ESA ESTEC), et M. Salvato (Max-Planck-Institut für Extraterrestrische Physik, Garching bei München).

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope géant (ELT pour Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ».

  

Liens :  

- Publication scientifique

- Le VIMOS Ultra Deep Survey

- Photos du VLT

 

Source : ESO https://www.eso.org/public/france/news/eso1833/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


13 Octobre 2018

Saturne : Cassini découvre une nouvelle ceinture de radiations

 

© MPS / JHUAPL

 

Il y a environ un an, une plongée spectaculaire dans la haute atmosphère de Saturne a mis fin à la mission Cassini, et à un projet unique qui a étudié le système saturnien pendant 13 ans. Au cours des cinq derniers mois de la mission la sonde a plongé 22 fois dans la région jusque-là presque inexplorée, située entre la planète et son anneau le plus interne, l'anneau D. La revue Science vient de publier une série d'articles décrivant les premiers résultats de cette dernière phase de la mission. Dans un de ces articles une équipe de recherche internationale, impliquant l'Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP / OMP, CNRS / Université de Toulouse III Paul Sabatier), montre qu'une ceinture de radiations, contenant des protons d'énergies extrêmes, se forme entre la planète et ses anneaux denses. Comme pour la ceinture de protons principale, les protons qui peuplent la région proche de la planète sont générés par le rayonnement cosmique incident. En raison de la présence des anneaux A, B et C, particulièrement denses, cette zone est découplée de la ceinture de radiations principale ainsi que du reste de la magnétosphère.

 

Ceintures de radiations à protons de Saturne. Le rayonnement dans la zone située entre la planète et l'anneau D peut être vu élargi dans l'encart. Il a été observé pour la première fois au cours de la dernière phase de la mission Cassini et est créé par l'incidence du rayonnement cosmique galactique sur les anneaux de la planète. Les protons ainsi générés interagissent ensuite avec l'atmosphère de Saturne, son mince anneau D et ses boucles. © MPS / JHUAPL

 

Lorsque la sonde spatiale Cassini est entrée en orbite autour de Saturne, le 1er juillet 2004, la suite de détecteurs de particules de l'expérience MIMI (Instrument d'imagerie magnétosphérique), au développement de laquelle l'IRAP a contribué, a eu un bref aperçu de la région située entre la planète et l'anneau D (le plus interne). Les mesures avaient indiqué qu'une population de particules chargées pouvait être présente, mais sa composition et ses propriétés restaient obscures. Au cours des années suivantes l'expérience MIMI a étudié les particules piégées par le champ magnétique de Saturne à l'extérieur des anneaux, formant la ceinture de radiations principale qui est composée de protons et d'électrons de haute énergie. La ceinture de radiations protonique est fortement influencée par les nombreuses lunes de Saturne, qui la segmentent en cinq secteurs. "Seulement 13 ans plus tard nous avons eu la possibilité de suivre nos toutes premières mesures à Saturne et de voir si un secteur supplémentaire de la ceinture de radiations coexistait avec l'anneau D et la haute atmosphère de la planète", explique Elias Roussos, chercheur au MPS et auteur principal de l'étude.

 

Comme pour la ceinture de protons principale de Saturne, les protons qui peuplent la région proche de la planète sont générés par le rayonnement cosmique incident. Lorsque ce rayonnement interagit avec des matériaux présents dans l'atmosphère de Saturne ou dans ses anneaux, il déclenche une chaîne de réactions générant des protons de haute énergie, qui sont ensuite piégés par le champ magnétique de la planète. «Le rayonnement cosmique et les anneaux «collaborent» pour créer cette ceinture de radiations minuscule mais très énergétique», ajoute Anna Kotova, chercheuse à l'IRAP et une des coauteurs principaux de cette étude.

 

Pendant sa dernière phase de mission la sonde Cassini est rentrée dans la région située entre Saturne et l'anneau D, le long de la trajectoire en orange. L'accumulation de protons observée s'étend à travers l'anneau D. Alors que l'intensité des protons est visiblement réduite aux anneaux D68 et D73, l'anneau D72 n'a pratiquement aucune influence. © MPS / JHUAPL

 

Le champ magnétique de Saturne près de la planète est si intense qu'il rend le piégeage des protons extrêmement efficace et ils interagissent en permanence avec l'anneau D et l'atmosphère saturnienne. Les mesures de l'expérience y ont révélé une accumulation stable de protons énergétiques qui s'étend de l'atmosphère de Saturne à l'ensemble de l'anneau D. L'énergie dont disposent certains de ces protons est extrême. Dans le système solaire, cette région est unique.

 

Grâce aux mesures de l'expérience MIMI une ceinture de radiations secondaire, formée par des protons de plus faible énergie et située à une altitude plus basse, a également été découverte. Cette ceinture se forme lorsque des atomes d'hydrogène neutres rapides, créés dans la magnétosphère de Saturne, sont ionisés et piégés près de la planète. «Cette ceinture basse altitude n'a été observée que brièvement en 2004. Nous avons dû attendre 13 ans pour répéter ces mesures et valider nos théories sur les processus physiques responsables de cette ceinture», déclare Iannis Dandouras, chercheur à l'IRAP et co-investigateur de l'équipe MIMI.

 

Au cours des 13 années passées à Saturne, l'expérience MIMI, développée en collaboration entre l'Université Johns Hopkins, l'institut Max Planck, l'Université de Maryland et l'IRAP, a été l'un des moyens les plus complets pour étudier une magnétosphère planétaire géante et ses ceintures de radiations, qui constituent un cas à part dans notre système solaire.

 

Référence :

Elias Roussos, Peter Kollmann, Norbert Krupp, Anna Kotova, Leonardo Regoli, Chris Paranicas, Donald Grant Mitchell, Stamatios M. Krimigis, Douglas Hamilton, Pontus Brandt, James Carbary, Steve Christon, Kostas Dialynas, Iannis Dandouras, Matthew Hill, Wing-Huen Ip, Geraint Jones, Stefano Livi, Barry Mauk, Benjamin Palmaerts, Edmond Roelof, Abigail Rymer, Nick Sergis, Thomas Smith (2018) A radiation belt of energetic protons located between Saturn and its rings, Science, doi: 10.1126/science.aat1962

 

Source : Actualités du CNRS-INSU http://www.insu.cnrs.fr/node/9564

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


03 Octobre 2018

Les astronomes découvrent la première évidence d'une lune possible en dehors de notre Système solaire

 

Crédit Artwork: NASA, ESA, and L. Hustak (STScI)

 

Un satellite de la taille de Neptune orbite un Jupiter géant autour d'une étoile semblable à un soleil.

 

Notre Système solaire comprend huit planètes principales et près de 200 lunes. Bien que les astronomes aient jusqu'à présent découvert près de 4.000 planètes en orbite autour d'autres étoiles, aucune lune n'a encore été trouvée.


Ce n'est pas faute de chercher, c'est juste que les lunes sont plus petites que les planètes et donc plus difficiles à détecter.


Les télescopes spatiaux Hubble et Kepler ont mis au jour des preuves de ce qui pourrait être une lune géante accompagnant une planète géante gazeuse en orbite autour de l'étoile Kepler-1625, située à 8.000 années-lumière dans la constellation du Cygne. La lune peut être aussi grosse que Neptune et tourne autour d'une planète plusieurs fois plus massive que Jupiter.


Si notre Système solaire est un exemple typique, les lunes peuvent surpasser en nombre les planètes dans notre galaxie dans le même ordre de grandeur ou plus. Cela promet une toute nouvelle frontière pour caractériser la nature des lunes et leur potentiel pour héberger la vie telle que nous la connaissons.


L'exemple de Kepler-1625b est trop éloignée pour être photographiée directement. Sa présence est déduite lorsqu'elle passe devant l'étoile, atténuant momentanément sa lumière. Un tel événement s'appelle un transit. Cependant, "l'empreinte" du signal de transit de la lune est plus faible que pour la planète hôte.


Les chercheurs avertissent que la présence de la lune devra être prouvée de manière concluante par les observations de suivi de Hubble.

 

Credit : Artwork: NASA, ESA, and L. Hustak (STScI)

Science: NASA, ESA, and A. Teachey and D. Kipping (Columbia University)

 

http://hubblesite.org/news_release/news/2018-45

 

https://www.cieletespace.fr/actualites/une-exolune-decouverte-a-8000-annees-lumiere

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


02 Octobre 2018

La Voie Lactée chamboulée par le passage d'une galaxie voisine

 

Crédit : ESA, CC BY-SA 3.0 IGO

 

En utilisant les données du satellite Gaia de l'ESA, une équipe internationale impliquant des chercheurs du GEPI (Observatoire de Paris, CNRS, Université PSL), l'IPAG/OSUG (CNRS, Université Grenoble Alpes), l'Institut UTINAM (CNRS, OSU THETA et Université Bourgogne-Franche-Comté), le LAB (CNRS, Université de Bordeaux) a mené une étude portant sur les mouvements de plus de 6 millions d'étoiles dans la Voie Lactée. Publié dans Nature cette semaine, l'article présente une étude des mouvements de plus de 6 millions d'étoiles dans la Voie Lactée, qui révèle que des groupes d'étoiles suivent des trajectoires particulières en orbitant autour du centre galactique. La rotation non uniforme est le signe qu'une petite galaxie satellite a frôlé la Voie Lactée il y a quelques centaines de millions d'années.

 

La majorité des étoiles de la Voie Lactée sont situées dans un disque mince qui entoure le bulbe central de la Galaxie. La structure interne de ce disque est influencée par différents effets. La barre centrale et les bras spiraux induisent de la migration radiale, par exemple, et les galaxies satellites passant à proximité peuvent aussi altérer les mouvements stellaires. Cependant, quand on modélise les galaxies on suppose souvent, par simplicité, que le disque est à l'équilibre dynamique et symétrique par rapport au plan galactique.

 

Les auteurs ont analysé les positions et mouvements des étoiles grâce aux données de la mission spatiale Gaia. Un diagramme particulier reliant les positions et les vitesses a mis en évidence une forme spirale. Cela ne veut pas dire que les étoiles se déplacent en spiralant, mais que ces populations orbitent selon des motifs décalés dans le temps et l'espace les uns par rapport aux autres.

 

Grâce à des simulations dynamiques, les auteurs montrent que ces mouvements particuliers peuvent être expliqués par le passage de la galaxie naine du Sagittaire à proximité de la Voie Lactée il y a entre 300 et 900 millions d'années. Ce résultat a été possible grâce à la très grande précision, jamais obtenue précédemment, des mesures astrométriques et spectroscopiques du satellite Gaia.

 

Perturbations dans la Voie Lactée : Vue d'artiste d'une perturbation des vitesses des étoiles dans notre Galaxie, la Voie Lactée, qui a été mise en évidence par la mission spatiale Gaia de l'ESA.
Les scientifiques qui ont analysé les données de Gaia ont montré que notre Galaxie souffre des effets d'un passage proche : les étoiles subissent des vagues comme quand on jette une pierre dans une mare.
Ce passage a probablement eu lieu il y a entre 300 et 900 millions d'années, et la responsable pourrait être la galaxie naine du Sagittaire, une petite galaxie qui contient quelques dizaines de millions d'étoiles qui est en voie de se faire cannibaliser par la Voie Lactée. Cet évènement a été découvert grâce au motif typique qu'il a donné aux mouvements des étoiles du disque de la Voie Lactée, la composante principale de notre Galaxie.
Credit : ESA, CC BY-SA 3.0 IGO

 

Ce diagramme montre l'altitude des étoiles de notre Galaxie au-dessus et en dessous du plan de la Galaxie en fonction des vitesses perpendiculaire au plan, basé sur une simulation d'une collision proche montrant que les étoiles subissent des mouvements comme la surface de l'eau quand on y jette une pierre. Le motif en coquille d'escargot ressemble aux mouvements des étoiles du disque de la Voie Lactée vues dans le second catalogue de la mission spatiale Gaia, qu'on interprète comme une signature d'un passage proche d'une Galaxie satellite.
Crédit : T. Antoja et al. 2018

 

Animation montrant l'évolution au cours du temps de la perturbation par le passage d'une galaxie satellite : on suit la variation du motif dans l'espace des positions au-dessus du plan et de la vitesse perpendiculaire au plan d'après une simulation. Cette simulation permet de dater l'évènement à quelques centaines de millions d'années.
Crédit : T. Antoja et al. 2018

 

Références :  

« A dynamically young and perturbed Milky Way disk »
Teresa Antoja, Amina Helmi, Merce Romero-G'omez, David Katz, Carine Babusiaux, Ronald Drimmel, Daffyd W. Evans, Francesca Figueras, Eloisa Poggio, Céline Reylé, Annie C. Robin, Georges Seabroke, Caroline Soubiran. Nature, 20 septembre 2018, http://dx.doi.org/10.1038/s41586-018-0510-7

 

Source : UTINAM/CNRS https://www.utinam.cnrs.fr/?La-Voie-Lactee-chamboulee-par-le-passage-d-une-galaxie-voisine

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


02 Octobre 2018

Comètes P/2007 V1 = 2018 S1 (Larson), C/2018 R5 (Lemmon)

 

Nouvelles du Ciel

 

P/2007 V1 = 2018 S1 (Larson)

La comète P/2007 V1 (Larson), découverte initialement par Steve M. Larson sur les images prises le 08 Novembre 2007 dans le cadre du Catalina Sky Survey, a été retrouvée sur les images obtenues le 18 Septembre 2018 par Krisztian Sarneczky et Robert Szakats (University of Szeged, Piszkesteto Stn., Konkoly), lesquels ont ensuite repéré ce même objet sur des images antérieures prises avec le même télescope en date du 14 Septembre (observateur R. Szakats) et du 18 Septembre (observateur B. Ignacz).

 

Les éléments orbitaux elliptiques de la comète P/2007 V1 = 2018 S1 (Larson) indiquent un passage au périhélie le 20 Janvier 2019 à une distance d'environ 2,6 UA du Soleil, et une période d'environ 11,1 ans pour cette comète de la famille de Jupiter.

https://minorplanetcenter.net/mpec/K18/K18S31.html (MPEC 2018-S31)

https://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2018%20S1;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


C/2018 R5 (Lemmon)

Un objet ayant l'apparence d'un astéroïde, découvert le 08 Septembre 2018 par le Mt. Lemmon Survey, a révélé sa nature cométaire après publication sur les pages NEOCP (NEO Confirmation Page) et PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center. Des images antérieures à la découverte, obtenues par Pan-STARRS 1 et datant du 05 Juillet, du 01 et du 15 Août 2018, ont également été identifiées.

 

Les éléments orbitaux elliptiques de la comète C/2018 R5 (Lemmon) indiquent un passage au périhélie le 09 Janvier 2019 à une distance d'environ 3,6 UA du Soleil, et une période d'environ 109 ans pour cette comète de type Halley classique (20 ans < P < 200 ans).

https://minorplanetcenter.net/mpec/K18/K18S38.html (MPEC 2018-S38)

https://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2018%20R5;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


  

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Lost - Les Disparues... ou les comètes périodiques non revues.

 

Les différentes familles de comètes

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


01 Octobre 2018

Quand l'Univers s'illumine ...

 

Crédit : ESA/Hubble & NASA, ESO/ Lutz Wisotzki et al.

 

Le spectrographe MUSE révèle que la presque totalité de l'Univers jeune baigne dans un rayonnement de type Lyman-alpha

 

Des observations du ciel profond effectuées au moyen du spectrographe MUSE qui équipe le Very Large Telescope de l'ESO ont mis à jour l'existence de vastes réservoirs cosmiques d'hydrogène atomique en périphérie de lointaines galaxies. L'extrême sensibilité de MUSE a permis d'observer directement de minces nuages d'hydrogène émettant une raie Lyman alpha au sein de l'Univers jeune – révélant par la même que le rayonnement de la quasi-totalité du ciel nocturne est invisible.

 

Crédit : ESA/Hubble & NASA, ESO/ Lutz Wisotzki et al.

 

Grâce à l'instrument MUSE installé sur le Very Large Telescope (VLT) de l'ESO, une équipe internationale d'astronomes a découvert un excès inattendu d'émission Lyman-alpha au sein du Champ Ultra Profond d'Hubble (HUDF). Cette émission couvre la quasi-totalité du champ de vue – ce qui a conduit l'équipe à supposer que la presque totalité du ciel est emplie d'un rayonnement invisible de type Lyman alpha issu de l'Univers jeune [1].

 

Les astronomes ont la coutume d'observer un ciel dont l'aspect diffère suivant la longueur d'onde considérée. L'ampleur de l'émission Lyman alpha observée les a toutefois particulièrement surpris. “Réaliser que le ciel dans son ensemble rayonne à des longueurs d'onde visibles en observant l'émission Lyman alpha en provenance des lointains nuages d'hydrogène fut une réelle surprise” explique Kasper Borello Schmidt, l'un des membres de l'équipe d'astronomes à l'origine de cette découverte.

 

Il s'agit là d'une grande découverte !” ajoute Themiya Nanayakkara, un autre membre de l'équipe. “La prochaine fois que vous regarderez un ciel sombre, sans Lune, peuplé d'étoiles, imaginez l'invisible lueur de l'hydrogène : le premier élément constitutif de l'Univers, baignant la quasi-totalité du ciel nocturne.”

 

La région UHDF observée par l'équipe se situe dans la constellation du Fourneau. Cette région peu remarquable du ciel fut cartographiée par le Télescope Spatial Hubble du consortium NASA/ESA en 2004 : 270 heures d'observation avaient alors permis à Hubble de la scruter en profondeur.

 

Les observations UHDF ont révélé l'existence de milliers de galaxies à l'arrière-plan d'une petite zone sombre du ciel, nous donnant un aperçu des vastes dimensions de l'Univers. Les exceptionnelles performances de MUSE nous ont récemment permis de sonder cette région plus en profondeur. La détection de l'émission Lyman alpha au sein de l'UHDF est une première : cette raie de faible intensité en provenance des enveloppes gazeuses des premières galaxies n'avait jamais été observée auparavant. Cette image composite montre le rayonnement Lyman alpha de couleur bleue, superposé à la célèbre image UHDF.

 

MUSE, l'instrument à l'origine de ces dernières observations, est un spectrographe de champ intégral de dernière génération installé sur la quatrième Unité Télescopique du VLT à l'Observatoire Paranal de l'ESO [2]. Lorsque MUSE observe le ciel, il décompose la lumière frappant chaque pixel du détecteur en ses composantes de différentes couleurs. Le fait d'observer l'intégralité du spectre de lumière en provenance des objets astronomiques nous offre un aperçu des processus astrophysiques se produisant dans l'Univers [3].

 

Grâce aux observations de MUSE, nous disposons d'une toute nouvelle vision des cocons de gaz diffus qui entourent les galaxies de l'Univers jeune” précise Philippe Richter, un autre membre de l'équipe.

 

L'équipe internationale d'astronomes qui a effectué ces observations a tenté d'identifier la raison pour laquelle ces lointains nuages d'hydrogène émettent une raie Lyman alpha. L'origine précise demeure toutefois mystérieuse. Cette faible lueur emplissant la quasi-totalité du ciel nocturne, des travaux ultérieurs devraient permettre d'en déterminer l'exacte origine.

 

A l'avenir, nous prévoyons d'effectuer des mesures plus précises encore” conclut Lutz Wisotzki, qui pilote l'équipe. “Nous voulons connaître la distribution spatiale de ces vastes réservoirs cosmiques d'hydrogène atomique.”

 

Notes

[1] La lumière se propage à une vitesse étonnamment élevée mais finie. Cela signifie que la lumière captée sur Terre a mis beaucoup de temps à voyager depuis les galaxies distantes, nous offrant une fenêtre sur le passé, lorsque l'Univers était beaucoup plus jeune.”

 

[2] Yepun, la quatrième unité télescopique du VLT, est équipée d'un ensemble d'instruments scientifiques exceptionnels et de systèmes technologiquement avancés, parmi lesquels figure l'Installation d'Optique Adaptative qui a récemment reçu le Prix Paul F. Forman 2018 de la Société Optique Américaine.

 

[3] La raie Lyman alpha observée par MUSE est émise lorsque se produisent des transitions électroniques au sein des atomes d'hydrogène. Ces transitions s'accompagnent de l'émission de lumière à la longueur d'onde de 122 nanomètres. Cette lumière se trouve totalement absorbée par l'atmosphère de la Terre. Seule l'émission Lyman alpha « redshiftée » – décalée vers le rouge – en provenance des galaxies extrêmement lointaines dispose d'une longueur d'onde suffisante pour traverser l'atmosphère terrestre sans être absorbée et finalement être détectée par les télescopes au sol de l'ESO.

 

Plus d'informations :  

Ce travail de recherche a fait l'objet d'un article intitulé “Nearly 100% of the sky is covered by Lyman-a emission around high redshift galaxies”, paru ce jour dans la revue Nature.

 

L'équipe est composée de Lutz Wisotzki (Institut d'Astrophysique de Leibniz Potsdam, Allemagne), Roland Bacon (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon, Université de Lyon, France), Jarle Brinchmann (Université de Leiden, Pays-Bas; Institut d'Astrophysique et des Sciences  d'Espaço, Université de Porto, Portugal), Sebastiano Cantalupo (ETH Zürich, Suisse), Philipp Richter (Université de Potsdam, Allemagne), Joop Schaye (Université de Leiden, Pays-Bas), Kasper B. Schmidt (Institut d'Astrophysique de Leibniz Potsdam, Allemagne), Tanya Urrutia (Institut d'Astrophysique de Leibniz Potsdam, Allemagne), Peter M. Weilbacher (Institut d'Astrophysique de Leibniz Potsdam, Allemagne), Mohammad Akhlaghi (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon, Université de Lyon, France), Nicolas Bouché (Université de Toulouse, France), Thierry Contini (Université de Toulouse, France), Bruno Guiderdoni (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon, L'Université de Lyon, France), Edmund C. Herenz (Université de Stockholm, Suède), Hanae Inami (L'Université de Lyon, France), Josephine Kerutt (Institut d'Astrophysique de Leibniz Potsdam, Allemagne), Floriane Leclercq (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon, L'Université de Lyon, France), Raffaella A. Marino (ETH Zürich, Suisse), Michael Maseda (Université de Leiden, Pays-Bas), Ana Monreal-Ibero (Institut d'Astrophysique des Canaries, Espagne; Université de La Laguna, Espagne), Themiya Nanayakkara (Université de Leiden, Pays-Bas), Johan Richard (CRAL - CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon, L'Université de Lyon, France), Rikke Saust (Institut d'Astrophysique de Leibniz Potsdam, Allemagne), Matthias Steinmetz (Institut d'Astrophysique de Leibniz Potsdam, Allemagne), et Martin Wendt (Université de Potsdam, Allemagne).

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope géant (ELT pour Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel ».

  

Liens :  

- Photos de MUSE

- Photos du VLT

 

Source : ESO https://www.eso.org/public/france/news/eso1832/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


20 Septembre 2018

Tectonique récente sur Mars

 

Copyright : ESA/DLR/FU Berlin, CC BY-SA 3.0 IGO

 

Ces tranchées importantes ont été formées par des failles qui ont entraîné la surface de la planète il y a moins de 10 millions d'années.

 

Vue de Mars Express de Cerberus Fossae - Copyright : ESA/DLR/FU Berlin, CC BY-SA 3.0 IGO

 

Les images ont été prises par Mars Express de l'ESA le 27 Janvier, et capturent une partie du système Cerberus Fossae dans la région d'Elysium Planitia, près de l'équateur martien.

 

Les fossae - signifiant « fossés » ou « tranchées » en latin - s'étendent sur plus de 1.000 kilomètres du nord-ouest au sud-est.

 

Ils ont traversé des cratères d'impact et des collines le long du trajet, ainsi que des plaines volcaniques vieilles de 10 millions d'années, indiquant la relative jeunesse de leur formation.

 

Leur largeur varie de quelques dizaines de mètres à plus d'un kilomètre et on pense que ce sont des caractéristiques tectoniques provenant de failles qui écartent les couches supérieures de la surface.

 

Ils pourraient être liés à des injections de lave en profondeur déformant la surface au-dessus, provenant peut-être du trio de volcans situés au nord-ouest.

 

Cerberus Fossae dans son contexte - Copyright : NASA MGS MOLA Science Team

 

Les fosses d'effondrement arrondies observées dans la partie nord (le nord est à droite dans l'image couleur principale) indiquent un stade précoce du creusement de la surface; à d'autres endroits, des caractéristiques arrondies peuvent être observées pour créer des fissures plus longues.

 

Vue en perspective de Cerberus Fossae - Copyright : ESA/DLR/FU Berlin, CC BY-SA 3.0 IGO

 

Les scientifiques qui étudient cette région ont émis l'hypothèse que les fractures pourraient briser la croûte jusqu'à une certaine profondeur, permettant à la lave ou aux eaux souterraines de s'échapper vers la surface.

 

À l'ouest, comme on le voit dans l'image de contexte, le canal d'écoulement Athabasca Valles est relié au système de fosses.

 

Vue en perspective de Cerberus Fossae - Copyright : ESA/DLR/FU Berlin, CC BY-SA 3.0 IGO

 

Le matériau sombre vu dans le plus grand cratère au nord (à droite) et autour de certaines fissures est du sable soufflé par le vent sur la surface martienne.

 

Mars Express fête ses 15 ans en orbite cette année, et les scientifiques discutent de certains points forts de la mission au Congrès européen des sciences planétaires cette semaine à Berlin, en Allemagne.

 

Vue topographique de Cerberus Fossae - Copyright : ESA/DLR/FU Berlin, CC BY-SA 3.0 IGO

 

Au cours de sa mission, elle a pris plus de 40 000 images de Mars et de ses deux lunes avec la caméra stéréo haute résolution, ainsi que des images de contexte avec sa Caméra de Surveillance Visuelle. Elle a également rassemblé un vaste ensemble de données avec sa suite d' instruments scientifiques analysant la planète depuis son ionosphère, son atmosphère et son interaction avec le vent solaire jusqu'à son sous-sol avec un radar.

 

Explorez toutes les données de Mars Express disponibles dans les Archives des Sciences Planétaires de l'ESA.

 

Cerberus Fossae en 3D - Copyright : ESA/DLR/FU Berlin, CC BY-SA 3.0 IGO

 

http://www.esa.int/Our_Activities/Space_Science/Mars_Express/Recent_tectonics_on_Mars

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

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