Nouvelles du Ciel d'Août 2018

 

 

 

Les Titres

 

Beauté et élégance célestes [08/08/2018]

Les astronomes découvrent de nouvelles pistes pour l'étoile qui ne mourrait pas [02/08/2018]

Un vestige stellaire révèle l'origine de molécules radioactives [30/07/2018]

Saturne et Mars font équipe pour réaliser leurs approches les plus proches de la Terre en 2018 [26/07/2018]

 

 

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LE GUIDE DU CIEL 2018-2019 de Guillaume CANNAT

 

24e édition

 

Tout ce qu'il faut savoir pour observer le ciel entre le 1er juin 2018 et le 30 juin 2019

 

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Et toujours autant de rendez-vous quotidiens pour suivre le ciel heure par heure...

 

- Parution : mai 2018

- Couverture souple pelliculée avec rabats, cahiers cousus et collés

- 17 x 24 cm, 352 pages

- Plus de 500 schémas, cartes célestes et photographies

- Imprimé intégralement en couleurs

- 24e édition

- ISBN-13 : 979-10-90238-23-7

 

LE GUIDE DU CIEL 2018-2019
l'ouvrage le plus complet pour vivre votre passion des astres au quotidien !

 

Le Guide du Ciel est un ouvrage de 352 pages (format 17 x 24 cm, broché, couverture souple pelliculée avec rabats, cahiers cousus et collés, reliure particulièrement résistante) qui rassemble dans un seul volume toutes les données dont vous pourriez avoir besoin tout au long de l'année pour préparer vos observations.

Contrairement aux tablettes et autres portables, il est équipé d'une batterie en papier de très longue durée qui ne vous laissera jamais tomber sur le terrain au beau milieu de la nuit... et il a toujours du réseau !

 

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LE CIEL A L'OEIL NU EN 2018 de Guillaume CANNAT

 

Voici la nouvelle édition du Ciel à l'il nu, l'ouvrage qu'il vous faut pour découvrir le ciel sans instrument (ou parfois avec de simples jumelles). 

 

Le Ciel à l'oeil nu est l'ouvrage de référence des observateurs du ciel. Il vous guide en ville et en pleine nature pour pratiquer le plus simplement du monde l'une des plus vieilles activités humaines : l'observation du ciel étoilé, des planètes et de la Lune.

 

Cette seizième édition est truffée de conseils, de rappels mythologiques sur les constellations, d'informations encyclopédiques sur les planètes et les étoiles et d'idées pour observer ou photographier facilement les plus beaux rendez-vous entre les planètes, le Soleil et la Lune visibles de janvier à décembre 2018.

 

Un cahier réunit en début d'ouvrage toutes les informations dont vous avez besoin pour observer le ciel ou choisir votre premier instrument.

 

Avec le site web associé à ce guide, vous pouvez obtenir des informations complémentaires, des cartes du ciel à imprimer, des images des astres à haute résolution et des liens directs vers les sites utiles pour votre pratique quotidienne du loisir astronomique.

 

150 illustrations, schémas photographiques, cartes du ciel, images inédites.

 

Le Ciel à l'il nu est richement illustré par des dizaines de photographies astronomiques inédites et par des cartes très réalistes pour découvrir aisément les étoiles des quatre saisons. 

Si ce livre vous incite à lever les yeux plus souvent vers la voûte céleste, à contempler plus régulièrement la Lune et les planètes, les constellations et leurs étoiles, il aura atteint son but.

 

Guillaume Cannat observe et fait observer le ciel depuis plus de 40 ans. Il est l'auteur de dizaines d'ouvrages sur l'astronomie et il tient le blog Autour du Ciel sur lemonde.fr. L'Union astronomique internationale a nommé une petite planète 22512 Cannat en reconnaissance de son travail de vulgarisation.

 

- Le Ciel à l'il nu en 2018
- 144 pages
- Plus de 150 cartes, schémas, gravures et photographies en couleur
- Prix public TTC : 19,90 euros
- ISBN : 979-10-90238-22-0

 

La collection « Le Ciel à l'oeil nu » a reçu le prix spécial du jury du Festival d'Astronomie de Haute-Maurienne-Vanoise

 

Le Ciel à l'il nu en 2018 est diffusé par GEODIF/SODIS

 

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08 Août 2018

Beauté et élégance célestes

 

Crédit : ESO/Spavone et al.

 

Une multitude de galaxies étincelantes peuplent ce cliché acquis par le Télescope de Sondage du VLT de l'ESO, un télescope de 2,6 m à la pointe de la technologie conçu pour sonder le ciel dans le domaine visible. La multitude de galaxies visibles sur cette image présente des caractéristiques dont l'étude permet aux astronomes de découvrir la structure galactique dans ses moindres détails.

 

Beauté et élégance célestes - Crédit : ESO/Spavone et al.

 

Le Very Large Telescope (VLT) de l'ESO est capable d'observer des objets astronomiques de faible luminosité dans les moindres détails. Mais lorsque les astronomes souhaitent étudier la diversité galactique, il leur faut utiliser un autre type d'instrument, doté d'un champ de vue plus étendu, tel le Télescope de Sondage du VLT (VST). Il fut conçu à des fins d'observation de vastes portions des cieux chiliens vierges de toute pollution, et offre aux astronomes des relevés célestes détaillés de l'hémisphère austral.

 

Les puissantes capacités d'observation du VST ont conduit une équipe internationale d'astronomes à effectuer un relevé de galaxies de type primitif (VST Early-type GAlaxy Survey, VEGAS) [1], puis à étudier un échantillon de galaxies elliptiques dans l'hémisphère austral [2]. Grâce à OmegaCAM, un détecteur ultra-sensible situé au cur du VST [3], une équipe emmenée par Marilena Spavone de l'INAF Observatoire Astronomique de Capodimonte à Naples en Italie, a capturé des images d'une grande diversité de galaxies de ce type évoluant dans différents environnements.

 

NGC 5018 est l'une de ces galaxies. Située dans la constellation de la Vierge, elle apparaît de couleur blanche, laiteuse, près du centre de cette image. A première vue, elle ressemble à une tâche diffuse. Observée de plus près, un mince flux de gaz et d'étoiles une queue de marée semble s'échapper de cette galaxie elliptique. Ces petites particularités galactiques que sont les queues de marées et autres flux d'étoiles témoignent d'interactions galactiques et constituent des éléments essentiels à une meilleure compréhension de la structure ainsi que de la dynamique des galaxies.

 

Sur cette splendide image de 400 megapixels figurent non seulement de nombreuses galaxies elliptiques ainsi que quelques galaxies spirales, mais également une grande diversité d'étoiles brillantes en avant-plan au sein de notre galaxie, la Voie Lactée. Ces objets, telle l'étoile HD 114746  d'un bleu vif située près du centre de l'image, ne sont pas les sujets principaux de ce portrait astronomique, mais se situent sur la ligne de visée joignant la Terre aux lointaines galaxies faisant l'objet de cette étude. Les traces à peine visibles laissées par les astéroides de notre propre Système Solaire n'en sont pas moins fascinantes. Ainsi, sous NGC 5018 figure la mince traînée laissée par l'astéroïde 2001 TJ21 (110423). Capturée à diverses reprises, au cours d'observations successives, cette faible trace s'étire sur la totalité de l'image. Un peu plus à droite figure l'empreinte laissée par un autre astéroïde, baptisé 2000 WU69 (98603).

 

Ainsi donc, lorsque les astronomes entreprennent d'étudier les fines caractéristiques de galaxies distantes de millions d'années lumière de la Terre, ils capturent également les images d'étoiles proches, situées à quelques centaines d'années lumière de la Terre, ainsi que les minces traînées d'astéroïdes cheminant à quelques minutes lumière seulement, au sein de notre propre Système Solaire. L'étude des régions les plus reculées de l'Univers s'accompagne donc d'observations tout aussi envoûtantes de notre proche environnement. Tel est le résultat d'une parfaite complémentarité entre les instruments de l'ESO, dotés d'une grande sensibilité, et l'extrême pureté des cieux chiliens.

 

Notes

[1] VEGAS est l'appellation d'une campagne d'observations multi-bandes et profonde des galaxies de type primitif effectuée au moyen du Télescope de Sondage du VLT (VST) par une équipe pilotée par Enrichetta Iodice de l'INAF Observatoire Astronomique de Capodimonte à Naples en Italie.

 

[2] Les galaxies elliptiques sont des galaxies de type primitif. Ce qualificatif ne découle pas de leur âge, mais de l'hypothèse jadis envisagée selon laquelle elles évolueraient vers la forme spirale, plus familière. Cette hypothèse est désormais écartée. Les galaxies de type primitif sont dotées d'une forme elliptique et bien souvent dépourvues de gaz, donc caractérisées par un faible taux de formation d'étoiles. L'étonnante diversité de formes et de types de galaxies fait l'objet d'une classification au sein de la séquence de Hubble.

 

[3] OmegaCAM consiste en un détecteur extrêmement sensible constitué de 32 dispositifs individuels à couplage de charges. Il génère des images dotées de 256 millions de pixels, soit 16 fois plus que la caméra avancée dédiée aux relevés (ACS) du Télescope Spatial Hubble du consortium NASA/ESA. OmegaCAM fut conçu et construit par un consortium composé d'instituts néerlandais, allemands et italiens, placé sous le pilotage de l'ESO.

 

Plus d'informations :  

Cette recherche est présentée dans un article intitulé VEGAS: A VST Early-type GAlaxy Survey. III. Mapping the galaxy structure, interactions and intragroup light in the NGC 5018 group par Marilena Spavone et al., qui sera publié dans Astrophysical Journal.

 

L'équipe est composée de Marilena Spavone (INAF-Astronomical Observatory of Capodimonte, Naples, Italy), Enrichetta Iodice (INAF-Astronomical Observatory of Capodimonte, Naples, Italy), Massimo Capaccioli (University of Naples, Naples, Italy), Daniela Bettoni (INAF-Astronomical Observatory of Padova, Italy), Roberto Rampazzo (INAF-Astronomical Observatory of Padova, Italy), Noah Brosch (The Wise Observatory and School of Physics and Astronomy Tel Aviv University, Israel), Michele Cantiello (INAF-Astronomical Observatory of Teramo, Italy), Nicola R. Napolitano (INAF-Astronomical Observatory of Capodimonte, Naples, Italy), Luca Limatola (INAF-Astronomical Observatory of Capodimonte, Naples, Italy), Aniello Grado (INAF-Astronomical Observatory of Capodimonte, Naples, Italy), Pietro Schipani (INAF-Astronomical Observatory of Capodimonte, Naples, Italy).

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope géant (ELT pour Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'ELT sera « l'il le plus grand au monde tourné vers le ciel ».

  

Liens :  

- Publication scientifique

- Photos des Télescopes de Sondage de l'ESO

 

Source : ESO https://www.eso.org/public/france/news/eso1827/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


02 Août 2018

Les astronomes découvrent de nouvelles piste pour l'étoile qui ne mourrait pas

 

Crédit : Illustration: NASA, ESA, and A. Feild (STScI)

 

Il faut plus qu'une explosion massive pour détruire l'étoile mammouth Eta Carinae, une des étoiles les plus brillantes de la galaxie de la Voie lactée. Il y a environ 170 ans, Eta Carinae a éclaté, libérant presque autant d'énergie qu'une explosion de supernova standard.

 

Pourtant, cette explosion puissante n'était pas suffisante pour effacer l'étoile, et les astronomes ont cherché des indices pour expliquer l'explosion depuis. Bien qu'ils ne peuvent pas revenir au milieu des années 1800 pour assister à l'éruption réelle, ils peuvent regarder une rediffusion d'une partie de l'événement - grâce à une certaine lumière capricieuse de l'explosion. Plutôt que de se diriger droit vers la Terre, une partie de la lumière de l'explosion a rebondi et s'est "répétée" sur la poussière interstellaire, et vient juste d'arriver sur Terre. Cet effet est appelé un écho de lumière.

 

La surprise est que de nouvelles mesures de l'éruption du XIXe siècle, faites par des télescopes au sol, révèlent des matériaux en expansion avec des vitesses records jusqu'à 20 fois plus rapides que les astronomes prévoyaient. Les vitesses observées ressemblent davantage au matériel le plus rapide éjecté par l'onde de choc dans une explosion de supernova, plutôt qu'aux vents relativement lents et doux attendus des étoiles massives avant leur mort.

 

Sur la base des nouvelles données, les chercheurs suggèrent que l'éruption de 1840 peut avoir été déclenchée par une rixe stellaire prolongée entre trois bagarreuses étoiles frères et surs, qui a détruit une étoile et a laissé les deux autres dans un système binaire. Cette bagarre a peut-être culminé avec une violente explosion lorsque Eta Carinae a dévoré l'un de ses deux compagnons, faisant exploser plus de 10 fois la masse de notre Soleil dans l'espace. La masse éjectée a créé des lobes bipolaires gigantesques ressemblant à la forme d'haltères observée dans les images actuelles.

 

La bagarre entre trois frères et surs stellaires tapageurs peut avoir déclenché une éruption

Crédit : Illustration: NASA, ESA, and A. Feild (STScI) - Science: NSF and AURA

 

http://hubblesite.org/news_release/news/2018-33

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


30 Juillet 2018

Un vestige stellaire révèle l'origine de molécules radioactives

 

Crédit : ALMA (ESO/NAOJ/NRAO), T. Kaminski; Gemini, NOAO/AURA/NSF; NRAO/AUI/NSF, B. Saxton

 

ALMA détecte l'isotope radioactif de l'aluminium-26 au sein des restes de CK Vulpeculae

 

Grâce à ALMA et NOEMA, des astronomes ont pour la première fois détecté, avec certitude, une molécule radioactive dans l'espace interstellaire. La fraction radioactive de cette molécule consiste en un isotope d'aluminium. Les observations révèlent que cet isotope a été disséminé dans l'espace après que deux étoiles aient collisionné, donnant naissance à un objet baptisé CK Vulpeculae. C'est la toute première fois que cet élément est détecté au sein d'une source connue. Cet isotope avait précédemment été identifié au sein d'un flux de rayons gamma, dont l'origine précise était demeurée inconnue.

 

Molécules radioactives détectées au sein des restes d'une collision stellaire

Crédit : ALMA (ESO/NAOJ/NRAO), T. Kaminski; Gemini, NOAO/AURA/NSF; NRAO/AUI/NSF, B. Saxton

 

L'équipe, emmenée par Tomasz Kaminski (Centre Harvard-Smithson dédié à l'Astrophysique, Cambridge, Etats-Unis), a utilisé le Vaste Réseau (Sub-)Millimétrique de l'Atacama (ALMA) ainsi que le Réseau Millimétrique Etendu du Nord (NOEMA) dans le but de détecter une source de l'isotope radioactif de l'aluminium-26. La source, baptisée CK Vulpecula, fut pour la première fois observée en 1670. A cette époque, elle apparaissait brillante, de couleur rouge, et fut classée parmi les nouvelles étoiles. Elle était alors visible à l'oeil nu. Puis, sa luminosité décrût rapidement. A l'heure actuelle, de puissants télescopes sont nécessaires pour observer les restes de cette fusion des restes constitués d'une étoile centrale de faible brillance entourée d'un halo de matière rougeoyante s'éloignant progressivement.

 

348 années après leur détection, les restes de cette fusion stellaire explosive arborent la signature claire et convaincante de l'aluminium-26, un isotope radioactif de l'aluminium. Il s'agit de la toute première molécule radioactive instable détectée avec certitude en dehors du Système Solaire. Les isotopes instables sont caractérisés par un excès d'énergie nucléaire et se transforment progressivement en des éléments stables.

 

Cette première observation de l'isotope au sein d'un objet semblable à une étoile présente également un intérêt dans le contexte plus large de l'évolution chimique de notre galaxie, précise Tomasz Kaminski. C'est la toute première fois qu'une source active du noyau radioactif de l'aluminium-26 est identifiée de façon directe.

 

Tomasz Kaminski et son équipe ont détecté la signature spectrale unique de molécules composées d'aluminium-26 et de fluorine (26AlF) dans les restes situés en périphérie de CK Vulpeculae, distante de quelque 2000 années lumière de la Terre. Lorsque ces molécules tournoient en se déplaçant, elles émettent une raie spécifique dans le domaine millimétrique. Les astronomes estiment que ce processus baptisé transition rotationnelle constitue l'étalon-or pour la détection de molécules [2].

 

L'observation de cet isotope particulier offre des compléments d'information relatifs au processus de fusion ayant donné naissance à CK Vulpeculae. Elle révèle également que les couches intérieures, denses et profondes d'une étoile, au sein desquelles se forment les éléments lourds et les isotopes radioactifs, peuvent être brassées et expulsées dans l'espace sous l'effet de collisions stellaires.

 

Nous observons le coeur d'une étoile déchirée voici trois siècles par une collision, ajoute Tomasz Kaminski.

 

Les astronomes ont également découvert que les deux étoiles ayant fusionné étaient de masses relativement faibles, l'une des deux consistant en une géante rouge dont la masse était comprise entre 0,8 et 2,5 masses solaires.

 

Radioactif par nature, l'aluminium-26 se désintégrera pour gagner en stabilité, l'un des protons du noyau se transformant alors en neutron. Au cours de ce processus, le noyau excité émet un photon hautement énergétique, que nous détectons sous la forme d'un rayonnement gamma [1].

 

Les détections antérieures de photons gamma ont révèlé que la Voie Lactée contenait quelque deux masses solaires d'aluminium-26. Toutefois, le processus de création des atomes radioactifs demeurait largement inconnu. En outre, la méthode de détection des rayons gamma ne favorisait pas la détermination de leur origine précise. Grâce à ces nouvelles mesures, les astronomes ont pour la première fois détecté un radioisotope instable au sein d'une molécule extra-solaire.

 

Toutefois, l'équipe a conclu de ses observations que la production d'aluminium-26 par des objets semblables à CK Vulpeculae ne constitue probablement pas la source principale d'aluminium-26 dans la Voie Lactée. La masse d'aluminum-26 contenue au sein de CK Vulpeculae représente approximativement le quart de la masse de Pluton. Considérant la rareté de ce type d'événements, il est fortement improbable que ces objets constituent les seules sources de cet isotope au sein de la galaxie. Ce résultat offre donc de nouvelles perspectives d'étude de ces molécules radioactives.

 

Notes

[1] Le noyau de l'aluminium-26 est composé de 13 protons et de 13 neutrons il renferme un neutron de moins que l'aluminium-27, un isotope stable. L'aluminium-26 se désintègre en magnésium-26, un élément complètement différent.

 

[2] Les signatures moléculaires caractéristiques sont généralement issues d'expériences de laboratoire. Dans le cas de l'26AlF, cette méthode ne s'applique toutefois pas, l'aluminium-26 n'étant pas présent sur Terre. Les astrophysiciens de laboratoire de l'Université de Kassel en Allemagne ont donc utilisé les signatures des molécules stables et abondantes du 27AlF pour en déduire les données précises concernant la molécule d'26AlF, plus rare.

 

Plus d'informations :  

Cette recherche est présentée dans l'article intitulé, Astronomical detection of a radioactive molecule 26AlF in a remnant of an ancient explosion, qui sera publiée dans la revue Nature Astronomy.

 

L'équipe est composée de Tomasz Kaminski (Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, Cambridge, Massachusetts, USA), Romuald Tylenda (N. Copernicus Astronomical Center, Warsaw, Poland), Karl M. Menten (Max-Planck-Institut für Radioastronomie, Bonn, Germany), Amanda Karakas (Monash Centre for Astrophysics, Melbourne, Australia), Jan Martin Winters (IRAM, Grenoble, France), Alexander A. Breier (Laborastrophysik, Universität Kassel, Germany), Ka Tat Wong (Monash Centre for Astrophysics, Melbourne, Australia), Thomas F. Giesen (Laborastrophysik, Universität Kassel, Germany) and Nimesh A. Patel (Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, Cambridge, Massachusetts, USA).

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope géant (ELT pour Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'ELT sera « l'il le plus grand au monde tourné vers le ciel ».

  

Liens :  

- Publication scientifique

- Photos d'ALMA

- Plus de détails sur ce blog

 

Source : ESO https://www.eso.org/public/france/news/eso1826/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


26 Juillet 2018

Saturne et Mars font équipe pour réaliser leurs approches les plus proches de la Terre en 2018

 

Crédit : Saturn: NASA, ESA, A. Simon (GSFC) and the OPAL Team, and J. DePasquale (STScI); Mars: NASA, ESA, and STScI

 

Alors que Saturne et Mars se sont aventurés près de la Terre, Hubble a capturé leurs portraits en Juin et Juillet 2018, respectivement. Le télescope a photographié les planètes près de l'opposition, lorsque le Soleil, la Terre et une planète extérieure sont alignés, avec la Terre se tenant entre le Soleil et la planète extérieure. Au moment de l'opposition, une planète est à sa plus proche distance de la Terre dans son orbite. Hubble a vu Saturne le 06 Juin, alors que le monde annelé se trouvait à environ 1,364 milliard de kilomètres de la Terre, à l'approche d'une opposition du 27 juin. Mars a été capturé le 18 Juillet, à seulement environ 59,3 millions de kilomètres de la Terre, près de son opposition du 27 juillet. Hubble a vu les planètes pendant l'été dans l'hémisphère nord de Saturne et le printemps dans l'hémisphère sud de Mars. L'augmentation de la lumière du Soleil dans l'hémisphère nord de Saturne a chauffé l'atmosphère et déclenché une grosse tempête qui se désintègre maintenant dans la région polaire du nord de Saturne. Sur Mars, une tempête de poussière de printemps a éclaté dans l'hémisphère sud et s'est envolée pour devenir un événement mondial enveloppant la planète entière.

 

Les planètes photographiées près de l'opposition, des tempêtes vues sur les deux

Crédit : Saturn: NASA, ESA, A. Simon (GSFC) and the OPAL Team, and J. DePasquale (STScI); Mars: NASA, ESA, and STScI

 

http://hubblesite.org/news_release/news/2018-29

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

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