Nouvelles du Ciel d'Août 2010

 

 

 

Les Titres

 

Abell 1758: les collisions d'amas déclenchent des halos de radio [31/08/2010]

Un cycle d'activité analogue à celui du Soleil découvert dans une étoile lointaine [29/08/2010]

Mystérieux cratère allongé de Mars [27/08/2010]

La lumière solaire engendre de nombreux binaires et astéroïdes binaires 'divorcés' [27/08/2010]

La mission Kepler découvre deux planètes transitant la même étoile [26/08/2010]

Découverte du système planétaire le plus « peuplé » [24/08/2010]

Comète P/2000 Y3 = 2010 Q1 (Scotti) [23/08/2010]

Un autre flash sur Jupiter ! [23/08/2010]

Première utilisation de lentilles cosmiques pour sonder l'énergie sombre [20/08/2010]

M87, un supervolcan galactique en action [20/08/2010]

Quelle est la masse nécessaire pour faire un trou noir ? [18/08/2010]

Comètes P/2002 X2 (NEAT) = P/2010 P1, P/1999 U3 (LINEAR) = P/2010 P2, P/1998 U4 (Spahr) = P/2010 P3, P/2010 P4 (WISE), P/2003 S2 (NEAT) = P/2010 P5 [18/08/2010]

La recherche de vulcanoïdes continue [17/08/2010]

Des « scientifiques citoyens » d'Einstein@Home découvrent un nouveau pulsar [13/08/2010]

Un ambitieux sondage repère des nurseries stellaires [11/08/2010]

Une « île Univers » dans l'amas de la Chevelure de Bérénice [10/08/2010]

Le prix Edgar Wilson 2009-2010 [07/08/2010]

Vingtième « Nuit des Etoiles » du 6 au 8 août [05/08/2010]

Un spectacle galactique [05/08/2010]

Comètes P/2005 U1 = 2010 N2 (Read), et P/1999 XB69 = 2010 C2 (LINEAR) [05/08/2010]

Regarder une explosion stellaire en 3D [04/08/2010]

 

 

Nouvelles du Ciel SPECIAL CASSINI-HUYGENS

 

 

A la découverte de SATURNE

A la découverte de TITAN

A la découverte de PHOEBE

A la découverte de JAPET

A la découverte de DIONE

A la découverte de RHEA

A la découverte de TETHYS

A la découverte de ENCELADE

A la découverte de MIMAS

A la découverte des petits satellites de SATURNE

 

 Les Rencontres Rapprochées de la sonde CASSINI avec les Lunes de SATURNE

 

 La Mission Cassini-Huygens

Un Dossier préparé par Cédric BEMER

 

 

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31 Août 2010

Abell 1758: les collisions d'amas déclenchent des halos de radio

 

Crédit : X-ray (NASA/CXC/SAO/

M.Markevitch); Radio (TIFR/GMRTSAO/

INAF/R.Cassano, S.Giacintucci); Optical (DSS)

 

La nouvelle image de l'Observatoire de rayons X Chandra est une image composée de la partie nord de l'amas de galaxies Abell 1758, situé à environ 3,2 milliards d'années-lumière de la Terre, montrant l'effet d'une collision entre deux plus petits amas de galaxies. Les données (en bleu) en rayons X de Chandra révèlent le gaz chaud dans l'amas et les données (en rose) du GMRT (Giant Metrewave Radio Telescope) en Inde montrent les énormes "halos" générés par les particules ultra-relativistes et les champs magnétiques sur de vastes échelles. Les données optiques du DSS sont coloriées en or.

 

Composite

Crédit : X-ray (NASA/CXC/SAO/

M.Markevitch); Radio (TIFR/GMRTSAO/

INAF/R.Cassano, S.Giacintucci); Optical (DSS)

Rayons X

Optique

Radio

 

Une étude de cet amas de galaxies et de 31 autres avec Chandra et le GMRT montre que les énormes halos de radio sont générés lors de collisions entre des amas de galaxies. Ce résultat implique également que les amas de galaxies avec des halos de radio sont encore en formation, alors que les amas sans cette émission radio n'accumulent pas encore de grande quantité de matériel. Le résultat implique également que des électrons relativistes sont probablement accélérés par la turbulence produite par les fusion entre les amas.

 

Les amas de galaxie sont les plus grandes structures dans l'Univers qui sont liées ensemble par la gravitation. Ils se forment quand de plus petits amas ou groupes de galaxies se heurtent et fusionnent. Les collisions entre amas de galaxie, tels que celui-ci dans Abell 1758 et son plus célèbre cousin Bullet Cluster, sont les événements les plus énergiques dans l'Univers depuis le Big Bang. Leur taux de croissance au cours des 7 derniers milliards d'années a été ralenti par les effets de l'énergie sombre, comme démontré par des études antérieures avec Chandra.

   

http://chandra.harvard.edu/photo/2010/a1758/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


29 Août 2010

Un cycle d'activité analogue à celui du Soleil découvert dans une étoile lointaine

 

© Instituto de Astrofísica de Canarias / ESA/SOHO

 

© Instituto de Astrofísica de Canarias / ESA/SOHO

 

Grâce aux données du satellite CoRoT (Convection, Rotations et Transits planétaires) du CNES, une équipe internationale [1], incluant des chercheurs français du CEA, de l'Observatoire de Midi-Pyrénées et de l'Observatoire de Paris, décèle dans une étoile située à 100 années-lumière un cycle d'activité magnétique analogue à celui du Soleil. Ce résultat, obtenu pour la première fois par la technique de sismologie stellaire, est publié le 27 août 2010 dans Science.

 

CoRoT s'intéresse aux oscillations des étoiles. À l'instar des instruments de musique, toutes les étoiles oscillent dans différents modes, caractéristiques de leur structure sphérique [2]. L'un des objectifs de la mission est de détecter ces oscillations, et en particulier des oscillations analogues à celles observées dans le Soleil. La mesure de leur fréquence, de leur l'amplitude et de leur durée de vie apporte des informations sur l'état physique interne de l'étoile. Cette technique dite de « sismologie stellaire » présente l'avantage d'ausculter des étoiles lointaines, à des distances bien supérieures à ce que permettent les techniques d'observation classiques.

 

Elle a ainsi permis aux auteurs de l'article d'analyser les variations au cours du temps de ces oscillations dans l'étoile HD49933 située à 100 années-lumière dans la constellation de la Licorne, à l'est d'Orion. Les infimes variations de leurs fréquences et de leurs amplitudes ont une périodicité d'environ 120 jours. Les scientifiques attribuent ces variations à l'activité magnétique qui entraîne des modifications dans la structure de l'étoile et en particulier dans la répartition des taches stellaires en surface, comparables aux taches solaires. Bien que de tels phénomènes aient déjà été observés dans certaines étoiles, c'est la première fois qu'ils le sont par la sismologie stellaire.

 

« Nous avons découvert un cycle d'activité magnétique sur cette étoile, semblable à ce que nous observons dans le Soleil. Ceci nous permettra d'examiner potentiellement des centaines d'étoiles », explique Jérôme Ballot, coauteur du papier.

 

Cette technique ouvre la voie à l'observation de l'activité magnétique de plusieurs centaines d'autres étoiles. Elle aidera à mieux comprendre comment les cycles d'activité magnétique diffèrent d'une étoile à l'autre et à percevoir les mécanismes qui les sous-tendent. L'enjeu est aussi de lever le voile sur les processus qui régissent l'activité magnétique au cur du Soleil, de mieux cerner les effets induits sur la Terre comme un éventuel impact sur le climat, et d'améliorer les prévisions du cycle solaire et des orages géomagnétiques, à l'origine d'importantes perturbations sur les réseaux électriques et de communication.

 

« Pour la première fois, la sismologie démontre sa capacité à fournir des outils pour accéder aux indicateurs à long terme et à grande échelle de l'activité magnétique. Ce résultat pionnier sera complété par les missions actuelles et futures », explique Annie Baglin, coauteur du papier et responsable scientifique de la mission CoRoT au Laboratoire d'Etudes Spatiales et d'Instrumentation en Astrophysique de l'Observatoire de Paris.

 

L'équipe espère également comprendre comment les étoiles peuvent accueillir des planètes, en particulier celles qui seraient capables d'abriter des formes de vie. « Comprendre l'activité des étoiles abritant des planètes sera nécessaire parce que les conditions magnétiques à la surface de l'étoile pourraient influer sur la zone où la vie pourrait se développer », explique Rafael Garcia, auteur principal de l'étude et chercheur au CEA.

 

Les scientifiques ont examiné 187 jours de données recueillies par CoRoT, réparties sur deux périodes distantes d'un an.

 

CoRoT avait déjà montré que l'étoile HD49933 était plus grosse et plus chaude que le Soleil. Il révèle aujourd'hui que son cycle magnétique est beaucoup plus court. C'est important car cela permet d'observer un cycle entier plus rapidement que le cycle du Soleil qui dure onze ans, et de glaner plus rapidement des renseignements sur les cycles magnétiques.

 

Les scientifiques prévoient d'étendre leurs observations à d'autres étoiles grâce à CoRoT, mais aussi à la mission Kepler de la NASA lancée en mars 2009. Celle-ci fournira des données continues sur trois à cinq ans sur des milliers d'étoiles.

 

« S'il s'avère que le cycle court magnétique est commun aux étoiles, il sera possible d'en observer un grand nombre de façon complète au cours des missions CoRoT et Kepler », affirment les auteurs du document.

 

L'équipe envisage de confirmer l'activité magnétique de l'étoile par des observations complémentaires sur des télescopes au sol. Elle espère en particulier obtenir une mesure plus précise de la durée de ce cycle, dès que l'étoile HD49933 sera de nouveau observable, c'est-à-dire au début de l'hiver.

 

La mission CoRoT :

Lancé le 27 décembre 2006, CoRoT a été développé et est exploité par l'Agence spatiale française (CNES) en lien avec ses partenaires nationaux (Observatoire de Paris et CNRS-INSU) et internationaux (Autriche, Allemagne, Belgique, Brésil, Espagne et l'Agence spatiale européenne). CoRoT est équipé d'un télescope de 27 centimètres de diamètre, associé à une caméra composée de 4 détecteurs CCD (charge-coupled device), sensible aux très petites variations d'intensité lumineuse des étoiles.

 

Notes :

(1) L'équipe internationale comprend des scientifiques français du Laboratoire AIM (CEA-Irfu, CNRS, université Paris Diderot-Paris 7), de l'Observatoire de Midi-Pyrénées (LATT : CNRS, université de Toulouse, OMP-INSU) et de l'Observatoire de Paris (LESIA : Observatoire de Paris, CNRS, université Pierre et Marie Curie, université Paris Diderot-Paris 7) ; espagnols de l'Instituto de Astrofísica de Canarias (IAC) ; et américains du National Center for Atmospheric Research (NCAR).

 

(2) Tous les corps, et en particulier les étoiles, peuvent être le siège de vibrations périodiques. Si ces vibrations ont des fréquences "audibles", c'est-à-dire sensibles à nos oreilles, nous les appelons des sons. Les instruments de musique en sont l'exemple le plus agréable. Les fréquences de ces vibrations nous renseignent sur la structure du corps. On sait bien qu'une assiette fêlée "sonne" différemment d'une assiette en bon état, et qu'en modifiant la tension d'une corde de violon on change le son qu'elle émet lorsqu'elle est excitée par l'archet.

 

Références :

« CoRoT reveals a magnetic activity cycle in a Sun-like star », revue Science, rubrique Brevia, à paraître le 27 août 2010.

 

Source : CNRS http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1960.htm

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


27 Août 2010

Mystérieux cratère allongé de Mars

 

Crédit : ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 

Orcus Patera est une dépression elliptique énigmatique près de l'équateur de Mars, dans l'hémisphère Est de la planète. Située entre les volcans d'Elysium Mons et d'Olympus Mons, sa formation reste un mystère.

 

Crédit : ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 

Souvent négligée, cette dépression bien définie s'étend approximativement sur 380 kilomètres par 140 kilomètres dans une direction NNE-SSW. Elle a un bord qui se s'élève jusqu'à 1.800 m au-dessus des plaines environnantes, alors que le plancher de la dépression se trouve à 400-600 m au-dessous des environs.

 

Le terme de 'patera' est employé pour des cratères volcaniques profonds, complexes ou de forme irrégulière tels que Hadriaca Patera et Tyrrhena Patera à la marge nord-est du bassin d'impact Hellas. Cependant, en dépit de son nom et du fait qu'elle est placée près des volcans, l'origine réelle d'Orcus Patera demeure peu claire.

 

Hormis le volcanisme, il y a un certain nombre d'autres origines possibles. Orcus Patera peut être un grand et à l'origine rond cratère d'impact, déformé par la suite par des forces de compression. Sinon, il pourrait avoir été formé après l'érosion de cratères d'impact alignés. Cependant, l'explication la plus probable est qu'elle a été faite dans un impact oblique, quand un petit corps a heurté la surface sous un angle très faible, peut-être moins de cinq degrés par rapport à l'horizontal.

 

L'existence de forces tectoniques chez Orcus Patera est visible par la présence de nombreux 'graben', des structures comme des rifts qui coupent à travers son bord. Jusqu'à 2,5 kilomètres de large, ces graben sont approximativement orientés est-ouest et sont seulement visibles sur le bord et les environs proches.

 

Dans la dépression d'Orcus Patera elle-même, les grands graben ne sont pas visibles, ayant probablement été recouverts par des dépôts plus tard. Mais de plus petits graben sont présents, indiquant que plusieurs événements tectoniques se sont produits dans cette région et suggérant également que des épisodes multiples de dépôts ont eu lieu.

 

La présence de 'dorsales ridées' dans la dépression montre que non seulement des forces d'extension, comme ce serait nécessaire pour créer des graben, mais également des forces de compression ont formé cette région. Les formes sombres près du centre de la dépression ont été probablement formées par des processus éoliens, où le matériel foncé excavé par de petits événements d'impact dans la dépression a été redistribué.

 

Toutefois, la présence de graben et de dorsales ridées n'a aucune incidence sur l'origine d'Orcus Patera, car les deux peuvent être trouvés partout sur Mars. L'origine vraie d'Orcus Patera demeure une énigme.

   

http://www.esa.int/esaSC/SEMDV9BO3DG_index_0.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Les premiers mega trous noirs sont nés tôt après le Big Bang : Les premiers trous noirs "supermassifs" ont été créés relativement tôt après le Big Bang qui a créé l'Univers, une conclusion qui pourrait réécrire les théories sur la formation de galaxies, selon les scientifiques. Dans une étude publiée dans Nature, des scientifiques menés par Lucio Mayer, un professeur de physique théorique à l'Université de Zurich, dit que les premiers trous noirs supermassifs ont été créés environ un milliard d'années après l'explosion qui a donné naissance à l'Univers il y a environ 14 milliards d'années. Leur simulation, créée par de supers ordinateurs, voit d'énormes proto-galaxies qui se heurtent, fusionnant en un dense et bondé nuage de gaz qui subi ensuite un effondrement gravitationnel et forme par la suite un trou noir massif.

 

WISE capture la Rose de la Licorne : Les licornes et les roses sont habituellement des choses de contes de fées, mais une nouvelle image cosmique prise par WISE (Wide-field Infrared Explorer) montre la nébuleuse de la Rosette située dans la constellation de la Licorne (Monoceros).

 

Nouvelles images étonnantes du Soleil : L'éminent professeur Philip R. Goode du NJIT et l'équipe du BBSO (Big Bear Solar Observatory) ont obtenu les "premières lumières" au moyen d'un miroir déformable dans ce qui est appelé optique adaptative au BBSO. "Cette photo d'une tache solaire est désormais la plus détaillée jamais obtenue en lumière visible," selon Ciel et Espace. En Septembre, le magazine d'astronomie publiera plusieurs photos du Soleil prises avec le nouveau système d'optique adaptative du BBSO.

 


27 Août 2010

La lumière solaire engendre de nombreux binaires et astéroïdes binaires 'divorcés'

 

Crédit : ESO / L. Calçada

 

La ceinture d'astéroïdes entre Mars et Jupiter est souvent décrite comme une zone triste de roches mortes avec un occasionnel chauffard incontrôlable se brisant sur sa trajectoire vers le Soleil.

 

Une nouvelle étude figurant dans l'édition du 26 Août du Journal Nature dépeint une image différente, une de changements lents mais réguliers, où la lumière du Soleil conduit les astéroïdes à se scinder progressivement en deux et à se déplacer au loin pour devenir des astéroïdes indépendants parmi les millions autour du Soleil.

 

Au cours de dizaines de millions d'années, un astéroïde formé de débris entassés de moins de 10 kilomètres de diamètre peut tourner à une vitesse qui permet à l'astéroïde de se scinder en deux, formant un système proto-binaire. Si le petit compagnon est inférieur à 60 pour cent de la taille du plus grand astéroïde, ils seront légèrement séparés l'un de l'autre à une vitesse relativement faible. Le système deviendra éventuellement une paire d'astéroïdes, ou d'astéroïdes «divorcés». (Image: Pravec, et al.)

 

 

"Ceci montre que les astéroïdes ne sont pas inertes, des corps morts sans intérêt", a déclaré le coauteur de l'étude Franck Marchis, un astronome de recherche à l'Université de Californie, Berkeley, et de l'Institut SETI de Mountain View, en Californie. "En fait, les petites astéroïdes se transforment très lentement en binaires et, éventuellement, en binaires divorcés. "

 

Marchis, qui étudie les systèmes de double et triple astéroïdes, s'est associé avec l'ancien étudiant de premier cycle de l'UC Berkeley Brent Macomber pour analyser deux paires d'anciens ou "divorcés" binaires, qui sont des paires d'astéroïdes qui se sont détachés progressivement et ne sont plus liés gravitationnellement l'un à l'autre. Macomber, maintenant étudiant diplômé à la Texas A & M University, a participé par le biais du programme URAP (Undergraduate Research Apprentice Program) de l'UC Berkeley, qui jumelle des élèves avec des chercheurs ayant besoin d'assistance.

 

Marchis et Macomber ont apporté leurs conclusions à un groupe d'astronomes de la République Tchèque, qui a analysé l'évolution de 35 paires de binaires divorcés.

 

Le leader de ce groupe, Petr Pravec de l'Institut d'Astronomie de la République Tchèque, et 25 collègues de 15 autres institutions ont publié les résultats cette semaine, montrant que toutes les paires d'astéroïdes ont des masses relatives similaires et des vitesses relatives qui pointent vers la même origine par fission.

 

Vue d'artiste d'une paire d'astéroïdes au cours de sa courte phase proto-binaire, qui pourrait durer moins de 1 million d'années. Dans ces systèmes proto-binaires instables, le primaire a généralement un diamètre de quelques kilomètres, tandis que le compagnon est de 60 pour cent ou moins de la taille du primaire. Peu de temps après sa formation, le secondaire s'échappera doucement, ayant pour résultat deux astéroïdes qui partageront la même orbite autour du Soleil. (ESO / L. Calçada)

 

La conclusion correspond à une théorie de la formation d'astéroïdes binaires émise par le co-auteur Daniel Scheeres, professeur de sciences en ingénierie aérospatiale à l'Université du Colorado, à Boulder. Sa théorie prédit que si un astéroïde binaire se forme par fission de rotation, les deux peuvent seulement se séparer l'un de l'autre si le plus petit est inférieur à 60 pour cent de la taille du plus grand astéroïde.

 

De toutes les paires d'astéroïdes dans l'étude, le plus petit de chaque paire est toujours inférieur à 60 pour cent de la masse de son astéroïde compagnon.

 

Sur le million estimé d'astéroïdes de 1 kilomètre ou plus de diamètre orbitant autour du Soleil, beaucoup sont considérés comme des tas de décombres de petites roches gravitationnellement liées.

 

Des recherches antérieures ont montré que les tas de gravats d'astéroïdes de moins de 10 kilomètres de diamètre peuvent commencer à tourner plus vite en raison de l'effet Yarkovsky-O'Keefe-Radzievskii-Paddack (YORP) : le déséquilibre entre la lumière solaire absorbée sur un côté d'un astéroïde difforme et la chaleur rayonnée sur l'autre le fait tourner.

 

"La lumière du Soleil frappant un astéroïde de moins de 10 kilomètres de diamètre peut changer sa rotation sur des millions d'années, une version au ralenti de la façon dont un moulin à vent réagit au vent", a déclaré Scheeres.

 

Lorsqu'un astéroïde tourne, l'équateur enfle et les rochers à l'extrémité finissent par atteindre la vitesse d'évasion et se détachent. Les rochers détachés fusionnent en une petite lune, et sur des millions d'années, les astéroïdes primaire et secondaire "se séparent délicatement l'un de l'autre à des vitesses relativement faibles", a déclaré Scheeres.

 

«Ce lent processus, plutôt que la démolition catastrophique, reconstitue la population d'astéroïdes binaires, et explique les nombreux binaires et ex-binaires que nous voyons," ajoute Marchis, notant que 10-15 pour cent de tous les petits astéroïdes pourraient faire partie de systèmes binaires.

 

Les chercheurs se sont concentrés sur les soi-disant «paires d'astéroïdes" : des astéroïdes indépendants dans la même orbite autour du Soleil qui se sont rapprochés les uns des autres - le plus souvent à quelques kilomètres - à de très faibles vitesses relatives à un certain moment dans le dernier million d'années. Les paires d'astéroïdes ont été découvertes en 2008 par le co-auteur David Vokrouhlicky de l'Université Charles à Prague, République Tchèque, mais leur processus de formation est resté un mystère avant la nouvelle étude.

 

Soupçonnant que les paires d'astéroïdes ont été à un moment donné des systèmes binaires d'astéroïdes, Pravec a demandé aux collaborateurs de mesurer deux caractéristiques de chacune des 35 paires d'astéroïdes: la luminosité relative de chaque astéroïde - ce qui correspond à sa taille - et le rythme de rotation des paires d'astéroïdes à l'aide d'une technique connue sous le nom de photométrie.

 

Les 35 astéroïdes dans l'étude variaient entre environ 1 à 10 kilomètres en diamètre. Les observations ont été apportés par les co-auteurs d'institutions en Caroline du Nord, Californie, Massachusetts, Chili, Israël, Slovaquie, Ukraine, Espagne et France.

 

http://www.berkeley.edu/news/media/releases/2010/08/25_divorced_asteroids.shtml

 

http://www.colorado.edu/news/r/11335e94d14fe23de65b3cbbabd145dc.html

 

http://www.nature.com/nature/journal/v466/n7310/abs/nature09315.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


26 Août 2010

La mission Kepler découvre deux planètes transitant la même étoile

 

Crédit : NASA/Ames/JPL-Caltech

 

Le vaisseau spatial Kepler a découvert le premier système planétaire confirmé avec plus d'une planète passant devant, ou transitant, la même étoile.

 

Cette conception d'artiste illustre les deux planètes de la taille de Saturne découvertes par la mission Kepler. Le système stellaire est orienté de face, comme vu par Kepler, tel que les deux planètes passent devant, ou transitent, leur étoile, nommée Kepler-9. C'est le premier système stellaire trouvé pour avoir plusieurs planètes transitantes.

Crédit image : NASA/Ames/JPL-Caltech

 

Les signatures de transit de deux planètes distinctes ont été vues dans les données pour une étoile similaire au Soleil désignée Kepler-9. Les planètes ont été appelées Kepler-9b et 9c. La découverte incorpore sept mois d'observations de plus de 156.000 étoiles dans le cadre d'une recherche permanente de planètes de la taille de la Terre en dehors de notre Système solaire. Les résultats seront publiés dans l'édition de cette semaine du journal Science.

 

L'appareil-photo ultra-précis de Kepler mesure des diminutions minuscules dans l'éclat des étoiles qui se produisent quand une planète les transite. La taille de la planète peut être dérivée de ces baisses de luminosité provisoires.

 

La distance de la planète à une étoile peut être calculée en mesurant le temps entre les diminutions successives pendant que la planète satellise l'étoile. De petites variations dans la régularité de ces diminutions peuvent être utilisées pour déterminer les masses des planètes et pour détecter d'autres planètes non-transitantes dans le système.

 

En Juin 2010, les scientifiques de la mission Kepler ont soumis les résultats pour examen par des collègues qui ont identifié plus de 700 planètes candidates dans les 43 premiers jours de données de Kepler. Les données incluent cinq systèmes candidats additionnels qui semblent montrer plus d'une planète transitante. L'équipe de Kepler a récemment identifié une sixième cible montrant des passages multiples et a accumulé assez de données de suivi pour confirmer ce système de plusieurs planètes.

 

"Les données de haute qualité de Kepler et la couverture jour et nuit d'objets transitants ont donné la possibilité de faire une foule entière de mesures uniques des étoiles parents et leurs systèmes planétaires," note Doug Hudgins, le scientifique du programme Kepler au siège de la NASA à Washington.

 

Les scientifiques ont affiné les évaluations des masses des planètes en utilisant des observations de l'Observatoire W.M. Keck à Hawaï. Les observations montrent que Kepler-9b est la plus grande des deux planètes, et toutes les deux ont des masses semblables mais moins que Saturne. Kepler-9b se tient la plus proche de l'étoile, avec une orbite d'environ 19 jours, alors que Kepler-9c a une orbite d'environ 38 jours. En observant plusieurs passages par chaque planète au cours des sept mois de données, le temps entre les passages successifs a pu être analysé.

 

"Cette découverte est la première détection claire de changements cruciaux dans les intervalles d'un transit planétaire à l'autre, ce que nous appelons des variations de synchronisation de passage," ajoute Matthew Holman, un scientifique de la mission Kepler du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics à Cambridge, Massachusetts. "C'est la preuve de l'interaction gravitationnelle entre les deux planètes vue par le vaisseau spatial Kepler."

 

En plus des deux planètes géantes confirmées, les scientifiques de Kepler ont également identifié ce qui semble être une troisième et plus beaucoup petite signature de transit dans les observations de Kepler-9. Cette signature est compatible avec les transits d'une planète de la taille d'une super Terre d'environ 1,5 fois le rayon de la Terre dans une orbite caniculaire proche du Soleil de 1,6 jour. Des observations additionnelles sont nécessaires pour déterminer si ce signal est en effet une planète ou un phénomène astronomique qui imite l'aspect d'un transit.

 

http://www.jpl.nasa.gov/news/news.cfm?release=2010-279&cid=release_2010-279

 

http://news.ufl.edu/2010/08/26/kepler-planets/

 

http://www.cfa.harvard.edu/news/2010/pr201013.html

 

« Kepler-9: A System of Multiple Planets Transiting a Sun-Like Star, Confirmed by Timing Variations »

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


24 Août 2010

Découverte du système planétaire le plus « peuplé »

 

Crédit : ESO/L. Calçada

 

Jusqu'à sept planètes en orbite autour d'une étoile semblable au Soleil.

 

Des astronomes, en utilisant l'instrument leader mondial HARPS de l'ESO, ont découvert un système planétaire contenant au moins cinq planètes en orbite autour de l'étoile HD 10180, une étoile semblable au Soleil. Les chercheurs ont également des indices très prometteurs indiquant que deux autres planètes doivent être présentes, dont l'une serait la planète la moins massive découverte jusqu'à présent. Si tel est le cas, ce système serait semblable à notre Système Solaire en termes de nombre de planètes (sept planètes comparées aux huit planètes du Système Solaire). De plus, l'équipe a également trouvé des preuves que les distances séparant les planètes de leur étoile suivent un schéma régulier, comme on peut également le voir dans notre Système Solaire.

 

Le système planétaire autour de l'étoile HD 10180 (impression d'artiste)

Crédit : ESO/L. Calçada

 

« Nous avons trouvé ce qui est très probablement le système avec le plus de planètes découvert jusqu'à présent »  déclare Christophe Lovis, le premier auteur de l'article présentant ce résultat. « Cette remarquable découverte met également en évidence le fait que nous entrons maintenant dans une nouvelle ère de la recherche des exoplanètes : l'étude de systèmes planétaires complexes et plus seulement celle de planètes individuelles. L'étude des mouvements planétaires de ce nouveau système révèle des interactions gravitationnelles complexes entre les planètes et nous donne des indications sur l'évolution de ce système sur le long terme. »

 

Cette équipe d'astronomes a utilisé le spectrographe HARPS installé sur le télescope de 3,6 mètres de l'ESO à La Silla au Chili pour étudier pendant six ans l'étoile semblable au Soleil, HD 10180, située à 127 années-lumière de la Terre dans la constellation australe de l'Hydre mâle (le Serpent de Mer). L'instrument HARPS, dont la stabilité des mesures et la grande précision sont inégalées, est le meilleur chasseur de planètes au monde.

 

Grâce aux 190 mesures individuelles d'HARPS, ces astronomes ont détecté un infime mouvement d'avant en arrière de l'étoile dû à l'attraction gravitationnelle complexe de cinq planètes ou plus. Les cinq signaux les plus forts correspondent à des planètes de masse semblable à Neptune entre 13 et 25 masses terrestres [1]  en orbite autour de l'étoile avec des périodes allant de 6 à 600 jours. Les distances qui séparent ces planètes de leur étoile vont de 0,06 à 1,4 fois la distance Terre-Soleil.

 

« Nous avons également de bonnes raisons de penser que deux autres planètes sont présentes, » précise Christophe Lovis. L'une des deux devrait être une planète de type Saturne (avec une masse minimum de 65 masses terrestres) tournant autour de l'étoile en 2200 jours. L'autre devrait être la planète la moins massive jamais découverte avec une masse d'environ 1,4 fois celle de la Terre. Elle est très proche de son étoile, à seulement 2 % de la distance Terre-Soleil. Une année sur cette planète durerait seulement 1,8 jour terrestre.

 

« Cet objet provoque un vacillement de son étoile de seulement 3 km/heure plus lent que la vitesse d'une personne qui marche et ce mouvement est très difficile à mesurer, » précise Damien Ségransan, un membre de l'équipe. S'il était confirmé, cet objet serait un autre exemple de planète rocheuse chaude, similaire à Corot-7b (eso0933).

 

Ce tout nouveau système planétaire découvert autour de HD 10180 est unique pour plusieurs raisons. Premièrement, avec au moins cinq planètes de type Neptune réparties sur une distance correspondant à l'orbite de mars, La région interne de ce système est plus peuplée que celle de notre Système Solaire et on y trouve beaucoup plus de planètes massives [2]. De plus, ce système n'a probablement pas de planète géante gazeuse de type Jupiter. Et de plus, toutes les planètes semblent avoir une orbite pratiquement circulaire.

 

Jusqu'à présent, les astronomes connaissaient quinze systèmes avec au moins trois planètes. Le dernier détenteur du record était 55 Cancri qui contenait cinq planètes dont deux étaient des planètes géantes. « Les systèmes de planètes de faible masse comme celles autour de HD 10180 se révèlent être assez courants, mais l'histoire de leur formation reste un puzzle, » dit Christophe Lovis.

 

En utilisant cette nouvelle découverte ainsi que des données d'autres systèmes planétaires, les astronomes ont trouvé un équivalent à la loi de Titius-Bode qui existe dans notre Système Solaire : la distance qui sépare les planètes de leur étoile semble suivre un schéma régulier [3]. « Ceci pourrait être une signature du processus de formation de ces systèmes planétaires, » précise Michel Mayor, qui fait également partie de cette équipe.

 

En étudiant ces systèmes, ces astronomes ont découvert un autre résultat important : il y a une relation entre la masse d'un système planétaire et la masse et le contenu chimique de son étoile. Tous les systèmes planétaires très massifs ont été trouvés autour d'étoiles massives et riches en métaux alors que les quatre systèmes ayant les masses les plus petites ont été trouvés autour d'étoiles de plus faible masse et pauvres en métaux [4]. De telles propriétés confirment les modèles théoriques en vigueur.

 

Cette découverte est annoncée aujourd'hui dans le cadre du colloque international «Detection and dynamics of transiting exoplanets » à l'Observatoire de Haute Provence en France.

 

Notes

[1] En utilisant la méthode des vitesses radiales, les astronomes peuvent seulement estimer la masse minimum d'une planète car la masse estimée dépend également de l'inclinaison du plan orbital par rapport à la ligne d'observation qui est inconnue. D'un point de vue statistique, cette masse minimum est cependant souvent proche de la masse réelle de la planète.

 

[2] En moyenne, les planètes situées dans la partie interne du système HD 10180 ont 20 fois la masse de la Terre, alors que les planètes situées dans notre Système Solaire interne (Mercure, Vénus, la Terre et Mars) ont une masse moyenne d'une demi-fois celle de la Terre.

 

La loi de Titius-Bode indique que les distances séparant les planètes du Soleil suivent un modèle simple. Pour les planètes extérieures, la place de chaque planète est prédite à environ deux fois la distance qui sépare le Soleil de l'objet précédent. Cette hypothèse avait prédit correctement les orbites de Cérès et d'Uranus, mais n'a pas permis de prédire l'orbite de Neptune.

 

[4] Selon la définition utilisée en astronomie, les métaux sont tous les éléments autres que l'hydrogène et l'hélium.  Ces métaux, à l'exception de quelques éléments chimiques légers mineurs, ont tous été créés par les diverses générations d'étoiles. Les planètes rocheuses sont faites de « métaux ».

 

Plus d'informations

Cette recherche a été présentée dans un article soumis à la revue Astronomy and Astrophysics (The HARPS search for southern extra-solar planets. XXV. Up to seven planets orbiting HD 10180: probing the architecture of low-mass planetary systems by C. Lovis et al.).

 

L'équipe est composée de C. Lovis, D. Ségransan, M. Mayor, S. Udry, F. Pepe, et D. Queloz (Observatoire de Genève, Université de Genève, Suisse), W. Benz (Universität Bern, Suisse), F. Bouchy (Institut d'Astrophysique de Paris, France), C. Mordasini (Max-Planck-Institut für Astronomie, Heidelberg, Allemagne), N. C. Santos (Universidade do Porto, Portugal), J. Laskar (Observatoire de Paris, France), A. Correia (Universidade de Aveiro, Portugal), J.-L. Bertaux (Université Versailles Saint-Quentin, France) et G. Lo Curto (ESO).

 

L'ESO - l'Observatoire Européen Austral - est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 14 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et VISTA, le plus grand télescope pour les grands relevés. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant l'E-ELT- qui disposera d'un miroir primaire de 42 mètres de diamètre et observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'il tourné vers le ciel » le plus grand au monde.

 

Liens

L'article scientifique

Plus d'informations : Exoplanet Press Kit

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1035/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


23 Août 2010

Comète P/2000 Y3 = 2010 Q1 (Scotti)

 

Nouvelles du Ciel

 

La comète P/2000 Y3 (Scotti) a été retrouvée les 19 et 20 Août 2010 par J. V. Scotti (Steward Observatory, Kitt Peak).

 

Découverte le 30 Décembre 2000 par Jim V. Scotty (Lunary and Planetary Laboratory) avec le télescope Spacewatch de 0.9-m, les observations supplémentaires de la comète P/2000 Y3 (Scotti), ainsi que les observations antérieures à la découverte faites par LINEAR les 29 Novembre et 21 Décembre 2000 identifiées par Brian Marsden, ont montré qu'il s'agissait d'une comète de courte période, ayant effectué une approche à environ 0,05 UA (près de 8,5 millions de kilomètres) de Jupiter en Septembre 1998. La comète P/2000 Y3 (Scotti) avait été observée pour la dernière fois le 14 Mai 2002.

 

Compte-tenu des nouvelles observations et de celles réalisées par T. H. Bressi (LPL/Spacewatch II) en date du 18 Septembre 2009, les éléments orbitaux de la comète P/2000 Y3 = 2010 Q1 (Scotti) indiquent un passage au périhélie le 20 Janvier 2012 à une distance d'environ 3,9 UA du Soleil, et une période d'environ 10,84 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10Q19.html (MPEC 2010-Q19)

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/2000 Y3 = 2010 Q1 (Scotti) a reçu la dénomination définitive de 244P/LINEAR en tant que 244ème comète périodique numérotée.

http://scully.cfa.harvard.edu/~cgi/ReturnPrepEph?d=c&o=PK10Q010

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2010%20Q1;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

http://www.oaa.gr.jp/~oaacs/nk/nk908.htm

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


23 Août 2010

Un autre flash sur Jupiter !

 

Crédit : Masayuki Tachikawa

 

Le 20 Août 2010, à 18h22 Universal Time, l'amateur japonais Masayuki Tachikawa a enregistré un bref flash sur Jupiter (en haut à droite du centre) au moyen d'un télescope de 150-mm f/7.3 et d'une webcam. Le Nord est en haut; la Grande Tache Rouge est distincte en dessous du centre, et Ganymède est juste à la droite du disque de Jupiter. Crédit : Masayuki Tachikawa

Une image indépendante du flash de Jupiter vient d'Aoki Kazuo, qui note qu'il a enregistré ce composé de 20 frames en 1 seconde à 3:31:56 Japan Standard Time le 21 août (18:31:56 UT le 20 Août). Le nord est en haut. Crédit : Aoki Kazuo

Lorsque les amateurs Anthony Wesley et Christopher Go ont été témoins simultanément d'un brillant flash sur Jupiter le 03 Juin dernier, ceci a fait prendre conscience que de tels événements se produisent probablement - et sont observables - plus souvent qu'on l'avait imaginé.

 

Eh bien, devinez quoi ? Basé sur une vidéo capturée par un astronome amateur japonais, ça vient juste de se produire à nouveau ! Masayuki Tachikawa observait Jupiter tôt le matin du 21 Août (18h22 Temps Universel le 20), quand sa caméra vidéo a capturé un flash de 2 secondes sur le disque de la planète. L'emplacement était le long du bord nord de la Ceinture Equatoriale Nord de Jupiter, approximativement à 17° Nord et à la longitude de 140° du Système II.

 

La nouvelle du flash est parvenue à l'astronome Junichi Watanabe (National Astronomical Observatory of Japan), qui a posté des détails et une image sur son blog.

 

Tachikawa, qui vit à Kumamato City sur l'île de Kyushu, observait avec une Philips ToUcam Pro II reliée à son télescope Takahashi TAO-150 f/7.3 de 150-mm avec une Tele Vue 5× Powermate. Vous pouvez voir la vidéo (sud en haut) ici - merci à Daniel Fischer pour avoir fourni ce lien.

 

Quoi qu'ait causé ce flash, ce n'est pas un reflet d'un satellite en orbite. "Après l'annonce du flash à la communauté japonaise," Watanabe a dit à Kelly Beatty (Sky & Telescope) par l'intermédiaire d'un email, "un autre astronome amateur a regardé ses données prises indépendamment - et a trouvé le flash exactement au même lieu au même moment." L'amateur Aoki Kazuo de Tokyo a posté son image ici. Notamment, Kazuo a affiné le moment de l'impact en moins d'une seconde de 18:21:56 UT. Les deux observateurs étaient séparés d'environ 800 kilomètres, éliminant quelque chose proche de la Terre comme cause.

 

Intéressant, ni Chris Go ni Anthony Wesley n'observaient Jupiter à ce moment-là. Selon John Rogers (British Astronomical Association), les observateurs ne rapportent rien à cet emplacement une rotation de Jupiter avant le moment de l'événement. Observant la planète deux rotations après, l'observateur philippin Tomio Akutsu n'a trouvé aucune trace de l'impact possible ; L'observateur français Marc Delcroix n'a également vu rien dans une série d'images de l'ultraviolet au proche infrarouge.

 

Pour le spécialiste Glenn Orton (Jet Propulsion Laboratory), le flash ressemble à l'autre événement du 03 Juin. "Peut-être que le moment est venu," ajoute t'il "d'établir un réseau mondial de télescopes de surveillance de Jupiter de sorte que la planète puisse être observée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7."

 

Sky & Telescope mettra à jour cette histoire lorsque plus de détails seront connus.

   

http://www.skyandtelescope.com/observing/home/101264994.html

 

http://chiron.mtk.nao.ac.jp/watanabe/optical-flash-on-jupiter

 

http://alpo-j.asahikawa-med.ac.jp/kk10/j100820r.htm

 

vidéo: http://libra-co.com/Jupiter2010Aug20182212UT.wm

 

http://www.cieletespace.fr/node/5760

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


20 Août 2010

Première utilisation de lentilles cosmiques pour sonder l'énergie sombre

 

Crédit : NASA, ESA, E. Jullo (Jet Propulsion Laboratory), P. Natarajan (Yale University), and J.-P. Kneib (Laboratoire d'Astrophysique de Marseille, CNRS, France)

 

Une équipe internationale d'astronomes utilisant le télescope spatial Hubble a conçu une nouvelle méthode pour peut-être mesurer le plus grand mystère de notre Univers - l'énergie sombre. Ce mystérieux phénomène, découvert en 1998, repousse notre Univers à une vitesse sans cesse croissante. Les résultats de l'équipe paraissent dans l'édition du 20 Août 2010 du journal Science.

 

Pour la première fois, des astronomes employant le télescope spatial Hubble ont pu tirer profit d'une loupe géante dans l'espace - un amas massif de galaxies - pour approcher la nature de l'énergie sombre. Leurs calculs, une fois combinés avec des données d'autres méthodes, augmentent de manière significative l'exactitude des mesures de l'énergie sombre. Ceci peut par la suite mener à une explication de ce qu'est vraiment l'insaisissable phénomène.

 

"Nous devons aborder le problème de l'énergie sombre de tous les côtés," note Eric Jullo, un astronome au JPL (Jet Propulsion Laboratory, Pasadena, Californie). "Il est important d'avoir plusieurs méthodes, et maintenant nous en avons une nouvelle, une très puissante." Jullo est l'auteur principal d'un papier sur les résultats paraissant dans l'édition du 20 Août du journal Science.

 

Les scientifiques ne sont pas clairs sur ce qu'est l'énergie sombre, mais ils savent qu'elle compose une grande partie de notre Univers, environ 72 pour cent. Une autre partie, environ 24 pour cent, est vraisemblablement de la matière noire, aussi mystérieuse en nature mais plus facile à étudier que l'énergie sombre en raison de son influence gravitationnelle sur la matière que nous pouvons voir. Le reste de l'Univers, de seulement 4 pour cent, est la substance qui compose les personnes, les planètes, les étoiles, et toute chose composée d'atomes.

 

Dans leur nouvelle étude, l'équipe scientifique a utilisé des images de Hubble pour examiner un amas massif de galaxies, appelé Abell 1689, qui agit comme une loupe, ou lentille gravitationnelle. La pesanteur de l'amas cause que les galaxies derrière sont imagées de multiples fois dans des formes distordues, comme un miroir qui déforme votre visage.

 

Utilisant ces images déformées, les scientifiques ont pu trouver comment la lumière des galaxies de fond plus éloignées avait été courbée par l'amas - une caractéristique qui dépend de la nature de l'énergie sombre. Leur méthode dépend également des mesures au sol précises de la distance et de la vitesse auxquelles les galaxies de fond s'éloignent de nous. L'équipe a utilisé ces données pour mesurer la force de l'énergie sombre qui fait accélérer notre Univers.

 

"Ce que j'aime au sujet de notre nouvelle méthode est que c'est très visuel," commente Jullo, "Vous pouvez littéralement voir la gravitation et l'énergie sombre courber les images de galaxies de fond en arcs."

 

Selon les scientifiques, leur méthode a exigé de multiples et méticuleuses étapes. Ils ont passé les dernières années à développer les modèles mathématiques spécialisés et les cartes précises de la matière - sombre et 'normale" - constituant l'amas Abell 1689.

 

"Nous pouvons maintenant appliquer notre technique à d'autres lentilles gravitationnelles," ajoute le co-auteur Priya Natarajan, un cosmologue à l'Université de Yale, New Haven, Connecticut. "Nous exploitons un beau phénomène dans la nature pour en apprendre plus sur le rôle de cette énergie sombre dans notre Univers."

 

Référence :

"Cosmological Constraints from Strong Gravitational Lensing in Clusters of Galaxies"

Eric Jullo (Jet Propulsion Laboratory, Pasadena, Californie), Priyamvada Natarajan (Yale University, New Haven, Connecticut), Jean-Paul Kneib (Laboratoire d'Astrophysique de Marseille, France), Anson D'Aloisio (Yale University), Marceau Limousin Laboratoire d'Astrophysique de Marseille, France/University of Copenhagen, Denmark), Johan Richard (Durham University, United Kingdom), and Carlo Schimd (Laboratoire d'Astrophysique de Marseille, France)

Science 20 August 2010: 924-927.

 

Crédit: NASA, ESA, E. Jullo (Jet Propulsion Laboratory), P. Natarajan (Yale University), and J.-P. Kneib (Laboratoire d'Astrophysique de Marseille, CNRS, France) - Acknowledgment: H. Ford and N. Benetiz (Johns Hopkins University), and T. Broadhurst (Tel Aviv University)

 

http://hubblesite.org/newscenter/archive/releases/2010/26/full/

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


20 Août 2010

M87, un supervolcan galactique en action

 

Crédit : X-ray (NASA/CXC/KIPAC/N. Werner, E. Million et al); Radio (NRAO/AUI/NSF/F. Owen) Volcano image: Omar Ragnarsson

 

Cette image montre l'éruption d'un "super-volcan" galactique dans la galaxie massive M87, comme ont été témoins l'Observatoire de rayons X Chandra et le VLA (Very Large Array). A une distance d'environ 50 millions d'années-lumière, M87 est relativement proche de la Terre et se tient au centre de l'amas de la Vierge, qui contient des milliers de galaxies.

 

Crédit : X-ray (NASA/CXC/KIPAC/N. Werner, E. Million et al); Radio (NRAO/AUI/NSF/F. Owen) Volcano image: Omar Ragnarsson

 

L'amas entourant M87 est rempli de gaz chaud brillant dans les rayons X (montré en bleu) qui est détecté par Chandra. Lorsque ce gaz refroidit, il peut tomber en direction du centre de la galaxie où il devrait continuer à refroider encore plus rapidement et à former de nouvelles étoiles.

 

Toutefois, les observations radio avec le VLA (en rouge-orange) suggèrent que dans M87 des jets de particules très énergiques produits par le trou noir interrompent ce processus. Ces jets soulèvent le gaz relativement froid près du centre de la galaxie et produisent des ondes de choc dans l'atmosphère de la galaxie en raison de leur vitesse supersonique.

 

L'interaction de cette "éruption" cosmique avec l'environnement de la galaxie est très similaire à celle du volcan Eyjafjallajokull en Islande qui s'est produite en 2010. Avec l'Eyjafjallajokull, des poches de gaz chaud ont soufflé à travers la surface de la lave, générant des ondes de choc qui peuvent être vues passant à travers le nuage gris du volcan. Ce gaz chaud s'est ensuite élevé dans l'atmosphère, entraînant le sombre panache avec lui. Ce processus peut être vu dans un film du volcan Eyjafjallajokull où les ondes de choc se propageant dans la fumée sont suivies par l'élévation de nuages foncés de cendres dans l'atmosphère.

 

Dans l'analogie avec l'Eyjafjallajokull, les particules énergiques produites dans le voisinage du trou noir montent à travers l'atmosphère émettant des rayons X, soulevant le gaz le plus frais près du centre de M87 dans son sillage. C'est semblable aux gaz volcaniques chauds qui entraînent les nuages de cendres foncées. Et tout comme le volcan ici sur Terre, des ondes chocs peuvent être vues quand le trou noir crache des particules énergiques dans l'amas de gaz. Les particules énergiques, le gaz le plus frais et les ondes chocs sont montrés dans une version annotée.

 

http://chandra.harvard.edu/photo/2010/m87/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Articles marquants dans le Science du 20 août 2010 (Source : EurekAlert/American Association for the Advancement of Science) :

Voir plus sur la face visible de la Lune. Les images renvoyées par un appareil à bord de la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA ont révélé sur la Lune 14 escarpements lobés, de petits renforts qui ont pu se créer suite au jeu de failles tectoniques. Ces nouveaux reliefs sont considérés comme les plus récents à la surface de notre satellite et cette découverte laisse penser qu'ils pourraient y en avoir sur toute la surface de la Lune. Thomas Watters et ses collègues ont analysé les nouvelles images et proposent que ces escarpements aient pu se former au cours de la période tardive de contraction il y a moins de un milliard d'années, lorsque la Lune s'est refroidie et légèrement réduite en taille. Jusqu'à présent, ce type de relief n'avait été identifié qu'aux alentours de l'équateur lunaire avec l'appareil Apollo Panoramic Camera qui se limitait à juste 20 pour cent de la surface lunaire. Maintenant, les chercheurs annoncent que bien d'autres aspects de cette surface pourraient être découverts à l'avenir.  (Référence : « Evidence of Recent Thrust Faulting on the Moon Revealed by the Lunar Reconnaissance Orbiter Camera » par T.R. Watters, M.E. Banks de la Smithsonian Institution à Washington, DC ; M.S. Robinson de l'Arizona State University à Tempe, AZ ; R.A. Beyer du SETI Institute à Mountain View, CA ; R.A. Beyer du NASA Ames Research Center à Moffett Field, CA ; J.F. Bell III, M.E. Pritchard, P.C. Thomas, N.R. Williams de l'Université Cornell à Ithaca, NY ; H. Hiesinger, C.H. van der Bogert de la Westfälische Wilhelms-Universität à Muenster, Allemagne ; H. Hiesinger de l'Université Brown à Providence, RI ; E.P. Turtle de la Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory à Laurel, MD. ) Article : NASA's LRO reveals 'incredible shrinking moon

 


18 Août 2010

Quelle est la masse nécessaire pour faire un trou noir ?

 

Crédit : ESO

 

Des astronomes défient les théories en vigueur

 

En utilisant le VLT de l'ESO, une équipe d'astronomes européens a pu démontrer pour la première fois qu'un magnétar un type rare d'étoile à neutrons a été formé à partir d'une étoile ayant une masse d'au moins 40 fois celle du Soleil. Ce résultat représente un véritable défi pour les théories en vigueur sur l'évolution des étoiles puisqu'une étoile aussi massive était supposée devenir un trou noir et non un magnétar. Ce résultat soulève donc une question fondamentale : quelle masse doit réellement avoir une étoile pour devenir un trou noir ?

 

Pour obtenir leurs conclusions les astronomes ont observé en détail l'extraordinaire amas d'étoiles Westerlund 1 (amas de l'Autel) [1], situé à 16 000 années lumière de la Terre dans la constellation de l'Autel. Grâce à de précédentes études (eso0510) les astronomes savaient que Westerlund 1 était le plus proche des super amas d'étoiles connus, contenant des centaines d'étoiles massives, certaines brillant d'un éclat pratiquement équivalent à un million de soleils et certaines ayant un diamètre deux mille fois plus grand que le Soleil (aussi large que l'orbite de Saturne).

 

Image WFI (Wide Field Imager) de Westerlund 1 (annotatée) - Crédit : ESO

 

« Si le Soleil se trouvait au cur de ce remarquable amas, notre ciel nocturne serait rempli de centaines d'étoiles aussi brillantes que la pleine Lune » dit Ben Ritchie, le premier auteur de l'article scientifique présentant ces résultats.

 

Westerlund 1 est un fantastique zoo stellaire avec une population d'étoiles exotique et variée. Les étoiles de l'amas ont au moins un point commun : elles ont toutes le même âge, estimé entre 3,5 et 5 millions d'années, puisque l'amas a été formé au cours d'un épisode unique de formation stellaire.

 

Un magnétar (eso0831) est un type d'étoile à neutrons avec un champ magnétique incroyablement fort un million de milliards de fois plus fort que celui de la Terre - qui se forme quand certaines étoiles explosent en supernova. L'amas Westerlund 1 héberge l'un des rares magnétars connus dans la Voie Lactée. Du fait de sa localisation dans l'amas, les astronomes ont été capables de faire la remarquable déduction que ce magnétar a dû se former à partir d'une étoile d'au moins 40 fois la masse du Soleil.

 

Comme toutes les étoiles de Westerlund 1 ont le même âge, cette étoile qui a explosé pour ne laisser derrière elle qu'un magnétar a dû avoir une durée de vie plus courte que les autres étoiles toujours présentes dans l'amas. « Puisque la durée de vie d'une étoile est directement liée à sa masse plus une étoile est massive, plus sa vie est courte si nous pouvons déterminer la masse de n'importe qu'elle étoile encore « en vie », nous pouvons dire  sans aucun doute que notre étoile à la plus courte vie qui est devenue un magnétar doit avoir été encore plus massive, » explique Simon Clark, un des coauteurs de l'article et responsable de l'équipe. « Ceci a une très grande importance du fait qu'il n'y a pas encore de théorie satisfaisante pour expliquer comment de tels objets extrêmement magnétiques se forment. »

 

Les astronomes ont donc étudié les étoiles du système binaire à éclipses W13 dans Westerlund 1 en utilisant le fait que dans un tel système les masses peuvent être déterminées directement à partir du mouvement des étoiles.

 

Par comparaison avec ces étoiles ils ont trouvé que l'étoile devenue un magnétar devait avoir une masse d'au moins 40 fois celle du Soleil. Ce résultat prouve pour la première fois que les magnétars peuvent être l'évolution d'étoiles si massives que l'on se serait normalement attendu à ce qu'elles forment des trous noirs. On supposait précédemment que les étoiles avec des masses initiales comprises entre 10 et 25 masses solaires formaient des étoiles à neutrons et que celles dont la masse était supérieure à 25 masses solaires devaient produire des trous noirs.

 

« Ces étoiles doivent se débarrasser de plus de neuf dixièmes de leur masse avant d'exploser en supernova, sinon elles formeraient un trou noir, » précise Ignacio Negueruela, un des coauteurs de l'article. «  Une telle perte de masse avant l'explosion constitue un réel défi pour les théories en vigueur sur l'évolution des étoiles. » 

 

« Si les étoiles ayant une masse encore plus importante que 40 fois la masse du Soleil ne peuvent réaliser la prouesse d'évoluer en trou noir, la question complexe de la masse que doit réellement avoir une étoile pour s'effondrer et former un trou noir se pose bel et bien » conclut Norbert Langer, un autre coauteur.

 

Le processus de formation privilégié par les astronomes postule que l'étoile devenue un magnétar la génitrice - est née avec un compagnon stellaire. Au fur et à mesure de l'évolution des deux étoiles, elles ont dû commencer à interagir et l'énergie tirée de leur mouvement orbital a servi à éjecter de gigantesques quantités de matière de l'étoile « génitrice ». Comme aucun compagnon de ce type n'est actuellement visible à l'emplacement du magnétar, on peut supposer que la supernova qui a formé le magnétar a causé l'éclatement du système binaire, éjectant à grande vitesse les deux étoiles de l'amas.

 

« Si tel est le cas, cela laisse penser que les systèmes binaires peuvent jouer un rôle clé dans l'évolution des étoiles en facilitant la perte de masse le dernier régime cosmique pour « étoiles poids lourd », qui les débarrasse de plus de 95% de leur masse initiale, » conclut Simon Clark.

 

Notes

[1] L'amas ouvert Westerlund 1 a été découvert en 1961 depuis l'Australie par l'astronome Suedois Bengt Westerlund qui quitta ce pays pour devenir Directeur de l'ESO au Chili (1970-74). Cet amas se trouve derrière un gigantesque nuage interstellaire de gaz et de poussière qui bloque la plus grande partie de la lumière visible. Le facteur  d'absorption est de plus de 100 000 et c'est la raison pour laquelle il a fallu tant de temps pour dévoiler la véritable nature de cet amas particulier.

 

Westerlund 1 est un laboratoire naturel unique pour étudier la physique stellaire extrême, aidant les astronomes à comprendre comment les étoiles les plus massives de la Voie Lactée vivent et meurent. A partir de leurs observations, les astronomes ont conclu que cet amas extrême devait probablement contenir pas moins de 100 000 fois la masse du Soleil et toutes ses étoiles sont situées dans une région qui s'étend sur moins de 6 années-lumière. Westerlund 1 apparaît également comme le plus massif des jeunes amas compacts détectés jusque là dans la Voie Lactée.

 

Toutes les étoiles analysées jusqu'à présent dans Westerlund 1 ont une masse d'au moins 30 à 40 fois celle du Soleil. De telles étoiles ayant une vie plutôt courte au sens astronomique du terme - Westerlund 1 doit être très jeune. Les astronomes ont évalué son âge entre 3,5 et 5 millions d'années. Aussi, Westerlund 1 est clairement un amas « nouveau-né » dans notre Galaxie.

 

Plus d'informations

Cette recherche, présentée dans ce communiqué de presse de l'ESO, sera bientôt publiée dans le journal Astronomy and Astrophysics (A VLT/FLAMES survey for massive binaries in Westerlund 1: II. Dynamical constraints on magnetar progenitor masses from the eclipsing binary W13, by B. Ritchie et al.). La même équipe a publié une première étude sur cet objet en 2006 (A Neutron Star with a Massive Progenitor in Westerlund 1, by M.P. Muno et al., Astrophysical Journal, 636, L41).

 

L'équipe est composée de Ben Ritchie et Simon Clark (The Open University, Royaume Uni), Ignacio Negueruela (Universidad de Alicante, Espagne), et de Norbert Langer (Universität Bonn, Allemagne, et Universiteit Utrecht, Hollande).

 

Cette équipe d'astronomes a utilisé l'instrument FLAMES sur le VLT de l'ESO à Paranal au Chili pour étudier les étoiles de l'amas Westerlund 1.

 

Liens

L'article scientifique

Plus d'informations : Black Hole Press Kit

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1034/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


18 Août 2010

Comètes P/2002 X2 (NEAT) = P/2010 P1, P/1999 U3 (LINEAR) = P/2010 P2, P/1998 U4 (Spahr) = P/2010 P3, P/2010 P4 (WISE), P/2003 S2 (NEAT) = P/2010 P5

 

Nouvelles du Ciel

 

P/2002 X2 (NEAT) = P/2010 P1

La comète P/2002 X2 (NEAT) a été indépendamment retrouvée entre les 09 et 11 Août par H. Taylor (Rayle, GA, U.S.A., télescope de 25-cm), par H. Sato ( télescope de 25-cm commandé à distance, RAS Observatory, Mayhill, NM, U.S.A.), par L. Elenin (astrographe de 45-cm f/2.8 commandé à distance, ISON-NM Observatory, Mayhill), et par T. Yusa (télescope de 25-cm commandé à distance, RAS Observatory, Mayhill). La correction indiquée à la prédiction par S. Nakano (ICQ 2009/ 2010 Comet Handbook, p. 108) est Delta(T) = -0,63 jour.

 

K. J. Lawrence avait annoncé la découverte d'une nouvelle comète par l'équipe NEAT dans les images CCD prises avec le télescope Schmidt de 1,2 mètre du Mt Palomar le 07 Décembre 2002. Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, de nombreux observateurs ont confirmé la nature cométaire de l'objet. Des observations antérieures à la découverte ont été obtenues par LONEOS les 05 Octobre et 06 Décembre et par NEAT le 05 Novembre. La comète P/2002 X2 (NEAT), circulant sur une orbite elliptique, est passée au périhélie le 29 Mars 2003, à une distance de 2.5 UA du Soleil. La période orbitale est voisine de 8,1 ans. La comète P/2002 X2 avait été observée pour la dernière fois le 16 Mars 2004.

 

Les éléments orbitaux de la comète P/2002 X2 (NEAT) = P/2010 P1 indiquent un passage au périhélie le 04 Octobre 2010 à une distance d'environ 2,1 UA du Soleil, et une période de 7,59 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10P51.html (MPEC 2010-P51)

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/2002 X2 (NEAT) = P/2010 P1 a reçu la dénomination définitive de 240P/LINEAR en tant que 240ème comète périodique numérotée.

http://scully.cfa.harvard.edu/~cgi/ReturnPrepEph?d=c&o=0240P

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2010%20P1;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

http://www.oaa.gr.jp/~oaacs/nk/nk1463.htm

 

P/1999 U3 (LINEAR) = P/2010 P2

Les observations des 12 et 13 Août 2010 ont permis à H. Sato (télescope de 0.25-m f/3.4 commandé à distance, RAS Observatory, Mayhill) de retrouver la comète P/1999 U3 (LINEAR), découverte fin Octobre 1999 par le télescope de surveillance LINEAR.

 

R. Huber avait annoncé la découverte par le télescope de surveillance LINEAR d'une comète le 30 Octobre 1999. Des observations supplémentaires ont confirmé la nature cométaire de l'objet après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center. La comète P/1999 U3 avait été observée pour la dernière fois le 29 Février 2000.

 

Les éléments orbitaux de la comète P/1999 U3 (LINEAR) = P/2010 P2 indiquent un passage au périhélie le 18 Juillet 2010 à une distance d'environ 1,9 UA du Soleil, et une période d'environ 10,98 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10P57.html (MPEC 2010-P57)

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/1999 U3 (LINEAR) = P/2010 P2 a reçu la dénomination définitive de 241P/LINEAR en tant que 241ème comète périodique numérotée.

http://scully.cfa.harvard.edu/~cgi/ReturnPrepEph?d=c&o=0241P

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2010%20P2;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

http://www.oaa.gr.jp/~oaacs/nk/nk1461.htm

 

P/1998 U4 (Spahr) = P/2010 P3

La comète P/1998 U4 (Spahr), découverte par Timothy B. Spahr (University of Arizona) le 27 Octobre 1998 sur les images CCD prises avec le télescope Schmidt de 0-41-m f3, a été retrouvée les 14 et 16 Août 2010 par G. Hug (Sandlot Observatory, Scranton).

 

La comète P/1998 U4 (Spahr) avait été observée pour la dernière fois le 15 Avril 2001.

 

Les éléments orbitaux de la comète P/1998 U4 (Spahr) = P/2010 P3 indiquent un passage au périhélie le 03 Avril 2012 à une distance d'environ 3,9 UA du Soleil, et une période d'environ 12,97 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10Q05.html (MPEC 2010-Q05)

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/1998 U4 (Spahr) = P/2010 P3 a reçu la dénomination définitive de 242P/LINEAR en tant que 242ème comète périodique numérotée.

http://scully.cfa.harvard.edu/~cgi/ReturnPrepEph?d=c&o=0242P

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2010%20P3;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

P/2010 P4 (WISE)

Une nouvelle comète a été découverte le 06 Août 2010 dans le cadre de la mission WISE (Wide-field Infrared Survey Explorer). Après publication sur la page NEOCP du Minor Planet Center, l'objet a été confirmé par T. H. Bressi (LPL/Spacewatch II), par R. Holmes (Astronomical Research Observatory, Westfield), et par G. Hug (Sandlot Observatory, Scranton).

 

Les éléments orbitaux préliminaires de la comète P/2010 P4 (WISE) indiquent un passage au périhélie le 06 Juillet 2010 à une distance d'environ 1,8 UA du Soleil, et une période d'environ 7,5 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10Q06.html (MPEC 2010-Q06)

 

Les observations supplémentaires indiquent un passage au périhélie le 06 Juillet 2010 à une distance d'environ 1,8 UA du Soleil, et une période d'environ 7,13 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10T44.html (MPEC 2010-T44)

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2010%20P4;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

P/2003 S2 (NEAT) = P/2010 P5

La comète P/2003 S2 (NEAT), découverte par le télescope de surveillance NEAT le 24 Septembre 2003 après son passage au périhélie du 07 Septembre et observée pour la dernière fois le 18 Février 2004, a été retrouvée les 15 et 17 Août 2010 par E. Guido et G. Sostero (RAS Observatory, Mayhill).

 

Les éléments orbitaux de la comète P/2003 S2 (NEAT) = P/2010 P5 indiquent un passage au périhélie le 03 Mars 2011 à une distance d'environ 2,4 UA du Soleil, et une période d'environ 7,5 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10Q08.html (MPEC 2010-Q08)

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/2003 S2 (NEAT) = P/2010 P a reçu la dénomination définitive de 243P/NEAT en tant que 243ème comète périodique numérotée.

http://scully.cfa.harvard.edu/~cgi/ReturnPrepEph?d=c&o=0243P

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2010%20P5;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


17 Août 2010

La recherche de vulcanoïdes continue

 

Crédit : NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington

 

MESSENGER passe aujourd'hui à 0,308 Unité astronomique (UA) du Soleil (1 UA est la distance de la Terre au Soleil, soit approximativement 150 millions de kilomètres), fournissant aux scientifiques de MESSENGER une autre occasion de rechercher des vulcanoïdes. Nommés d'après l'hypothétique planète Vulcain, dont l'existence a été réfutée en 1915, les vulcanoïdes sont des astéroïdes qui satellisent le Soleil à l'intérieur de l'orbite de la planète Mercure.

 

Aucun vulcanoïde n'a encore été découvert, et on ignore s'il en existe. Mais s'ils étaient trouvés, ces petits astéroïdes rocheux pourraient donner un aperçu de la formation et de l'évolution première du Système solaire. Ils pourraient contenir le matériel restant de la toute première période de la formation de planètes et aider à déterminer les conditions sous lesquelles les planètes terrestres, particulièrement Mercure, se sont formées. Les vulcanoïdes représenteraient également une population supplémentaire d'impacteurs qui ont contribué à l'histoire de la formation de cratères de Mercure bien plus que tout autre corps. Les impacts par les vulcanoïdes pourraient faire que la surface de la planète semble plus vieille, par rapport aux surfaces de la Lune et d'autres planètes intérieures, quelle l'est réellement.

 

S'ils existent, les vulcanoïdes devraient être difficile à repérer. Premièrement, ils seraient très petits - moins de 60 kilomètres de diamètre (une limite établie par les observations depuis la Terre) - et leur lumière réfléchie serait généralement noyée dans la lumière éblouissante du proche Soleil. En raison de leur proximité au Soleil, les recherches de vulcanoïdes depuis le sol peuvent être réalisées seulement durant le crépuscule ou à l'aube ou pendant les éclipses solaires.

 

L'équipe d'imagerie de la mission tire avantage de la proximité de la sonde à la région de l'espace à l'intérieur de l'orbite de Mercure pendant son passage au périhélie pour continuer leur recherche de vulcanoïdes. La dernière recherche a commencé le 14 Août et continue jusqu'à aujourd'hui.

 

"Notre recherche de vulcanoïdes peut ne pas dénicher d'objets", note le principal invertigateur de MESSENGER Sean Solomon (Carnegie Institution of Washington), "mais une découverte de même un vulcanoïde changerait notre pensée sur l'évolution de Mercure. Le Système solaire a encore de nombreuses surprises en réserve pour nous, aussi il semble raisonnable pour nous d'être prêt pour l'imprévu."

 

La Terre et la Lune à une distance de 183 millions de kilomètres

 

Cette image a été acquise le 06 Mai 2010, faisant partie de la campagne de MESSENGER pour rechercher des vulcanoïdes. Dans la partie en bas à gauche, la Terre peut être vue, tout comme la Lune plus petite à la droite de la Terre. Quand MESSENGER a pris cette image, une distance de 183 millions de kilomètres séparait le vaisseau spatial et la Terre. Pour donner une idée de la distance, la séparation moyenne entre la Terre et le Soleil est d'environ 150 millions de kilomètres.

 

Crédit : NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington

 

http://messenger.jhuapl.edu/news_room/details.php?id=151

 

http://messenger.jhuapl.edu/gallery/sciencePhotos/image.php?page=1&gallery_id=2&image_id=388

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Cassini attrape les tigres d'Encelade : Le vaisseau spatial Cassini a accompli avec succès son survol au-dessus des "rayures de tigre" dans la région polaire sud de la lune Encelade de Saturne et a retourné des images de son passage. La vaisseau spatial a également visé la lune Téthys. Les rayures de tigre sont en réalité des fissures géantes qui répandent des jets de vapeur d'eau et des particules organiques à des centaines de kilomètres dans l'espace. Tandis que l'hiver obscurcit l'hémisphère sud de la lune, Cassini a sa propre version de " lunettes de vision nocturne" -- l'instrument spectromètre infrarouge composé - pour suivre la chaleur même lorsque la lumière visible est basse. Cela prendra du temps pour que les scientifiques compilent les données dans des cartes de températures des fissures.

 


 

Le plateau des Spite existe aussi dans les autres galaxies: l'exemple de omega Centauri

L'abondance de lithium dans les étoiles anciennes (le plateau des Spite) a été considéré comme un des indicateurs primaires de la densité baryonique de l'Univers, pendant plus de vingt ans. Il a été, en fait, considéré comme un des piliers qui soutient la cosmologie du Big Bang. La mesure précise de la densité baryonique, par l'étude des fluctuations du fond cosmologique à micro-ondes a fourni un valeur beaucoup plus élevée que prévu par le plateau des Spite. Plusieurs solutions de ce "problème du lithium cosmologique" ont été envisagées. Certaines postulent une physique nouvelle dans l'Univers primordial, d'autres une évolution spécifique de notre Galaxie, ou une déplétion du lithium dans les atmosphères des étoiles anciennes. Pour éclaircir ce problème, une équipe de chercheurs, incluant un membre de l'Observatoire de Paris, a utilisé le télescope de 8.2m de l'ESO, VLT-Kueyen, pour mesurer, pour la première fois, le lithium dans une galaxie externe: omega Centauri. Le résultat est surprenant, les étoiles de omega Centauri montrent un plateau des Spite, comme les étoiles de notre Galaxie. Toute solution du "problème du lithium cosmologique" doit forcément tenir compte de l'universalité du plateau des Spite.

 

Explorer l'époque de réionisation par le rayonnement à 21 cm

Après le Big-Bang, l'Univers est entré dans un âge sombre, juste après que les atomes d'hydrogène se soient recombinés, et avant que les premières sources (étoiles et quasars) puissent se former et envoyer leur première lumière. Cette lumière a commencé à réioniser l'hydrogène, d'abord autour des sources, puis progressivement l'Univers entier s'est réionisé. Cette époque de réionisation est estimée durer entre les redshifts de 12 à 6 (ou quand l'Univers avait entre 3 et 7 pourcents de son âge). Observer la raie émise par l'hydrogène à 21 cm, décalée vers les longueurs d'onde métriques, pendant cette époque, permettra d'étudier la formation des premières structures de l'Univers. Les astronomes de l'observatoire de Paris ont prédit le signal à 21 cm par des simulations numériques, traitant le transfert radiatif avec moins d'approximations que les travaux précédents. Ils prouvent que le signal serait plus fort et plus facile à observer au début de l'époque.

 


 13 Août 2010

Des « scientifiques citoyens » d'Einstein@Home découvrent un nouveau pulsar

 

Image courtesy of B. Knispel, Albert Einstein Institute

 

Les ordinateurs en pause sont le terrain de jeux des astronomes. Trois scientifiques citoyens, un Allemand et deux Américains, ont découvert un nouveau pulsar radio dans des données recueillies par l'Observatoire Arecibo. C'est la première découverte relative à l'espace lointain réalisée par Einstein@Home, qui se sert d'ordinateurs personnels et de bureau dont des périodes d'utilisation sont offertes par 250 000 bénévoles dans 192 pays. (Science Express, 12 août 2010)

 

Les citoyens à qui on a attribué la découverte sont Chris et Helen Colgin, d'Ames, dans l'Iowa, et Daniel Gebhardt, du Département d'informatique de la musique de l'Université de Mayence, en Allemagne. Leurs ordinateurs, de concert avec 500 000 autres répartis sur la planète, analysent des données pour Einstein@Home (en moyenne, les donateurs « prêtent » deux ordinateurs chacun).

 

Le nouveau pulsar, appelé PSR J2007+2722, est une étoile à neutrons qui effectue 41 rotations par seconde. Elle se trouve dans la Voie lactée, à environ 17 000 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Petit Renard. Contrairement à la plupart des pulsars qui tournent aussi rapidement et régulièrement, PSR J2007+2722 est seul dans l'espace et n'a pas de compagnon d'orbite. Les astronomes le considèrent particulièrement intéressant puisqu'il s'agit vraisemblablement d'un pulsar recyclé qui a perdu son compagnon. Toutefois, ils ne peuvent négliger le fait qu'il pourrait être un jeune pulsar, né avec un champ magnétique plus faible que la normale.

 

Installé au Centre de gravitation et de cosmologie de l'Université du Wisconsin à Milwaukee et à l'Institut Max-Planck de physique gravitationnelle (Institut Albert-Einstein de Hanovre), Einstein@Home est à la recherche d'ondes gravitationnelles dans les données de l'observatoire américain LIGO depuis 2005. En mars 2009, Einstein@Home a également commencé à chercher des signaux émanant de pulsars radio lors d'observations astronomiques réalisées à l'Observatoire Arecibo, à Porto Rico. Géré par l'Université Cornell, l'Observatoire Arecibo est le télescope radio le plus gros et le plus sensible au monde. Environ le tiers de la capacité de calcul d'Einstein@Home sert à effectuer des recherches dans ses données.

 

« Il s'agit d'un moment stimulant pour Einstein@Home et nos bénévoles. Cela prouve que la participation du public peut permettre de découvrir de nouveaux éléments de notre univers. J'espère inspirer plus de gens à se joindre à nous pour aider à découvrir d'autres secrets cachés dans les données », a déclaré Bruce Allen, chef du projet Einstein@Home, directeur à l'Institut Max-Planck de physique gravitationnelle (Institut Albert-Einstein) et professeur adjoint de physique à l'Université du Wisconsin à Milwaukee.

 

Intitulé « Pulsar Discovery by Global Volunteer Computing », l'article est signé par un des étudiants de monsieur Allen aux cycles supérieurs, Benjamin Knispel, de l'Institut Albert-Einstein, en Allemagne; Bruce Allen; James M. Cordes, titulaire de la chaire Cornell d'astronomie et directeur du Consortium Pulsar ALFA; et par une équipe de collaborateurs. Il annonce la première véritable découverte en astronomie effectuée grâce à un projet public de calcul réparti entre des bénévoles.

 

« Peu importe ce que nous découvrirons de plus sur le pulsar, nous sommes certains qu'il est extrêmement intéressant pour comprendre les fondements de la physique des étoiles à neutrons et la façon dont elles se forment. Sa découverte a nécessité un système complexe comprenant le télescope Arecibo et les ressources informatiques de l'Institut Albert-Einstein, du Centre Cornell de calcul avancé et de l'Université du Wisconsin à Milwaukee pour pouvoir envoyer des données à travers le monde aux bénévoles d'Einstein@Home », a déclaré monsieur Cordes. L'Observatoire Arecibo est financé par la Fondation nationale de la science, qui collabore avec le Max Planck Gesellschaft pour soutenir Einstein@Home.

 

Les ondes gravitationnelles ont d'abord été prédites par Einstein en 1916 qui les voyait comme la conséquence de sa théorie de la relativité générale, mais n'ont pas encore été détectées directement. Einstein@Home a été mis sur pied dans le cadre des activités de la Société américaine de physique pour l'Année mondiale 2005 de la physique. Au cours des cinq dernières années, Einstein@Home était à la recherche d'ondes gravitationnelles dans les données de détecteurs de l'observatoire américain LIGO.

 

Les pulsars radio sont des étoiles à neutrons à rotation rapide qui émettent des faisceaux d'ondes radio semblables à ceux des phares qui peuvent balayer le ciel au-delà de la Terre aussi souvent que 716 fois par seconde. Ils ont été découverts en 1967 par Jocelyn Bell et Antony Hewish. (Coïncidence, le premier pulsar découvert se trouvait aussi dans la constellation du Petit Renard.) Les pulsars qui possèdent des compagnons d'orbite sont appelés pulsars binaires. Ils ont été utilisés pour vérifier la théorie de la relativité générale d'Einstein jusqu'à des niveaux de précision très élevés.

 

Pulsar recyclé interrompu : lorsque deux étoiles massives naissent l'une près de l'autre et qu'elles proviennent du même nuage gazeux, elles peuvent former un système binaire et effectuer une orbite, l'une autour de l'autre, dès leur naissance. Si ces deux étoiles sont au moins quelques fois aussi massives que notre soleil, leurs vies à toutes deux se termineront lors d'une explosion en supernova. L'étoile la plus massive explosera la première, laissant derrière elle une étoile à neutrons. Si l'explosion ne repousse pas la deuxième étoile, le système binaire survivra. L'étoile à neutrons pourra ensuite être visible comme un pulsar radio, perdre lentement de l'énergie et de la vitesse de rotation. Plus tard, la deuxième étoile pourra gonfler, ce qui permettra à l'étoile à neutrons d'aspirer sa matière. La matière qui se retrouve dans l'étoile à neutrons en fait accélérer la rotation et réduit son champ magnétique. C'est ce qu'on appelle le « recyclage » parce que ce processus remet l'étoile à neutrons dans un état de rotation rapide. Finalement, la deuxième étoile explosera elle aussi en supernova, ce qui produira une autre étoile à neutrons. Si cette seconde explosion ne réussit pas elle non plus à perturber le système binaire, une étoile à neutrons double binaire sera formée. Autrement, l'étoile à neutrons qui subit l'accélération restera sans compagnon et deviendra un « pulsar recyclé interrompu » dont la vitesse variera de quelques rotations à 50 par seconde.

 

L'Observatoire Arecibo possède le télescope à parabole unique le plus grand au monde et sert à étudier les pulsars, les galaxies, les composantes du système solaire et l'atmosphère terrestre. Le premier pulsar binaire a été découvert à Arecibo en 1974 et, en raison de son test rigoureux de relativité générale, est à l'origine du Prix Nobel de physique remporté en 1993 par Hulse et Taylor. L'étude du Pulsar ALFA (PALFA) présentement en cours à Arecibo fait appel à une caméra radio spécialisée et au réseau de source à bande L. Elle est dirigée par le Consortium PALFA d'astronomes. Les importants groupes de données provenant de l'étude Arecibo sont archivés et traités initialement à l'Université Cornell et dans d'autres institutions du PALFA. Pour le projet Einstein@Home, les données sont envoyées du Centre Cornell de calcul avancé à l'Institut Albert-Einstein d'Hanovre par l'intermédiaire de liens Internet à large bande passante, prétraitées puis distribuées dans des ordinateurs partout dans le monde. Les résultats sont retournés à l'Institut Albert-Einstein et au Centre Cornell pour des recherches plus poussées.

 

Le Consortium Pulsar ALFA (PALFA) a été créé en 2003 au profit d'une recherche à grande échelle sur les pulsars à l'aide du télescope Arecibo. Il regroupe des astronomes provenant de vingt universités, instituts et observatoires de la planète.

 

Note :

L'Institut Max-Planck de physique gravitationnelle (Institut Albert-Einstein) est le plus grand institut de recherche au monde consacré à l'étude de la relativité générale. Ses deux divisions de Potsdam et Hanovre soutiennent la recherche en astrophysique, en physique théorique, en mathématique et en physique expérimentale. L'IAE d'Hanovre est une entreprise commune de la Société Max-Planck et de l'Université de Leibniz de Hanovre. De concert avec des partenaires britanniques, il exploite le détecteur d'ondes gravitationnelles GEO600 près d'Hanovre, en Allemagne; il est partenaire du projet américain LIGO et joue un rôle important dans l'analyse de données provenant de tous les détecteurs d'ondes gravitationnelles existants, y compris le détecteur VIRGO en Italie. Le logiciel utilisé pour les recherches radio d'Einstein@Home a été mis au point par l'IAE à Hanovre. Le Centre de gravitation et de cosmologie de l'Université du Wisconsin à Milwaukee est l'hôte du projet et joue un rôle important dans les activités d'analyse de données de la Collaboration scientifique LIGO. Il effectue aussi des observations radio du télescope Arecibo en tant que Centre télécommandé Arecibo. C'est l'infrastructure ouverte de Berkeley pour le calcul en réseau appelé BOINC qui est utilisée par Einstein@Home et nombre d'autres projets bénévoles de calcul, dont SETI@Home. Il a été conçu au Laboratoire des sciences spatiales de Berkeley de l'Université de Californie, sous la direction du professeur David Anderson.

 

Financement :

La Fondation américaine de science soutient ces travaux par l'intermédiaire de subventions versées au projet Einstein@Home, au projet PALFA et au projet BOINC de l'Université de Californie à Berkeley, et d'une entente de coopération avec l'Université Cornell qui exploite l'Observatoire Arecibo. L'Institut Max-Planck de physique gravitationnelle (Institut Albert-Einstein) est soutenu par la Société Max-Planck et l'Université Leibniz à Hanovre.

 

Liens utiles

- Max Planck Institute for Gravitational Physics (Albert Einstein Institute): http://www.aei.mpg.de/
- Arecibo Observatory: http://www.naic.edu/
- Einstein@Home: http://einstein.phys.uwm.edu/
- Einstein@Home Arecibo Radio Pulsar search: http://einstein.phys.uwm.edu/radiopulsar/html/index.php
- BOINC: http://boinc.berkeley.edu/
- Cornell Center for Advanced Computing: http://www.cac.cornell.edu/
- LIGO Scientific Collaboration: http://www.ligo.org/
- Pulsar Arecibo L-band Feed Array (PALFA) Consortium: http://arecibo.tc.cornell.edu/PALFA/
- LIGO Group, University of Wisconsin - Milwaukee: http://www.lsc-group.phys.uwm.edu/
- Center for Gravitational and Cosmology, University of Wisconsin Milwaukee: http://www.gravity.phys.uwm.edu/

 

Position de PSR J2007+2722 (cercle rouge) dans la constellation du Petit Renard (Vulpecula) dans le ciel du soir en Août; le dessin des constellations est superposé dans un but d'illustration. [Image courtesy of B. Knispel, Albert Einstein Institute]

  

Source : EurekAlert http://www.eurekalert.org/pub_releases_ml/2010-08/aaft-r081110.php

 

http://www.aei.mpg.de/english/contemporaryIssues/akt_news/pressinfo/index.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

Articles marquants dans le Science du 13 août 2010 (Source : EurekAlert/American Association for the Advancement of Science) :

Un rayonnement gamma rare émis par l'explosion d'une nova. Les explosions thermonucléaires à la surface des naines blanches qui se trouvent en systèmes binaires avec d'autres étoiles s'appellent des novae et les chercheurs s'attendaient à ce que les ondes de choc des gaz alors en expansion émettent des rayons X. Pourtant, de nouvelles observations faites de l'espace révèlent un rayonnement gamma émis lors d'une explosion de nova, ce qui prouve l'existence d'une accélération de particules à des énergies relativistes dans son sillage. Aous Abdo et ses collègues de la collaboration Fermi-LAT ont utilisé le télescope Fermi Large Area pour découvrir ces rayons gamma qui venaient du système binaire connu sous le nom de V407 Cygni qui consiste en une naine blanche et une étoile rouge géante. Les chercheurs ont été surpris par ce résultat et suggèrent que de la masse a été arrachée à la géante rouge pour être transférée à la naine blanche pour créer l'explosion de la nova. Ils indiquent que l'enveloppe de la nova en expansion a interagi avec le milieu dense ambiant de la géante rouge pour accélérer les particules dans l'espace et produire des rayons gamma. Cette découverte place V401 Cygni dans la classe rare des systèmes binaires qui émettent un tel rayonnement et les chercheurs estiment que de telles sources peuvent avoir une influence spectaculaire sur le milieu interstellaire et les rayons cosmiques qui les entourent.  (Référence : « Gamma-Ray Emission Concurrent with the Nova in the Symbiotic Binary V407 Cygni » par A.A. Abdo du Naval Research Laboratory à Washington, DC, et ses collègues.)

 


 

L'astéroïde 2008 LC18 a rejoint la famille des planètes troyennes de Neptune, laquelle comprend désormais 7 membres. C'est le premier objet gravitant au point L5 de Neptune (nombre d'objets au point L4 = 6 et nombre d'objet au point L5 = 1).

« Detection of a Trailing (L5) Neptune Trojan » par S.S. Sheppard de la Carnegie Institution de Washington à Washington, DC ; C.A. Trujillo du Gemini Observatory à Hilo, HI.

 


 

Anneaux ultraviolets géants trouvés dans des galaxies ressuscités : Des astronomes ont trouvé de mystérieuses boucles géantes de lumière ultraviolette dans des galaxies massives et âgées, qui semblent avoir un second souffle de vie. D'une certaine manière, ces galaxies "plus de première jeunesse" ont été infusées avec du gaz frais pour former des nouvelles étoiles qui alimentent ces anneaux véritablement gargantuesques, dont certains pourraient encercler plusieurs galaxies de Voie lactée.

 


11 Août 2010

Un ambitieux sondage repère des nurseries stellaires

 

Crédit : ESO/M.-R. Cioni/VISTA Magellanic Cloud survey

 

En scrutant le ciel dans le cadre du relevé « VISTA Magellanic Cloud » de l'ESO, des astronomes ont maintenant pu obtenir une image spectaculaire de la nébuleuse de la Tarentule, située dans notre galaxie voisine, le Grand Nuage de Magellan. Cette image panoramique, prise dans l'infrarouge proche, révèle la nébuleuse de manière très détaillée ainsi que la riche région du ciel environnante. Cette image a été obtenue au début du très ambitieux sondage ciblant nos voisines galactiques - les nuages de Magellan - et leur environnement.

 

Maria-Rosa Cioni (Université d'Hertfordshire, Royaume Uni), responsable de l'équipe qui réalise ce sondage, explique que : « cette image montre l'une des plus importantes régions de formation stellaire de l'Univers local la spectaculaire région 30 Doradus, aussi appelée la nébuleuse de la Tarentule, où des étoiles sont en train de se former. Au cur de cette nébuleuse il y a un grand amas d'étoiles, appelé RMC 136, dans lequel se trouvent quelques unes des étoiles les plus massives que l'on connaisse à ce jour. »

 

Le télescope VISTA [1] de l'ESO est un nouveau télescope dédié aux grands relevés situé à l'Observatoire Paranal au Chili (eso0949). VISTA est équipé d'une très grande caméra qui détecte la lumière dans la partie infrarouge proche du spectre, révélant une profusion de détails sur les objets astronomiques et nous donnant ainsi un aperçu des processus internes en jeu dans les phénomènes astronomiques. La lumière infrarouge proche a une plus grande longueur d'onde que la lumière visible et nous ne pouvons donc pas la voir directement à l'il nu, mais elle peut traverser une partie importante de la poussière qui occulte normalement notre vision. Ceci rend VISTA particulièrement utile pour étudier des objets comme les jeunes étoiles qui sont  encore enfouies dans les nuages de gaz et de poussière à partir desquels elles se sont formées. La grande zone de ciel que la caméra de VISTA peut capturer à chaque prise de vue est également une  des caractéristiques qui fait sa force.

 

Cette image est la dernière prise de vue du relevé « VISTA Magellanic Cloud » (VMC). Le projet « balayera » une large zone 184 degrés carrés du ciel (ce qui correspond pratiquement à mille fois la surface apparente de la pleine Lune) incluant nos voisines galactiques, le Grand et le Petit Nuages de Magellan. Le résultat final sera une étude détaillée de l'histoire de la formation stellaire et une vision tridimensionnelle du système Magellanique.

 

Chris Evans, de l'équipe du VMC ajoute : « Les images de VISTA vont nous permettre d'étendre nos recherches au-delà des régions intérieures de la Tarentule, dans la multitude des plus petites nurseries stellaires voisines, qui abritent également une riche population de jeunes étoiles massives. Armés de ces nouvelles images infrarouge extrêmement précises, nous pourrons sonder les cocons dans lesquels les étoiles massives sont, encore aujourd'hui, en train de se former, tout en regardant leur interaction avec les étoiles plus vieilles situées dans une région plus large. »

 

Cette image à grand champ montre une quantité d'objets différents. La zone brillante juste au dessus du centre est la nébuleuse de la tarentule elle-même avec, en son cur, l'amas d'étoiles massives RMC 136. A gauche il y a l'amas d'étoiles NGC 2100. A droite, on peut voir les minuscules restes de la supernova SN1987A (eso1032). En dessous du centre, il y a une série de régions de formation stellaire parmi lesquelles NGC 2080 surnommée la « nébuleuse de la Tête de Fantôme » -  et l'amas d'étoiles NGC 2083.

 

Le relevé « VISTA Magellanic Cloud » est l'un des six gigantesques relevés du ciel austral en proche infrarouge qui occuperont la majorité des cinq premières années d'opérations de VISTA.

 

Notes

[1] VISTA - Visible and Infrared Survey Telescope for Astronomy est le tout nouveau télescope de l'Observatoire Paranal de l'ESO dans le nord du Chili. VISTA est un télescope pour les grands relevés observant dans les longueurs d'onde infrarouge proche. C'est le plus grand télescope au monde dédié aux grands relevés. Son grand miroir, son grand champ et ses détecteurs très sensibles révéleront une vision totalement nouvelle du ciel austral.

 

Le télescope est installé sur le pic adjacent à celui hébergeant le très grand télescope (VLT) de l'ESO et bénéficie des mêmes conditions d'observation exceptionnelles. VISTA a un miroir principal de 4,1 mètres de diamètre. En termes photographiques on peut le voir comme une caméra digitale de 67 mégapixels avec un objectif de 13 mètres de focale ouvert à f/3.25.

 

Plus d'informations

L'ESO - l'Observatoire Européen Austral - est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 14 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et VISTA, le plus grand télescope pour les grands relevés. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant l'E-ELT- qui disposera d'un miroir primaire de 42 mètres de diamètre et observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'il tourné vers le ciel » le plus grand au monde.

 

Liens

Plus d'informations sur VISTA

Le relevé VMC : http://star.herts.ac.uk/~mcioni/vmc/

 

VISTA Magellanic Cloud Survey view of the Tarantula Nebula - Credit : ESO/M.-R. Cioni/VISTA Magellanic Cloud survey. Acknowledgment: Cambridge Astronomical Survey Unit

  

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1033/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


10 Août 2010

Une « île Univers » dans l'amas de la Chevelure de Bérénice

 

Crédit : NASA, ESA, and the Hubble Heritage Team (STScI/AURA)

 

Une image de longue exposition du télescope spatial Hubble montre une majestueuse galaxie spirale de face située profondément dans l'amas de galaxies de la Chevelure de Bérenice, qui se trouve à 320 millions d'années-lumière dans la constellation boréale de la Chevelure de Bérénice (Coma Berenices). La galaxie, connue sous le nom de NGC 4911, contient de riches lignes de poussières et de gaz près de son centre. Celles-ci se détachent sur les rougeoyants amas d'étoiles récemment nées et les nuages roses iridescents d'hydrogène, dont l'existence indique la formation continue d'étoiles. Hubble a également capturé les bras en spirale externes de NGC 4911, avec des milliers d'autres galaxies de différentes tailles. La haute résolution des instruments d'Hubble, jumelée avec des expositions considérablement longues, ont permis d'observer ces faibles détails.

 

Cette image de Hubble en couleur naturelle, qui combine des données obtenues en 2006, 2007, et 2009 des instruments WFPC2 (Wide Field Planetary Camera 2) et ACS (Advanced Camera for Surveys), a exigé 28 heures de durée d'exposition.

 

Crédit : NASA, ESA, and the Hubble Heritage Team (STScI/AURA)

Acknowledgment: K. Cook (Lawrence Livermore National Laboratory)

 

http://hubblesite.org/newscenter/archive/releases/2010/24

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


07 Août 2010

Le prix Edgar Wilson 2009-2010

 

Nouvelles du Ciel

 

Le Smithsonian Astrophysical Observatory (SAO), département du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (Cambridge, Massachusetts), a annoncé les destinataires de la récompense Edgar Wilson attribuée en 2009-2010 (IAUC 9158, uniquement par souscription).

 

La récompense, gérée par le SAO, en tant que bénéficiaire sous la volonté d'Edgar Wilson (Lexington, Kentuky), a été partagée entre quatre découvreurs de trois comètes différentes :

 

- Rui Yang (Hangzhou, Zhejiang, Chine) et Xing Gao (Urumqi, province de Xinjiang, Chine) pour la comète P/2009 L2 (cf. IAUC 9052);

- Don Machholz (Colfax, CA, U.S.A.) pour la comète C/2010 F4 (cf. IAUC 9132);

- Jan Vales (Idrija, Slovénie) pour la comète P/2010 H2 (cf. IAUC 9137).

 

Le prix Edgar Wilson, créé en Juin 1998 et attribué pour la première fois en 1999, est une récompense attribuée annuellement aux astronomes amateurs qui, en utilisant du matériel d'amateur, ont découvert une ou plusieurs comètes nouvelles.

 

http://cfa-www.harvard.edu/iau/special/EdgarWilson_fr.html Le Prix Edgar Wilson 

http://cfa-www.harvard.edu/iau/special/EdgarWilson.html The Edgar Wilson Award

 

Nouvelles du Ciel : Comète P/2009 L2 (Yang-Gao) [16/06/2009]

Nouvelles du Ciel : Comète C/2010 F4 (Machholz) [27/03/2010]

Nouvelles du Ciel : Comète P/2010 H2 (Vales) [17/04/2010]

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

   


 

Articles marquants dans le Science du 6 août 2010 (Source : EurekAlert/American Association for the Advancement of Science) : La Lune est dépourvue d'eau si l'on se fie au chlore. Contrairement à de récentes études qui suggéraient que l'intérieur de la Lune puisse contenir plus d'eau que ce que prévoyaient les scientifiques, une nouvelle analyse d'échantillons lunaires issus des missions Apollo de la NASA indique que la Lune est essentiellement dépourvue d'eau. Zachary Sharp et ses collègues ont trouvé en mesurant la composition d'isotopes du chlore dans les roches volcaniques lunaires que la gamme de ces isotopes présents était 25 fois plus étendue que celle des roches et minéraux terrestres ou de météorites. Le chlore étant très hydrophile, il est un indicateur extrêmement sensible des teneurs en hydrogène, et les chercheurs écrivent que si les roches lunaires avaient eu des niveaux en hydrogène proches de ceux sur la Terre, le fractionnement du chlore en isotopes aussi différents ne se serait jamais produit sur la Lune. Ces résultats permettent à Sharp et ses collègues de proposer que l'intérieur de la Lune est anhydre, comme l'avaient initialement proposé des scientifiques. Ils avancent que les récentes teneurs élevées en hydrogène calculées dans certains échantillons lunaires sont singulières et que ces derniers sont le produit de processus magmatiques les ayant fortement enrichi en éléments volatiles. Ils ne présentent cependant pas, selon Sharp et ses collègues, les valeurs élevées et variables en isotopes du chlore rapportées dans la majorité des roches lunaires.

(Référence : « The Chlorine Isotope Composition of the Moon and Implications for an Anhydrous Mantle » par Z.D. Sharp, C.K. Shearer de l'Université du Nouveau Mexique à Albuquerque, NM ; K.D. McKeegan de l'Université de Californie, Los Angeles à Los Angeles, CA ; J.D. Barnes de l'Université du Texas, Austin à Austin, TX ; Y.Q. Wang du Laboratoire National de Los Alamos à Los Alamos, NM.)

 


05 Août 2010

Vingtième « Nuit des Etoiles » du 6 au 8 août

 

Crédit : www.AFAnet.fr

 

Les 6, 7 et 8 août, la France aura les yeux tournés vers le ciel. Comme tous les ans depuis 1991, l'astronomie sera mise à l'honneur avec plus de 400 animations à travers l'hexagone. La manifestation a également fait boule de neige en Europe et en Afrique.

 

Tous les vacanciers le savent, les nuits d'été sont particulièrement claires et si on a la chance de sortir des zones urbaines, à la campagne, en montagne et même en bord de mer, le ciel nocturne offre un spectacle d'une richesse inégalée, enrichi par le passage de la Terre à travers de l'essaim des Perséides qui sévissent du 17 juillet au 24 août, avec un maximum aux alentours du 12 août.

 

En 1991, c'est cette période qui a été choisie pour la « Nuit des Etoiles », une manifestation née de la conjonction de deux projets : d'une part une opération « portes ouvertes » des clubs d'astronomie sous l'égide de l'ANSTJ (Association nationale sciences et techniques jeunesse, devenue depuis « Planète Sciences »), d'autre part un projet d'émission scientifique sur la chaine de service public France 2.

 

L'objectif de cette manifestation c'est avant tout de sensibiliser le grand public à l'astronomie et aux sciences de l'Univers.

 

Une pluie d'étoiles filantes visible en août

 

Les Perséides sont une pluie d'étoiles filantes visible dans l'atmosphère terrestre, issue de débris aussi gros qu'un grain de sable de la comète Swift-Tuttle. Ces météores sont observables lorsque les débris de la comète rencontrent l'atmosphère terrestre, soit à partir du 20 juillet environ jusqu'aux alentours du 25 août, avec un maximum habituellement situé entre le 11 et 13 août.

 

C'est l'essaim le plus spectaculaire et le plus populaire de l'année, étant donné qu'il se produit, pour l'hémisphère nord, lors de la période estivale. Leur observation à l'il nu au milieu du mois d'août est relativement facile.

 

Si loin, si proches

 

De nombreuses missions de l'ESA, et à celles conduites par les autres agences spatiales, ainsi que par les immenses avancées technologiques apportées aux observatoires terrestres, font que chaque année le ciel nous paraît à la fois un peu moins inconnu et pourtant bien plus mystérieux.

 

Les sondes européennes Mars Express et Venus Express ont largement contribué à mieux comprendre nos deux planètes voisines, tandis que la mission Cassini/Huygens menée conjointement par la NASA et l'ESA a révélé sur Titan, la plus grosse lune de Saturne, un univers à la fois étrange et familier, avec des rivières et des lacs d'hydrocarbure.

 

L'astrophysique elle aussi progresse à pas de géant et les deux observatoires lancés par l'ESA l'an dernier, Herschel et Planck, commencent à peine à apporter leur part, pour l'étude de la naissance des étoiles, des galaxies et de l'univers lui-même par l'étude de la toute première lumière émise 380 000 ans à peine après le Big Bang. Ils poursuivent une impressionnante collection de succès européens dans l'avancement des sciences de l'univers depuis 20 ans : l'observatoire infrarouge ISO en 1995, l'observatoire des rayons X XMM-Newton depuis 1999 et l'observatoire gamma Integral depuis 2002.

 

La passion de la découverte

 

Plus de 400 manifestations sont prévues pour ce week-end en France avec le soutien de 300 associations et clubs d'astronomes amateurs. La manifestation s'est aussi élargie au-delà des frontières hexagonales, en Belgique et en Suisse, mais aussi en Italie, en Albanie, en Algérie, en Tunisie et au Bénin ! Les télescopes vont descendre dans la rue, dans les parcs, les centres de vacances et autres lieux publics et des conférences gratuites vont être organisées pour tous, avec une très forte mobilisation de bénévoles et de passionnés.

 

Pour retrouver les animations et sites d'observation proches de chez vous ou de votre lieu de vacances, vous pouvez consulter le site www.afanet.fr.

 

Source : ESA http://www.esa.int/esaCP/SEMNH82O9CG_France_0.html

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


05 Août 2010

Un spectacle galactique

 

Crédit : NASA, ESA, SAO, CXC, JPL-Caltech, and STScI

 

Une nouvelle belle image de deux galaxies en collision a été publiée par les Grands Observatoires de la NASA. Les galaxies des Antennes (NGC4038/4039), situées à environ 62 millions d'années-lumière de la Terre, sont montrées dans cette image composée de l'Observatoire de rayons X Chandra (en bleu), du télescope spatial Hubble (en or et brun), et du télescope spatial Spitzer (en rouge). Les données d'imagerie ont été prises en 1999, 2003, 2004, et 2005. Les galaxies des Antennes tirent leur nom des longs "bras" en forme d'antennes, visibles dans les vues grand angle du système. Ces dispositifs ont été produits par les forces de marée produites dans la collision.

 

Crédit : NASA, ESA, SAO, CXC, JPL-Caltech, and STScI

Acknowledgment: G. Fabbiano and Z. Wang (Harvard-Smithsonian CfA), and B. Whitmore (STScI)

 

http://hubblesite.org/newscenter/archive/releases/2010/25/

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


05 Août 2010

Comètes P/2005 U1 = 2010 N2 (Read), et P/1999 XB69 = 2010 C2 (LINEAR)

 

Nouvelles du Ciel

 

P/2005 U1 = 2010 N2 (Read)

La comète P/2005 U1 (Read), découverte par Michael Read (Steward Observatory, Kitt Peak) sur les images Spacewatch prises le 24 Octobre 2005 après son passage au périhélie du 27 Juillet 2005, a été retrouvée par J. Pittichova (568 Mauna Kea) les 07 et 20 Juillet 2010.

 

Les éléments orbitaux de la comète P/2005 U1 = 2010 N2 (Read) indiquent un passage au périhélie le 10 Mars 2011 à une distance d'environ 2,3 UA du Soleil, et une période d'environ 5,63 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10O44.html (MPEC 2010-O44)

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/2005 U1 = 2010 N2 (Read) a reçu la dénomination définitive de 238P/Read en tant que 238ème comète périodique numérotée.

http://scully.cfa.harvard.edu/~cgi/ReturnPrepEph?d=c&o=0238P

http://scully.cfa.harvard.edu/~cgi/ReturnPrepEph?d=c&o=PK10N020

 

P/1999 XB69 = 2010 C2 (LINEAR)

Les images prises début Février 2010 par WISE (Wide-field Infrared Survey Explorer) ont été reliées par Gareth V. Williams en Août 2010 à la comète P/1999 XB69 (LINEAR). Ceci a ensuite permis aux images du Mt Lemmon Survey prises fin Octobre 2008 d'être incluses dans la solution orbitale.

 

La comète P/1999 XB69 (LINEAR), découverte en tant qu'astéroïde par LINEAR le 7 Décembre 1999 mais présentant une orbite s'apparentant à une comète, avait révélé sa nature cométaire lors d'observations réalisées par Carl Hergenrother (Lunar and Planetary Laboratory) le 27 Février 2000 avec le télescope de 1.54-m du Catalina. La comète P/1999 XB69 (LINEAR), d'une période d'environ 9,4 ans, était passée au périhélie le 17 Février 2000.

 

Les éléments orbitaux de la comète P/1999 XB69 = 2010 C2 (LINEAR) indiquent un passage au périhélie le 25 Juillet 2009 à une distance d'environ 1,6 UA du Soleil, et une période d'environ 9,4 ans.

http://www.minorplanetcenter.org/mpec/K10/K10P21.html (MPEC 2010-P21)

 

Satisfaisant aux conditions requises, la comète P/1999 XB69 = 2010 C2 (LINEAR) a reçu la dénomination définitive de 239P/LINEAR en tant que 239ème comète périodique numérotée.

http://scully.cfa.harvard.edu/~cgi/ReturnPrepEph?d=c&o=PK10C020

 

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


04 Août 2010

Regarder une explosion stellaire en 3D

 

Crédit : ESO/L. Calçada

 

En utilisant le très grand télescope (VLT) de l'ESO, des astronomes ont obtenu pour la première fois une image en trois dimensions de la distribution de la matière la plus profonde expulsée par une étoile récemment explosée. D'après les nouveaux résultats, l'explosion originelle n'a pas seulement été puissante. Elle a également été concentrée dans une direction particulière, ce qui indique de manière significative que la supernova a dû être très mouvementée, confirmant les modèles numériques les plus récents.

 

La matière autour de SN 1987A (impression d'artiste) - Crédit : ESO/L. Calçada

 

Contrairement au Soleil, dont la mort sera plutôt douce, les étoiles massives qui arrivent à la fin de leur courte vie explosent en supernovae en éjectant une importante quantité de matière. Dans cette catégorie d'étoile, la supernova 1987A (SN 1987A) dans le Grand Nuage de Magelan, situé relativement proche de nous, occupe une place très spéciale. Détectée en 1987, ce fut la première supernova observée à l'il nu depuis 383 ans (eso8704) et du fait de sa relative proximité, elle a permis aux astronomes d'étudier l'explosion d'une étoile massive et ses conséquences bien plus en détail que jamais auparavant. Il n'est donc pas surprenant que peu d'événements de l'astronomie moderne aient rencontré une attention aussi enthousiaste de la part des scientifiques.

 

SN 1987A a été une aubaine pour les astrophysiciens (eso8711 et eso0708). Elle a en effet permis plusieurs grandes premières observationnelles significatives comme la détection de neutrinos provenant de l'effondrement du cur intérieur de l'étoile qui déclenche l'explosion, la localisation de l'étoile sur des plaques photographiques d'archive avant son explosion, les signes d'une explosion asymétrique, l'observation directe d'éléments radioactifs produits pendant l'explosion, l'observation de la formation de poussière dans la supernova tout comme la détection de matière circumstellaire et interstellaire (eso0708).

 

Les nouvelles observations, en utilisant un instrument unique, SINFONI [1], sur le VLT de l'ESO ont fourni des informations encore plus approfondies sur cet événement exceptionnel puisque les astronomes sont maintenant capables d'obtenir la toute première reconstruction en 3D de la partie centrale de la matière ayant explosé.

 

Cette nouvelle image révèle que l'explosion a été plus forte et plus rapide dans certaines directions par rapport à d'autres, conduisant à une forme irrégulière avec certaines parties qui s'étendent plus loin dans l'espace.

 

La matière éjectée en premier par l'explosion voyage à la vitesse incroyable de 100 millions de km par heure ce qui correspond à un dixième de la vitesse de la lumière ou à une vitesse 100.000 fois plus rapide qu'un avion de ligne. Même à cette vitesse « grand V » il lui a fallu 10 ans pour atteindre un disque de gaz et de poussière expulsé préalablement par l'étoile en train de mourir. Cette image démontre également qu'une autre vague de matière voyage dix fois moins vite et est chauffée par les éléments radioactifs créés pendant l'explosion.

 

« Nous avons établi la distribution de la vitesse des éjections les plus centrales  de la supernova 1987 A » précise Karina Kjær, premier auteur de l'article scientifique. « On ne comprend pas encore très bien comment une supernova explose exactement, mais la manière dont l'étoile explose est imprimée sur cette matière centrale. Nous pouvons voir que cette matière n'est pas éjectée symétriquement dans toutes les directions, mais semble plutôt avoir une direction préférée. De plus, cette direction est différente de ce qui était attendu à partir de la position de l'anneau. »

 

De tels comportements asymétriques étaient prédits par certains des modèles numériques les plus récents de supernovae qui ont trouvé que des instabilités à grande échelle se déroulaient pendant l'explosion. Ces nouvelles observations sont donc les premières confirmations directes de ce genre de modèles.

 

SINFONI est le meilleur instrument de sa catégorie et seul le niveau de détail qu'il atteint a permis à cette équipe de dresser leurs conclusions. Les systèmes d'optique adaptative permettent de corriger les effets brouillant de l'atmosphère terrestre alors que la technique dite de la spectroscopie intégrale de champ a permis aux astronomes d'étudier simultanément plusieurs parties du cur chaotique de la supernova, conduisant à l'élaboration de l'image 3D.

 

« La spectroscopie intégrale de champ est une technique spéciale où pour chaque pixel nous avons des informations sur la nature et la vitesse du gaz » dit Karina Kjær. «  Cela signifie qu'en plus de l'image normale nous avons également la vitesse le long de la ligne de vue. Comme nous connaissons le temps écoulé depuis l'explosion et comme la matière se déplace librement vers l'extérieur, nous pouvons convertir cette vitesse en distance. Cela nous donne une image des éjections internes comme si nous les regardions de face et par le côté. »

 

Notes

[1] L'équipe a utilisé l'instrument SINFONI (Spectrograph for INtegral Field Observations in the Near Infrared) installé sur le VLT de l'ESO. SINFONI est un spectrographe intégral de champ proche infrarouge (1,1-2,5 µm) équipé d'un module d'optique adaptative.

 

Plus d'informations

Cette recherche sera publiée dans Astronomy and Astrophysics (The 3-D Structure of SN 1987A's inner Ejecta, by K. Kjær et al.).

 

L'équipe est composée de Karina Kjær (Queen's University Belfast, Royaume Uni), Bruno Leibundgut and Jason Spyromilio (ESO) et Claes Fransson et Anders Jerkstrand (Stockholm University, Suède).

 

L'ESO - l'Observatoire Européen Austral - est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 14 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et VISTA, le plus grand télescope pour les grands relevés. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant l'E-ELT- qui disposera d'un miroir primaire de 42 mètres de diamètre et observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'il tourné vers le ciel » le plus grand au monde.

 

Liens

L'article scientifique

Plus d'informations sur SN 1987A : http://en.wikipedia.org/wiki/SN_1987A

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1032/

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


 

Pas d'anneaux autour de Rhéa de Saturne : Quelque chose d'inconnu provoque une étrange et symétrique structure dans l'environnement chargé de particules autour de Rhéa, la seconde plus grande lune de Saturne. Mais contrairement aux rapports de 2008, ce n'est pas un système d'anneaux. En utilisant le vaisseau spatial Cassini en orbite, une équipe d'astronomes conduite par le chercheur associé de Cornell Matthew Tiscareno a recherché des anneaux étroits, des larges anneaux, et n'importe quel matériel allant de la poussière aux rochers géants qui pourraient satelliser la lune large de 1.500 kilomètres. Leur non-détection est annoncée dans Geophysical Research Letters. La recherche contredit des suggestions antérieures que Rhéa a un système d'anneaux étroits inclus dans un large disque circumsatellite ou nuage. Cette annonce en 2008 était basée sur une atténuation nette et symétrique dans les électrons détectés autour de la lune par Cassini au cours d'un survol en 2005.

 


 

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