Nouvelles du Ciel de Janvier 2017

 

 

 

Les Titres

 

La toile cosmique dans l'Univers distant dévoilée pour la première fois par le sondage VIPERS [19/01/2017]

Cérès, un objet trans-neptunien ? [18/01/2017]

ALMA commence ses observations du Soleil [17/01/2017]

Comètes C/2017 A1 (PANSTARRS), P/2017 A2 = 2011 A5 (PANSTARRS), C/2017 A3 (Elenin) [11/01/2017]

NIKA observe la fusion d'amas de galaxies [11/01/2017]

Le VLT part à la recherche de planètes au sein du système Alpha Centauri [09/01/2017]

Hubble capture le « jeu d'ombre » causé par une possible planète [07/01/2017]

Découverte des « pièges à poussières » spontanés. Un des chaînons manquants pour comprendre la formation des planètes [07/01/2017]

Hubble détecte des 'exocomètes' plongeant dans une jeune étoile [06/01/2017]

Hubble fournit une feuille de route interstellaire pour le voyage galactique des Voyagers [06/01/2017]

Les secrets cachés du nuage d'Orion [04/01/2017]

 

 

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Et toujours autant de rendez-vous quotidiens pour suivre le ciel heure par heure...

 

- Parution : mai 2017
- Couverture souple pelliculée avec rabats, cahiers cousus et collés
- 17 x 24 cm, 352 pages
- Plus de 500 schémas, cartes célestes et photographies
- Imprimé intégralement en couleurs
- 23e édition
- ISBN-13 : 979-10-90238-20-6

 

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LE CIEL A L'OEIL NU EN 2017 de Guillaume CANNAT

 

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Le Ciel à l'œil nu est richement illustré par des dizaines de photographies astronomiques inédites et par des cartes très réalistes pour découvrir aisément les étoiles des quatre saisons. 

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Chaque mois, un calendrier annotable indique les dates des principaux phénomènes célestes : phases de la Lune, positions des planètes, éclipses, conjonctions, saisons, essaims d'étoiles filantes. La couleur d'impression des phénomènes vous renvoie pour en savoir plus vers les livres Le Ciel à l'œil nu en 2017 et Le Guide du Ciel 2016-2017 et 2017-2018 (parution mai 2017). 

Il existait déjà des calendriers muraux pour les amateurs de rugbymans ou de pin-up, les passionnés de fleurs ou de nature, les amoureux de la mer ou de la montagne, voilà enfin le calendrier qui manquait aux observateurs du ciel pour conserver le contact avec le ciel et ne rater aucun événement.

 

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- Format ouvert : 35 x 58 cm, 24 pages

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LE GUIDE DU CIEL 2016-2017 de Guillaume CANNAT

 

 

22e année de parution

 

Tout ce qu'il faut savoir pour observer le ciel entre le 1er juin 2016 et le 30 juin 2017

 

Une mise à jour intégrale avec des pages de synthèse et une série de gros plans sur les plus importants phénomènes astronomiques des mois couverts par cette édition, les planètes et une sélection d'objets du ciel profond.

 

Et toujours autant de rendez-vous quotidiens pour suivre le ciel heure par heure...

 

- Couverture souple pelliculée avec rabats, cahiers cousus et collés

- 17 x 24 cm, 352 pages

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19 Janvier 2017

La toile cosmique dans l'Univers distant dévoilée pour la première fois par le sondage VIPERS

 

Crédits : LAM

 

Le plus grand projet jamais réalisé par les télescopes de l'Observatoire Austral Européen (ESO) pour cartographier l'Univers en trois dimensions vient de se terminer avec la mesure précise de la position de plus de 90 000 galaxies lointaines [1]. La mise à disposition publique des données du sondage spectroscopique VIMOS Public Extragalactic Redshift Survey (VIPERS) le 18 novembre a été l'occasion de la sortie d'une série de résultats de premier plan, qui mettent en lumière l'importance de la structure à grande échelle de l'Univers pour comprendre la cosmologie et la formation des galaxies. Ces travaux ont été menés par une équipe internationale dans laquelle des chercheurs français du Laboratoire d'Astrophysique de Marseille, du Centre de Physique Théorique de Marseille et de l'Institut d'Astrophysique de Paris sont fortement impliqués.

 

Distribution spatiale des galaxies dans les deux champs explorés par le relevé VIPERS, les champs W1 et W4 du Canada-France-Hawaii-Telescope Legacy Survey (1). Crédits : LAM

 

Le sondage spectroscopique VIPERS a été mené pendant 8 ans à partir du spectrographe VIMOS au Very Large Telescope de l'ESO. Le but de ce projet a été de collecter des spectres de galaxies lointaines sur deux grands volumes de l'Univers tel qu'il était entre 5 et 9 milliards d'années après le Big Bang. L'échantillon de galaxies obtenu a révélé de manière très détaillée, et pour la première fois à ces époques lointaines, comment les galaxies étaient distribuées à grande échelle, révélant une toile cosmique gigantesque, constituée de vides, filaments et nœuds. Cette toile contient l'essentiel du contenu en matière de l'Univers. 

Entre les observations de l'Univers primordial obtenues par le satellite Planck de l'Agence Spatiale Européenne (ESA) et la cartographie détaillée de l'Univers local par le sondage Sloan Digital Sky Survey, les données de VIPERS fournissent un instantané de l'état d'évolution des structures de l'Univers telles qu'elles étaient il y a environ 7 milliards d'années. Elles permettent aux chercheurs de contraindre le processus global de croissance des structures aux grandes échelles ainsi que les processus complexes d'évolution du gaz, capturé dans ces structures filamentaires, et qui représente le réservoir indispensable aux galaxies pour soutenir la formation d'étoiles en leur sein. Plusieurs années d'observation et de traitement des données spectroscopiques de précision ont été nécessaires pour produire le grand catalogue mis à disposition de la communauté, avec une contribution importante de Sylvain de la Torre, Vincent Le Brun, Olivier Le Fèvre et Lidia Tasca, chercheurs au Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (LAM). 

L'apport fondamental de VIPERS, comparé aux sondages précédents, est la combinaison de la qualité des spectres mesurés des galaxies, la quantité de données photométriques annexes et la densité numérique sans précédent de galaxies à ces distances, permettant de dépeindre avec une grande précision statistique l'évolution des propriétés des galaxies sur les derniers 10 milliards d'années. Pour la première fois à des époques aussi reculées de l'histoire de l'Univers, l'équipe VIPERS a pu reconstruire la structure filamentaire à grande échelle de la toile cosmique. Cette analyse, dirigée par Nicola Malavasi et Stéphane Arnouts, du LAM, en collaboration avec l'équipe de Christophe Pichon, de l'institut d'Astrophysique de Paris dans le cadre de l'ANR Spine, a permis d'analyser les propriétés physiques des galaxies (leur masse stellaire et activité de formation d'étoiles) en fonction de leurs distances aux filaments. Ils ont ainsi pu montrer l'influence des structures à grande échelle sur les propriétés physiques des galaxies. En particulier, les galaxies les plus massives préfèrent le cœur des filaments où elles semblent subir de multiples fusions avec d'autres galaxies lors de leur migration vers les nœuds de la toile cosmique. Les galaxies moins massives quant à elles, restent en périphérie des filaments où elles continuent d'accumuler du gaz, essentiel pour maintenir leur activité de formation d'étoiles. Ce résultat donne une nouvelle perspective pour appréhender les processus de formation et d'évolution des galaxies, en utilisant la toile cosmique comme cadre naturel pour de telles investigations. 

De plus, VIPERS permet de « voir » directement la croissance des structures à l'œuvre. La dynamique des galaxies aux grandes échelles a des implications importantes sur notre compréhension du modèle cosmologique et des lois fondamentales de laphysique. Le mouvement cohérent des galaxies à grande échelle se superposant à l'expansion de l'Univers est une conséquence de la croissance des structures et ainsi permet de tester la théorie de la gravitation aux échelles cosmologiques.
Les scientifiques se posent en fait une question essentielle pour notre compréhension de l'histoire de l'Univers : si les lois de la gravitation telles qu'elles sont décrites par la Relativité Générale d'Einstein sont différentes aux échelles cosmologiques de l'Univers et sur Terre, l'accélération récente de l'expansion de l'Univers observée ne pourrait-elle pas s'expliquer sans avoir à invoquer la présence de la mystérieuse énergie noire ?

VIPERS a réussi à mesurer ces vitesses en observant les déformations qu'elles introduisent le long de la ligne de visée sur la distribution des galaxies formant la toile cosmique. Les mesures réalisées sont en accord avec les prédictions de la Relativité Générale même si elles ne sont pas encore assez précises pour identifier de possibles déviations à ce modèle. Cette analyse, dirigée par Sylvain de la Torre et Eric Jullo du LAM, est pionnière dans l'utilisation de plusieurs sondes cosmologiques en combinant à la fois l'information des vitesses radiales et celle de la déformation faible de l'image des galaxies induite par l'effet de lentille gravitationnelle [2]. Cette stratégie est cruciale pour les futurs sondages spectroscopiques cosmologiques, en particulier pour la mission Euclid de l'ESA qui sera lancée en 2020 et qui permettra de reproduire ces mesures mais avec une précision encore plus grande.

 

Plus d'informations

Ces analyses ont été rendues possibles grâce à la connaissance de la distribution tridimensionnelle des galaxies,  mais aussi par une analyse extrêmement précise des images haute résolution du sondage CFHTLS fournissant des informations essentielles sur leur morphologie [4].  Un autre pilier de ces travaux est l'imagerie acquise sur une large palette de longueurs d'onde par l'équipe du LAM, conduite par le doctorant Thibaud Moutard et Stéphane Arnouts, notamment en ultraviolet avec le satellite GALEX et dans l'infrarouge proche avec la camera WIRCam installée au CFHT. Ces données analysées au sein du sondage VIPERS-MLS [5] ont permis de connaître avec précision les propriétés des galaxies comme leur masse stellaire et leur taux de formation d'étoiles.

Membres français de la collaboration VIPERS :
Core Team : Christophe Adami, Stéphane Arnouts, Julien Bel, Iary Davidzon, Sylvain de la Torre, Olivier Ilbert, Eric Jullo, Vincent Le Brun, Olivier Le Fèvre, Christian Marinoni, Henry Joy McCracken, Yannick Mellier, Lidia Tasca
Membres associés : Nicola Malavasi, Thibaud Moutard, Carlo Schimd, Vivien Scottez

Laboratoires français impliqués :

- Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (LAM)

- Centre de Physique Théorique de Marseille (CPT)

- Institut d'Astrophysique de Paris (IAP)

 

Note(s): 

(1) Illustration "Distribution spatiale des galaxies dans les deux champs explorés au cours du sondage VIPERS" : quand l'Univers avait entre 5 et 9 milliards d'années. Les galaxies sont indiquées par des cercles de taille variable proportionnellement à leur luminosité et les couleurs reproduisent la couleur intrinsèque observée des galaxies. Les galaxies rouges et oranges sont typiquement des galaxies de forme elliptique, dominées par des populations d'étoiles vieilles, et les bleues et vertes correspondent à des galaxies constituées d'étoiles jeunes, typiquement de forme spirale ou irrégulière. Le détail de la distribution des galaxies dans les données VIPERS montre clairement comment déjà à cette époque, les galaxies rouges occupaient préférentiellement les zones denses de la toile cosmique : les filaments et les intersections de filaments, et comment les propriétés des galaxies varient en fonction de l'environnement dans lequel elles vivent.

 

Reférences :

[1] Scodeggio, M., & VIPERS Team, arXiv: 1611.07048
[2] de la Torre S., & VIPERS Team, arXiv: 1612.05647
[3] Malavasi, N., & VIPERS Team, arXiv: 1611.07045
[4] Krywult, J., & VIPERS Team, arXiv: 1605.05502
[5] Moutard, T. et al.,  2016A&A...590A.102M

 

Source : Actualités du CNRS-INSU http://www.insu.cnrs.fr/node/6268

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


18 Janvier 2017

Cérès, un objet trans-neptunien ?

 

Crédits : LAM / NASA / JPL-Caltech / UCLA / MPS / DLR / IDA

 

Une équipe internationale composée principalement de chercheurs français du LAM (CNRS-Aix-Marseille université) a révélé la présence de poussières exogènes à la surface de la planète naine Cérès, le plus gros astéroïde de la ceinture principale. Cette contamination provient vraisemblablement d'un nuage de poussières situé dans la ceinture principale externe et qui s'est formé à la suite d'une collision récente, il y a un moins de 10 millions d'années. Cette étude remet en question le lien de parenté entre Cérès et les astéroïdes de sa classe spectrale (dits de type C) et ouvre la possibilité d'une origine trans-neptunienne : Cérès et Orcus pourraient être « jumeaux ». Cette étude est publiée le 16 janvier 2017 dans The Astronomical Journal.

 

Les poussières interplanétaires, qui sont à l'origine de la plupart des étoiles filantes, représentent la fraction la plus importante de la matière extraterrestre accrétée par la Terre. Une équipe menée par Pierre Vernazza, CNRS au Laboratoire d'Astrophysique de Marseille, LAM a démontré qu'il en est vraisemblablement de même pour les astéroïdes.Pierre Vernazza explique « en analysant les propriétés spectrales de la planète naine Cérès, nous avons détecté la présence d'un composant anhydre à sa surface (des particules fines de pyroxène). Or tous les modèles d'évolution thermique pour cet objet prédisent une surface composée uniquement de minéraux hydratés (carbonates, phyllosilicates). L'hypothèse d'une origine endogène pour les particules de pyroxène semble ainsi peu plausible et une origine exogène apparaît comme la plus probable ».

 

Pour cette étude, les observations ont été réalisées dans l'infrarouge thermique avec SOFIA, un télescope embarqué à bord d'un avion. Crédits : DLR

 

L'équipe s'est ensuite penchée sur la source de cette contamination. Les bandes de poussières produites au sein de la ceinture principale à la suite de collisions majeures entre astéroïdes apparaissent comme les sources les plus probables. En particulier, la bande dite alpha, issue de la famille collisionelle Beagle (une sous famille de celle de Thémis) s'est formée il y a moins de 10 millions d'années et constitue une source majeure de poussières dans la partie externe de la ceinture principale. Des observations récentes ont par ailleurs montré que la poussière de pyroxène est une des briques principales à partir de laquelle le corps parent de la famille de Thémis s'est formé. La bande de poussière alpha serait ainsi une source de contamination plausible de la surface de Cérès.

Si le pyroxène observé à la surface de Cérès est de nature exogène, alors plus rien ne relie Cérès aux autres astéroïdes de sa classe spectrale (dits de type C). Le fait que les silicates hydratés à sa surface soient riches en ammoniac ouvre la possibilité d'une origine trans-Neptunienne : Cérès et Orcus pourraient être « jumeaux ». Ainsi, Cérès pourrait, de même que les astéroïdes de type P et D pour lesquelles une origine trans-Neptunienne est évoquée, s'être formé aux confins du système solaire et aurait atterri dans la ceinture principale à la suite de la migration des planètes géantes.

 

Composition de surface et structure interne de la planète naine Cérès. La surface apparaît comme un mélange de poussières anhydres (pyroxène) vraisemblablement exogènes et de poussières hydratées endogènes (phyllosilicates, carbonates). Les modèles prédisent également la présence d'un noyau rocheux. Crédits : LAM/NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA

 

Cette étude suggère par la même occasion que la présence surprenante et à ce jour inexpliquée de pyroxène à la surface des astéroïdes métalliques  est une conséquence directe de l'impact de ces poussières. Ainsi, il semble que la contamination par ces particules fines soit un processus global qui affecte la surface de tous les astéroïdes situés à proximité de cette bande de poussières.  

Pierre Vernazza conclue « cette étude résout une question de longue date puisqu'on s'est toujours demandé à quel point les signatures spectrales des astéroïdes reflétaient réellement leur composition originelle ou celle des matériaux qui les impactent. Il s'avère que le niveau de contamination ne dépasse pas les ~20% et que la composition originelle reste spectralement bien identifiable. »

 

Référence :

Different origins or different evolutions? Decoding the spectral diversity among C-type asteroids, P. Vernazza, J. Castillo-Rogez, P. Beck, J. Emery, R. Brunetto, M.Delbo, M. Marsset, F. Marchis, O. Groussin, B. Zanda, P. Lamy, L. Jorda, O. Mousis, A. Delsanti, Z. Djouadi,  Z. Dionnet, F. Borondics, B. Carry, The Astronomical Journal, 10p, 2017.

 

Source : Actualités du CNRS-INSU http://www.insu.cnrs.fr/node/6258

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


17 Janvier 2017

ALMA commence ses observations du Soleil

 

Crédit : ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)

 

De nouvelles images acquises par le Vaste Réseau (Sub-)Millimétrique de l'Atacama (ALMA) au Chili ont révélé des détails invisibles de notre Soleil, notamment le coeur sombre et tortueux d'une tâche solaire dont la taille avoisine les deux diamètres terrestres. Ces images du Soleil sont les toutes premières obtenues au moyen d'un instrument dont l'ESO est partenaire. Les résultats ouvrent une nouvelle fenêtre d'observation des processus physiques qui gouvernent notre étoile. Les antennes d'ALMA ont été spécifiquement conçues pour pouvoir imager le Soleil sans être endommagées par l'intense flux de chaleur généré par la focalisation de la lumière.

 

ALMA observe une tâche solaire géante (1,25 millimètre)  - Crédit : ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)

 

Des astronomes ont exploité le riche potentiel d'ALMA pour imager le rayonnement millimétrique en provenance de la chromosphère solaire – cette région qui surplombe la photosphère, ou surface visible du Soleil. L'équipe de la campagne solaire, un groupe international d'astronomes européens, nord-américains et est-asiatiques, a produit des images témoignant de la capacité d'ALMA à scruter l'activité solaire à des longueurs d'ondes plus élevées que celles généralement observées depuis la surface de la Terre.

 

Les astronomes ont étudié le Soleil, scruté sa surface changeante et sondé son atmosphère énergétique de bien des façons au travers des siècles. Afin d'étayer leur compréhension des processus physiques à l'œuvre, en son sein et à sa surface, les astronomes doivent pouvoir l'observer sur l'ensemble du spectre électromagnétique – en particulier dans les domaines millimétrique et submillimétrique accessibles à ALMA.

 

La luminosité du Soleil est des milliards de fois supérieure à celle des objets faiblement brillants qu'ALMA observe généralement. Pour cette raison, les antennes d'ALMA ont été spécialement conçues pour leur permettre d'imager le Soleil dans le moindre détail grâce à la technique de la radio-interférométrie – sans pour autant être endommagées par l'intense chaleur générée par la focalisation de la lumière solaire. Ce travail aboutit à la production d'une série d'images qui toutes témoignent du potentiel unique d'ALMA, de sa capacité à étudier notre Soleil. Les données issues de la campagne d'observation solaire sont diffusées cette semaine à la communauté internationale d'astronomes, en vue d'une étude et d'une analyse approfondies.

 

L'équipe a observé une énorme tâche solaire aux longueurs d'onde de 1,25 et 3 millimètres correspondant à deux des bandes réceptrices d'ALMA. Les images révèlent des différences de températures entre les zones de la chromosphère solaire [1]. Comprendre la source de chaleur ainsi que la dynamique de la chromosphère solaire constituent des domaines clés de la recherche actuelle, qu'ALMA permettra d'aborder dans un avenir proche.

 

Les tâches solaires sont des phénomènes transitoires qui se produisent en des régions où le champ magnétique du Soleil se trouve extrêmement concentré et puissant. Leur température est inférieure à celle des régions environnantes, ce qui explique leur apparence relativement sombre.

 

Les deux images présentent des aspects différents qui résultent de la différence de longueurs d'onde entre les rayonnements incidents observés. Les longueurs d'onde plus courtes permettent de sonder le Soleil plus en profondeur. Ainsi, les images acquises à 1,25 millimètre révèlent les couches internes de la chromosphère, plus proches de la photosphère que les clichés obtenus à la longueur d'onde de 3 millimètres.

 

ALMA est le tout premier observatoire dont l'ESO est partenaire à permettre aux astronomes d'étudier l'étoile la plus proche de la Terre, à savoir notre Soleil. Tous les autres instruments de l'ESO sans exception doivent être protégés de l'intense radiation solaire afin d'éviter tout dommage. Les nouvelles capacités d'ALMA se traduiront par l'intégration d'astronomes solaires au sein de la communauté de l'ESO.

 

Note :

[1] L'utilisation d'une seule et unique antenne d'ALMA a permis de cartographier l'intégralité du disque solaire à la longueur d'onde de 1,25 millimètre, grâce à une technique de balayage rapide. La précision et la rapidité d'observation permises par cette seule et unique antenne d'ALMA ont permis de dresser une carte du disque solaire en quelques minutes seulement. Ces cartes indiquent la distribution de températures au sein de la chromosphère sur l'intégralité du disque à faible résolution spatiale. Elles s'inscrivent donc en complément des images interférométriques détaillées de chacune des régions présentant un intérêt.

 

Plus d'informations :  

Le Vaste Réseau (Sub-)Millimétrique de l'Atacama (ALMA), une installation astronomique internationale, est le fruit d'un partenariat entre l'ESO, la U.S. National Science Foundation (NSF) et le National Institutes of Natural Sciences (NINS) du Japon en coopération avec le Chili. ALMA est financé par l'Observatoire Européen Austral (ESO) pour le compte de ces Etats membres, la NSF en coopération avec le National Research Council du Canada (NRC), le National Science Council of Tawain (NSC) et le NINS en coopération avec l'Academia Sinica (AS) in Taiwan et le Korea Astronomy and Space Science Institute (KASI).

 

La construction et la gestion d'ALMA sont supervisées par l'ESO pour le compte de ses Etats membres, par le National Radio Astronomy Observatory (NRAO), dirigé par Associated Universities, Inc (AUI) en Amérique du Nord, et par le National Astronomical Observatory of Japan (NAOJ) pour l'Asie de l'Est. L'Observatoire commun ALMA (JAO pour Joint ALMA Observatory) apporte un leadership et un management unifiés pour la construction, la mise en service et l'exploitation d'ALMA.

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel.

 

Liens :  

- Photos d'ALMA

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1703/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


11 Janvier 2017

Comètes C/2017 A1 (PANSTARRS), P/2017 A2 = 2011 A5 (PANSTARRS), C/2017 A3 (Elenin)

 

Nouvelles du Ciel

 

C/2017 A1 (PANSTARRS)

Une nouvelle comète a été découverte sur les images CCD obtenues le 02 Janvier 2017 par les membres de l'équipe de recherche Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System) avec le télescope Ritchey-Chretien de 1.8m de Haleakala, Hawaii. La nature cométaire de l'objet a été confirmée par de nombreux observateurs après publication sur les pages NEOCP (NEO Confirmation Page) et PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center.

 

Les éléments orbitaux paraboliques préliminaires de la comète C/2017 A1 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 17 Mai 2017 à une distance d'environ 2,3 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K17/K17A31.html (MPEC 2017-A31)

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2017%20A1;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


P/2017 A2 = 2011 A5 (PANSTARRS)

Les membres de l'équipe de recherche Pan-STARRS (Panoramic Survey Telescope & Rapid Response System) ont découvert une nouvelle comète sur les images CCD obtenues le 02 Janvier 2017 avec le télescope Ritchey-Chretien de 1.8m de Haleakala, Hawaii. L'objet a été ensuite relié à un objet trouvé dans les données de Pan-STARRS 1 du 13 Janvier 2011 et du Mt Lemmon du 30 Janvier 2011, auquel il a été attribué la désignation de 2011 A5 pour ce retour.

 

Les éléments orbitaux paraboliques préliminaires de la comète P/2017 A2 = 2011 A5 (PANSTARRS) indiquent un passage au périhélie le 22 Juin 2016 à une distance d'environ 2,2 UA du Soleil, et une période d'environ 5,6 ans pour cette comète de la ceinture principale (TJupiter > 3; 2.0 UA < a < 3.2 UA et q > 1.666 UA).

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K17/K17A32.html (MPEC 2017-A32)

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=P%2F2017%20A2;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


C/2017 A3 (Elenin)

Une nouvelle comète a été découverte par Leonid Elenin sur les images CCD obtenues le 05 Janvier 2017 avec le télescope de 0.4-m f/2.4 à l'Observatoire ISON-SSO, Siding Spring. Après publication sur les pages NEOCP (NEO Confirmation Page) et PCCP (Possible Comet Confirmation Page) du Minor Planet Center, la nature comète de l'objet a été confirmée par de nombreux astrométristes.

 

Les éléments orbitaux paraboliques préliminaires de la comète C/2017 A3 (Elenin) indiquent un passage au périhélie le 20 Janvier 2017 à une distance d'environ 3,9 UA du Soleil.

http://www.minorplanetcenter.net/mpec/K17/K17A75.html (MPEC 2017-A75)

http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2017%20A3;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 


  

Date des PASSAGES au PERIHELIE des COMETES Date, Périodes de révolution, Distance au Soleil 

COMETES - Magnitudes prévues pour les prochains mois

Liste des comètes potentiellement observables - éléments orbitaux

 

Lost - Les Disparues... ou les comètes périodiques non revues.

 

Les différentes familles de comètes

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


11 Janvier 2017

NIKA observe la fusion d'amas de galaxies

 

©Consortium NIKA

 

Une équipe de chercheurs du consortium NIKA [1], dirigée par Rémi Adam (Laboratoire Lagrange – OCA, UCA, LPSC Grenoble, CNES), Iacopo Bartalucci et Gabriel Pratt (CEA Saclay), a obtenu pour la première fois une image de la vitesse du gaz lors de la fusion de plusieurs amas de galaxies. Ces observations offrent une nouvelle manière d'étudier la formation des amas comme composants essentiels des grandes structures, formés lors des événements les plus énergétiques dans l'Univers. Avant d'obtenir ces observations, le consortium NIKA, dirigé par Alain Benoît et Alessandro Monfardini (Institut Néel), a également construit, testé et mis en service l'instrument.

 

Image multi-longueur d'onde du groupe d'amas MACS J0717.5+3745 montrant la distribution des galaxies (en vert, données du télescope spatial Hubble), la densité du gaz (en rouge, rayonnement X, données Chandra), la pression électronique du gaz (en bleu, caméra NIKA) et le signal kSZ (contours jaunes, NIKA). Les cercles rouges (A, B, C et D) indiquent la position des principaux sous-amas. A la distance de l'amas (environ 5 milliards d'années-lumière), la taille de l'image correspond à environ 5 millions d'années-lumière. ©Consortium NIKA

 

Les amas de galaxies : pièces fondamentales de notre Univers

 

L'Univers dans lequel nous vivons aujourd'hui a été façonné par la formation des grandes structures, qui ont commencé à se former par effondrement gravitationnel il y a environ 14 milliards d'années, juste après le Big Bang. Aujourd'hui, les plus grands objets gravitationnellement liés, qui constituent les pièces fondamentales de notre Univers, sont les amas de galaxies. Malgré leur nom, les amas de galaxies sont principalement composés de matière noire (~ 85%) et de gaz chaud ionisé (~ 12%), avec seulement quelques pourcents de leur masse contenue dans les galaxies. Pour cette raison, le processus de formation des amas est dominé par l'effondrement gravitationnel de la matière noire, le gaz et les galaxies "suivant" ce processus. Au cours de leur assemblage, les amas peuvent entrer en collision les uns avec les autres, avec une vitesse élevée. Ces fusions sont les événements les plus énergiques depuis le Big Bang et ils sont fondamentaux pour comprendre comment s'assemblent les structures dans l'Univers.

 

NIKA : un défi scientifique

 

Une façon d'étudier la vitesse des amas est de mesurer l'empreinte de leur mouvement dans le rayonnement du fond diffus cosmologique (CMB) par l'utilisation de l'effet Sunyaev-Zel'dovich cinétique (kSZ). Cet effet provient du décalage Doppler des photons du CMB quand ils interagissent avec les électrons du gaz intra-amas qui se déplacent à grande vitesse. L'effet kSZ est le seul moyen connu de mesurer directement la vitesse particulière d'objets à des distances cosmologiques, parce que contrairement à d'autres méthodes, le rayonnement du CMB lui-même fournit une référence absolue pour la mesure. Si son homologue thermique (l'effet Sunyaev-Zel'dovich thermique, tSZ) est maintenant couramment utilisé pour mesurer la pression du gaz dans les amas, l'effet kSZ reste quant à lui très difficile à observer et seulement une poignée de détections de faible signification statistique a été obtenue jusqu'à présent.

The New IRAM KIDs Array, (NIKA) était le prototype de la caméra de plus grandes dimensions, NIKA2, récemment installée au télescope de 30m de l'IRAM. NIKA et NIKA2 observent les signaux astronomiques à 150 et 260 GHz, et en principe, cette approche double-bande permet aux astronomes d'extraire à la fois le signal tSZ et kSZ quand ils observent les amas de galaxies. Motivée par le défi scientifique et les performances élevées de NIKA, l'équipe a décidé de tenter une mesure de l'effet kSZ en cartographiant l'un des amas où le processus de fusion est des plus violents, MACS J0717.5+ 3745, et dont le décalage vers le rouge de 0.55 correspond à une distance de plusieurs milliards d'années lumières.

 

Gauche : signal kSZ en direction de l'amas MACS J0717.5+3745 (rapport signal sur bruit), donnant la quantité de mouvement du gaz sur la ligne de visée. Droite : vitesse du gaz sur la ligne de visée, en km/s, par rapport au référentiel du CMB. ©Consortium NIKA

 

Cette cartographie kSZ fournit la quantité de mouvement du gaz intégrée sur la ligne de visée par rapport au cadre de référence du CMB; c'est donc une mine d'informations pour comprendre la physique des amas en fusion. Les données ont révélé que les deux sous-amas principaux de MACS J0717.5+3745, à savoir B et C (Figure 1), sont en train de tomber l'un sur l'autre avec une très grande quantité de mouvement (Figure 2, à gauche). Rémi Adam souligne : « la simple détection de l'effet kSZ est déjà un excellent résultat en soi, mais quand nous avons réalisé que nous étions en mesure d'en obtenir une carte, ce fut un succès considérable pour nous ».

La mesure du signal kSZ est une première étape, mais il est encore plus difficile de mesurer la vitesse du gaz elle-même, car il est nécessaire pour cela de séparer le signal kSZ de la distribution de densité du gaz le long de la ligne de visée. Cette procédure a requis l'utilisation d'observations en rayons X par les satellites XMM-Newton et Chandra, qui, grâce à un modèle physique, ont permis à l'équipe de mesurer la vitesse de déplacement de l'amas et même d'extraire une carte de la vitesse du gaz par rapport au référentiel du CMB (figure 2, à droite). L'image obtenue n'est pas facile à interpréter car elle dépend des hypothèses de modélisation. Elle est néanmoins particulièrement frappante car elle présente, pour la première fois, une image du gaz en mouvement dans un amas de galaxies, qui de plus est très lointain.

Ces résultats ouvrent la voie à une nouvelle manière d'étudier la fusion des amas, en montrant que de telles observations sont maintenant possibles avec une résolution angulaire élevée et des instruments de haute sensibilité, telle que la caméra NIKA au télescope de 30m de l'IRAM. Le nouvel instrument NIKA2, maintenant installé au télescope, offre des perspectives très prometteuses pour l'étude des amas de galaxies, y compris les amas en fusion par l'effet kSZ. Cela permettra aux astronomes d'étudier la formation des grandes structures dans l'Univers lointain.

 

Notes : 

[1] Le consortium NIKA inclut des scientifiques, ingénieurs et techniciens de l'Institut Néel, l'IPAG, le LPSC, l'IRAM, l'IAS, le CEA, l'IRAP, l'IEF, l'IAP, l'Observatoire de Paris, Sapienza Università di Roma, le LAM, l'UCL, l'Université de Cardiff, l'ESO, le laboratoire Lagrange (OCA) et l'IAC. Les résultats présentés ici impliquent des scientifiques du JPL, du RIT, Arizona State University, the University of Arizona et Università degli Studi di Roma Tor Vergata.

 

Pour en savoir plus :

Site du consortium NIKA2

 

Référence :

Mapping the kinetic Sunyaev-Zel'dovich effect toward MACS J0717.5+3745 with NIKA, R. Adam, I. Bartalucci, G.W. Pratt et al. (2017) , A&A (en cours de publication), arXiv.org pour une version électronique

 

Source : Actualités du CNRS-INSU http://www.insu.cnrs.fr/node/6255

 

http://irfu.cea.fr/Sap/Phocea/Vie_des_labos/Ast/ast.php?t=fait_marquant&id_ast=3854

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


09 Janvier 2017

Le VLT part à la recherche de planètes au sein du système Alpha Centauri

 

Crédit : Y. Beletsky (LCO)/ESO

 

L'ESO signe un accord avec Breakthrough Initiatives

 

L'ESO a signé un accord avec Breakthrough Initiatives visant à adapter l'instrumentation du Very Large Telescope de l'Observatoire Paranal au Chili à la recherche de planètes au sein d'un système stellaire proche, celui d'Alpha Centauri. Ces planètes pourraient constituer les cibles d'éventuelles missions spatiales à venir avec des sondes miniatures lancées dans le cadre de l'initiative Breakthrough Starshot.

 

Le Very Large Telescope et le système d'étoiles Alpha Centauri - Crédit : Y. Beletsky (LCO)/ESO

 

L'ESO, représenté par son Directeur Général Tim de Zeeuw, a signé un accord avec Breakthrough Initiatives représenté par Pete Worden, Président de la Fondation du Prix de l'Innovation et Directeur Exécutif de Breakthrough Initiatives. L'accord prévoit le financement des modifications à apporter à l'instrument VISIR (Imageur et Spectromètre du VLT dans l'infrarouge moyen) sur le Very Large Telescope (VLT) de l'ESO, afin de considérablement augmenter sa capacité à détecter de potentielles planètes habitables autour d'Alpha Centauri, le système stellaire le plus proche de la Terre. En outre, l'accord inclut le temps de télescope nécessaire pour mener un programme de recherche approfondi en 2019.

 

La découverte en 2016 d'une planète baptisée Proxima b autour de Proxima Centauri, l'étoile la moins brillante des trois étoiles qui composent le système Alpha Centauri, donne une impulsion supplémentaire à cette quête.

 

Connaître l'emplacement des exoplanètes les plus proches s'avère hautement stratégique pour Breakthrough Starshot, le programme de recherche et d'ingénierie lancé en avril 2016 dans le but de démontrer la validité du concept de “nanocraft” ultra-rapide propulsé par la lumière, jetant les bases d'un premier lancement vers Alpha Centauri en l'espace d'une génération.

 

Détecter une planète habitable constitue un énorme challenge en raison de la différence de brillance entre l'étoile hôte du système planétaire d'une part, les planètes d'autre part. Effectuer les observations dans l'infrarouge moyen, où l'émission thermique de la planète en orbite réduit considérablement l'écart de luminosité entre cette planète et son étoile hôte, facilite cette tâche. Toutefois, même dans l'infrarouge moyen, l'étoile affiche une luminosité des millions de fois supérieure à celle des planètes à détecter. S'ensuit la nécessité d'employer une technique permettant de réduire l'aveuglement généré par la lumière stellaire.

 

L'instrument VISIR actuellement installé sur le VLT et qui opère dans l'infrarouge moyen sera capable d'une telle performance si certaines modifications lui sont apportées : l'installation d'un système d'optique adaptative permettra de considérablement augmenter la qualité d'image ; l'emploi d'une technique baptisée coronographie permettra de diminuer l'intensité de la lumière stellaire et donc de repérer les possibles signes de l'existence de potentielles planètes de type Terre. Breakthrough Initiatives financera en grande partie les technologies nécessaires ainsi que les coûts de développement d'une telle expérience. L'ESO fournira les capacités ainsi que le temps d'observation requis.

 

Le nouveau matériel se compose d'un module d'instrument commandé chez Kampf Telescope Optics (KTO) à Munich, destiné à accueillir le capteur de front d'onde, et d'un nouveau dispositif de calibration du détecteur. En outre, le développement conjoint d'un nouveau coronographe par l'Université de Liège (Belgique) et l'Université d'Uppsala (Suède) est prévu.

 

La détection suivie de l'étude de planètes potentiellement habitables en orbite autour d'autres étoiles constituera l'une des principales missions scientifiques du futur Extrêmement Grand Télescope Européen (E-ELT). La taille augmentée de l'E-ELT sera essentielle à l'acquisition de l'image d'une planète située à plus grande distance au sein de la Voie Lactée. Le pouvoir collecteur du VLT permet seulement de capturer l'image d'une planète en orbite autour de l'étoile la plus proche, Alpha Centauri.

 

Les développements apportés à VISIR bénéficieront à l'instrument METIS qui équipera prochainement l'E-ELT, les connaissances acquises et la validation du concept étant directement transférables. Les vastes dimensions de l'E-ELT devraient permettre à METIS de détecter et d'étudier des exoplanètes de la taille de Mars en orbite autour d'Alpha Centauri – à la condition qu'elles existent bien évidemment, ainsi que d'autres planètes potentiellement habitables autour d'autres étoiles proches.

 

Plus d'informations :  

The Breakthrough Initiatives est un programme d'exploration scientifique et technologique conçu en 2015 par l'investisseur Internet et le philanthrope scientifique Yuri Milner dans le but d'explorer l'Univers, de rechercher les preuves scientifiques de l'existence de vie extraterrestre et d'encourager le débat public à l'échelle planétaire.

 

Le Breakthrough Starshot est un programme de recherche et d'ingénierie doté de 100 millions de dollars, visant à valider le concept d'une nouvelle technologie : un vol spatial inhabité et ultra-léger s'effectuant à 20% de la vitesse de la lumière, ce qui constituerait le premier pas vers une mission de survol d'Alpha Centauri en l'espace d'une génération.

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel.

 

Liens :  

- Breakthrough Initiative

- Photos du VLT

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1702/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


07 Janvier 2017

Hubble capture le « jeu d'ombre » causé par une possible planète

 

Crédit : NASA, ESA, and J. Debes (STScI)

 

Les mystères étranges dans l'Univers peuvent être trahis par de simples ombres. La merveille d'une éclipse solaire est produite par l'ombre de la Lune, et plus 1 000 planètes autour d'autres étoiles ont été cataloguées par l'ombre passant devant leur étoile mère. Les astronomes ont été surpris de voir une ombre immense déferler sur un disque de gaz et de poussière entourant une jeune étoile voisine. Ils ont une vue d'ensemble du disque, car il est incliné face à la Terre, et l'ombre balaie autour du disque comme les aiguilles se déplaçant sur une horloge. Mais, à la différence entre les aiguilles d'une horloge, l'ombre met 16 ans pour faire une rotation.

 

Hubble a 18 ans d'observations de l'étoile, appelée TW Hydrae. Par conséquent, les astronomes pourraient assembler un film chronologique de la rotation de l'ombre. L'expliquer est une autre histoire. Les astronomes pensent qu'une planète invisible dans le disque est en train de soulever des objets lourds par attraction gravitationnelle sur le matériel près de l'étoile et en déformant la partie interne du disque. Le disque intérieur torsadé, mal aligné, jette son ombre sur toute la surface du disque externe. TW Hydrae réside à 192 années-lumière et est âgée d'à peu près 8 millions années.

 

Crédit : NASA, ESA, and J. Debes (STScI)

 

http://hubblesite.org/news_release/news/2017-03

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


07 Janvier 2017

Découverte des « pièges à poussières » spontanés. Un des chaînons manquants pour comprendre la formation des planètes

 

Crédits : JF Gonzalez

 

Comment les planètes se forment-elles ? Cette question est un enjeu majeur en astrophysique. Jusqu'alors, aucune théorie ne permettait d'y répondre dans son ensemble. Pourtant, une équipe internationale d'astrophysiciens menée par des chercheurs du Centre de Recherche Astrophysique de Lyon [1] a identifié un phénomène physique, la création spontanée de « pièges à poussières », qui permet enfin de lier entre elles les différentes étapes de la formation des planètes.

Les observations montrent que les planètes, celles de notre Système Solaire ou les exo-planètes, se forment dans des disques protoplanétaires. Ces disques sont constitués de gaz et de grains de poussière. Ces derniers, initialement plus petits qu'un micromètre, doivent s'agréger pour former des corps de plus en gros jusqu'à l'obtention d'une planète de plusieurs milliers de kilomètres. Les nombreuses planètes de notre Galaxie suggèrent que le mécanisme de formation doit être simple, efficace et universel !

 

Gaz (en bleu) et poussière (en rouge) dans un disque protoplanétaire après la formation d'un piège à poussières spontané, visible sous la forme d'un anneau brillant de poussières. Crédits : JF Gonzalez

 

Il est relativement facile de modéliser la création d'agrégats de la taille d'un caillou (de 1 à 10 cm) à partir de poussières, ainsi que la formation d'un cœur planétaire à partir des planétésimaux (blocs rocheux de plusieurs kilomètres). L'étape intermédiaire, c'est à dire le passage des agrégats aux planétésimaux, restait par contre incomprise. En effet, la friction du gaz sur les grains provoque leur dérive rapide vers le centre du disque, le vidant théoriquement de tous ses solides. De plus, les collisions à grande vitesse fragmentent les agrégats en une multitude de petits morceaux. Les seuls endroits du disque protoplanétaire où ces problèmes peuvent être résolus sont appelés des « pièges à poussières ». Les agrégats dérivent vers ces zones de haute pression, éloignées du centre du disque, et s'y accumulent, échappant ainsi à la chute sur l'étoile. Leur vitesse diminue, évitant par la même occasion la fragmentation.

Jusqu'à présent, les astronomes pensaient que de tels pièges ne pouvaient exister que dans des conditions très particulières (présentant par exemple une variation importante de densité ou de température, ou même la présence d'une planète déjà existante) et ne leur attribuaient qu'un rôle secondaire. Pourtant, une équipe internationale d'astrophysiciens, menée par des chercheurs du Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (CRAL) vient de découvrir un mécanisme permettant d'expliquer la croissance des grains, depuis la taille d'une poussière jusqu'à celle d'une planète.

Au moyen de simulations numériques et de calculs analytiques, les astrophysiciens ont montré que les pièges à poussières se forment de manière spontanée et ce, quels que soient les disques étudiés : les pièges seraient donc bien plus fréquents qu'attendus. Les chercheurs ont mis en évidence le rôle-clé de la friction de la poussière sur le gaz dans ce mécanisme. « Cet effet, appelé rétroaction, était jusqu'à présent ignoré car dans la majorité des situations, il est négligeable. Ce n'est plus du tout le cas aux fortes concentrations de poussières rencontrées lors de la formation des planètes », explique Jean-François Gonzalez, enseignant-chercheur de l'Université Claude Bernard au CRAL.

 

Mécanisme de formation des pièges à poussières spontanés. Crédits : JF Gonzalez

 

La rétroaction ralentit le mouvement des grains, leur laissant ainsi le temps pour atteindre une taille suffisante qui leur permet ne plus ressentir les effets de la dérive vers l'étoile et de se concentrer. Le gaz, toujours sous l'effet des frottements avec la poussière, va alors être repoussé vers l'extérieur et va s'accumuler pour former des zones de haute pression : les pièges à poussières. Ces pièges spontanés vont alors accumuler très efficacement les grains venant des régions extérieures du disque, constituant un anneau très dense de solides, un environnement favorable à la formation de planétésimaux.

Ainsi, la découverte de la formation spontanée des pièges à poussières apporte une solution simple et solide à un problème de longue date dans la compréhension de la formation des planètes.

 

Notes : 

[1] CRAL (Université Claude Bernard Lyon 1, CNRS, ENS Lyon)

 

Référence :

 Self-induced dust traps: overcoming planet formation barriers, Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, Oxford University Press, janvier 2017 sur arxiv

 

Source : Actualités du CNRS-INSU http://www.insu.cnrs.fr/node/6252

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


06 Janvier 2017

Hubble détecte des 'exocomètes' plongeant dans une jeune étoile

 

Artist's Illustration Credit: NASA, ESA, and A. Feild and G. Bacon (STScI)

 

Prévision interstellaire pour une étoile voisine: il pleut des comètes ! Les comètes plongent dans l'étoile HD 172555, qui réside à 95 années-lumière de la Terre. Les comètes n'étaient pas vues directement autour de l'étoile. Les astronomes ont déduit leur présence lorsqu'ils ont utilisé le télescope spatial Hubble de la NASA pour détecter le gaz qui est probablement les restes vaporisés de leurs noyaux glacés.
La présence de ces comètes condamnées fournit des preuves circonstancielles d'une «agitation gravitationnelle» par une planète invisible de la taille de Jupiter, où les comètes déviées par la gravité de l'objet massif sont catapultées dans l'étoile. Ces événements fournissent également de nouvelles connaissances sur l'activité passée et présente des comètes dans notre Système solaire. C'est un mécanisme où des comètes chutantes pourraient avoir transporté de l'eau à la Terre et aux autres planètes intérieures de notre Système solaire. HD 172555 représente le troisième système extrasolaire où les astronomes ont détecté des comètes condamnées et incontrôlables. Tous ces systèmes sont jeunes, âgés de moins de 40 millions d'années.

 

Crédit : NASA, ESA, and C. Grady (Eureka Scientific Inc., and Goddard Space Flight Center);
Artist's Illustration Credit: NASA, ESA, and A. Feild and G. Bacon (STScI)

 

http://hubblesite.org/news_release/news/2017-02

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


06 Janvier 2017

Hubble fournit une feuille de route interstellaire pour le voyage galactique des Voyagers

 

Artist's Illustration Credit: NASA, ESA, and G. Bacon (STScI)

 

En 1977, les satellites Voyager 1 et 2 de la NASA ont commencé leur voyage pionnier à travers le Système solaire pour visiter les planètes géantes extérieures. Maintenant, les Voyagers se précipitent à travers un territoire inexploré lors de leur voyage au-delà de notre Système solaire. En chemin, ils mesurent le milieu interstellaire, l'environnement mystérieux entre les étoiles qui est rempli avec les débris d'étoiles mortes depuis longtemps. Le télescope spatial Hubble de la NASA fournit la feuille de route en mesurant le matériau le long des trajectoires des sondes à mesure qu'elles se déplacent dans l'espace. Hubble trouve une écologie interstellaire riche, complexe, contenant de multiples nuages d'hydrogène, mêlés avec d'autres éléments. Les données de Hubble, combinées avec les Voyagers, ont également fourni de nouvelles perspectives sur la façon dont notre Soleil parcourt l'espace interstellaire.

 

Crédit : NASA, ESA, and J. Zachary and S. Redfield (Wesleyan University);
Artist's Illustration Credit: NASA, ESA, and G. Bacon (STScI)

 

http://hubblesite.org/news_release/news/2017-01

 

Le Meilleur du télescope spatial Hubble

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 


04 Janvier 2017

Les secrets cachés du nuage d'Orion

 

Crédit : ESO/VISION survey

 

Le sondage VISTA fournit la vue la plus détaillée du disque moléculaire Orion A dans le proche infrarouge

 

Cette nouvelle image spectaculaire est une des plus grandes mosaïques en haute résolution du nuage moléculaire Orion A dans le proche infrarouge. Située à 1350 années-lumière de la Terre, c'est la fabrique intensive d'étoiles connue la plus proche de nous. Cette image, réalisée avec VISTA, le télescope de sondage dans l'infrarouge de l'Observatoire de Paranal de l'ESO au nord du Chili, révèle de nombreuses jeunes étoiles et d'autres objets habituellement profondément enfouis dans les nuages de poussière.

 

Le nuage moléculaire Orion A par VISTA - Crédit : ESO/VISION survey

 

Cette nouvelle image du sondage VISION (VIenna Survey In Orion) est un montage d'images prises dans le proche infrarouge [1] par le télescope de sondage VISTA à l'Observatoire de Paranal de l'ESO au Chili. Le montage couvre l'ensemble du nuage moléculaire Orion A, un des deux nuages moléculaires géants dans le complexe du nuage moléculaire d'Orion (OMC). Orion A s'étend sur environ huit degrés au sud de la partie bien connue d'Orion appelée l'épée [2].

 

VISTA est le plus grand télescope de sondage au monde. Il a un grand champ et réalise des images avec des détecteurs infrarouges très sensibles, deux caractéristiques qui en font le télescope idéal pour obtenir les profondes images infrarouges de grande qualité nécessaires pour cet ambitieux sondage.

 

Le sondage VISION a abouti à un catalogue de presque 800 000 étoiles, jeunes objets stellaires et galaxies distantes identifiés individuellement. Ceci en fait le sondage le plus profond et avec la meilleure couverture à ce jour de cette région [3].

 

VISTA peut voir de la lumière invisible pour l'œil humain, permettant ainsi aux astronomes d'identifier de nombreux objets autrement cachés dans les nurseries stellaires. De très jeunes étoiles impossibles à voir sur les images en lumière visible sont ainsi révélées quand elles sont observées dans les plus grandes longueurs d'onde de l'infrarouge, là où la poussière qui les voile devient plus transparente.

 

La nouvelle image constitue une étape vers la réalisation d'une image complète du processus de formation stellaire dans Orion A, pour les étoiles de petite masse, mais aussi pour celles de grande masse. L'objet le plus spectaculaire est la magnifique nébuleuse d'Orion, également appelée Messier 42 [4] que l'on voit sur la gauche de l'image. Cette région forme une partie de l'épée de la fameuse brillante constellation d'Orion (Le Chasseur). Le catalogue VISTA contient à la fois des objets connus et de nouvelles découvertes, dont cinq nouveaux candidats dans la catégorie jeunes objets stellaires et dix dans celle des amas de galaxies.

 

Sur le reste de l'image on peut étudier les nuages moléculaires sombres d'Orion A et repérer de nombreux trésors cachés, parmi lesquels des disques de matière qui peuvent donner naissance à de nouvelles étoiles (des disques pré-stellaires), une nébulosité associée avec de très jeunes étoiles (objets de Herbig-Haro), de plus petits amas d'étoiles et même des amas de galaxies situés bien loin de la Voie Lactée. Le sondage VISION permet une étude systématique des toutes premières phases de l'évolution des jeunes étoiles dans les nuages moléculaires proches.

 

Cette image étonnamment détaillée d'Orion A établit une nouvelle base observationnelle pour les prochaines études de formation d'étoiles et d'amas et met en exergue une fois de plus la puissance du télescope VISTA pour faire des images de grandes zones du ciel, rapidement et en profondeur, dans le proche infrarouge [5].

 

Morceaux choisis de l'image d'Orion A par VISTA - Crédit : ESO/VISION survey

 

Notes :

[1] Le sondage VISION couvre approximativement 18,3 degrés carrés avec une échelle d'environ un tiers d'arc seconde par pixel.

 

[2] L'autre nuage moléculaire géant du nuage moléculaire d'Orion est Orion B, qui se situe à l'est de la ceinture d'Orion.

 

[3] Le sondage VISION complet s'étend sur une région encore plus grande que celle visible sur cette image qui couvre 39 578 x 23 069 pixels.

 

[4] La nébuleuse d'Orion a été décrite pour la première fois au début du dix-septième siècle bien que l'identité de son découvreur soit incertaine. Le chasseur de comètes français Messier a fait un croquis précis de ses principales structures au milieu du dix-huitième siècle et lui a attribué le numéro 42 dans son fameux catalogue. Il a également attribué le numéro 43 à la plus petite région détachée juste au nord de la partie principale de la nébuleuse. Plus tard, William Herschel supposa que la nébuleuse devait être la « matière chaotique de futurs soleils » et les astronomes ont depuis découvert que cette brume est en fait du gaz brillant sous l'action de la puissante lumière ultra-violette des étoiles jeunes et chaudes récemment formées à cet endroit.

 

[5] Le sondage VISION d'Orion, fort de son succès, sera suivi par un nouveau et plus important sondage public d'autres régions de formation d'étoiles avec VISTA. Ce nouveau sondage appelé VISIONS débutera en avril 2017.

 

Plus d'informations :  

Cette recherche est présentée dans un article intitulé “VISION - Vienna survey in Orion I. VISTA Orion A Survey”, par S. Meingast et al., publié dans la revue Astronomy & Astrophysics.

 

L'équipe est composée de : Stefan Meingast (University of Vienna, Vienne, Autriche), João Alves (University of Vienna, Vienne, Autriche), Diego Mardones (Universidad de Chile, Santiago, Chili) , Paula Teixeira (University of Vienna, Vienne, Autriche), Marco Lombardi (University of Milan, Milan, Italie), Josefa Großschedl (University of Vienna, Vienne, Autriche), Joana Ascenso (CENTRA, Universidade de Lisboa, Lisbone, Portugal; Universidade do Porto, Porto, Portugal), Herve Bouy (Centro de Astrobiología, Madrid, Espagne), Jan Forbrich (University of Vienna, Vienne, Autriche), Alyssa Goodman (Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, Cambridge MA, USA), Alvaro Hacar (University of Vienna, Vienne, Autriche), Birgit Hasenberger (University of Vienna, Vienne, Autriche), Jouni Kainulainen (Max-Planck-Institute for Astronomy, Heidelberg, Allemagne), Karolina Kubiak (University of Vienna, Vienne, Autriche), Charles Lada (Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, Cambridge, USA), Elizabeth Lada (University of Florida, Gainesville, USA), André Moitinho (SIM/CENTRA, Universidade de Lisboa, Lisbone, Portugal), Monika Petr-Gotzens (ESO, Garching, Allemagne), Lara Rodrigues (Universidad de Chile, Santiago, Chili) and Carlos G. Román-Zúñiga (UNAM, Ensenada, Basse Californie, Mexico).

 

L'ESO est la première organisation intergouvernementale pour l'astronomie en Europe et l'observatoire astronomique le plus productif au monde. L'ESO est soutenu par 15 pays : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. L'ESO conduit d'ambitieux programmes pour la conception, la construction et la gestion de puissants équipements pour l'astronomie au sol qui permettent aux astronomes de faire d'importantes découvertes scientifiques. L'ESO joue également un rôle de leader dans la promotion et l'organisation de la coopération dans le domaine de la recherche en astronomie. L'ESO gère trois sites d'observation uniques, de classe internationale, au Chili : La Silla, Paranal et Chajnantor. À Paranal, l'ESO exploite le VLT « Very Large Telescope », l'observatoire astronomique observant dans le visible le plus avancé au monde et deux télescopes dédiés aux grands sondages. VISTA fonctionne dans l'infrarouge. C'est le plus grand télescope pour les grands sondages. Et, le VLT Survey Telescope (VST) est le plus grand télescope conçu exclusivement pour sonder le ciel dans la lumière visible. L'ESO est le partenaire européen d'ALMA, un télescope astronomique révolutionnaire. ALMA est le plus grand projet astronomique en cours de réalisation. L'ESO est actuellement en train de programmer la réalisation d'un télescope européen géant (E-ELT pour European Extremely Large Telescope) de la classe des 39 mètres qui observera dans le visible et le proche infrarouge. L'E-ELT sera « l'œil le plus grand au monde tourné vers le ciel.

 

Liens :  

- L'article scientifique

- Photos de VISTA

 

Source : ESO http://www.eso.org/public/france/news/eso1701/?lang

 

Gilbert Javaux - PGJ-Astronomie

 

 


 

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